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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le modèle DEBOUT ! – Esquisse d’une nouvelle organisation politique
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
11 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un contexte que carac­té­rise la recon­fi­gu­ra­tion du pay­sage poli­tique qué­bé­cois, la gauche doit entre­prendre une réflexion fon­da­men­tale, non seule­ment sur ses orien­ta­tions, son dis­cours et ses tac­tiques élec­to­rales, mais sur sa forme orga­ni­sa­tion­nelle elle-même. Le pré­sent texte ne vise pas ici à cri­ti­quer Québec soli­daire (QS), ni à pro­po­ser la créa­tion d’un nou­veau parti qui le rem­pla­ce­rait, mais à esquis­ser les contours d’une nou­velle orga­ni­sa­tion poli­tique d’un genre inédit. La gauche s’est sou­vent empê­trée dans des débats oppo­sant, d’un côté, les mou­ve­ments sociaux auto­nomes, groupes popu­laires, syn­di­cats, comi­tés citoyens, coa­li­tions de la société civile, puis, de l’autre, un parti de gauche chargé de faire conver­ger les reven­di­ca­tions sociales grâce à un projet poli­tique commun de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. Cette ten­sion entre parti et mou­ve­ments, pre­nant par­fois la forme d’un cli­vage rigide, par­fois celle d’une rela­tion dia­lec­tique com­plexe, contri­bue à lais­ser à la forme parti un carac­tère immuable et indé­pas­sable.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Marx et la Grande Tortue
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
8 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Entrevue avec Glen Coulthard[1]

Membre de la Nation dénée des Couteaux-Jaunes et pro­fes­seur à l’Université de Colombie-Britannique

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Tuerie de Polytechnique, 30 ans plus tard : dire les mots qui avaient été tus
6 décembre 2019
Conjonctures et actualités

Comment nommer l’innommable ? Pendant des années, la dimen­sion anti­fé­mi­niste de la tuerie de l’École poly­tech­nique a été dif­fi­cile à assu­mer dans la société qué­bé­coise. Le temps qui a passé a permis de rap­pro­cher des camps autre­fois éloi­gnés, en appa­rence du moins.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le commun dans la ville – Pouvoir citoyen à Pointe-Saint-Charles
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
5 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avec d’autres cher­cheuses et cher­cheurs enga­gés, je lutte pour rompre avec une concep­tion uni­ver­sa­liste du monde et opérer une tran­si­tion vers un vivre-ensemble « centré sur le plu­ri­vers consti­tué d’une mul­ti­pli­cité de mondes enche­vê­trés et co-consti­tu­tifs, mais dis­tincts[2] ». Dans le sillon de Dardot et Laval[3], je com­prends la révo­lu­tion comme un moment d’accélération, d’intensification et de col­lec­ti­vi­sa­tion d’une acti­vité auto­nome et auto-orga­ni­sée dans toutes les sphères de la vie éco­no­mique, sociale, poli­tique ou cultu­relle. Avec eux, je crois que le prin­cipe du commun est au cœur de ce projet révo­lu­tion­naire.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le pouvoir après l’émancipation : propositions pour un socialisme postmoderne
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
29 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Pour décrire le projet anar­chiste, Proudhon par­lait de « l’ordre sans le pou­voir[2] ». Engels, quant à lui, décri­vait la pro­po­si­tion com­mu­niste comme celle où « le gou­ver­ne­ment des per­sonnes fera place à l’administration des choses[3] ». Dans les deux tra­di­tions, on retrouve une emphase sur la dis­pa­ra­tion du pou­voir, de l’État et de la contrainte, qui lais­se­rait alors la place à une société sans classe, sans oppres­sion où régne­rait une sorte d’harmonie, d’absence de conflits en dehors de la ges­tion des affaires quo­ti­diennes. Ces pro­po­si­tions por­taient le sceau du pro­gres­sisme du XIXe siècle – une convic­tion pro­fonde d’une cer­taine marche de l’histoire, incar­née par le pro­grès scien­ti­fique et social, qui mène­rait, un jour, à la fin de l’histoire elle-même, à une société pros­père, juste et har­mo­nieuse.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les trois transitions
La crise des crises
26 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

La tran­si­tion éner­gé­tique qui s’entame tant bien que mal ne sera pas la pre­mière de notre his­toire. Au début du XVIIIe siècle, l’Europe a vécu sa pre­mière tran­si­tion éner­gé­tique en pas­sant d’une éco­no­mie de sub­sis­tance ali­men­tée par l’énergie hydrau­lique à une éco­no­mie indus­trielle basée sur le char­bon et la machine à vapeur. Près d’un siècle plus tard, le pétrole se joint au char­bon comme source d’énergie struc­tu­rante de l’économie capi­ta­liste. À l’aube d’une poten­tielle sortie du pétrole, quels ensei­gne­ments pou­vons-nous tirer de ces tran­si­tions ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
La double transformation
La crise des crises
23 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme trans­forme les biens de base asso­ciés à la pro­duc­tion de la vie et de l’échange – le tra­vail, la nature, l’argent et la culture– en mar­chan­dises. Il subor­donne l’économie et la société à l’accumulation du capi­tal. Le capi­ta­lisme et la démo­cra­tie sont essen­tiel­le­ment incom­pa­tibles. Cette incom­pa­ti­bi­lité engendre les ten­dances auto­ri­taires, impé­ria­listes et fas­cistes asso­ciées aux socié­tés capi­ta­listes, ainsi que le carac­tère létal et can­ni­bale de ces socié­tés envers leurs membres les plus faibles. Le revers de cette trans­for­ma­tion des biens fon­da­men­taux de la vie consiste en la pos­si­bi­lité de com­bi­ner les condi­tions de pro­duc­tion et de repro­duc­tion en révo­lu­tion­nant de façon per­ma­nente la société et en met­tant en mou­ve­ment un pro­ces­sus d’innovation sans fin.

C’est de cette nature ambi­va­lente du capi­ta­lisme qu’est née la double tâche de trans­for­ma­tion. Il y a deux sens dans les­quels une telle trans­for­ma­tion est double. Premièrement, il s’agit de sur­mon­ter le carac­tère exploi­teur, oppres­sif et des­truc­teur de la société capi­ta­liste actuelle, tout en créant simul­ta­né­ment des formes qui absorbent/​transcendent la capa­cité de déve­lop­pe­ment des socié­tés modernes sous une forme soli­daire, démo­cra­tique et éco­lo­gique. Deuxièmement, la trans­for­ma­tion doit se pro­duire dans le capi­ta­lisme, mais aussi au-delà. Il s’agit de com­bi­ner la « trans­for­ma­tion vers un capi­ta­lisme socia­le­ment et éco­lo­gi­que­ment régle­menté avec le début d’une deuxième grande trans­for­ma­tion qui nous emmène au-delà du capi­ta­lisme[2] ».

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Amérique latine : après la vague rose
La crise des crises
20 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

À partir de l’année 2000, l’Amérique latine est entrée dans un nou­veau cycle poli­tique et éco­no­mique, carac­té­risé par l’influence des mou­ve­ments sociaux, la crise des partis poli­tiques tra­di­tion­nels et de ses formes de repré­sen­ta­tion, de même que par la relé­gi­ti­ma­tion de dis­cours poli­ti­que­ment radi­caux. Partant de poli­tiques éco­no­miques hété­ro­doxes, des gou­ver­ne­ments ont répondu, au moins en partie, aux reven­di­ca­tions popu­laires. C’est sur ces constats que des intel­lec­tuels et intel­lec­tuelles ont parlé d’un virage à gauche en Amérique latine.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Capitalisme et décroissance
La crise des crises
17 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme mon­dial est entré dans une crise majeure dont la cause fon­da­men­tale est la conjonc­tion de contra­dic­tions sociales et éco­lo­giques. Cette simul­ta­néité marque le carac­tère sys­té­mique inédit de cette crise. Elle peut être inter­pré­tée en termes simples comme l’impossibilité d’aller au-delà d’un cer­tain seuil d’exploitation de la force de tra­vail, sous peine de sur­pro­duc­tion inven­dable et d’insuffisance du taux de profit, et au-delà d’un cer­tain seuil d’exploitation de la nature, sous peine de des­truc­tion des équi­libres éco­sys­té­miques, d’épuisement de toutes les res­sources natu­relles non renou­ve­lables et d’un réchauf­fe­ment du climat incon­trô­lable. En termes théo­riques, la crise est une crise de pro­duc­tion et de réa­li­sa­tion de la valeur, c’est-à-dire qu’il est de plus en plus dif­fi­cile pour le capi­ta­lisme de déga­ger des taux de profit suf­fi­sants, dont la pro­gres­sion est bornée par le taux d’exploitation de la force de tra­vail qui ne peut croître indé­fi­ni­ment, et par l’efficacité du capi­tal aujourd’hui de plus en plus dépen­dante de la dif­fi­culté d’accès aux res­sources et de leur coût. Il en résulte un ralen­tis­se­ment très net de l’augmentation de la pro­duc­ti­vité du tra­vail dans tous les pays capi­ta­listes déve­lop­pés depuis près d’un demi-siècle et on voit appa­raître les pré­mices d’une même évo­lu­tion dans les pays dits émer­gents comme la Chine[2].

Comme la crois­sance éco­no­mique infi­nie est impos­sible, la recherche d’une crois­sance maté­rielle forte comme voie de sortie de la crise glo­bale du capi­ta­lisme pro­duc­ti­viste est impra­ti­cable et vouée à l’échec à long terme. Mais la pro­po­si­tion de décrois­sance immé­diate prônée par cer­tains théo­ri­ciens et théo­ri­ciennes n’est-elle pas tout aussi illu­soire, en igno­rant ou sous-esti­mant la néces­sité d’une tran­si­tion qui s’étalera vrai­sem­bla­ble­ment sur plu­sieurs décen­nies à l’échelle mon­diale ? Ainsi, la trans­for­ma­tion des sys­tèmes éner­gé­tiques, des sys­tèmes et modes de trans­port, de l’urbanisme, de l’habitat, ainsi que la recon­ver­sion de pans entiers de l’industrie et le pas­sage d’une agri­cul­ture indus­trielle pol­luante et des­truc­trice des pay­sages et de la bio­di­ver­sité à une agri­cul­ture bio­lo­gique ou plus rai­son­nable exi­ge­ront des inves­tis­se­ments mas­sifs qu’un contexte de dimi­nu­tion de la pro­duc­tion glo­bale – au sens strict d’une décrois­sance – ne per­met­trait sans doute pas. Pourrait-on alors conce­voir une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment qua­li­ta­tif aussi éloi­gnée d’une éco­no­mie où la recherche du profit prime sur toute autre consi­dé­ra­tion que d’une « sortie de l’économie » ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les classes sociales au prisme de la financiarisation
La crise des crises
14 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans ce texte, nous pro­po­sons quelques pistes de réflexion pour repen­ser les classes sociales. Il s’agit ainsi de regar­der la concep­tua­li­sa­tion des classes sociales au prisme des trans­for­ma­tions éco­no­miques récentes et par là com­prendre les nou­velles formes d’exploitation finan­cière.

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