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Publications et événements
Numéro 17, Hiver 2017
Présentation du dossier thématique

Présentation du dossier

Démocratie : demos et kratos

La démocratie est une vieille idée qui s’est développée à travers les luttes et les résistances des peuples. L’étymologie du mot (demos : peuple et kratos : pouvoir) réfère à la cité grecque, à l’agora des citoyens (sans les femmes et sans les esclaves, qui sont la majorité des habitants), où les décisions sont prises sur les priorités et l’allocation des rôles et des responsabilités par tout un chacun. Mais l’expérience démocratique dépasse de loin le périmètre athénien. Elle découle également de peuples et de communautés qui s’inventent des processus et des structures participatives, parfois même sans État ni structure imposée sur et au-dessus de la société[1].

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Articles récents

Article 14
Guerre et révolution chez Lénine
Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

Publié par A l’encontre le 15 novem­bre 2012

Nous publions ci-des­sous la suite logi­que et chro­no­lo­gi­que de l’article de Georges Haupt (voir indi­ca­tions bio­gra­phi­ques à la fin du texte) inti­tulé « Guerre ou révo­lu­tion ? l’Internationale et l’Union sacrée ». Ces deux arti­cles pren­nent toute leur place et leur valeur dans le cadre des ini­tia­ti­ves de « com­mé­mo­ra­tion » du Congrès de Bâle de la IIe Internationale qui s’est tenu à Bâle en novem­bre 1912. (Rédaction A l’Encontre)

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Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 8 - Automne 2012
Les menaces sur l’enseignement collégial
À l'occasion du 50e anniversaire des cégeps
13 avril 2017
Numéros des NCS

À l’occasion du 50e anni­ver­saire des cégeps, bien que cet arti­cle soit paru à l’automne 2012 dans le numéro 8 de la revue des Nouveaux Cahiers du socia­lisme, il nous est apparu qu’il demeu­rait plus que jamais per­ti­nent. Une ver­sion PDF est éga­le­ment dis­po­ni­ble au bas de la pré­sente page. [NCS]


Les col­lè­ges d’enseignement géné­ral et pro­fes­sion­nel ou cégeps ont 45 ans. C’est bien jeune pour une ins­ti­tu­tion d’enseignement, en par­ti­cu­lier si on les com­pare aux uni­ver­si­tés dont les ori­gi­nes qué­bé­coi­ses remon­tent à 1663, date de la fon­da­tion de l’ancêtre de l’Université Laval. Pourtant, si les cégeps exis­tent encore aujourd’hui, c’est envers et contre toute une série d’attaques concer­nant leur per­ti­nence et leurs carac­té­ris­ti­ques, et ce, dès leur créa­tion jusqu’à nos jours.

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Article 13
La théorie du parti de Lénine
Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

Les écrits de Lénine sur les pro­blè­mes d’organisation du Parti social-démo­crate russe dans la période 1900-1904 – en par­ti­cu­lier Que faire ? (1902) et Un pas en avant, deux pas en arrière (1904) – consti­tuent un ensem­ble cohé­rent, expri­mant une concep­tion typi­que­ment « cen­tra­liste » du mou­ve­ment socia­liste.

On expli­que habi­tuel­le­ment cette ten­dance par les « sour­ces russes du bol­ché­visme » : le machia­vé­lisme et l’omniscience des chefs dans Netchaïev, le « sub­jec­ti­visme » de Lavrov et Mikhailovsky, le jaco­bino-blan­quisme de Tkatchev, etc [1]. En effet, il est indis­cu­ta­ble que les tra­di­tions du XIXe siècle russe – sur­tout la struc­ture conspi­ra­tive du groupe ter­ro­riste Narodnaïa Volia ( « La volonté du peuple ») – sont un des cadres socio­cul­tu­rels des théo­ries déve­lop­pées dans Que faire ? Lénine lui-même le recon­naît, dans la mesure où il ne cache pas son admi­ra­tion pour le groupe Terre et Liberté (pré­cur­seur de la Narodnaïa Volia formé en 1876 par les popu­lis­tes et Plekhanov), qu’il consi­dère comme une « excel­lente orga­ni­sa­tion », « qui devrait nous servir de modèle à tous » [2]. Enfin, les héri­tiers directs des « narod­niki », les social-révo­lu­tion­nai­res, futurs enne­mis mor­tels du bol­ché­visme, approu­vaient cha­leu­reu­se­ment le cen­tra­lisme de Lénine avant 1905 [3].

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Université populaire des NCS - 2017
L’heure des brasiers
Du 17 au 19 août 2017 à Montréal

Les Nouveaux Cahiers du so­cialisme (NCS) pré­sen­tent l’Université popu­laire des NCS 2017 sous le thème « L’heure des bra­siers».


Présentation

Avec l’élection de Donald Trump, le monde est entré dans une nou­velle ère. Le virage vers l’« aus­té­ri­ta­risme », sous diver­ses formes, semble être, un peu par­tout, une ten­dance de fond. Les poli­ti­ques néo­li­bé­ra­les sont ren­for­cées (pri­va­ti­sa­tion, régle­men­ta­tion, finan­cia­ri­sa­tion débri­dée, etc.), quitte à enfon­cer davan­tage la pla­nète dans le pro­ces­sus de des­truc­tion de l’environnement et dans celui de l’accumulation pour l’accumulation.

Par
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Article 12
Un bilan de la Révolution d’octobre
Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

La Révolution russe d’octobre 1917 fut l’événement le plus mar­quant du XXe siècle. Mais puis­que ce sont les gagnants qui écri­vent l’histoire, il est peu connu que cette révo­lu­tion n’était que l’ouverture d’une immense vague de contes­ta­tion du capi­ta­lisme qui a balayé tout le monde indus­triel, sus­ci­tant de puis­sants échos éga­le­ment dans le monde colo­nial. Partout entre 1918 et 1921 les effec­tifs syn­di­caux et les jour­nées per­dues en grèves ont atteint des records his­to­ri­ques, tandis que se gon­flaient les rangs de l’aile révo­lu­tion­naire des partis socia­lis­tes.

L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Finlande ont connu des révo­lu­tions, dont la force motrice était la classe ouvrière. Des situa­tions por­tant un poten­tiel révo­lu­tion­naire réel et immé­diat ont surgi en Italie et dans des régions de Pologne et de France. Dans un mémo­ran­dum à la Conférence de paix à Versailles en 1919, le Premier Ministre bri­tan­ni­que, Lloyd George, a écrit : « L’Europe entière est d’une humeur révo­lu­tion­naire. Les tra­vailleurs res­sen­tent une insa­tis­fac­tion pro­fonde des condi­tions de vie, telles qu’elles étaient avant la guerre. Ils sont rem­plis de colère et d’indignation. Tout l’ordre social, poli­ti­que et éco­no­mi­que exis­tant est remis en ques­tion par les masses popu­lai­res d’un bout de l’Europe à l’autre. » (1)

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Article 11
Lénine et l’essor des mouvements de libération nationale
Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

Un dia­lo­gue dif­fi­cile dès l’origine

Au moment de son avè­ne­ment, le socia­lisme euro­péen s’inscrit dans les gran­des luttes démo­cra­ti­ques et socia­les euro­péen­nes. Pour Marx, le capi­ta­lisme est à la fois l’obstacle que doi­vent sur­mon­ter les mou­ve­ments socia­lis­tes et la matrice d’une réor­ga­ni­sa­tion fon­da­men­tale de la société. Marx pense que le capi­ta­lisme est « révo­lu­tion­naire » parce qu’il confronte l’ordre ancien (le féo­da­lisme), mais aussi parce que, par nature, il bous­cule les rap­ports sociaux(1). D’autre part il crée ses pro­pres fos­soyeurs, les pro­lé­tai­res moder­nes, qui vont mettre fin à l’accumulation du capi­tal et même à l’État. Cette vision opti­miste de Marx ins­pi­rée en partie d’Hegel fait en sorte que la marche de l’histoire se joue en Europe dans les pays indus­tria­li­sés, alors qu’ailleurs, les peu­ples sont essen­tiel­le­ment des spec­ta­teurs. Plus encore, le capi­ta­lisme euro­péen de par ses pous­sées impé­ria­lis­tes ouvre la voie. En Inde notam­ment, au-delà des pré­da­tions et des mas­sa­cres, le colo­nia­lisme bri­tan­ni­que, estime Marx, impose des trans­for­ma­tions néces­sai­res.

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Prise de parole
La Russie de Poutine : le miroir grossissant d’une dérive
Lord du lancement du no. 17, hiver 2017, des Nouveaux Cahiers du Socialisme (NCS)
Article 10
Luxemburg et Lénine : spontanéité et organisation*
1917-2017 -- Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


Lénine a tou­jours pro­fessé qu’en der­nière ins­tance la révo­lu­tion dépend uni­que­ment de la qua­lité du Parti. D’accord en cela avec Kautsky, pour qui la conscience révo­lu­tion­naire ne pou­vait être qu’injectée du dehors aux tra­vailleurs, Lénine affir­mait :

L’histoire de tous les pays atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arri­ver qu’à la conscience trade-unio­niste, c’est-à-dire à la convic­tion qu’il faut s’unir en syn­di­cats, se battre contre les patrons, récla­mer du gou­ver­ne­ment telles lois néces­sai­res aux ouvriers, etc. Quant à la doc­trine socia­liste, elle est née des théo­ries phi­lo­so­phi­ques, his­to­ri­ques, éco­no­mi­ques, éla­bo­rées par les repré­sen­tants culti­vés des clas­ses pos­sé­dan­tes, par les intel­lec­tuels.

Ainsi, les ouvriers sont inca­pa­bles d’acquérir une conscience poli­ti­que, ce préa­la­ble obligé à la vic­toire du socia­lisme. Le socia­lisme cesse dès lors d’être « l’œuvre des tra­vailleurs eux-mêmes », selon la for­mule de Karl Marx.

Lénine n’a jamais envi­sagé autre chose que de placer les moyens de pro­duc­tion sous la coupe d’autorités nou­vel­les, ce qui lui paraît une condi­tion suf­fi­sante pour l’instauration du socia­lisme. D’où l’importance exces­sive qu’il accorde au fac­teur poli­ti­que, au fac­teur sub­jec­tif, allant jusqu’à consi­dé­rer l’œuvre d’organisation de la société socia­liste comme un acte poli­ti­que. Pas de socia­lisme sans révo­lu­tion, dit assu­ré­ment Marx, et la révo­lu­tion consti­tue un acte poli­ti­que. Toutefois, ajoute-t-il, le pro­lé­ta­riat n’a recours à cet acte poli­ti­que que « dans la mesure où il a besoin de détruire et de dis­sou­dre. Mais dès que com­mence son action d’organisation, là où se mani­feste son but imma­nent, son âme, le socia­lisme se dépouille de son enve­loppe poli­ti­que ».

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Révision de la carte électorale: pour éviter les psychodrames
Seul le scrutin proportionnel peut assurer la ‘représentation effective des électeurs’

Même si elle était confiée à un orga­nisme indé­pen­dant des partis poli­ti­ques, la Commission de la repré­sen­ta­tion élec­to­rale (CRE), le pro­ces­sus de révi­sion de la carte élec­to­rale qué­bé­coise qui vient de se ter­mi­ner, a pro­vo­qué de nou­veau un psy­cho­drame col­lec­tif. Cette fois-ci, c’est la sup­pres­sion d’une cir­cons­crip­tion sur l’île de Montréal et d’une autre en Mauricie -au profit de la cou­ronne nord de la région métro­po­li­taine- qui en a été la cause. La dis­pa­ri­tion appré­hen­dée de la cir­cons­crip­tion de Sainte-Marie-Saint-Jacques, sans que ses élec­teurs aient été consul­tés, a pro­vo­qué, en l’espace de quel­ques jours, une impres­sion­nante levée de bou­cliers et a donné lieu à une mobi­li­sa­tion citoyenne exem­plaire. Le CRE a d’ailleurs reconnu son erreur en reve­nant à sa pro­po­si­tion ini­tiale de fusion­ner plutôt les cir­cons­crip­tions de Mont-Royal et d’Outremont.

La fois pré­cé­dente c’est la sup­pres­sion de deux cir­cons­crip­tions en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent et d’une troi­sième au sud de Québec -au profit de Laval, de Laurentides-Lanaudière et de la Montérégie- qui avait mis le feu aux pou­dres. Les citoyens de la cir­cons­crip­tion de Beauce Nord s’étaient alors mobi­li­sés pour éviter la fusion avec la cir­cons­crip­tion de Frontenac. Le CRE avait cédé décré­tant plutôt une fusion entre Lotbinière et Frontenac. Les pres­sions avaient aussi été inten­ses pour éviter la sup­pres­sion des deux cir­cons­crip­tions de l’Est du Québec, mais le CRE a main­tenu sa déci­sion.

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Article 9
Lénine et l’impossible dépassement*
1917-2017 -- Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


Lénine amorce une autre voie que celle tracée par le socia­lisme de la Deuxième Internationale. Non pas ren­for­cer l’appareil d’État, ne pas non plus vou­loir le rendre res­pon­sa­ble de tous les maux et le détruire immé­dia­te­ment selon les vœux anar­chis­tes, mais le trans­for­mer. En 1921, il pose le pro­blème d’une façon tout à fait créa­trice et extrê­me­ment ins­truc­tive. Il montre qu’il faut à la fois défen­dre l’État pour qu’il reste aux mains du pro­lé­ta­riat et lutter « d’en bas » contre cet État pour le trans­for­mer. Face à Trotsky qui disait qu’il n’y avait plus de bour­geoi­sie, et que l’État était un « État ouvrier », Lénine répli­que :

  • « En fait, notre État n’est pas un État ouvrier, mais un État ouvrier-paysan »53 (car la révo­lu­tion russe n’était pas pure­ment pro­lé­ta­rienne, mais asso­ciait les pay­sans pau­vres dans les tâches anti­féo­da­les et démo­cra­ti­ques res­tant à accom­plir).
  • « Notre État est un État ouvrier pré­sen­tant une défor­ma­tion bureau­cra­ti­que », où se refor­mait donc une bour­geoi­sie. Et de cela Lénine tirait cette conclu­sion que les ouvriers devaient à la fois défen­dre cet Etat et se défen­dre contre lui : « Notre État est tel aujourd’hui que le pro­lé­ta­riat tota­le­ment orga­nisé doit se défen­dre, et nous devons uti­li­ser les orga­ni­sa­tions ouvriè­res (ici les syn­di­cats) pour défen­dre les ouvriers contre leur Etat et pour que les ouvriers défen­dent notre Etat ».
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