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Publications et événements
Numéro 22, Automne 2019

Nouveaux Cahiers du socialisme, numéro 22, Automne 2019 : VALLEYFIELD, mémoires et résistances

Pour consul­ter des extraits de ce numéro, cli­quer sur l’image.

Pourquoi un dossier sur Valleyfield ?

Ce dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) a été conçu en par­tant del’idée que ce qui se passe à Salaberry-de-Valleyfield peut offrir des ensei­gne­ments à toute la gauche au Québec. Sans nier les impor­tants défis qu’elle doit rele­ver, on peut dire que cette gauche cam­pi­val­len­sienne est bien vivante. Elle a su notam­ment créer, conso­li­der et entre­te­nir un pôle com­ba­tif qui a rem­porté des vic­toires impor­tantes, entre autres lors de luttes syn­di­cales et envi­ron­ne­men­tales. Pour les NCS, il s’agissait d’aller à la ren­contre des pro­ta­go­nistes de cette gauche pour voir com­ment son expé­rience peut nous aider à mieux cou­vrir cer­tains angles morts de la pra­tique et de la pensée mili­tantes au Québec.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les défis des gauches en France
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21 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

L’offensive d’ampleur du capi­tal, sui­vant la stra­té­gie de choc décrite par Naomi Klein[2], vise à détri­co­ter métho­di­que­ment les acquis sociaux du XXe siècle. L’objectif est à la fois éco­no­mique, pour réta­blir des taux de pro­fits en baisse, et idéo­lo­gique, pour affai­blir les capa­ci­tés de résis­tance du mou­ve­ment ouvrier. Ces poli­tiques, menées tant par la droite que par les partis sociaux-démo­crates, ont dura­ble­ment affai­bli les mou­ve­ments d’émancipation. Entretemps, le sys­tème est pris dans une fuite en avant pro­duc­ti­viste et consu­mé­riste, qui a des consé­quences éco­lo­giques de plus en plus désas­treuses, des­quelles découle un nou­veau cycle de luttes. D’autre part, ces crises ren­forcent les ten­sions inter­im­pé­ria­listes et mul­ti­plient les situa­tions de chaos, favo­ri­sant guerres, ter­ro­rismes et migra­tions, qui per­mettent aux diri­geants de jouer de la corde raciste et de divi­ser dura­ble­ment les classes popu­laires. De ces crises émerge une nou­velle géné­ra­tion de mili­tants asso­cia­tifs et poli­tiques, fémi­nistes, anti­ra­cistes, éco­lo­gistes ou alter­mon­dia­listes, par­fois en oppo­si­tion, par­fois en conver­gence avec l’ancien mou­ve­ment ouvrier.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Au-delà de la social-démocratie
Reconstruire nos mouvements
18 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un article paru en 2017, l’historien Robert Brenner sou­ligne que la gauche semble para­ly­sée par une double impasse. D’une part, on observe des mou­ve­ments sociaux qui, en aspi­rant à une auto­no­mie com­plète par rap­port aux ins­ti­tu­tions éta­blies, se condamnent trop sou­vent à l’isolement poli­tique. D’autre part, nous avons des partis poli­tiques pro­gres­sistes qui, à défaut d’être sou­te­nus par des actions directes de masse, peinent à appli­quer leur pro­gramme de réformes, aussi modeste soit-il[2]. Ce qui se pro­file der­rière l’analyse de Brenner est la ques­tion des orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments les plus aptes à trans­for­mer les ins­ti­tu­tions, avec les condi­tions poli­tiques et éco­no­miques qui per­mettent à ces mêmes orga­ni­sa­tions et mou­ve­ments de gagner plus ou moins aisé­ment en force.

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Élections fédérales 2019 - Enjeu climatique
Pensée magique : la droite canadienne et le climatonégationnisme
15 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Alors que le rap­port de 2019 d’Environnement et chan­ge­ment cli­ma­tique Canada révèle que le Canada devance de loin le reste du monde en ce qui a trait au rythme du réchauf­fe­ment de la pla­nète[1], on aurait pu espé­rer que la nou­velle don­ne­rait du fil à retordre aux auteurs du déni du chan­ge­ment cli­ma­tique. Cependant, comme on pou­vait mal­heu­reu­se­ment s’y attendre, à peine le rap­port a-t-il été publié que l’économiste Ross McKitrick, cher­cheur prin­ci­pal à l’Institut Fraser, un bas­tion du néga­tion­nisme, a publié un article dans le Financial Post (10 avril 2019), fai­sant écho à l’approche « tout le monde prend un valium » du météo­ro­logue et cli­mato-scep­tique sué­dois Lennart Bengtssom, qui met en doute la vali­dité des modèles uti­li­sés par les cli­ma­to­logues pour cal­cu­ler et pré­voir les ten­dances au réchauf­fe­ment – un stra­ta­gème habi­tuel dans l’arsenal néga­tion­niste.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Repolitiser l’accumulation primitive
Reconstruire nos mouvements
15 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il y a une logique de néces­sité dans la lec­ture pro­gres­siste de l’accumulation pri­mi­tive. Selon celle-ci, dont on trouve des frag­ments chez Marx, l’histoire devait passer par un pro­ces­sus d’accumulation pri­mi­tive, et celui-ci, bien que ter­rible et regret­table dans ses effets immé­diats, serait néces­saire pour trans­for­mer les fon­de­ments maté­riels de la société. Dit autre­ment, la vio­lence qui a été exer­cée sur les peuples libres pour les sou­mettre au capi­tal, sur les femmes dans le cadre de leur domes­ti­ca­tion, et sur la nature dans le cadre de sa trans­for­ma­tion mar­chande serait une étape mal­heu­reuse, mais inévi­table de la marche col­lec­tive vers le pro­grès. Cette pers­pec­tive pro­gres­siste, pré­gnante dans le socia­lisme, le mar­xisme et les mou­ve­ments de gauche, com­porte quelques failles.

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Yuval Noah Harari, Homo deus. Une brève histoire de l’avenir, Paris, Albin Michel, 2017
14 octobre 2019
No. 20 – Automne 2018

Le pro­fes­seur d’histoire israé­lien Yuval Noah Harari nous pré­sente une syn­thèse de l’histoire de l’humanité dans son œuvre inti­tu­lée Sapiens[1] et, du même souffle, il écrit son his­toire de l’homme devenu dieu. Homo deus pro­pose une série d’hypothèses sur ce que nous réserve l’avenir mais cet exposé, même s’il risque de plaire aux sur­vi­va­listes, néglige la réa­lité qui nous concerne direc­te­ment. Entre notre sortie de la pré­his­toire et notre pos­sible plon­geon dans un uni­vers tota­le­ment post-apo­ca­lyp­tique, il y a un monde qui cor­res­pond à l’humanité en chair et en os, absent de l’analyse d’Harari . La quête d’une société humaine, par-delà l’ordre actuel et inhu­main du monde, ne fait pas partie de son projet. Illustrons ce qui fait défaut ici, notam­ment en ce qui concerne Marx.

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Notes de lecture
Jean Lamarre, Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international, Québec, Éd. du Septentrion, 2017
13 octobre 2019
No. 20 – Automne 2018

Depuis au moins une ving­taine d’années, un cou­rant his­to­rio­gra­phique impor­tant s’intéresse aux années 1960 dans une pers­pec­tive trans­na­tio­nale. Des cher­cheur-e-s ont sou­li­gné que les mobi­li­sa­tions poli­tiques de la période ont eu des causes sem­blables et que les mili­tantes et les mili­tants ont par­tagé un réper­toire commun de pra­tiques et de réfé­rences cultu­relles. Après un tour d’horizon de cette lit­té­ra­ture, Jean Lamarre note avec jus­tesse que celle-ci reste sou­vent vague quant aux réseaux et contacts qui ont permis aux dif­fé­rents mou­ve­ments sociaux natio­naux de s’influencer mutuel­le­ment. Pour tenter de saisir de manière sys­té­ma­tique ces influences au sein du mou­ve­ment étu­diant, l’auteur se penche sur les rela­tions bila­té­rales que l’Union géné­rale des étu­diants qué­bé­cois (UGEQ) – prin­ci­pale orga­ni­sa­tion étu­diante qué­bé­coise, de sa fon­da­tion en 1963 jusqu’à sa dis­so­lu­tion en 1969 – a entre­te­nues avec d’autres orga­ni­sa­tions natio­nales, soit celles du Canada, des États-Unis et de la France.

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Notes de lecture
Normand Baillargeon, Anarchisme et éducation. Anthologie. Tome I – 1793-1918, Saint-Joseph-du-Lac, M Éditeur, 2016
12 octobre 2019
No. 20 – Automne 2018

L’école est un objet à la fois pri­vi­lé­gié et convoité de la lutte des classes. À la fin du XIXe siècle et au moment de l’instauration des démo­cra­ties occi­den­tales, la fonc­tion sociale de l’éducation se trouve au cœur des aspi­ra­tions, tant moder­ni­sa­trices que révo­lu­tion­naires, des écoles de pensée qui s’organisent de part et d’autre de la struc­ture sociale. Ainsi, la bour­geoi­sie voit géné­ra­le­ment dans un sys­tème d’éducation admi­nis­tré par l’État le moyen d’arracher à l’aristocratie et à l’Église leur main­mise idéo­lo­gique sur le peuple et d’inculquer aux masses popu­laires les rudi­ments savam­ment choi­sis de la connais­sance tech­nique et de la mora­lité néces­saires à l’essor indus­triel et à l’ordre social émergent. À l’autre bout du spectre, com­mu­nistes et anar­chistes prennent le parti d’une édu­ca­tion éman­ci­pa­trice, source d’égalité sociale et moyen d’abolir les rap­ports conflic­tuels de classes. Ils se dis­putent néan­moins sur le rôle et l’initiative d’une auto­rité cen­trale et sur la sur­veillance à exer­cer sur toute entre­prise d’éducation des masses.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le projet socialiste peut-il passer à côté du féminisme ?
Reconstruire nos mouvements

Ceux et celles qui luttent pour la jus­tice sociale, pour un monde fondé sur la liberté, l’égalité et la soli­da­rité, font face à un monde dont la com­plexité est mal rendue par l’idée d’une oppo­si­tion entre le 1 % et les 99 %, ou encore par celle entre la bour­geoi­sie et le pro­lé­ta­riat. Si l’image des 99 % du mou­ve­ment Occupy opère sur le plan média­tique et donne une idée de l’ampleur de celles et ceux qui sont néga­ti­ve­ment affec­tés par les poli­tiques néo­li­bé­rales racistes et sexistes de ceux (et celles) qui nous gou­vernent, il n’en reste pas moins qu’il n’y a plus de nos jours (si jamais il y a eu) de classe éman­ci­pa­trice dont la mise en action permet à elle seule l’émancipation de l’ensemble de l’humanité.

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Raju J. Das, Marxist Class Theory for a Skeptical World, Boston, Brill, 2017
11 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Dans cet ouvrage impo­sant, Raju J. Das entend répondre au scep­ti­cisme des mondes uni­ver­si­taire et poli­tique rela­tif aux classes sociales. Selon lui, les uni­ver­si­taires évitent de dis­cu­ter de la ques­tion des classes, soit en l’ignorant com­plè­te­ment, soit en l’abordant seule­ment sous l’angle des caté­go­ries de reve­nus ou des styles de vie, soit en sou­te­nant l’idée de dis­so­lu­tion des classes. L’analyse de classe n’apporterait rien à l’étude des nou­veaux groupes sociaux. Les mar­xistes ana­ly­tiques et les post­struc­tu­ra­listes font excep­tion ; pour eux, l’analyse de classe conserve sa per­ti­nence. Cependant, Raju Das estime que leur ana­lyse est insuf­fi­sante et qu’un retour aux fon­da­men­taux s’impose. Pour lui, cela signi­fie réac­tua­li­ser la théo­rie mar­xiste des classes en tenant compte des ana­lyses de Lénine et de Trotski.

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Notes de lecture
Élisabeth Kaine, Jean Tanguay et Jacques Kurtness (dir.), Voix, visages, paysages. Les Premiers Peuples et le XXIe siècle, La Boîte Rouge VIF et PUL, 2016
10 octobre 2019
No. 19 - Hiver 2018

Le magni­fique et com­bien impor­tant livre Voix, visages, pay­sages. Les Premiers Peuples et le XXIe siècle ouvre une fenêtre sur un monde qui nous est encore trop inconnu, celui des cultures autoch­tones dont nous par­ta­geons le ter­ri­toire que nos ancêtres ont usurpé. Les textes sont les paroles de membres des Premières Nations et des Inuits. D’une grande sobriété qui n’a d’égale que la pro­fon­deur, ils dressent un auto­por­trait cultu­rel de ces nations et le pay­sage des luttes à mener.

L’ouvrage regroupe les propos et les œuvres artis­tiques (photos, tableaux, œuvres d’artisanat) autour de cinq thèmes : 1. Notre passé encore pré­sent ; 2. Les alliances man­quées et leurs consé­quences ; 3. Nos com­bats ; 4. Reprendre la place qui nous revient ; 5. Nos aspi­ra­tions pour un futur basé sur la col­la­bo­ra­tion et la trans­mis­sion cultu­relle.

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