Suivez-nous sur Facebook
Publications et événements

De tous les mou­ve­ments sociaux des temps modernes, le syn­di­ca­lisme est celui qui a favo­risé l’organisation du plus grand nombre de per­sonnes et, ne serait-ce que pour cette raison, il figure parmi les mou­ve­ments sociaux les plus puis­sants de notre époque. Pourtant, aucun dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) ne lui avait encore été consa­cré, bien que le syn­di­ca­lisme et les luttes ouvrières – d’ici et d’ailleurs – aient fait l’objet de plu­sieurs textes dans nos pages, à chaque numéro ou presque.

Suite...
 

Articles récents

Notre camarade Samir Amin (1931-2018)

J’ai ren­con­tré Samir la pre­mière fois en 1982 à Dakar, à l’Institut de recherche éco­no­mique qu’il venait de créer. J’étais évi­dem­ment impres­sionné de voir celui que je lisais déjà depuis plu­sieurs années, dont son inou­bliable Accumulation à l’échelle mon­diale, parue en 1970. Ce livre était un point de départ pour toute une géné­ra­tion qui vou­lait repen­ser l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme. Il s’identifiait à une sorte de nou­velle gauche inter­na­tio­nale, proche de l’expérience chi­noise, cri­tique de l’Union sovié­tique et des partis com­mu­nistes, qu’il consi­dé­rait comme com­pro­mis avec le dis­po­si­tif néo­co­lo­nial.

Suite...
Haïti : les raisons de la révolte
11 juillet 2018
Conjonctures et actualités

Les récents évé­ne­ments en Haïti ne sau­raient sur­prendre aucun obser­va­teur doté d’un mini­mum de luci­dité. Le pays s’enfonce de plus en plus dans une crise sociale, éco­no­mique et poli­tique que ni le gou­ver­ne­ment illé­gi­time actuel ni l’oligarchie richis­sime et mafieuse ne veulent voir ni entendre parler. L’un (le gou­ver­ne­ment) s’évertue à faire danser le peuple ou à lui offrir des spec­tacles de foot, sou­hai­tant que la misère serait plus sup­por­table en dan­sant ou en célé­brant la vic­toire de l’équipe bré­si­lienne ; l’autre (l’oligarchie) affi­chant, jusqu’à la nausée, sa pro­fonde haine du peuple, le consi­dé­rant comme dépourvu d’humanité et indigne du moindre res­pect.

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Militer en Outaouais L’expérience de Michel Quijada, président du Conseil central de la CSN
Mémoire de luttes
21 juin 2018
No. 19 - Hiver 2018

À l’occasion de la publi­ca­tion de ce dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme sur le syn­di­ca­lisme, nous avons jugé impor­tant de dis­cu­ter avec M. Michel Quijada, pré­sident du Conseil cen­tral des syn­di­cats natio­naux de l’Outaouais (CCSNO-CSN) depuis 17 ans, de son expé­rience syn­di­cale et des pers­pec­tives d’avenir qu’il entre­voit aujourd’hui pour le mou­ve­ment ouvrier. M. Quijada quit­tera ses fonc­tions de pré­sident à la fin de son pré­sent mandat. L’entrevue a été réa­li­sée par Serge Denis.

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Dépanneurs Couche-Tard : les défis de la syndicalisation d’un secteur non traditionnel[1]
Mémoire de luttes
13 juin 2018
No. 19 - Hiver 2018

Introduction

Au Québec, la der­nière décen­nie a été mar­quée par une dis­pa­rité sala­riale signi­fi­ca­tive défa­vo­rable aux employé-e-s du sec­teur du com­merce du détail, dans lequel on peut inclure l’industrie du dépan­neur. Une telle ten­dance n’est d’ailleurs pas étran­gère au fait que le com­merce de détail est le sec­teur com­por­tant la plus grande pro­por­tion d’employé-e-s tra­vaillant au salaire mini­mum[3]. Le taux de cou­ver­ture syn­di­cale y est éga­le­ment signi­fi­ca­ti­ve­ment plus faible que le taux qué­bé­cois moyen[4]. Cette situa­tion est notam­ment impu­table à un taux de rou­le­ment élevé, lié aux emplois de courte durée[5]. Le fait que les éta­blis­se­ments employant moins d’une ving­taine d’employé-e-s aient un taux de cou­ver­ture syn­di­cale plus faible permet éga­le­ment de confir­mer l’inscription de l’industrie du dépan­neur plus spé­ci­fi­que­ment dans cette caté­go­rie d’entreprises[6].

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Patience, persévérance et courage, L’histoire de la grève des travailleuses et travailleurs du Vieux-Port de Montréal
Mémoire de luttes
6 juin 2018
No. 19 - Hiver 2018

La stra­té­gie de la grève était basée sur les points sui­vants : patience, per­sé­vé­rance et cou­rage. La patience nous per­met­tait de ne pas perdre la face devant les ges­tion­naires en leur fai­sant savoir qu’on serait prêts à résis­ter à toutes les bar­rières qu’ils met­taient devant nous, même si on devait pique­ter l’hiver. La per­sé­vé­rance accen­tuait cette idée qu’on pou­vait être constants dans l’exécution de nos actions, avec une rési­lience hors pair. Ce sont ces élé­ments qui ont fourni du car­bu­rant à notre cou­rage, afin de se battre conve­na­ble­ment pour les demandes que nous avons mises de l’avant lors de notre grève :

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
La grève comme force créatrice et rassembleuse. Témoignage
Mémoire de luttes
25 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

Le choc des pre­mières minutes de la grève

Comment quelqu’un comme moi, qui ne mili­tais pas dans le mou­ve­ment syn­di­cal avant la grève, qui ne s’imaginais pas pou­voir s’impliquer, a-t-elle vécu (pas sur­vécu, mais vrai­ment eu une vie active) une grève de cinq mois et demi ? Je par­le­rai d’abord de mon expé­rience per­son­nelle. Au moment du déclen­che­ment de la grève, le 27 mai 2016, je n’avais pas idée de l’ampleur que notre mobi­li­sa­tion allait avoir. Je voyais la situa­tion à tra­vers une fente tout étroite. Je me posais des ques­tions telles que : est-ce que la grève signi­fie tout sim­ple­ment venir mar­cher avec des pan­cartes tous les jours ? Combien de temps pour­rons-nous sup­por­ter cela ? C’est quoi le pique­tage ? Est-ce que la grève est un mou­ve­ment agres­sif ? Est-ce qu’on va se faire tabas­ser et arrê­ter par les poli­ciers ? Est-ce que mes col­lègues non syn­di­qués vont tra­ver­ser la ligne de pique­tage pour aller tra­vailler et me jet­te­ront des regards de honte ? Est-ce que j’aurai le sup­port de ma famille ? À toutes ces ques­tions-là, ma réponse pen­dant les pre­mières minutes de la grève fut : j’ai peur. C’est la peur envers tout ce qui est inconnu. Je ne voyais pas ma place dans le mou­ve­ment. Moi, qui me consi­dé­rais comme pos­sé­dant un esprit tran­quille, paci­fique, conci­lia­teur… pour­quoi faire une grève ? Pourquoi et com­ment était-il pos­sible que les négo­cia­tions entre l’employeur et le syn­di­cat abou­tissent à un cul-de-sac ? Je réa­li­sais que j’avais vécu dans une bulle de gomme bal­loune rose. Dans ma tête, tout dans mon milieu de tra­vail était normal. Des négo­cia­tions de rou­tine… Et pour­tant, j’ai voté en faveur de la grève avec convic­tion. 

Suite...
Syndicalisme et transition juste : en quête d’une vision transformatrice

Dans un texte inti­tulé « Pour un syn­di­ca­lisme éco­so­cia­liste » publié sur le site des Nouveaux Cahiers du socia­lisme le 23 mars der­nier, Yves-Marie Abraham salue les prises de posi­tion du mou­ve­ment syn­di­cal sur la crise éco­lo­gique, mais cri­tique néan­moins une vision étri­quée du concept de la tran­si­tion juste qui ne serait à ses yeux qu’un « piège » débou­chant « sur un projet de green new deal » dans le cadre d’un « capi­ta­lisme vert ». En conclu­sion, il se pro­pose d’esquisser « les grandes lignes d’un pro­gramme éco­so­cia­liste pos­sible dans le mou­ve­ment syn­di­cal » (1).

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Crise de légitimité du mouvement syndical à l’ère de Trump[1]
Le syndicalisme dans les Amériques
18 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

Les syn­di­cats sont la cible d’une offen­sive sans pré­cé­dent sous l’administration Trump, mais le mou­ve­ment syn­di­cal peut se recons­truire – à condi­tion de vou­loir le faire.

Le popu­lisme xéno­phobe de droite se répand en Occident (Global North))et la social-démo­cra­tie ainsi que le libé­ra­lisme dit de la « troi­sième voie » sont épui­sés, par­ti­cu­liè­re­ment aux États-Unis. En Europe, les partis popu­listes de droite se sont taillé une place impor­tante dans l’électorat, comme le Front natio­nal en France ou le Parti pour la liberté aux Pays-Bas. Ils ont joué un rôle-clé dans des évé­ne­ments poli­tiques rava­geurs, comme le vote du Brexit sous l’influence du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UK Independence Party). Cependant, il n’y a qu’aux États-Unis que la vague popu­liste de droite a réussi à se placer à la direc­tion d’un parti poli­tique majeur, le Parti répu­bli­cain, et à prendre le pou­voir.

Suite...
Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Labor Notes, ou les mémoires d’une base ouvrière[1]
Le syndicalisme dans les Amériques
11 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

L’histoire de la revue Labor Notes illustre le fait que la force du mou­ve­ment ouvrier et inci­dem­ment la per­ti­nence des socia­listes repose sur une base mili­tante et indé­pen­dante.

À tous points de vue, 1979 n’était pas le moment idéal pour lancer une publi­ca­tion de gauche des­ti­née aux mili­tantes et aux mili­tants de base aux États-Unis.

Une loi scé­lé­rate visant à dérè­gle­men­ter les sec­teurs conven­tion­nés du camion­nage et des trans­ports aériens fran­chis­sait alors les der­nières étapes de son adop­tion par le Congrès. Chrysler sup­pliait le Congrès de la sauver de la faillite et sou­ti­rait d’importantes conces­sions au puis­sant syn­di­cat des Travailleurs unis de l’automobile. On assis­tait à une mul­ti­pli­ca­tion de reculs syn­di­caux tou­chant les indus­tries les unes après les autres.

Par
Suite...
Les NCS à La Grande Transition