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Publications et événements
Numéro 18 - Automne 2017
En librairie à compter du 15 septembre

Présentation du dossier thématique

Le but de ce dos­sier est de lever le voile sur les Autochtones au Canada et au Québec, ces « peuples invi­sibles » selon l’expression de Richard Desjardins afin de mieux com­prendre ce qui nous y lie et quelles soli­da­ri­tés il est néces­saire de tisser pour com­battre ensemble. Le dos­sier contient quatre sec­tions : la pre­mière expose les enjeux contem­po­rains de la ques­tion, la seconde retrace et remet en ques­tion l’histoire offi­cielle des rela­tions de l’État cana­dien et des Autochtones et sou­lève quelques aspects théo­riques dans l’analyse de cette ques­tion, la sui­vante décrit des luttes de résis­tance et la der­nière aborde cer­tains aspects de la culture des Autochtones.

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Articles récents

Entrevue avec Alexa Conradi
Un engagement féministe qui s’approfondit dans les luttes

NCS Alexa, de quelle ori­gine es-tu ?

A.C. Mon père qui est nor­vé­gien d’origine a vécu aux États-Unis, en Norvège et en Suisse avant d’immigrer à Montréal avec ses parents, ses frères et sa sœur dans les années 1950, années où les immi­grants s’intégraient au milieu anglo­phone (la famille par­lait le nor­vé­gien, le suisse-alle­mand et l’anglais). Ma mère est une Anglo-cana­dienne ayant grandi à Montréal en anglais. Je suis née en Angleterre en 1971, alors que mon père y tra­vaillait dans le domaine finan­cier. Nous y avons habité deux fois, soit de 1971 à 1975 et entre 1981 et 1985. À part un séjour de deux ans à Toronto, j’ai grandi à Montréal où j’ai fré­quenté une école d’immersion fran­çaise. En 1990, ma famille a démé­nagé à Calgary à cause du tra­vail de mon père, mais moi, je suis restée à Montréal. Mes parents accor­daient beau­coup d’importance à l’engagement envers sa com­mu­nauté et à l’éducation ; ils nous ont aussi incul­qué le sens de l’effort, de la dis­ci­pline et du dépas­se­ment de soi.

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Contrer les violences sexuelles à l’université : un maillage de résistance

Les com­mu­nau­tés uni­ver­si­taires qué­bé­coises font actuel­le­ment face à la mise au jour de la pré­va­lence, en leur sein, de situa­tions de vio­lences sexuelles. Les résul­tats de l’enquête ESSIMU (Enquête Sécurité, sexua­lité et inter­ac­tions en milieu uni­ver­si­taire) montrent que le phé­no­mène n’est ni rare ni nou­veau : une per­sonne sur trois ayant par­ti­cipé à l’étude rap­porte avoir vécu une forme ou l’autre de vio­lence sexuelle dans le cadre de ses études ou de son tra­vail depuis son arri­vée à l’université(2). Face à l’institutionnalisation crois­sante de ce pro­blème désor­mais ins­crit à l’ordre du jour poli­tique, pro­ces­sus dont on peut légi­ti­me­ment craindre qu’il obli­tère tout ancrage militant(3), il m’apparait impor­tant de sou­li­gner une chose ou deux que révèle l’examen des mobi­li­sa­tions fémi­nistes contre les vio­lences sexuelles en milieu uni­ver­si­taire. En guise de « bilan de luttes » et de mon point de vue – lar­ge­ment situé à l’UQAM – de mili­tante fémi­niste et de cher­cheure dans l’équipe ESSIMU, je pro­pose donc de faire un bref retour socio­his­to­rique sur ces mobi­li­sa­tions, afin d’exposer le maillage de résis­tance fémi­niste qui a rendu pos­sible la mise sur pied de notre équipe de recherche(4) et contri­bué de manière déci­sive aux avan­cées en matière de lutte contre la culture du viol en milieu uni­ver­si­taire. Cet angle d’approche m’amène à éclai­rer le rôle des ins­ti­tu­tions dans la (re)production de ce que l’on qua­li­fie désor­mais de culture du viol dans les éta­blis­se­ments d’enseignement supé­rieur.

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Nationalisme et souveraineté dans les luttes autochtones contemporaines
30 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Dalie Giroux[1]

Au Canada, les termes Indiens et pre­mières nations, tout comme sau­vages, autoch­tones et indi­gènes, sont des dési­gna­tions poli­tiques à usage variable, dont les emplois se créent et se règlent au sein de la rela­tion colo­niale entre l’État et les peuples autoch­tones. Il est alors ques­tion d’assignation, d’appropriation, de contes­ta­tion, de recon­nais­sance, de négo­cia­tion, d’affirmation. Comme le lexique des rap­ports colo­niaux est symp­to­ma­tique de ces rela­tions elles-mêmes, il faut relire son uti­li­sa­tion chez les peuples autoch­tones à partir de cette situa­tion his­to­rique poli­ti­que­ment équi­voque.

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Idle No More : un mouvement non-mouvement
Entrevue avec Melissa Mollen Dupuis
24 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Melissa Mollen Dupuis est Innue, ori­gi­naire d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord. Depuis main­te­nant plus de 10 ans, elle est impli­quée dans de mul­tiples ini­tia­tives com­mu­nau­taires et cultu­relles, dont le fameux Wapikoni Mobile, au point où son nom et son visage sont main­te­nant connus par des tas de gens. Avec Idle No More où Melissa est impli­quée, c’est un tour­nant pour les résis­tances et les reven­di­ca­tions autoch­tones. Comment cela s’est-il mis en place ? Quels ont été les résul­tats ? Quelles sont les pers­pec­tives ?

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La bataille des sables bitumineux
Comment vaincre
20 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

En 2006, je suis arrivé à Fort McMurray, en plein cœur du pays des sables bitu­mi­neux. Dans cette ville faite pour 35 000 per­sonnes vivaient déjà 75 000 habi­tants, prin­ci­pa­le­ment des hommes âgés de 18 à 60 ans, tra­vaillant presque tous dans l’industrie pétro­lière. Le long de l’autoroute 63, nous avons longé les immenses étangs pleins de déchets pétro­liers. Recevant des rési­dus toxiques 24 heures par jour, ils sont tel­le­ment vastes qu’on pour­rait les aper­ce­voir de l’espace. Nous avons plus tard sur­volé cet incroyable pay­sage de terres dévas­tées, de puits de pétrole et de machi­ne­rie indus­trielle qui détruisent les ter­ri­toires cris et dénés. Partout, l’odeur âcre du bitume nous enva­his­sait, rap­pe­lant aux popu­la­tions locales dans quel enfer elles vivaient.

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Les minières canadiennes contre les peuples autochtones au Mexique
10 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Pierre Beaucage[1]

Depuis plu­sieurs années, les res­sources minières que recèlent les ter­ri­toires autoch­tones de plu­sieurs pays d’Amérique latine sus­citent la convoi­tise de puis­sants inté­rêts. Les peuples amé­rin­diens ont dû adap­ter leurs stra­té­gies de défense à ce nou­veau contexte. Au Mexique, la Sierra Nororiental de Puebla, une zone mon­ta­gneuse située à envi­ron trois cents kilo­mètres au nord-est de la capi­tale, ne fait pas excep­tion. Cette région est habi­tée par envi­ron 600 000 Autochtones, majo­ri­tai­re­ment des Nahuas et des Totonaques. En 1992, pour plaire à ses par­te­naires de l’ALÉNA, le gou­ver­ne­ment mexi­cain a adopté une nou­velle légis­la­tion minière.

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Article 25
L’Opposition ouvrière
(début 1921)

I. Les racines de l’Opposition ouvrière

Avant d’éclaircir les rai­sons de la rup­ture crois­sante entre l’Opposition ouvrière et le point de vue offi­ciel de nos diri­geants, il faut atti­rer l’attention sur deux points :

  1. L’Opposition ouvrière est issue du pro­lé­ta­riat indus­triel de la Russie sovié­tique. Elle n’est pas née seule­ment des condi­tions into­lé­rables de vie et de tra­vail où se trouvent sept mil­lions d’ouvriers ; elle est aussi le pro­duit de volte-face, des inco­hé­rences et même des dévia­tions que montre notre poli­tique sovié­tique, par rap­port aux prin­cipes de classe ini­tia­le­ment expri­més dans le pro­gramme com­mu­niste.
  2. L’Opposition n’est pas ori­gi­naire d’un centre par­ti­cu­lier, elle n’est pas le fruit d’une que­relle ou d’un anta­go­nisme per­son­nel, mais au contraire, elle s’étend à toute la Russie sovié­tique et ren­contre une audience récep­tive.
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Article 24
Trente ans après la Révolution russe

La contre-révolution

Les années 1938-1939 marquent un nou­veau tour­nant déci­sif. À la faveur des « épu­ra­tions » impla­cables, la trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions, comme celle des mœurs et des cadres de l’État encore dit sovié­tique, bien qu’il ne le soit plus du tout, s’est ache­vée. Un sys­tème par­fai­te­ment tota­li­taire en résulte puisque ses diri­geants sont les maîtres abso­lus de la vie sociale, éco­no­mique, poli­tique, spi­ri­tuelle du pays, l’individu et les masses ne jouis­sant en réa­lité d’aucun droit.

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article 23
Victor Serge vit

Pourquoi un obscur écri­vain à la natio­na­lité dou­teuse et mort dans la plus totale indif­fé­rence à Mexico il y a 60 ans devrait-il vous inté­res­ser ? En tout cas, le pari est que vous lirez Serge bien­tôt, puisque l’un de ses prin­ci­paux romans, « L’affaire Toulaév», vient d’être réédité par Lux Éditeur qui devrait aussi, à l’automne pro­chain, repu­blier son auto­bio­gra­phie, « Mémoires d’un révo­lu­tion­naire ».

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article 22
1917, c’était la révolution

En février 1917, des mil­liers, puis des cen­taines de mil­liers de tra­vailleurs, en fait sur­tout, de tra­vailleuses, para­lysent les grands centres de la Russie. Devant les sol­dats venus les chas­ser, les mères et les grand-mères demandent la fin de l’horrible bou­che­rie qui s’appelle la Première Guerre mon­diale, du pain et aussi, la liberté, contre un régime dic­ta­to­rial qui dure depuis plus de 300 ans. Les sol­dats refusent de tirer dans le tas et bien­tôt, c’est la fin d’un régime. Après cet immense coup de ton­nerre, les pay­sans n’attendent per­sonne pour s’emparer des terres. Les ouvriers prennent les usines déser­tées par les patrons. Les sol­dats aban­donnent les tran­chées et reviennent à la maison avec leurs armes. C’est une immense fête de la liberté, mais aussi un grand chaos.

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