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Publications et événements

De tous les mou­ve­ments sociaux des temps modernes, le syn­di­ca­lisme est celui qui a favo­risé l’organisation du plus grand nombre de per­sonnes et, ne serait-ce que pour cette raison, il figure parmi les mou­ve­ments sociaux les plus puis­sants de notre époque. Pourtant, aucun dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) ne lui avait encore été consa­cré, bien que le syn­di­ca­lisme et les luttes ouvrières – d’ici et d’ailleurs – aient fait l’objet de plu­sieurs textes dans nos pages, à chaque numéro ou presque.

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Articles récents

Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Dépanneurs Couche-Tard : les défis de la syndicalisation d’un secteur non traditionnel[1]
Mémoire de luttes
13 juin 2018
No. 19 - Hiver 2018

Introduction

Au Québec, la der­nière décen­nie a été mar­quée par une dis­pa­rité sala­riale signi­fi­ca­tive défa­vo­rable aux employé-e-s du sec­teur du com­merce du détail, dans lequel on peut inclure l’industrie du dépan­neur. Une telle ten­dance n’est d’ailleurs pas étran­gère au fait que le com­merce de détail est le sec­teur com­por­tant la plus grande pro­por­tion d’employé-e-s tra­vaillant au salaire mini­mum[3]. Le taux de cou­ver­ture syn­di­cale y est éga­le­ment signi­fi­ca­ti­ve­ment plus faible que le taux qué­bé­cois moyen[4]. Cette situa­tion est notam­ment impu­table à un taux de rou­le­ment élevé, lié aux emplois de courte durée[5]. Le fait que les éta­blis­se­ments employant moins d’une ving­taine d’employé-e-s aient un taux de cou­ver­ture syn­di­cale plus faible permet éga­le­ment de confir­mer l’inscription de l’industrie du dépan­neur plus spé­ci­fi­que­ment dans cette caté­go­rie d’entreprises[6].

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Patience, persévérance et courage, L’histoire de la grève des travailleuses et travailleurs du Vieux-Port de Montréal
Mémoire de luttes
6 juin 2018
No. 19 - Hiver 2018

La stra­té­gie de la grève était basée sur les points sui­vants : patience, per­sé­vé­rance et cou­rage. La patience nous per­met­tait de ne pas perdre la face devant les ges­tion­naires en leur fai­sant savoir qu’on serait prêts à résis­ter à toutes les bar­rières qu’ils met­taient devant nous, même si on devait pique­ter l’hiver. La per­sé­vé­rance accen­tuait cette idée qu’on pou­vait être constants dans l’exécution de nos actions, avec une rési­lience hors pair. Ce sont ces élé­ments qui ont fourni du car­bu­rant à notre cou­rage, afin de se battre conve­na­ble­ment pour les demandes que nous avons mises de l’avant lors de notre grève :

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
La grève comme force créatrice et rassembleuse. Témoignage
Mémoire de luttes
25 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

Le choc des pre­mières minutes de la grève

Comment quelqu’un comme moi, qui ne mili­tais pas dans le mou­ve­ment syn­di­cal avant la grève, qui ne s’imaginais pas pou­voir s’impliquer, a-t-elle vécu (pas sur­vécu, mais vrai­ment eu une vie active) une grève de cinq mois et demi ? Je par­le­rai d’abord de mon expé­rience per­son­nelle. Au moment du déclen­che­ment de la grève, le 27 mai 2016, je n’avais pas idée de l’ampleur que notre mobi­li­sa­tion allait avoir. Je voyais la situa­tion à tra­vers une fente tout étroite. Je me posais des ques­tions telles que : est-ce que la grève signi­fie tout sim­ple­ment venir mar­cher avec des pan­cartes tous les jours ? Combien de temps pour­rons-nous sup­por­ter cela ? C’est quoi le pique­tage ? Est-ce que la grève est un mou­ve­ment agres­sif ? Est-ce qu’on va se faire tabas­ser et arrê­ter par les poli­ciers ? Est-ce que mes col­lègues non syn­di­qués vont tra­ver­ser la ligne de pique­tage pour aller tra­vailler et me jet­te­ront des regards de honte ? Est-ce que j’aurai le sup­port de ma famille ? À toutes ces ques­tions-là, ma réponse pen­dant les pre­mières minutes de la grève fut : j’ai peur. C’est la peur envers tout ce qui est inconnu. Je ne voyais pas ma place dans le mou­ve­ment. Moi, qui me consi­dé­rais comme pos­sé­dant un esprit tran­quille, paci­fique, conci­lia­teur… pour­quoi faire une grève ? Pourquoi et com­ment était-il pos­sible que les négo­cia­tions entre l’employeur et le syn­di­cat abou­tissent à un cul-de-sac ? Je réa­li­sais que j’avais vécu dans une bulle de gomme bal­loune rose. Dans ma tête, tout dans mon milieu de tra­vail était normal. Des négo­cia­tions de rou­tine… Et pour­tant, j’ai voté en faveur de la grève avec convic­tion. 

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Syndicalisme et transition juste : en quête d’une vision transformatrice

Dans un texte inti­tulé « Pour un syn­di­ca­lisme éco­so­cia­liste » publié sur le site des Nouveaux Cahiers du socia­lisme le 23 mars der­nier, Yves-Marie Abraham salue les prises de posi­tion du mou­ve­ment syn­di­cal sur la crise éco­lo­gique, mais cri­tique néan­moins une vision étri­quée du concept de la tran­si­tion juste qui ne serait à ses yeux qu’un « piège » débou­chant « sur un projet de green new deal » dans le cadre d’un « capi­ta­lisme vert ». En conclu­sion, il se pro­pose d’esquisser « les grandes lignes d’un pro­gramme éco­so­cia­liste pos­sible dans le mou­ve­ment syn­di­cal » (1).

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Crise de légitimité du mouvement syndical à l’ère de Trump[1]
Le syndicalisme dans les Amériques
18 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

Les syn­di­cats sont la cible d’une offen­sive sans pré­cé­dent sous l’administration Trump, mais le mou­ve­ment syn­di­cal peut se recons­truire – à condi­tion de vou­loir le faire.

Le popu­lisme xéno­phobe de droite se répand en Occident (Global North))et la social-démo­cra­tie ainsi que le libé­ra­lisme dit de la « troi­sième voie » sont épui­sés, par­ti­cu­liè­re­ment aux États-Unis. En Europe, les partis popu­listes de droite se sont taillé une place impor­tante dans l’électorat, comme le Front natio­nal en France ou le Parti pour la liberté aux Pays-Bas. Ils ont joué un rôle-clé dans des évé­ne­ments poli­tiques rava­geurs, comme le vote du Brexit sous l’influence du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UK Independence Party). Cependant, il n’y a qu’aux États-Unis que la vague popu­liste de droite a réussi à se placer à la direc­tion d’un parti poli­tique majeur, le Parti répu­bli­cain, et à prendre le pou­voir.

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Labor Notes, ou les mémoires d’une base ouvrière[1]
Le syndicalisme dans les Amériques
11 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

L’histoire de la revue Labor Notes illustre le fait que la force du mou­ve­ment ouvrier et inci­dem­ment la per­ti­nence des socia­listes repose sur une base mili­tante et indé­pen­dante.

À tous points de vue, 1979 n’était pas le moment idéal pour lancer une publi­ca­tion de gauche des­ti­née aux mili­tantes et aux mili­tants de base aux États-Unis.

Une loi scé­lé­rate visant à dérè­gle­men­ter les sec­teurs conven­tion­nés du camion­nage et des trans­ports aériens fran­chis­sait alors les der­nières étapes de son adop­tion par le Congrès. Chrysler sup­pliait le Congrès de la sauver de la faillite et sou­ti­rait d’importantes conces­sions au puis­sant syn­di­cat des Travailleurs unis de l’automobile. On assis­tait à une mul­ti­pli­ca­tion de reculs syn­di­caux tou­chant les indus­tries les unes après les autres.

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Les NCS à La Grande Transition
Syndicalisme: institution ou mouvement
Allier pouvoir et démocratie : pistes américaines pour renouveler le syndicalisme
Le syndicalisme dans les Amériques
4 mai 2018
No. 19 - Hiver 2018

Le débat sur le fameux « renou­veau syn­di­cal » a cours depuis plu­sieurs années déjà. On s’est habi­tué à la ritour­nelle sur la crise du syn­di­ca­lisme, sur le besoin de rejoindre la base, sur la néces­sité de réfor­mer les pra­tiques pour affron­ter la droite et les tech­niques anti­syn­di­cales du patro­nat. Or, même si le débat semble avoir atteint une cer­taine matu­rité, des écrits et des pra­tiques déve­lop­pées aux États-Unis semblent lar­ge­ment mécon­nus au Québec. Pourtant la crise du syn­di­ca­lisme n’est pas cir­cons­crite à notre pro­vince et il est essen­tiel d’apprendre des ini­tia­tives ins­pi­rantes qui ont cours ailleurs. D’autant plus que le cadre légal et l’univers syn­di­cal amé­ri­cain sont proches des nôtres.

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Syndicalisme en Amérique latine : la difficile recherche de voies alternatives
Le syndicalisme dans les Amériques
27 avril 2018
No. 19 - Hiver 2018

Comme par­tout ailleurs dans le monde, le syn­di­ca­lisme en Amérique latine a connu ces der­nières décen­nies de pro­fondes trans­for­ma­tions. Le déploie­ment néo­li­bé­ral initié dans cer­tains pays dès les années 1970 ainsi que les dic­ta­tures de sécu­rité natio­nale (dans le cône Sud) ou encore les guerres de basse inten­sité (en Amérique cen­trale) qui ont secoué tout le sous-conti­nent jusqu’au milieu des années 1990, ont eu un impact consi­dé­rable sur son deve­nir et ses dyna­miques actuelles. Ne serait-ce que par la répres­sion qui s’est mas­si­ve­ment abat­tue sur ses diri­geants, diri­geantes, mili­tants et mili­tantes les plus en vue. Et le retour à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans les années 1990, loin de lui redon­ner son élan d’antan, l’a confronté à de nou­veaux et dif­fi­ciles défis, notam­ment parce que le contexte dans lequel il opé­rait avait changé du tout au tout. À tel point qu’il semble aujourd’hui en crise, et qu’il fait pâle figure en termes de dyna­misme par rap­port à ces nou­veaux mou­ve­ments sociaux que sont, par exemple, le mou­ve­ment indi­gène, ou encore les mou­ve­ments éco­lo­giste et fémi­niste. Comme si presque par­tout en Amérique latine le mou­ve­ment ouvrier – au-delà d’une pré­sence pour­tant encore bien réelle – avait perdu la place cen­trale qu’il avait pu occu­per dans le passé et qu’il pei­nait aujourd’hui à trou­ver un second souffle.

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
La nouvelle gestion publique : au-delà des conventions collectives…
DÉFIS DU SYNDICALISME CONTEMPORAINS
20 avril 2018
No. 19 - Hiver 2018

« Cette nou­velle ges­tion publique, c’est la copie par­faite de ce qui se passe dans le pire de l’entreprise privée. Des mesures de contrôle tatillonnes, des sta­tis­tiques à n’en plus finir comme si nous deve­nions des comp­tables jus­ti­fiant cha­cune des minutes de notre pré­sence au tra­vail. […] Ce sys­tème doit être dénoncé. Nous devons être soli­daires entre nous inter­ve­nantes et cesser de vivre cette situa­tion comme nor­male et accep­table. Nous devons cesser de nous isoler et de vivre seule, cha­cune dans notre petit bureau, une situa­tion qui est anor­male et inac­cep­table. […] Il est temps de briser le silence qui entoure l’organisation du tra­vail que nos patrons ont décidé de mettre en place. Il est temps de reven­di­quer de nou­velles approches dans l’intervention sociale avec des charges de tra­vail rai­son­nables et une orga­ni­sa­tion du tra­vail à échelle humaine, loin des prin­cipes des écoles de ges­tion­naires[2].»

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