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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 2019 : un militantisme en mutation
Valleyfield, un enjeu québécois
8 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Au terme de l’enquête sur Valleyfield, il nous a semblé impor­tant de prendre un pas de côté et de réflé­chir à tout ce qui a été réuni à tra­vers l’ensemble des dis­cus­sions, enquêtes et entre­vues. Vous l’aurez lu dans les pages pré­cé­dentes, ce riche maté­riel four­nit un bon por­trait de la région, de ses luttes et résis­tances, de son état éco­no­mique et social, et de divers débats qui tra­versent les géné­ra­tions mili­tantes.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Les femmes et la justice au Canada : quelle justice ?
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
7 avril 2020
No 16 - Automne 2016

L’accès plein et entier à un sys­tème de jus­tice neutre et effi­cace est pré­senté comme l’un des grands acquis, si ce n’est le plus grand, de la démo­cra­tie libé­rale. Le droit à un juge­ment « juste et équi­table » est d’ailleurs garanti consti­tu­tion­nel­le­ment au Canada. Ce sont de très belles garan­ties sur papier ; tou­te­fois, qu’en est-il dans les faits ? Dans cet article, nous allons nous inter­ro­ger sur l’accès à la jus­tice, plus par­ti­cu­liè­re­ment pour les femmes[2].

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Valleyfield, mémoires et résistances
La grande bataille du Suroît contre la centrale thermique – Entrevue avec Marc Laviolette
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
6 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

En 2001, Hydro-Québec et le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois (PQ) annoncent un méga­pro­jet de construc­tion d’une cen­trale ther­mique au gaz à Beauharnois, la ville-sœur, si on peut dire, de Valleyfield. Le budget du projet est évalué à plus de 550 mil­lions de dol­lars. On estime qu’une fois com­plé­tée, la cen­trale pourra pro­duire plus de 850 méga­watts et qu’on pourra expor­ter l’électricité vers l’Ontario et les États-Unis. En 2003, cepen­dant, le projet reçoit une éva­lua­tion néga­tive du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) qui estime que, « malgré sa contri­bu­tion impor­tante à l’essor éco­no­mique de la région de Beauharnois et malgré les impacts réduits qu’il aura sur l’environnement, le projet aug­men­tera de façon sub­stan­tielle les émis­sions de gaz à effet de serre du Québec[2] ». Malgré cet avis néga­tif, le nou­veau gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral remet le projet sur les rails à la fin de 2003. Rapidement, l’opposition s’organise. Une vaste coa­li­tion d’organisations envi­ron­ne­men­ta­listes, la coa­li­tion Québec-Vert-Kyoto, orga­nise une mani­fes­ta­tion en février 2004 où se retrouvent plus de 4000 per­sonnes devant le siège d’Hydro-Québec à Montréal.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Le mouvement étudiant face au système de justice pénale
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
5 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Le rap­port ambigu qu’entretiennent les mou­ve­ments sociaux avec le droit touche direc­te­ment à la ques­tion de l’« accès à la jus­tice » pour les popu­la­tions éloi­gnées du pou­voir. Le droit est sou­vent perçu comme un méca­nisme de répres­sion plutôt qu’un outil ou une sphère de pro­tec­tion pour les membres des classes subor­don­nées. Les mou­ve­ments sociaux, pri­vi­lé­giant l’action poli­tique, forment en ce sens un moyen, un véhi­cule, pour l’accession réelle à des condi­tions de vie dignes pour le plus grand nombre. Le recours à « des modes d’action trans­gres­sifs qui se déploient en dehors des canaux ins­ti­tu­tion­nels et qui cherchent […] à per­tur­ber la rou­tine de l’ordre établi pour se faire voir et entendre[2] » s’avère néces­saire pour les mou­ve­ments sociaux, mais expose leurs membres au risque de dif­fé­rentes mesures répres­sives de l’État, notam­ment la déten­tion, l’arrestation et la mise en accu­sa­tion. À cet égard, le mou­ve­ment étu­diant ne fait pas excep­tion.

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Valleyfield, mémoires et résistances
Le « soviet » de Valleyfield – Succès et échecs du travail communiste en usine
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
4 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste regroupe des mil­liers de sym­pa­thi­sants et sym­pa­thi­santes et consti­tue un des pôles domi­nants de la gauche qué­bé­coise. La plus impor­tante orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, la Ligue com­mu­niste (mar­xiste-léni­niste) du Canada, devient le Parti com­mu­niste ouvrier (PCO) en 1979. Ce parti qui se conçoit dans la tra­di­tion de la Troisième Internationale prône l’implantation en usine. Il encou­rage les mili­tants à se faire embau­cher en usine pour y faire du tra­vail syn­di­cal et poli­tique. Valleyfield est alors un des endroits où cette pré­sence com­mu­niste est la plus forte. On retrouve des mili­tants dans la plu­part des grandes usines de la ville et des envi­rons. Dans cer­tains cas, les mar­xistes-léni­nistes se font élire à des postes syn­di­caux et exercent une influence déter­mi­nante sur les luttes dans les milieux de tra­vail. Un leader du parti déclare à l’époque que « dans la région, tous les élé­ments avan­cés ont été ral­liés » et cer­tains parlent du « soviet de Valleyfield » pour décrire la vigueur de l’engagement com­mu­niste. Dans ce texte, j’analyse l’implantation dans quatre usines de la région afin de faire surgir quelques-unes des rai­sons der­rière les succès et les échecs de ces expé­riences[1].

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L'accès à la justice, quelle justice?
Les délais judiciaires comme modalité d’organisation d’une justice de classe : la hiérarchisation des causes à la Régie du logement
Luttes contemporaines-alternatives-résistances
3 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Cette mise au rôle est-elle éthique ? Il fau­drait d’abord se poser la ques­tion : quelles valeurs sous-tendent les actes qui sont posés ? Le pré­sident [de la Régie du loge­ment] l’a d’ailleurs men­tionné dans son témoi­gnage : il est sou­vent pris entre deux feux, soit entre dif­fé­rentes asso­cia­tions qui exercent leur influence soit dans la réa­li­sa­tion de cibles stra­té­giques par­fois dif­fi­ci­le­ment conci­liables[1].

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Valleyfield, mémoires et résistances
Valleyfield 1946
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant

Pour la classe ouvrière au Québec, 1946 est une année excep­tion­nelle, alors que le capi­ta­lisme nord-amé­ri­cain tente un retour à la nor­male après cinq années de guerre. La guerre froide pointe à l’horizon, les États-Unis, à peine sortis du conflit avec l’Allemagne nazie, déci­dant de confron­ter l’Union sovié­tique. En Angleterre, le pre­mier ministre conser­va­teur Winston Churchill affirme qu’un rideau de fer s’est abattu sur l’Europe la divi­sant en zones, com­mu­niste à l’est et « libre » à l’ouest, et qu’il appar­tient aux pays capi­ta­listes d’aider à « libé­rer » l’Europe. Au Canada, ce tour­nant bel­li­queux prend forme au sein du gou­ver­ne­ment. Des mili­tantes et des mili­tants de gauche et des syn­di­ca­listes sont sus­pec­tés d’être « à la solde » de l’URSS. Plusieurs sont arrê­tés à la suite d’une affaire d’« espion­nage » qui don­nera lieu à des accu­sa­tions, des empri­son­ne­ments et des vies bri­sées, même si la plu­part des per­sonnes « accu­sées » seront fina­le­ment dis­cul­pées.

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L'accès à la justice, quelle justice?
La population trans : oppression ou émancipation
Dimension historique et théorique
1 avril 2020
No 16 - Automne 2016

Transsexuel-les, trans­genres, trans

Depuis long­temps, il est reconnu que le corps mas­cu­lin ou fémi­nin d’une per­sonne ne cor­res­pond pas auto­ma­ti­que­ment à son iden­tité de genre. Le terme « iden­tité de genre » ou « iden­tité sexuelle » (terme géné­ra­le­ment uti­lisé dans les textes juri­diques) décrit la com­pré­hen­sion qu’une per­sonne a d’elle-même comme homme ou comme femme ou comme per­sonne non binaire, peu importe le genre assi­gné à la nais­sance. À ne pas confondre avec l’« orien­ta­tion sexuelle » qui concerne l’attirance sexuelle et affec­tive d’une per­sonne envers des hommes ou des femmes, ou les deux.

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Valleyfield, mémoires et résistances
L’indépendance, toujours à l’ordre du jour, Entrevue avec Pierre LaGrenade
Les enjeux pour le mouvement populaire

Ce n’est pas d’hier que la ques­tion dite natio­nale domine la société à Valleyfield et dans la région du Suroît. Après la Conquête, le nou­veau sei­gneur de Beauharnois nommé par l’administration colo­niale, Edward Ellice, s’empare des terres et devient « une sorte de tyran régio­nal, très impo­pu­laire, fré­quem­ment dénoncé[2] ». Lors de l’insurrection répu­bli­caine de 1837-1838, les Patriotes sont très actifs dans la région. Dans les années sub­sé­quentes, les capi­ta­listes anglo-cana­diens prennent le contrôle de l’économie locale qui culmine avec l’installation de la Montreal Cotton. Les pro­fits sont énormes, les salaires misé­rables. L’intervention de l’armée colo­niale est fré­quente pour répri­mer les mou­ve­ments de grève. Des « admi­nis­tra­teurs » délé­gués par la Cotton, tous anglo­phones, sont pré­sents aux séances du conseil muni­ci­pal pour sur­veiller ce qui se passe, car, jusque dans les années 1950, Valleyfield est une véri­table « com­pany town ». Dans la ville ségré­gée, il y a les quar­tiers pour les patrons anglo­phones, ceux pour le per­son­nel tech­nique et d’encadrement (majo­ri­tai­re­ment bri­tan­niques et écos­sais) et ceux pour la masse ouvrière cana­dienne-fran­çaise à 95 %.

Durant les années 1970, une nou­velle géné­ra­tion de mou­ve­ments sociaux prend forme avec au pre­mier plan les syn­di­cats. Valleyfield devient une ville mili­tante où les syn­di­ca­listes en mènent large. En 1976, un jeune ensei­gnant, Laurent Lavigne, est élu dans le comté sous la ban­nière du Parti qué­bé­cois (PQ). La défaite du OUI au pre­mier réfé­ren­dum de 1980 fait mal. Pour plu­sieurs mili­tantes et mili­tants, la stra­té­gie « éta­piste » pensée par le ministre Claude Morin consti­tue une erreur, qui fait glis­ser le PQ dans le piège de la « gou­ver­nance pro­vin­ciale ».

En 1995, Jacques Parizeau relance le projet. Le deuxième réfé­ren­dum fait appel à une coa­li­tion large au sein de laquelle les syn­di­cats et les mou­ve­ments popu­laires trouvent leur place. Un orga­nisme visant à coa­li­ser les indé­pen­dan­tistes, les Partenaires pour la sou­ve­rai­neté, est créé pour mobi­li­ser la popu­la­tion qui vient très près de l’emporter contre l’État fédé­ral ; celui-ci s’efforce de contrer la vague sou­ve­rai­niste par tous les moyens, y com­pris par la vio­la­tion des lois élec­to­rales. Plus tard, le gou­ver­ne­ment péquiste crée le Conseil de la sou­ve­rai­neté du Québec. Quand le PQ perd les élec­tions en 2003, ce conseil devient un peu plus auto­nome, et intègre les indé­pen­dan­tistes de l’Union des forces pro­gres­sistes (UFP). En 2013, le Conseil adopte un nou­veau nom, les Organisations unies pour l’indépendance du Québec, les OUI Québec. Des col­lec­tifs (des tables régio­nales) se mettent en place un peu par­tout au Québec, y com­pris à Valleyfield, où Pierre LaGrenade, tou­jours très impli­qué dans la vie poli­tique et sociale de sa ville, devient son porte-parole.

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L'accès à la justice, quelle justice?
Selon que vous serez puissant ou misérable… Les inégalités sociales et genrées dans l’accès à la justice familiale
Dimension historique et théorique
30 mars 2020
No 16 - Automne 2016

Les sépa­ra­tions conju­gales figurent parmi les situa­tions où les Québécoises et les Québécois ont le plus de chances d’avoir affaire au droit, à ses pro­fes­sion­nelles et pro­fes­sion­nels, voire à la jus­tice. Trois des dix cap­sules les plus consul­tées sur le site Educaloi concernent le droit de la famille[2] et plus d’une affaire sur deux enten­dues par la Cour supé­rieure relève de cette matière[3]. Comptant parmi les faits sociaux majeurs de la période contem­po­raine, la mas­si­fi­ca­tion des sépa­ra­tions (envi­ron un divorce pro­noncé pour deux mariages célé­brés[4]) tend à aug­men­ter la « demande » de ser­vices juri­diques, trans­for­mant le rôle des juristes et de l’institution judi­ciaire. Montée en puis­sance du règle­ment à l’amiable, déclin des pro­cé­dures pour adul­tère ou cruauté, finan­ce­ment public de la média­tion fami­liale, recours aux gref­fiers spé­ciaux (habi­li­tés à homo­lo­guer la plu­part des ententes) et limi­ta­tion du nombre d’audiences contra­dic­toires devant les juges consti­tuent les prin­ci­pales trans­for­ma­tions du trai­te­ment judi­ciaire des sépa­ra­tions depuis le milieu des années 1980. Mode le plus emblé­ma­tique du pas­sage en jus­tice, le procès est ainsi bien moins fré­quent qu’auparavant : en 30 ans, le nombre de causes fixées au fond, pour des divorces, a dimi­nué de 72 % (voir le Tableau 1, Volumétrie). Les formes de recours à la jus­tice se sont consi­dé­ra­ble­ment diver­si­fiées : une mino­rité des couples passent de longues heures devant une juge ou un juge, tandis que d’autres ne le voient jamais. Ainsi, l’accompagnement des rup­tures par les pro­fes­sion­nels du droit varie beau­coup d’un couple à l’autre, et même entre les deux ex-conjoints, selon leur milieu social et selon leur sexe.

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