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Publications et événements
Numéro 22, Automne 2019

Nouveaux Cahiers du socialisme, numéro 22, Automne 2019 : VALLEYFIELD, mémoires et résistances

Pour consul­ter des extraits de ce numéro, cli­quer sur l’image.

Pourquoi un dossier sur Valleyfield ?

Ce dos­sier des Nouveaux Cahiers du socia­lisme (NCS) a été conçu en par­tant del’idée que ce qui se passe à Salaberry-de-Valleyfield peut offrir des ensei­gne­ments à toute la gauche au Québec. Sans nier les impor­tants défis qu’elle doit rele­ver, on peut dire que cette gauche cam­pi­val­len­sienne est bien vivante. Elle a su notam­ment créer, conso­li­der et entre­te­nir un pôle com­ba­tif qui a rem­porté des vic­toires impor­tantes, entre autres lors de luttes syn­di­cales et envi­ron­ne­men­tales. Pour les NCS, il s’agissait d’aller à la ren­contre des pro­ta­go­nistes de cette gauche pour voir com­ment son expé­rience peut nous aider à mieux cou­vrir cer­tains angles morts de la pra­tique et de la pensée mili­tantes au Québec.

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Articles récents

PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Amérique latine : après la vague rose
La crise des crises
20 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

À partir de l’année 2000, l’Amérique latine est entrée dans un nou­veau cycle poli­tique et éco­no­mique, carac­té­risé par l’influence des mou­ve­ments sociaux, la crise des partis poli­tiques tra­di­tion­nels et de ses formes de repré­sen­ta­tion, de même que par la relé­gi­ti­ma­tion de dis­cours poli­ti­que­ment radi­caux. Partant de poli­tiques éco­no­miques hété­ro­doxes, des gou­ver­ne­ments ont répondu, au moins en partie, aux reven­di­ca­tions popu­laires. C’est sur ces constats que des intel­lec­tuels et intel­lec­tuelles ont parlé d’un virage à gauche en Amérique latine.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Capitalisme et décroissance
La crise des crises
17 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme mon­dial est entré dans une crise majeure dont la cause fon­da­men­tale est la conjonc­tion de contra­dic­tions sociales et éco­lo­giques. Cette simul­ta­néité marque le carac­tère sys­té­mique inédit de cette crise. Elle peut être inter­pré­tée en termes simples comme l’impossibilité d’aller au-delà d’un cer­tain seuil d’exploitation de la force de tra­vail, sous peine de sur­pro­duc­tion inven­dable et d’insuffisance du taux de profit, et au-delà d’un cer­tain seuil d’exploitation de la nature, sous peine de des­truc­tion des équi­libres éco­sys­té­miques, d’épuisement de toutes les res­sources natu­relles non renou­ve­lables et d’un réchauf­fe­ment du climat incon­trô­lable. En termes théo­riques, la crise est une crise de pro­duc­tion et de réa­li­sa­tion de la valeur, c’est-à-dire qu’il est de plus en plus dif­fi­cile pour le capi­ta­lisme de déga­ger des taux de profit suf­fi­sants, dont la pro­gres­sion est bornée par le taux d’exploitation de la force de tra­vail qui ne peut croître indé­fi­ni­ment, et par l’efficacité du capi­tal aujourd’hui de plus en plus dépen­dante de la dif­fi­culté d’accès aux res­sources et de leur coût. Il en résulte un ralen­tis­se­ment très net de l’augmentation de la pro­duc­ti­vité du tra­vail dans tous les pays capi­ta­listes déve­lop­pés depuis près d’un demi-siècle et on voit appa­raître les pré­mices d’une même évo­lu­tion dans les pays dits émer­gents comme la Chine[2].

Comme la crois­sance éco­no­mique infi­nie est impos­sible, la recherche d’une crois­sance maté­rielle forte comme voie de sortie de la crise glo­bale du capi­ta­lisme pro­duc­ti­viste est impra­ti­cable et vouée à l’échec à long terme. Mais la pro­po­si­tion de décrois­sance immé­diate prônée par cer­tains théo­ri­ciens et théo­ri­ciennes n’est-elle pas tout aussi illu­soire, en igno­rant ou sous-esti­mant la néces­sité d’une tran­si­tion qui s’étalera vrai­sem­bla­ble­ment sur plu­sieurs décen­nies à l’échelle mon­diale ? Ainsi, la trans­for­ma­tion des sys­tèmes éner­gé­tiques, des sys­tèmes et modes de trans­port, de l’urbanisme, de l’habitat, ainsi que la recon­ver­sion de pans entiers de l’industrie et le pas­sage d’une agri­cul­ture indus­trielle pol­luante et des­truc­trice des pay­sages et de la bio­di­ver­sité à une agri­cul­ture bio­lo­gique ou plus rai­son­nable exi­ge­ront des inves­tis­se­ments mas­sifs qu’un contexte de dimi­nu­tion de la pro­duc­tion glo­bale – au sens strict d’une décrois­sance – ne per­met­trait sans doute pas. Pourrait-on alors conce­voir une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment qua­li­ta­tif aussi éloi­gnée d’une éco­no­mie où la recherche du profit prime sur toute autre consi­dé­ra­tion que d’une « sortie de l’économie » ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les classes sociales au prisme de la financiarisation
La crise des crises
14 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans ce texte, nous pro­po­sons quelques pistes de réflexion pour repen­ser les classes sociales. Il s’agit ainsi de regar­der la concep­tua­li­sa­tion des classes sociales au prisme des trans­for­ma­tions éco­no­miques récentes et par là com­prendre les nou­velles formes d’exploitation finan­cière.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les États-Unis dans le monde : hégémoniques et déclinants
La crise des crises
11 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avant, pen­dant et sur­tout après la Deuxième Guerre mon­diale, les États-Unis sont deve­nus LA grande puis­sance mon­diale, la puis­sance incon­tour­nable disait-on. Par la suite, durant la guerre froide (1950-1980), les États-Unis se pré­sen­taient comme le centre de gra­vité du monde capable d’assurer la sta­bi­lité des pays capi­ta­listes et des États qui avaient évité de tomber dans l’orbite de l’Union sovié­tique. Au tour­nant des années 1980, l’hégémonie amé­ri­caine a semblé se raf­fer­mir avec l’implosion de l’adversaire sovié­tique. De vastes opé­ra­tions mili­taires ont été enclen­chées pour sécu­ri­ser la domi­na­tion des États-Unis sur le Moyen-Orient, les Balkans, l’Asie cen­trale. On par­lait alors du nou­veau « siècle amé­ri­cain » qui se met­tait en place dans un contexte où il ne res­tait qu’une seule super­puis­sance, l’hyperpuissance, selon l’expression du ministre fran­çais des Affaires exté­rieures de l’époque, Hubert Védrine. Un poli­ti­co­logue état­su­nien réputé, Francis Fukuyama, par­lait de la fin de l’histoire, défi­ni­ti­ve­ment orga­ni­sée autour des États-Unis et de son sys­tème[1]. Mais, par la suite, le vent a tourné. Les échecs du projet de « réin­gé­nie­rie » de Washington se sont accu­mu­lés en Afghanistan, en Irak et ailleurs. La montée en puis­sance de la Chine en Asie a déplacé le centre de gra­vité. La com­pé­ti­tion entre les États-Unis et l’Union euro­péenne s’est aggra­vée. Tout cela a abouti en 2016 au triomphe d’un nou­veau projet sous l’égide de Donald Trump.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Libre-échange et néo-néolibéralisme
La crise des crises
8 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Il n’y a pas si long­temps, tout était au beau fixe dans le domaine du libre-échange. Le dis­cours domi­nant était à l’effet qu’on devait conti­nuer de s’attaquer aux bar­rières non tari­faires, c’est-à-dire aux lois et règle­men­ta­tions contrai­gnant les entre­prises et que les gou­ver­ne­ments avaient eu la mau­vaise idée d’adopter. Il y avait bien sûr des oppo­sants, et cela depuis les tout pre­miers accords, mais disait-on, c’était des per­sonnes inca­pables de s’adapter à un chan­ge­ment néces­saire.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Les infrastructures de la contestation Entretien avec David McNally[1]
Reconstruire nos mouvements
5 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

X.L. – En quoi la crise éco­no­mique mon­diale de 2008 a-t-elle été déter­mi­nante ? Quelles sont ses causes et consé­quences ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicalisme, pouvoir ouvrier et économie[1]
Reconstruire nos mouvements
2 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans cet article, j’examine l’évolution du Plan Meidner-Hedborg (PMH) en Suède dans les années 1970, en ce qu’il illustre une ten­ta­tive de tran­si­tion du capi­ta­lisme avancé au socia­lisme, ainsi que ses impli­ca­tions pour la poli­tique du contrôle ouvrier et de la démo­cra­tie éco­no­mique. Le plan, éla­boré par Rudolf Meidner et Anna Hedborg – les deux éco­no­mistes de la puis­sante fédé­ra­tion syn­di­cale social-démo­crate sué­doise Landsorganisationen (LO) –, envi­sa­geait une tran­si­tion pro­gres­sive et à long terme vers le contrôle des tra­vailleurs et des tra­vailleuses sur l’ensemble des actions des plus grandes entre­prises par l’entremise d’un fonds appar­te­nant aux syn­di­cats. Le plan Meidner-Hedborg est signi­fi­ca­tif en tant qu’exemple de la voie social-démo­crate vers le socia­lisme, mais sa tra­jec­toire démontre aussi un carac­tère par­ti­cu­lier de la poli­tique de for­ma­tion col­lec­tive de capi­tal dans une société capi­ta­liste avan­cée, ce qui en fait une leçon impor­tante pour le monde contem­po­rain et les ten­ta­tives de tran­si­tion à venir.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
La grève, outil incontournable des travailleurs et des travailleuses
Reconstruire nos mouvements
30 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Au prin­temps 2018, des mil­liers d’enseignantes et d’enseignants amé­ri­cains ont cessé le tra­vail dans des régions où il n’y avait pas de grande tra­di­tion syn­di­cale, en Oklahoma, en Virginie-Occidentale, au Kentucky, au Colorado et en Arizona. Partout, le sou­tien popu­laire à la grève était stu­pé­fiant : plus de 72 %, selon divers son­dages. La société amé­ri­caine en entier a été secouée par cette résis­tance inat­ten­due. Dans un contexte où le mou­ve­ment syn­di­cal état­su­nien est très faible, cette confron­ta­tion a beau­coup sur­pris. Comment cela s’est-il passé ? Quelles sont les leçons ?

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Construire un rapport de force
Reconstruire nos mouvements
27 octobre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Le capi­ta­lisme repose en grande partie sur l’exploitation de la force de tra­vail. Et le sys­tème de santé n’échappe pas à cette logique. On exploite, d’une part, le tra­vail rému­néré réa­lisé par les tra­vailleuses et les tra­vailleurs au quo­ti­dien auprès des patientes et des patients. Et on ne recon­naît pas, d’autre part, le tra­vail de la sphère domes­tique, ce tra­vail invi­sible, non rému­néré, qui incombe, encore en 2018, majo­ri­tai­re­ment aux femmes. Cette double exploi­ta­tion que subissent les femmes, sur laquelle comptent notre sys­tème et nos diri­geants poli­tiques pour conti­nuer d’accumuler du capi­tal, est venue à bout des pro­fes­sion­nelles en soin.

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PENSER LA GRANDE TRANSITION
Syndicats et mouvements dans la lutte
Reconstruire nos mouvements
24 octobre 2019
Conjonctures et actualités

Les luttes qui ont mené à la mise sur pied des centres de la petite enfance (CPE) consti­tuent un exemple pro­bant de luttes qui ont conduit à de grandes tran­si­tions, celles de l’accession des femmes au marché du tra­vail et, aussi, celle de la recon­nais­sance de la valeur de leur tra­vail. L’histoire de cette lutte illustre les liens tissés entre les femmes, les com­mu­nau­tés et les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, et ren­seigne sur les pos­si­bi­li­tés de réa­li­ser des chan­ge­ments en pro­fon­deur lorsque les forces pro­gres­sistes font conver­ger leurs efforts. Ce n’est pas un hasard si les ser­vices de garde en géné­ral, et les CPE en par­ti­cu­lier, sont la cible des gou­ver­ne­ments de droite. En dimi­nuant et en pri­va­ti­sant ces ser­vices, l’objectif est de les trans­for­mer en des mar­chan­dises que les « consom­ma­teurs » peuvent ache­ter selon ladite « loi du marché »[2]. C’est la même logique que celle mise en place par les poli­tiques aus­té­ri­taires et les attaques contre les ser­vices publics depuis les années 1990.

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