Où va la crise ?
Face au séisme actuel et au délire des marchés, un peu de recul est nécessaire pour comprendre les racines sociales de la crise. C’est d’autant plus nécessaire que les enjeux sociaux de la récession qui vient sont considérables.
Pour des millions de personnes, le pire est encore à venir
« Le regain d’optimisme est indécent. Car si la crise semble finie pour certains, elle ne fait que commencer pour le plus grand nombre ». C’est ce que nous dit avec justesse Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction du magazine Alternatives Economiques dans son éditorial du numéro 282. Bien sûr, avec la reprise des marchés boursiers, les spéculateurs jubilent : ils peuvent continuer impunément à détourner des dizaines de millions $ de la production nationale dans leurs poches bien profondes. Mais pour la majorité, l’avenir n’est pas rose.
Pour sortir de la crise plus solidaires ! Les propositions de la CSN
Au mois de mai 2009, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) proposait ses orientations pour sortir de la crise économique. Son document qui se trouve dans son site rappelle les racines de la crise actuelle. Cette dernière «révèle des déséquilibres profonds dont la gravité est amplifiée par la conjonction d’une série de crises : financière, alimentaire, énergétique et environnementale ». Elle traduit un modèle en crise. La centrale syndicale explique que la crise « résulte d’une forte croissance économique basée sur l’extension d’un modèle de consommation et de production fondamentalement insoutenable. Dans ce modèle de développement, toute intervention de l’État est, au mieux, inutile ou, au pire, nuisible parce qu’elle favorise certains groupes d’inté¬rêts au détriment de l’ensemble. Inspirant nos gouvernements, la déréglementation, la privatisation, la flexibilité du marché du travail, le contrôle obsessif des déficits et de la dette publique, le libre-échange et la libéralisation financière sont devenus les voies à suivre ». La crise est donc globale.
Pourquoi les Nouveaux Cahiers du socialisme ?
Il y a trente ans, au printemps 1978, naissait à Montréal une revue, Les Cahiers du Socialisme. Les éditeurs (intellectuel-les et enseignant-es à l’UQÀM se définissant sur une base militante plutôt que strictement universitaire)[1] voulaient créer « une tribune ouverte aux études sur notre société » et reprendre la tradition léguée par d’autres publications de gauche, dont Socialisme québécois, Parti Pris et plusieurs autres. D’emblée, l’idée était de concentrer les travaux sur les « rapports entre les classes sociales auQuébec et au Canada, la nature de l’État capitaliste fédéral et québécois, la place du Canada dans le système impérialiste, les voies d’organisation et d’accession au pouvoir des classes opprimées et la question nationale ». Les éditeurs précisaient l’impératif d’« étudier les faits ». Tout en étant pour la plupart impliqués dans divers mouvements sociaux et de gauche, les responsables des Cahiers à l’époque ont tenu à publier une revue explicitement indépendante des divers partis et mouvements de gauche de l’époque.
Vérité et émancipation
NOTE DE LECTURE de Pierre Khalfa sur L’Hypothèse communiste, de Alain Badiou, Lignes. 30 août 2009.
La crise commence
C’était prévisible : le moindre frémissement de la conjoncture allait être interprété comme le signal du début de la fin de la crise. Un trimestre de croissance non négative a suffi pour que les traders et les bonus repartent comme en quarante. On cherche à se rassurer comme on peut. Ainsi, l’institut patronal Rexecode souligne que « l’ajustement à la baisse des effectifs dans la phase récessive actuelle a été plus faible que celui qui avait été observé dans des précédentes phases récessives ».
« Il faut en finir avec le secret bancaire et les paradis fiscaux »
Le député de Québec solidaire Amir Khadir estime qu’« il en faut plus pour combattre réellement les Earl Jones et Vincent Lacroix de ce monde. La vraie justice pour les investisseurs ce serait qu’ils puissent revoir la couleur de leur argent. Il faut donc en finir avec les paradis fiscaux et lever le secret bancaire qui permet à ces criminels de cacher 50 milliards de dollars de l’argent du Québec dans les 84 paradis fiscaux identifiés par l’OCDE. »
Scénario du pire et alternative écosocialiste
Avec le changement climatique la crise écologique de la planète a pris un tournant décisif. Premier constat : tout s’accélère bien plus vite que prévu.
Échec électoral historique des PC « traditionnels » ?
En Inde, au fil du conflit sino-soviétique, le Parti communiste des origines a principalement donné naissance à trois composantes : le Parti communiste indien...
L’empire américain en débat
Eric Margolis, grand reporter américain, couvre depuis de longues années les conflits du Proche et du Moyen-Orient. Lors de son passage à Paris en février dernier, l’équipe de La Vie des Idées l’a reçu pour discuter de son dernier livre, American Raj. L’occasion de revenir sur la politique impériale menée par George W. Bush, et de s’interroger sur la rupture introduite par l’élection de Barack Obama.





