Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 1

Pourquoi les Nouveaux Cahiers du socialisme ?

Il y a trente ans, au printemps 1978, naissait à Montréal une revue, Les Cahiers du Socialisme. Les éditeurs (intellectuel-les et enseignant-es à l’UQÀM se définissant sur une base militante plutôt que strictement universitaire)[1] voulaient créer « une tri­bune ouverte aux études sur notre société » et reprendre la tradi­tion léguée par d’autres publications de gauche, dont Socialisme québécois, Parti Pris et plusieurs autres. D’emblée, l’idée était de concentrer les travaux sur les « rapports entre les classes sociales auQuébec et au Canada, la nature de l’État capitaliste fédéral et qué­bécois, la place du Canada dans le système impérialiste, les voies d’organisation et d’accession au pouvoir des classes opprimées et la question nationale ». Les éditeurs précisaient l’impératif d’« étu­dier les faits ». Tout en étant pour la plupart impliqués dans divers mouvements sociaux et de gauche, les responsables des Cahiers à l’époque ont tenu à publier une revue explicitement indépendante des divers partis et mouvements de gauche de l’époque.
Par Mis en ligne le 03 septembre 2009

Débats, recherches, critiques

Les Cahiers du socia­lisme ont permis jusqu’en 1985 la dif­fu­sion de nom­breu­ses recher­ches per­ti­nen­tes pour le mou­ve­ment social. Il faut dire qu’à l’époque, plu­sieurs publi­ca­tions ali­men­taient le débat, et ce au moment où le mou­ve­ment social était en effervescence[2]. Le mou­ve­ment syn­di­cal se défi­nis­sait encore sur un mode de « com­bat ». Les orga­ni­sa­tions popu­lai­res, étu­dian­tes et fémi­nis­tes sor­taient d’une décen­nie de tem­pê­tes avec un grand bagage d’expériences et le désir d’innover sur le plan poli­ti­que. Il faut rap­pe­ler qu’il y avait alors de réel­les ten­ta­ti­ves pour construire des alter­na­ti­ves poli­ti­ques, comme cela a été le cas avec le Mouvement socia­liste et le Regrou­pement pour le socia­lisme.

Ces efforts consti­tuaient donc un ter­rain pro­pice pour un tra­vail intel­lec­tuel de longue durée, non pas pour défi­nir une « nou­velle ligne poli­ti­que », mais pour « favo­ri­ser le ques­tion­ne­ment » d’une gauche qué­bé­coise « tra­ver­sée par un ensem­ble de contra­dictions, et dans le contexte d’une crise du marxisme[3]». La revue vou­lait s’inscrire dans un moment de « conver­gence » per­met­tant après quel­ques années de « fer­me­ture des débats[4]» de « saisir la signi­fi­ca­tion des pra­ti­ques poli­ti­ques nou­vel­les, de les ana­ly­ser, de les cri­ti­quer, d’en révé­ler les contradictions[5]». Cette volonté de regar­der la vérité « en pleine face » a bien servi les Cahiers du socia­lisme jusqu’à la der­nière paru­tion (le n° 16 por­tant sur la porno­graphie). À l’occasion d’un numéro sur « La crise, le socia­lisme et le tiers-monde » (n° 15), Richard Poulin appe­lait à une « réflexion et une démar­che remet­tant en cause les cer­ti­tu­des du passé » tout en sug­gé­rant de rester du côté de la lutte et de la résis­tance. Par la suite, les édi­teurs des Cahiers du socia­lisme ont décidé de s’investir ailleurs, d’où la mort de la publication[6].

Critiques socialistes

Dès 1986, était lancée la revue Critiques socia­lis­tes. Publiée à Hull, cette revue refu­sait la dis­so­lu­tion des Cahiers ; elle enten­dait pour­suivre et appro­fon­dir le projet des Cahiers. Toutefois, la période était mar­quée par de pro­fonds reculs du mou­ve­ment ouvrier et d’autres mou­ve­ments sociaux, tant à l’échelle inter­na­tio­nale qu’à celle du pays. Le socia­lisme avait du plomb dans l’aile et le mar­xisme était lar­ge­ment décon­si­déré. Néanmoins, vaille que vaille, Critiques socia­lis­tes ana­ly­sait les nou­veaux déve­lop­pe­ment mon­diaux et natio­naux, se pré­oc­cu­pait de ques­tions tra­di­tion­nel­le­ment peu abor­dées par la gauche[7], s’attaquait aux pré­ten­dues nou­vel­les appro­ches du social et du poli­ti­que (« nou­veaux phi­lo­so­phes » et tutti quanti) et pro­mou­vait le socia­lisme démo­cra­ti­que révo­lu­tion­naire.

Malgré un ton offen­sif sur plu­sieurs points, il n’en reste pas moins que cette revue adop­tait, en géné­ral, une pos­ture défen­sive.

Elle ramait net­te­ment à contre-cou­rant, ce qui après cinq ans de publi­ca­tion a fini par avoir raison d’elle. Ce n’est qu’en 1999, avec l’échec des négo­cia­tions de l’Organi­sation mon­diale du com­merce (OMC) à Seattle, aux États-Unis, grâce à la mobi­li­sa­tion conjointe de syn­di­cats, de mou­ve­ments sociaux et de la jeu­nesse radi­cale qu’un souf­fle d’espoir se remit à souf­fler. Une nou­velle période poli­ti­que s’ouvrait.

Enjeux actuels

Dans une large mesure, nous pen­sons aujourd’hui que le projet des Cahiers du socia­lisme reste vala­ble, d’où le nom de notre revue, qui indi­que à la fois conti­nuité et rup­ture. Certes, le monde que l’on connaît aujourd’hui appa­raît bien dif­fé­rent de celui d’il y a trente ans, avant l’implosion de l’URSS et le déve­lop­pe­ment du « tur­bo­ca­pi­ta­lisme » que l’on connaît géné­ra­le­ment sous son éti­quette de « néo­li­bé­ra­lisme ». C’est ce tur­bo­ca­pi­ta­lisme et, de plus en plus, sa ver­sion mili­ta­ri­sée (la « guerre sans fin » de l’adminis­tration états-unienne) qui déter­mi­nent les enjeux des confronta­tions actuel­les. Certes, contre cette dérive, le mou­ve­ment social per­siste et signe. Du Chiapas en pas­sant par Buenos Aires, La Paz ou Katmandou, le dra­peau de la résis­tance flotte haut. Ailleurs, auBré­sil, en France, au Maroc, en Inde et même aux États-Unis, de nou­vel­les géné­ra­tions défi­nis­sent de nou­vel­les iden­ti­tés hybri­des contre et au-delà du capi­ta­lisme.

La ten­dance est éga­le­ment mani­feste au Québec. Dans le sillon de la Marche des femmes, du Sommet des peu­ples des Amériques, du Forum social qué­bé­cois et des gran­des luttes étu­dian­tes, popu­lai­res et syn­di­ca­les des der­niè­res années se pro­file éga­le­ment un ensem­ble de résis­tan­ces. De ces luttes émer­gent de nou­vel­les pers­pec­ti­ves qui conju­guent les aspi­ra­tions his­to­ri­ques des mou­ve­ments anticapita­listes à celles des « nou­vel­les » expres­sions de la lutte sociale comme le fémi­nisme, l’écologie poli­ti­que, l’altermondialisme.

La transition de l’« anti » à l’« alter »

En Amérique latine mais aussi dans le reste du monde, les cou­ches popu­lai­res disent « basta ». Elles (re)construisent leurs pro­jets et leurs ambi­tions, et contes­tent le pou­voir, non seule­ment pour s’en empa­rer, mais aussi pour le trans­for­mer. Au lieu de se conten­ter de cap­tu­rer l’État, idée domi­nante au sein de la grande tradi­tion de la social-démo­cra­tie euro­péenne, elles éla­bo­rent le projet d’une nou­velle société mue par de nou­veaux rap­ports com­bi­nant les prin­ci­pes de jus­tice sociale et d’égalité avec la diver­sité de l’ex­périence humaine et le souci de léguer aux pro­chai­nes géné­ra­tions un monde viable. En plus de mettre sur la table un mil­lion de pro­positions pour remet­tre l’économie et l’environnement à l’endroit, ces nou­vel­les expres­sions poli­ti­ques et socia­les comme les grands mou­ve­ments des épo­ques anté­rieu­res (le mou­ve­ment de décolo­nisation par exem­ple), inno­vent en trans­for­mant « le » et « la » poli­ti­que, qui ne doit plus, du moins dans une opti­que de gauche, être « sim­ple­ment » un projet fermé, défini par une « avant-garde éclai­rée ». C’est de ce bouillon­ne­ment que sur­gis­sent de mul­ti­ples pro­jets poli­ti­ques, notam­ment en Bolivie, au Brésil, en Équateur, au Venezuela. Et c’est aussi où le projet de Québec soli­daire trouve son ins­pi­ra­tion et son souf­fle.

Des Cahiers aux Nouveaux Cahiers

Le projet que nous vous pré­sen­tons main­te­nant fait partie d’une démar­che d’un groupe de per­son­nes impli­quées dans le mou­ve­ment social et la gauche poli­ti­que. Nous avons décidé de nous regrou­per au début de 2006, dans le contexte des inter­ro­ga­tions et des espoirs de nos luttes, de nos résis­tan­ces, de nos organisations[8]. Pour faire un clin d’œil au passé (sans nos­tal­gie!), nous nous sommes donnés le nom de CAP[9]. Comme nos « ancê­tres », nous nous défi­nis­sons tota­le­ment libres, cri­ti­ques, auto­no­mes. En clair, nous ne représen­tons que nous-mêmes. Également dans la tra­di­tion des Cahiers ori­ginaux, nous nous per­ce­vons comme des « intel­lec­tuels mili­tants », c’est-à-dire à la fois pro­duc­teurs d’idées et cher­cheurs d’une part, et mili­tants enga­gés dans le mou­ve­ment social d’autre part.

Même si plu­sieurs d’entre nous œuvrent à l’université et dans le sys­tème d’éducation, nos « Nouveaux » Cahiers ne se pré­sen­te­ront pas comme une revue « uni­ver­si­taire ». Les contri­bu­tions que nous sol­li­ci­te­rons pro­vien­dront d’un large éven­tail de com­pé­ten­ces, aussi bien sur le plan théo­ri­que que sur le plan pra­ti­que. Certes, nous par­tons du point de vue que la connais­sance ne se pré­sente pas « spon­tanément » et que la lec­ture des pro­ces­sus et des évè­ne­ments qui mar­quent la société doit être un exer­cice rigou­reux. On se sou­vient de la remar­que caus­ti­que de Marx : « Après tout, toute science serait super­flue si l’apparence et l’essence des choses se confondaient[10].»

Finalement, nous vou­lons sou­li­gner le fait que nous voyons notre tra­vail en lien et en com­plé­men­ta­rité avec d’autres col­lec­tifs et d’autres publi­ca­tions qui ani­ment le débat sur les alter­na­ti­ves actuel­le­ment au Québec[11]. Notre apport spé­ci­fi­que sera d’appro­fondir cer­tai­nes pistes de recher­che par des ana­ly­ses, des docu­ments, des tra­vaux un peu plus longs et étof­fés qui s’ajouteront à l’œuvre d’information et de débats d’autres ini­tia­ti­ves.

Pour le moment, notre ambi­tion est de publier deux Cahiers par année, à l’hiver et à l’automne, sous la forme de livres théma­tiques. La publi­ca­tion par ailleurs sera enri­chie par ce que nous met­trons sur notre site WEB[12] qui dif­fuse déjà de nom­breux débats et ana­ly­ses. D’autre part, notre col­lec­tif entend éga­le­ment orga­niser des débats, animer des dia­lo­gues croi­sés entre mili­tant-es et intel­lec­tuel-les sur une gamme de sujets pertinents[13].

Voilà notre projet donc. Pour le moment, nous vous invi­tons à par­cou­rir ce pre­mier numéro qui nous l’espérons vous inci­tera à conti­nuer avec nous. Nous avons en effet pensé qu’il était appro­prié, pour un projet comme le nôtre, de com­men­cer avec le thème des clas­ses socia­les, à peu près dis­paru du pay­sage intel­lec­tuel et poli­ti­que ces der­niè­res années, mais brillant d’actualité si on sait déco­der la situa­tion actuelle au Québec, au Canada et dans le monde. Vous serez donc inter­pellé à ce sujet avec notre dos­sier sur le thème, et qui com­prend des ana­ly­ses, des réflexions théo­ri­ques et des enquê­tes.

Avant d’aborder ce thème prin­ci­pal, nous avons cru impor­tant de réflé­chir sur la crise, accé­lé­rée si on peut dire, par le crash bour­sier. Comme vous le lirez dans cette pre­mière sec­tion, l’in­terprétation que nous pri­vi­lé­gions est celle d’une crise « glo­bale », sys­té­mi­que, qui se tra­duit, si on peut dire, dans le dégon­fle­ment de la « bulle ». Bref un autre débat fort impor­tant.

À la fin du numéro, vous trou­ve­rez deux autres sec­tions. Dans la sec­tion « pers­pec­ti­ves », nous enten­dons publier des textes « hors thème » si l’on veut, mais qui abor­dent des pro­blé­ma­ti­ques impor­tan­tes d’une manière ori­gi­nale. Enfin dans la sec­tion « notes de lec­ture », nous vous pro­po­sons des com­men­tai­res ana­ly­ti­ques sur des paru­tions impor­tan­tes qui nous sem­blent per­ti­nen­tes et signi­fi­ca­ti­ves dans le cadre de cette revue. Bien sûr, le numéro un est, dans un sens, une pre­mière tenta­tive que nous devrons par la suite raf­fi­ner, modi­fier, adap­ter. C’est donc par un appel à vos com­men­tai­res que nous ter­mi­nons cette intro­duc­tion.

Le Collectif d’analyse politique : pourquoi/​pour qui ?

Plate-forme

Le nou­veau cycle du capi­ta­lisme

Le capi­ta­lisme que nous connais­sons sous sa prin­ci­pale forme contem­po­raine, le « néo­li­bé­ra­lisme », restruc­ture le monde dans lequel nous vivons. Il « glo­ba­lise » l’économie mon­diale en élar­gissant le pro­ces­sus d’accumulation à l’échelle pla­né­taire par l’in­tégration des éco­no­mies natio­na­les (accords de libre-échange), par la finan­cia­ri­sa­tion (domi­na­tion du sec­teur finan­cier) et l’in­sertion de nou­vel­les tech­no­lo­gies qui émiette le tra­vail sala­rié et délo­ca­lise des entre­pri­ses. Il redé­fi­nit l’État en recen­trant son rôle sur ses fonc­tions sécu­ri­tai­res et en dimi­nuant son rôle au niveau social tout en pri­va­ti­sant une partie impor­tante de ce qui était jusqu’à récem­ment le domaine public. Il impose une idéo­lo­gie conser­va­trice au niveau social et cultu­rel qui infil­tre dans la conscience popu­laire l’idée que « tout le monde est contre tout le monde », qu’il n’y a pas d’alternative et que les hié­rar­chies doi­vent être ren­for­cées et réta­blies comme prin­cipe de base dans nos socié­tés.

La dérive vers la droite 

Pour ren­for­cer sa domi­na­tion, le néo­li­bé­ra­lisme mine les fon­de­ments de la ges­tion key­né­sienne qui avait été pen­dant plus de 50 ans la forme domi­nante du capi­ta­lisme dans nos socié­tés. En pra­ti­que donc, le néo­li­bé­ra­lisme pour ache­ver cette trans­for­ma­tion a besoin de détruire les acquis sociaux arra­chés de chaude lutte par les mou­ve­ments sociaux et syn­di­caux. Dans cette évo­lu­tion tur­bu­lente, il faut consta­ter que le néolibéra­lisme a l’ascendant dans nos socié­tés capi­ta­lis­tes. Les résul­tats sont frap­pants sur le plan poli­ti­que. Ce qui était tradition­nellement la « droite » devient une « ultra droite », agres­sive, vul­gaire, à l’image de ses divers pro­jets de « guerre glo­bale » et de « guerre des civi­li­sa­tions ». Cependant ce n’est pas tout. Ce qui était le « centre-gauche », la social-démo­cra­tie, se recen­tre à droite dans une pos­ture qu’on peut qua­li­fier de social-libé­rale.

C’est la « troi­sième voie » (de Tony Blair) et d’autres pro­jets qui font en sorte que la social-démo­cra­tie intè­gre les thémati­ques fon­da­men­ta­les du néo­li­bé­ra­lisme, quitte à lui donner un « visage humain » (« éco-capi­ta­lisme », « troi­sième voie », etc.).

Résistances

Devant tout cela, des mou­ve­ments sociaux de toutes sortes, « anciens » comme « nou­veaux », expri­ment un même refus.Travailleurs immi­grés aux États-Unis, pay­sans autoch­to­nes du Mexique, alter­mon­dia­lis­tes de Seattle, étu­diant-es en lutte contre la mar­chan­di­sa­tion de l’éducation au Québec, fémi­nis­tes de la Marche mon­diale des femmes, pique­te­ros d’Argentine, jeunes paci­fis­tes du monde entier, tous ensem­ble éla­bo­rent un mou­vement alter­na­tif com­plexe, riche, diver­si­fié, duquel res­sor­tent de nou­vel­les pers­pec­ti­ves anti et post capi­ta­lis­tes. Et à tra­vers ces luttes, de nou­vel­les valeurs, de nou­vel­les iden­ti­tés, de nou­veaux dia­lo­gues, qui posent les jalons de ce qui devient une nou­velle culture poli­ti­que de gauche, plu­ra­liste, cri­ti­que et auto­cri­ti­que, capa­ble de se dépas­ser et de créer. Au-delà des reven­di­ca­tions pour blo­quer les impacts les plus visi­bles du néo­li­bé­ra­lisme, ces mou­ve­ments et ces résis­tan­ces récla­ment une refonte du pou­voir et de la façon de l’exercer, bref réin­ven­tent et redé­fi­nis­sent une démo­cra­tie citoyenne dans toutes les dimen­sions du terme.

Le CAP : un projet à long terme 

Partie pre­nante et com­po­sante de ce mou­ve­ment, le CAP se donne trois grands axes d’intervention. D’abord, ana­ly­ser la dimen­sion struc­tu­relle du capi­ta­lisme contem­po­rain. Ensuite, éla­bo­rer une pers­pec­tive anti et post capi­ta­liste, proposition­nelle, concrète, pra­ti­que. Enfin, par­ti­ci­per à l’élaboration de nou­vel­les alter­na­ti­ves pour ali­men­ter le mou­ve­ment social et la gauche poli­ti­que. Certes, il ne s’agit pas de « réin­ven­ter la roue ». Les résis­tan­ces des pério­des pré­cé­den­tes nous ont légués un riche héri­tage qu’il faut valo­ri­ser, sans « s’asseoir dessus », et sans non plus igno­rer les dimen­sions his­to­ri­que­ment limi­tées du socia­lisme du XXe siècle sous ses dif­fé­ren­tes formes.

Ainsi le Collectif veut contri­buer, par l’appropriation tou­jours à renou­ve­ler entre la théo­rie et la pra­ti­que, à la réflexion sur les ques­tions qui tra­ver­sent les mou­ve­ments de résistan­ces et de lutte contre le capi­ta­lisme. C’est donc sur plu­sieurs chan­tiers simul­ta­nés que nous enten­dons tra­vailler, et ce dans une pers­pec­tive de longue durée, en récon­ci­liant la néces­sité de par­ti­ci­per aux luttes exis­tan­tes avec l’impératif d’une réflexion cri­ti­que, via un tra­vail intel­lec­tuel et poli­ti­que rigou­reux. Parmi nos pro­jets concrets, nous comp­tons publier une revue, entre­tenir des forums de dis­cus­sion, inter­ve­nir via des ate­liers et des confé­ren­ces et, éven­tuel­le­ment, orga­ni­ser une « uni­ver­sité popu­laire » d’été.


Notes

1. Gilles Bourque, Dorval Brunelle, Jules Duchastel, Philip Ehrensaft, Jorge Niosi et Pierre-Yves Soucy.

2. Nous pen­sons notam­ment à Interventions cri­ti­ques en éco­no­mie poli­ti­que, Conjoncture, Le Temps fou, Presse libre, aux cahiers pro­duits par le Centre de for­ma­tion popu­laire et à bien d’autres.

3. Éditorial, n° 7, hiver / prin­temps 1981.

4. Dans les années 1976-1979 notam­ment, le mar­xisme et le socia­lisme au Québec ont vécu une période dif­fi­cile sous l’influence de grou­pes dits « mar­xis­tes-léni­nis­tes » comme En Lutte ! et le Parti com­mu­niste ouvrier, qui ont sclé­rosé la pensée cri­ti­que dans une large mesure. Après quel­ques années tou­te­fois, les débats ont repris de plus belle dans la gauche.

5. Éditorial, n° 7, op. cit.

6. Les édi­teurs au moment de la dis­so­lu­tion des Cahiers du socia­lisme étaient Paul R. Bélanger, Gilles Breton, Serge Côté, Omer Chouinard, Germain Dulac, Monique Gauvin, Jean-Paul Gravel, Micheline Labelle, Jean-Guy Lacroix, Benoît Lévesque, Micheline Nadeau-de Sève, Jacques Pelletier, Richard Pou-lin, Robert Quirion, Francine Sénécal, Carole Simard, J. Yvon Thériault.

7. Notamment les ques­tions rela­ti­ves à l’oppression des femmes et à la révolu­tion / libé­ra­li­sa­tion sexuelle ainsi qu’à l’écologie.

8. Voir notre plate-forme p. 11.

9. Au début des années 1970 après la crise d’octobre, des mili­tants et des mili­tantes du mou­ve­ment popu­laire avaient mis en place de nom­breux « comi­tés d’action poli­ti­que » qui ont joué un rôle impor­tant dans l’animation et le déve­lop­pe­ment des luttes dans ces années.

10. Karl Marx, Le Capital, livre III, dans Œuvres. Économie II, Paris, Gallimard, 1968, p. 1439.

11. Nous pen­sons notam­ment notam­ment au maga­zine À bâbord !, au site Inter-net Presse-toi à gauche et à celui d’Alternatives-inter­na­tio­nal, aux ini­tia­ti­ves de Masse cri­ti­que et de l’Institut de recher­che et d’informations socio-éco­no­mi­ques (IRIS) et à plu­sieurs autres outils de réflexion et d’information qui question­nent les dyna­mi­ques sou­le­vées par les mou­ve­ments sociaux et appro­fon­dis­sent la cri­ti­que du capi­ta­lisme mon­dia­lisé.

12. http://​cahiers​du​so​cia​lisme​.org

13. Les per­son­nes inté­res­sées à publier dans les Nouveaux Cahiers du socia­lisme sont invi­tées à nous contac­ter. Pas besoin d’être en accord avec la pers­pec­tive (ou la décla­ra­tion) du CAP pour pro­po­ser des textes. Pas besoin d’être des uni­ver­si­tai­res non plus ! Pour nous contac­ter : redaction@​cahiersdusocialisme.​org.

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