Travailler plus longtemps et s’appauvrir ensuite

Consultation publique sur le vieillissement de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite

Par Mis en ligne le 28 janvier 2012

Montréal le 23 jan­vier, 2012 –La Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au tra­vail (CIAFT) et le Régime de retraite des groupes com­mu­nau­taires et de femmes par­ti­ci­pe­ront aujourd’hui à la Consultation publique sur le vieillis­se­ment de la main d’œuvre et l’avenir de la retraite orga­ni­sée par le gou­ver­ne­ment du Québec. Les trois orga­ni­sa­tions dénon­ce­ront le fait que les solu­tions envi­sa­gées reposent prin­ci­pa­le­ment sur un affai­blis­se­ment des régimes de retraite publics et privés. « Ce sont les femmes qui subi­ront l’impact le plus impor­tant des cou­pures. À cause de leurs salaires plus faibles et leurs res­pon­sa­bi­li­tés fami­liales, elles sont moins capables d’épargner pen­dant leur vie active. De plus, compte tenu de leur plus longue espé­rance de vie, elles devront se débrouiller avec moins d’argent pen­dant plus long­temps » s’insurge Alexa Conradi, la pré­si­dente de la FFQ.

« Le gou­ver­ne­ment vient d’augmenter les péna­li­tés actua­rielles pour les per­sonnes qui prennent leur retraite avant 65 ans et le rap­port qui fait l’objet de la consul­ta­tion pro­pose de les aug­men­ter encore plus, alors que, sans péna­lité les gens sont déjà en train de tra­vailler plus long­temps » explique Ruth Rose, porte-parole du CIAFT. « Ainsi, une per­sonne qui prend sa retraite avant 65 ans rece­vra moins du RRQ qu’actuellement et une per­sonne qui tra­vaille jusqu’à 65 ans rece­vra le même mon­tant. En même temps, les employeurs sont en train de mettre fin aux régimes com­plé­men­taires à pres­ta­tions déter­mi­nées ou à les rendre moins géné­reux. Or, ce sont les seuls méca­nismes qui per­mettent aux tra­vailleuses et tra­vailleurs de bien pla­ni­fier leur revenu à la retraite. »

« À la place le gou­ver­ne­ment pro­pose des ins­tru­ments qui sont dis­cri­mi­na­toires à l’égard des femmes, enchaîne madame Conradi. Les Régimes volon­taires d’épargne-retraite (RVER) vantés par le gou­ver­ne­ment ne sont d’autre chose qu’une nou­velle forme de REER (Régimes enre­gis­trés d’épargne retraite). Pour un même mon­tant d’épargne, le revenu que peut en tirer une femme est moindre que ce que rece­vra un homme, et beau­coup moins que ce qu’elles obtien­draient d’un RRQ boni­fié. On demande à la popu­la­tion d’épargner davan­tage, sans contri­bu­tion de leur employeur, et de placer leur argent dans des véhi­cules impré­vi­sibles où l’on peut perdre, du jour au len­de­main, une grande partie de ses éco­no­mies. »

Le rap­port pro­pose des mesures pour valo­ri­ser le tra­vail des per­sonnes de 55 ans ou plus, des pro­grammes de for­ma­tion ou d’aide à la recherche d’emploi pour les tra­vailleurs qui ont perdu leur emploi. « Toutefois, insiste madame Rose, le gou­ver­ne­ment ne tient pas compte de la réa­lité des femmes, de la plus grande pré­ca­rité de leurs emplois et du manque de débou­chés pour les femmes peu sco­la­ri­sées, » pour­suit madame Rose.

Par ailleurs, le gou­ver­ne­ment a écarté la meilleure façon d’assurer une retraite juste pour les femmes et les jeunes : la boni­fi­ca­tion du régime public. Les trois orga­nismes fémi­nistes appellent à un véri­table débat public sur l’avenir de la retraite à la place des six comi­tés qui mènent, lar­ge­ment à huis clos, des tra­vaux pour trans­for­mer notre sys­tème de retraite à la faveur des ins­ti­tu­tions finan­cières et au détri­ment de la popu­la­tion.

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