La Bolivie d’Evo : démocratique, indianiste et socialiste ?
Une double caractéristique confère à l’entreprise de transformation sociale par la voie démocratique en cours en Bolivie une portée symbolique et refondatrice hors du commun : sa volonté d’en finir avec le « colonialisme interne » par le biais d’un « gouvernement des mouvements sociaux ». A l’usage toutefois, la tentative se révèle ardue, en proie tant à des menaces extérieures qu’à ses propres faiblesses.
Sortir du cycle infernal du surendettement
Subprimes, produits toxiques… La crise financière a fait oublier une crise plus ancienne : celle du surendettement des pays dits « en développement ». Un surendettement - et ses créances pourries - contracté par des dictatures ou imposé par des institutions néo-libérales qui a engendré chômage, misère, abandon des politiques sociales et éducatives ou problèmes écologiques. L’Equateur, gouverné par la gauche depuis trois ans, a décidé unilatéralement d’annuler une partie de cette dette jugée « illégitime » et « odieuse ». Explications.
La militarisation de l’Amérique Latine
La "guerre contre la drogue" – comme la "guerre contre le crime" et la "guerre contre le terrorisme" - est menée pour d’autres raisons que les objectifs annoncés officiellement.
Les Etats-Unis ont été fondés en tant que "bébé empire", selon les termes de George Washington. La conquête du territoire national était une expérience impériale grandiose. Dès le tout début, l’objectif suprême avait été de contrôler l’hémisphère.
Après le capitalisme, la vie !
Y a-t-il une vie après le capitalisme ? De nos jours, la réponse quasiment spontanée est négative. L’histoire est « finie », au sens...
1983 : Grenade et la restauration de l’ordre capitaliste mondial,
Il y a 30 ans, le 13 mars 1979, la première révolution de Noir-es anglophones réussissait à renverser le régime néocolonial de Sir Eric...
UQAM la Rouge
Quand je discute avec des baby boomers progressistes ou avec des personnes ayant milité durant les années 1970, on me dit souvent qu’à l’échelle du Québec, les années 1980, c’est la décennie perdue, la décennie la plus sombre pour la gauche, pour les mouvements sociaux, bref, pour les grandes luttes visant la transformation sociale. Probablement que ces personnes ont en tête la grave récession de 1981-1982 et la terrible réorganisation économique subséquente faite sur le dos des travailleuses et des travailleurs. Elles doivent songer aussi à l’échec référendaire de 1980, suivi de l’infâme rapatriement constitutionnel de 1982, puis de la confusion dans laquelle sera plongé le PQ avec son « beau risque ». J’imagine qu’elles pensent aussi à la dissolution des organisations marxistes-léninistes En lutte ! et PCO. Sans compter l’abominable raclée qu’ont mangée les syndicats du secteur public et parapublic en 1982-1983, raclée dont ils ne se sont pas encore remis d’ailleurs. C’est vrai que décrit comme ça, a posteriori, le portrait laisse songeur. Toutefois, sur le coup, je ne l’ai jamais vécu de cette façon-là. Les militantEs du mouvement étudiant non plus.
Retour sur la crise de 1929
Chronique d’un Krach
Une chronologie succincte
Nous pouvons distinguer trois phases. La première est proprement américaine. Le sommet de l’activité est situé en août 1929. Le...
La dénaturation de l’université
L’UQAM a fêté récemment ses quarante ans dans un climat de crise. La mégalomanie immobilière et la mauvaise gestion avaient laissé l’université avec un déficit monstre, et plusieurs craignaient des plans de redressement qui exigeraient de liquider la mission de l’institution sur l’autel de la « saine gestion ». Les professeur-e-s, qui refusaient de payer pour les erreurs de l’administration, se sont lancé-e-s dans une grève à l’issue de laquelle leurs conditions de travail ont été améliorées et leur nombre augmenté par des embauches. Faut-il crier victoire?
Think big, ou les oligopoles universitaires
Les 5 universités canadiennes à plus fort "volume" de recherche ("The big five") appellent à la création de deux classes d'universités qui leur assureraient la part du lion du financement de la recherche. L'éditorial de Marie-Andrée Chouinard critique à juste titre ce modèle d'universités à deux vitesses, où l'innovation technico-économique serait privilégiée au détriment de la démocratisation du savoir, et la recherche à l’enseignement. Il omet cependant de s’opposer à la logique compétitive de l’économie du savoir comme telle, alors que c’est elle qui est à la source du projet inégalitaire des grandes universités canadiennes.
Eric Martin
Le management contre la pensée
Ce 17 août, à l’Assemblée nationale, a eu lieu le dépôt des mémoires dans le cadre de la consultation sur les projets de loi 38 et 44 sur la gouvernance des cégeps et des universités. L’opposition à ces projets de loi s’appuie le plus souvent sur une défense de la collégialité et de la démocratie. Pourtant, ces principes, tout en demeurant essentiels au bon fonctionnement d’une université, ne peuvent à eux seuls empêcher le processus d’érosion de la mission de l’éducation supérieure, déjà bien entamé. Il importe, à cette égard, de poser à nouveau clairement la question de la finalité des nos institutions d’enseignement. Servent-elles le développement économique ou la transmission de connaissance?





