Stephen Harper se lave les mains de ses responsabilités à l’égard du droit au logement

Le FRAPRU critique très sévèrement le budget présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Jim Flaherty. En n’annonçant aucun nouvel investissement en logement social ou même abordable dans le budget, le gouvernement de Stephen Harper se lave les mains de ses responsabilités à l’égard au logement. Il abandonne les mal-logés et les sans-abri à leur sort et nous replonge dans la période sombre vécue entre 1994 et 2001, après qu’un autre gouvernement conservateur, celui de Brian Mulroney, ait brutalement mis fin au financement de nouveaux logements sociaux au Canada.

Selon le FRAPRU, le budget consacre tout d’abord la fin des investissements en logement social annoncés en janvier 2009 dans le Plan d’action économique du Canada. Le Québec se voit ainsi privé de 56,7 millions $ par année pour la construction de logements sociaux et de 77,8 millions $ pour la rénovation et l’amélioration des HLM existants. Mais, pire encore, le budget Flaherty ajoute l’insulte à l’injure, en ne confirmant même pas la prolongation de l’Initiative fédérale de Logement abordable, en place depuis dix ans. Le Budget principal des dépenses 2011-2012 présenté, au début du mois, par le Conseil du Trésor, en annonçait également l’arrivée à échéance en mars 2011.

Dans ce dernier cas, le Québec se verra privé de 28,9 millions $ qu’il consacrait aussi à la construction de logements sociaux dans le cadre de son programme AccèsLogis. Tout en estimant que cette somme n’aurait représenté que des miettes comparée à l’ampleur des besoins en matière de logement et d’itinérance, le FRAPRU affirme que le gouvernement Harper va à l’encontre d’une annonce officielle faite en septembre 2008 à l’effet que l’Initiative de logement abordable se poursuivrait jusqu’en mars 2014.

Le FRAPRU est par ailleurs déçu que le gouvernement ait fait la sourde oreille aux demandes d’accroissement de l’aide financière accordée aux groupes intervenant auprès des sans-abri.

Un F-35= 6400 logements sociaux

François Saillant est outré que le gouvernement Harper coupe toutes les sommes accordées au respect du droit au logement, alors qu’il s’obstine à aller de l’avant avec l’achat de 65 avions de combat F-35 : « Si le coût d’achat et d’entretien des F-35 est bel et bien de 29,3 milliards $, comme cela semble maintenant être le cas, cela signifie que le prix d’un seul de ses avions représente l’équivalent des subventions pour plus de 6400 logements sociaux, au coût actuel du programme québécois AccèsLogis ! Voilà qui en dit long sur le sens des priorités de Stephen Harper ! ».

À l’automne dernier, le FRAPRU a organisé plusieurs actions dénonçant ce choix du gouvernement conservateur, dont le blocage à Montréal de l’entrée d’une usine de la compagnie américaine Lockheed Martin, fournisseur des F-35, et celui d’un bureau du Ministère de la Défense nationale à Ottawa.