Intervention d'Amir Khadir

Avancer pas à pas

Université d'été des NCS 2010

Par Mis en ligne le 01 septembre 2010

Selon Amir Khadir, Québec soli­daire avance dans ses défi­ni­tions « fon­da­men­tales», mais aussi en fai­sant connaître un point de vue alter­na­tif sur les choses qui comptent le plus dans notre société. Dans le cadre de sa par­ti­ci­pa­tion à l’Université d’été des NCS, Khadir a aussi rap­pelé l’importance pour la gauche et les mou­ve­ments sociaux d’intervenir dans le sys­tème par­le­men­taire tel qu’il existe, avec toutes ses limites. « C’est un acquis de nos luttes d’avoir un sys­tème par­le­men­taire. Certes c’est une struc­ture qui au départ est éta­blie par les domi­nants, mais où la popu­la­tion peut aussi impré­gner un peu sa marque ».

QS pour­rait donc aller plus loin dans la pro­chaine période. Mais il y a une condi­tion selon le député à l’assemblée natio­nale : « QS ne peut pas aller loin si la gauche sociale qué­bé­coise, qui reste puis­sante et qui a une riche culture orga­ni­sa­tion­nelle et poli­tique, conti­nue de pra­ti­quer l’apolitisme ». Bref il faut se mouiller. Peut-on le faire de manière intel­li­gente ? Khadir rap­pelle que cela se fait ailleurs : « par exemple en Amérique latine, les mou­ve­ments sociaux se sont inves­tis avec les partis de gauche, sans pour autant renon­cer à leur auto­no­mie. Ils ont pris le risque de s’engager poli­ti­que­ment ».

L’autre condi­tion qui per­met­tra à la gauche de pro­gres­ser est l’approfondissement d’une pensée cri­tique, qui évite les sen­tiers étroits des « doc­trines ». « Il faut avoir le cou­rage de réflé­chir et d’adopter des posi­tions sans se sou­cier des éti­quettes ». Certes, il y a des conti­nui­tés qui s’imposent, comme par exemple la redis­tri­bu­tion de la richesse, la pro­priété col­lec­tive des biens com­muns et des res­sources natu­relles. Mais sur d’autres ter­rains, la gauche doit-elle inno­ver ? Khadir estime notam­ment qu’il faut cesser d’être « fri­leux » sur l’individualité, un dis­cours qui est sur­tout repris par la droite. « Nous avons dit que nous n’avions ni Dieu ni maître, ce qui veut dire que l’humain est au centre. Un indi­vidu res­pon­sable, qui pense pour lui-même, qui défi­nit com­ment com­bler ses besoins dans une atti­tude res­pon­sable envers les autres et envers la nature ».

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