Émancipation et autonomie

Pour Francis Dupuis-Déry, professeur à l’UQAM et militant anarchiste, le capitalisme est un sérieux problème pour l’humanité, mais le véritable problème, c’est le pouvoir étatique, qui existait bien longtemps avant le capitalisme. L’enjeu est et demeure le même : domination versus autonomie. Enfin de compte a-t-il expliqué lors d’une discussion à l’Université d’été des NCS, «cette contradiction entre pouvoir/domination et autonomie/libération est également dans chacun d’entre nous. La tension ne disparaît jamais, c’est une opposition fondamentale». La domination par ailleurs ne s’exerce pas seulement sur le plan économique. On le voit dans la réalité des femmes, des peuples opprimés. Le pouvoir se maintient par un système qui se maintient par la violence et le système symbolique, partout dans la société et même dans les mouvements sociaux progressistes».

Pour lutter contre ce pouvoir, les anarchistes s’investissent dans divers fronts de lutte. Les luttes contre le racisme, pour les droits des migrants, contre la brutalité policière, conte la guerre, contre le capitalisme, sont également importantes. Et contrairement à une image répandue, les anarchistes ne sont pas des extraterrestres, ils militent dans les mouvements sociaux, dans le secteur public, également dans des initiatives autogérées. Partout cependant explique Dupuis-Déry, les anarchistes refusent la hiérarchisation des luttes. «Ce n’est pas vrai que les luttes sectorielles ou identitaires nous détournent. Ce n’est pas vrai qu’il faut nécessairement s’unifier sous une même bannière». Il souligne sur ce principe l’importance et les acquis arrachés par le mouvement et les luttes féministes : «il faut accepter d’être imputables devant les féministes. Elles ont l’ascendant et accepter de se constituer en auxiliaires des luttes des femmes est une voie qu’il faut accepter».