Le retard salarial du secteur public s’est encore accentué cette année Une situation intenable qu’il faut changer, croit le Front commun

Par Mis en ligne le 01 décembre 2009

Montréal, le jeudi 26 novembre 2009. – Pour le Front commun SISP–CSN–FTQ, le rap­port 2009 rendu public ce matin par l’Institut de la sta­tis­tique du Québec (ISQ) pré­sente un tableau affli­geant des retards dans la rému­né­ra­tion des employés des sec­teurs public et para­pu­blic et confirme la jus­tesse et le réa­lisme des reven­di­ca­tions por­tées par les 475 000 employées et employés de l’État.

L’enquête de l’ISQ démontre que les salaires versés dans la fonc­tion publique et dans les réseaux de la santé et de l’éducation sont infé­rieurs de 8,7 % à ceux versés dans les autres sec­teurs de l’économie, pour des emplois com­pa­rables. Cet écart sala­rial s’élargit d’année en année : l’ISQ chif­frait le retard du sec­teur public à 7,7 %, l’an der­nier. Le sec­teur public a donc perdu du ter­rain au cours de la der­nière année, et ce, malgré la réces­sion qui a été source d’appauvrissement pour de nom­breux sala­riés du sec­teur privé. Par rap­port aux salaires versés dans les entre­prises syn­di­quées du sec­teur privé, le retard du sec­teur public s’élève à 12,4 %.

Les avan­tages sociaux

L’étude de l’ISQ montre éga­le­ment que les avan­tages sociaux consen­tis aux employées et employés de l’État sont équi­va­lents à ceux octroyés aux autres sala­riés qué­bé­cois. Au cha­pitre de la rému­né­ra­tion glo­bale (lorsqu’on prend en compte les avan­tages sociaux et les heures de pré­sence au tra­vail en plus des salaires), le retard du sec­teur public, en 2009, se chiffre à 3,7 % par rap­port à l’ensemble des autres sala­riés qué­bé­cois. Là aussi l’écart s’est creusé puisqu’il s’établissait à 2,9 % en 2008.

Un retard sala­rial troublant

Des 76 titres d’emplois du sec­teur public étu­diés par l’ISQ, pas moins de 56 accusent un retard sala­rial, soit près des trois quarts. L’étude de l’ISQ démontre éga­le­ment que c’est toute la struc­ture sala­riale de l’État qui est en retard puisque ni les salaires d’entrée ni les salaires maxi­mums prévus aux conven­tions col­lec­tives du sec­teur public ne sont concur­ren­tiels. Dans les caté­go­ries rému­né­rées sur la base d’échelles sala­riales, les maxi­mums nor­maux dans le sec­teur public sont infé­rieurs à ceux des échelles des autres sala­riés qué­bé­cois, ce qui signi­fie que les écarts ne pour­ront jamais être com­blés. Pour cer­tains titres d’emplois, le salaire au sommet de l’échelle dans le sec­teur public est infé­rieur au salaire d’entrée nor­ma­le­ment versé dans les autres sec­teurs de l’économie.

Des reven­di­ca­tions justes et réalistes

« Les conclu­sions pré­sen­tées par l’ISQ ce matin montrent hors de tout doute que les reven­di­ca­tions sala­riales du Front commun sont plei­ne­ment jus­ti­fiées et réa­listes. Il est grand temps d’entreprendre un virage et de rému­né­rer les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de l’État à leur juste valeur », a réagi la porte-parole du SISP, Régine Laurent, en confé­rence de presse, jeudi.

Hausses sala­riales

Le Front commun reven­dique des hausses de salaires de 2 % par année afin de pro­té­ger le pou­voir d’achat des sala­riées et sala­riés. De plus, les syn­di­cats veulent entre­prendre un rat­tra­page sala­rial afin de rendre les salaires versés dans le sec­teur public plus concur­ren­tiels. À cet égard, le Front commun demande un rat­tra­page sala­rial annuel de 49 cents l’heure, en moyenne, ce qui équi­vaut à 1,75 % du salaire moyen.

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