L’impact de la crise alimentaire aggravée par la crise financière sur les populations des pays du Sud

Sur les 6,6 milliards d’humains que compte la terre, deux milliards y sont mal nourris, vivant avec moins de deux dollars par jour et un apport énergétiqueinférieur à 2700 kilocalories. Et plus de 850 millions ont faim chaque jour (moins de 2200 kilocalories). Toutes les cinq secondes, la FAO assure qu’un enfant de moins de dix ans meurt de faim quelque part sur le globe, et le manque de nourriture fauche 25000 personnes par jour, soit 9 millions par an.
Par Mis en ligne le 20 octobre 2009

Cette image déjà bien sombre a été encore noir­cie par des évè­ne­ments que l’on croyait appar­te­nir au passé : les émeu­tiers de la faim se sont mani­fes­tés sur tous les conti­nents contre la dra­ma­ti­que flam­bée des prix des pro­duits ali­men­tai­res. Au cours du pre­mier tri­mes­tre 2008, les prix nomi­naux des prin­ci­pa­les den­rées ali­men­tai­res ont atteint leur plus haut niveau en près de 50 ans, tandis que les prix réels attei­gnaient leur niveau record en près de 30 ans mar­quant un déca­lage net par rap­port aux reve­nus des ména­ges dans les pays en voie déve­lop­pe­ment.

Il s’agit d’une contrac­tion des stocks ali­men­tai­res et des haus­ses de prix mas­si­ves, en par­ti­cu­lier pour les den­rées de base. Les prix du blé, du riz et du soja ont bondi de plus de 40 % (60 % dans le cas du riz) depuis le début de 2007 (voir le gra­phi­que ci-après). Les agri­cul­teurs du monde entier ont eu une pro­duc­tion record de 2,3 mil­liards de tonnes de céréa­les en 2007, soit 7 % de plus que l’année pré­cé­dente. Depuis 1961, la pro­duc­tion mon­diale de céréa­les a triplé, alors que la popu­la­tion a doublé. Les stocks sont à leur niveau le plus bas depuis 30 ans, c’est vrai, mais en défi­ni­tive la pro­duc­tion ali­men­taire mon­diale est suf­fi­sante pour nour­rir la popu­la­tion.

Le pro­blème est que ces pro­duits agri­co­les ne par­vien­nent pas à tous ceux qui en ont besoin. Moins de la moitié de la pro­duc­tion céréa­lière mon­diale est direc­te­ment consom­mée par les popu­la­tions. La plu­part sert à l’alimentation ani­male et, de plus en plus, aux bio­car­bu­rants, à tra­vers des filiè­res indus­triel­les gigan­tes­ques et rigi­des. Les pro­duits ali­men­tai­res sont ainsi passés du statut de biens assu­rant l’alimentation et la sécu­rité des moyens d’existence des popu­la­tions, à celui de pro­duits des­ti­nés à la spé­cu­la­tion et au mar­chan­dage au béné­fice des inves­tis­seurs.

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