L’expulsion de SPQ libre du PQ : Encore fois les masques sont tombés !

Mis en ligne le 16 mars 2010

En expul­sant le club poli­tique Syndicalistes pour un Québec libre (SPQ libre), l’exécutif du Parti qué­bé­cois a démon­tré une fois de plus qu’il n’y pas de place au sein d’une for­ma­tion à l’idéologie néo-libé­rale pour tout groupe pro­gres­siste qui a la moindre épine dor­sale. Cet inci­dent s’est pro­duit au moment même où des mili­tants du PQ par­ti­ci­paient, en fin de semaine, à un col­loque où les diri­geants, en mal d’attirer des votes adé­quistes lors des pro­chaines géné­rales, leur pro­po­saient que l’enrichissement per­son­nel sup­plante l’enrichissement collectif.

Cette posi­tion, qui consti­tue un renie­ment de l’orientation que le PQ pro­fes­sait depuis sa fon­da­tion, fait dis­pa­raître les quelques dif­fé­rences idéo­lo­giques qui sub­sis­taient encore avec le Parti libé­ral. Au moins les libé­raux ne sont pas hypo­crites. Ils assument leur orien­ta­tion néo-libé­rale et ne pré­tendent pas, comme la chef Pauline Marois vient à nou­veau de le faire, que le parti demeure pro­gres­siste. A t’on déjà vu un parti pro­gres­siste expul­ser son seul noyau arti­culé de mili­tants pro­gres­sistes qui en plus était for­te­ment mino­ri­taire au sein de la formation ?

Ce qui me sur­prend dans cette affaire c’est que Monique Richard, l’ancienne pré­si­dente de SPQ libre main­te­nant dépu­tée, ne se soit pas oppo­sée à l’expulsion pas plus d’ailleurs que l’actuel pré­sident du PQ et ancien député de Joliette, Jonathan Valois qui a défendu la déci­sion de l’exécutif, ainsi que le député Pierre Curzi pour ne nommer que ceux-là. Ces abs­ten­tions en disent long sur l’état des forces pro­gres­sistes qui sub­sis­te­raient encore dans le parti.

Les syn­di­qués de la fonc­tion publique pré­sen­te­ment en négov­cia­tion consta­te­ront aussi que le pré­jugé favo­rable du PQ envers les tra­vailleurs est bel et bien chose d’un passé lointain.

Les militant(e)s de SPQ libre ont donc perdu le pari qu’ils avaient fait en 2004. Qu’ils se consolent car il existe un autre parti sou­ve­rai­niste, celui-là réso­lu­ment pro­gres­siste et tourné vers l’avenir, qui est prêt à les accueillir. Bienvenue à Québec soli­daire, cama­rades, comme aurait chanté le regretté Jean Ferrat.

Paul Cliche, Montréal,

14 mars 2010

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