Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Histoire du socialisme

Le socialisme au pouvoir

Par Mis en ligne le 21 août 2011

À la veille de la Première Guerre mon­diale, la IIe Internationale, ou l’Internationale ouvrière, repré­sen­tait une force poli­tique impres­sion­nante. Elle regrou­pait des mil­lions de membres en Europe et était repré­sen­tée par des cen­taines de dépu­tés dans les par­le­ments. Jusqu’en juillet 1914, les prin­ci­paux partis sociaux-démo­crates répé­tèrent le ser­ment de s’opposer à la guerre par tous les moyens (ce ser­ment avait été énoncé dans le congrès de Stuttgart en 1907 puis réaf­firmé dans ceux de Copenhague en 1910 et de Bâle en 1912). Puis, le 1er août, sous pré­texte de défense natio­nale, la social-démo­cra­tie appuya pra­ti­que­ment par­tout l’entreprise de bri­gan­dage de sa propre bour­geoi­sie impé­ria­liste. Ce fut « l’Union sacré ». La IIe Internationale était morte comme orga­ni­sa­tion révo­lu­tion­naire, comme ins­tru­ment inter­na­tio­na­liste de lutte contre le capi­ta­lisme. Elle avait non seule­ment trahi son rôle his­to­rique, mais éga­le­ment ses propres prises de posi­tion contre la guerre.

Pendant le car­nage, les inter­na­tio­na­listes se regrou­pèrent à Zimmerwald (1915) et à Kienthal (1916) et pro­cla­mèrent la néces­sité d’une nou­velle Internationale. La notion de révo­lu­tion mon­diale, qui avait vague­ment flotté à l’arrière-plan du socia­lisme mar­xiste avant 1914, comme une rémi­nis­cence des révo­lu­tions de 1848 en Europe (où Marx éla­bora le concept de révo­lu­tion per­ma­nente ou mon­diale) acquit une actua­lité bru­lante dans le cadre de la prise de conscience de l’unité orga­nique, quoique hié­rar­chi­sée et contra­dic­toire, de l’économie mon­diale telle que forgée par l’impérialisme. Car, comme l’a montré depuis les pro­ces­sus révo­lu­tion­naires, il y a enche­vê­tre­ment des révo­lu­tions « natio­nales », en faveur d’une dyna­mique d’ensemble ; et elles se heurtent à l’intervention inter­na­tio­nale de la réac­tion.

C’est sur cette base, c’est-à-dire à partir de la réa­lité com­plexe de la lutte des classes inter­na­tio­nales, qu’a été créée la IIIe Internationale, ou l’Internationale com­mu­niste, en 1919, comme moyen d’unifier les révo­lu­tion­naires dans leur lutte contre le capi­ta­lisme mon­dial. Tirant les leçons du désastre social-démo­crate, dont l’absence de cen­tra­li­sa­tion poli­tique (la IIe Internationale était une fédé­ra­tion lâche de partis), la IIIe Internationale s’est consti­tuée sur la base d’une cen­tra­li­sa­tion démo­cra­tique com­mu­né­ment accep­tée. Et à l’ère de l’impérialisme, cela impli­qua de nou­velles tâches dans la lutte contre le sys­tème, notam­ment celle de la libé­ra­tion peuples oppri­més des colo­nies et des semi-colo­nies, ques­tion sur laquelle avait com­plè­te­ment failli la IIe Internationale.

La révo­lu­tion russe de 1917 était consi­dé­rée par Lénine comme la rup­ture du maillon le plus faible de la chaine impé­ria­liste et comme le pre­mier moment de la révo­lu­tion mon­diale.

Toutefois, l’échec de la révo­lu­tion mon­diale en Hongrie, en Allemagne, en Finlande, en Italie, etc., laissa isolée la révo­lu­tion russe qui, bien que vic­to­rieuse de la réac­tion inter­na­tio­nale (14 corps d’armées étran­gères sont inter­ve­nus aux côtés des Blancs contre les Rouges pen­dant la guerre civile) était exsangue. Les trans­for­ma­tions sociales et poli­tiques dra­ma­tiques en Union sovié­tique même eurent pour effet que l’idée de révo­lu­tion mon­diale céda la place, dès 1924, à celle de la construc­tion du socia­lisme dans un seul et unique pays. L’internationalisme cédait la place au patrio­tisme sovié­tique puis russe. Dès lors l’internationale n’avait plus aucune fonc­tion et elle fut dis­soute en 1943, au beau milieu de la Deuxième Guerre mon­diale.

Notre pré­sen­ta­tion trai­tera du concept de révo­lu­tion mon­diale à la fois concep­tuel­le­ment et his­to­ri­que­ment. On se concen­trera sur les dyna­miques révo­lu­tion­naires et contre­ré­vo­lu­tion­naires (fas­cismes) de l’entre deux guerres. On conclura sur la ques­tion de l’internationalisme, clé de voute de la stra­té­gie révo­lu­tion­naire, et son actua­lité face à la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale.

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