Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Histoire du socialisme

Socialisme et mouvements sociaux au Québec

Par Mis en ligne le 21 août 2011

Une vision issue des arti­sans de la Révolution tran­quille veut que le Québec fran­co­phone d’avant la Révolution tran­quille soit une société lar­ge­ment rurale, domi­née par le clergé catho­lique et pro­fon­dé­ment conser­va­trice. Ce serait une société mono­li­thique au plan idéo­lo­gique, évo­luant selon des valeurs bien dif­fé­rentes des autres socié­tés nord-amé­ri­caines. Ce n’est pas mon avis et c’est ce que je démon­tre­rai dans ma com­mu­ni­ca­tion. Sans doute, la société fran­co­phone subit l’influence des cou­rants conser­va­teurs euro­péens, mais elle est sou­mise aussi aux valeurs nord-amé­ri­caines, qu’elles viennent des États-Unis ou du Canada anglais.

C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai du coté du mou­ve­ment syn­di­cal et du mou­ve­ment ouvrier en géné­ral. Les syn­di­cats inter­na­tio­naux venus des États-Unis ont dominé le mou­ve­ment syn­di­cal au Québec comme dans le reste du Canada depuis le début du XXe siècle jusqu’aux années 1960. Pendant toutes ces années, ils effec­tuent une action de lobby auprès du gou­ver­ne­ment du Québec au nom de l’ensemble des tra­vailleurs sala­riés. Leurs reven­di­ca­tions montrent qu’ils sont por­teurs d’un projet de société sociale- démo­crate dont les fon­de­ments sont très proches du projet de société actuel des cen­trales syn­di­cales.

Ces syn­di­cats sont aussi tentés par l’action poli­tique par­ti­sane à l’exemple du Parti tra­vailliste bri­tan­nique dont les idées sont répan­dues au Québec par le mou­ve­ment syn­di­cal cana­dien. On peut divi­ser leur action en trois phases. La pre­mière démarre avec un Parti ouvrier fondé à Montréal en 1899 qui pré­sente plu­sieurs can­di­da­tures ouvrières aux élec­tions muni­ci­pales, pro­vin­ciales et fédé­rales. Il est animé par les repré­sen­tants des syn­di­cats inter­na­tio­naux et pro­pose un pro­gramme d’inspiration sociale-démo­crate.

Une deuxième période débute avec la fon­da­tion du Cooperative Commonweath Federation (CCF) en 1933. Il est appuyé à partir de 1943 par le Congrès cana­dien du tra­vail et ses ins­tances au Québec, le Conseil du tra­vail de Montréal et la Fédération des unions indus­trielles du Québec (FUIQ). Des comi­tés d’action poli­tique sont char­gés de prêter main forte aux can­di­dats CCF aux élec­tions fédé­rales de 1949, 1953 et 1957. Mais les résul­tats sont très déce­vants pour des rai­sons que nous éva­lue­rons.

La troi­sième phase s’amorce avec la fon­da­tion, en 1961, du Nouveau parti démo­cra­tique (NPD) sous l’égide du Congrès du tra­vail du Canada. Il invite ses syn­di­cats à s’y affi­lier et confie à la Fédération des tra­vailleurs du Québec la tâche de sup­por­ter ses can­di­dats. Le début des années 1960 mar­quées par la Révolution tran­quille aurait pu être un moment pro­pice à l’émergence d’un parti de gauche au Québec, mais le natio­na­lisme qué­bé­cois, qui se déve­loppe au même moment, divise le nou­veau parti. L’impasse débouche fina­le­ment sur la for­ma­tion de deux partis : le NPD-Québec, qui se concentre en poli­tique fédé­rale, et le Parti socia­liste du Québec qui se limite à la scène poli­tique pro­vin­ciale (il dis­pa­raît en 1968). Quant au NPD-Québec, il subit un recul aux élec­tions fédé­rales de 1968, ce qui a pour effet de pro­vo­quer un sérieux examen de conscience à la FTQ. Son comité d’action poli­tique estime que la cen­trale a mis « la char­rue devant les bœufs » en accor­dant son appui au NPD et recom­mande de mettre en œuvre un pro­gramme pour « refaire » l’éducation des tra­vailleurs. Devant les piètres résul­tats du parti et la montée du natio­na­lisme indé­pen­dan­tiste chez ses membres, la fédé­ra­tion retire de ses sta­tuts l’appui offi­ciel au NPD en 1971. Cela ne l’empêchera pas cepen­dant de conti­nuer à sug­gé­rer à ses membres, jusqu’en 1993, de voter pour les can­di­dats NPD aux élec­tions fédé­rales sub­sé­quentes.

La société qué­bé­coise compte donc une tra­di­tion d’action syn­di­cale par­ti­sane dans le mou­ve­ment syn­di­cal bien avant les années 1960. Elle se déve­loppe grâce à l’action de mili­tants issus du syn­di­ca­lisme inter­na­tio­nal. Ils sont influen­cés par le cou­rant idéo­lo­gique social-démo­crate tel qu’il est arti­culé par le Parti tra­vailliste bri­tan­nique dont les idées sont relayées au Québec via le Canada anglais.

4 réponses à “Histoire du socialisme”

  1. Fréderic Ferland dit :

    Alors,j’ai trouvé le texte très intéressant,par contre,il est très dif­fi­cile à comprendre,et en passant,c’est où Québec ?
    Est-ce à Montréal ???

  2. Fréderic Ferland dit :

    Qu’est-ce qu’une modé­ra­tion??

  3. Jonathan Duguay dit :

    Bonjour

    Pouvez-vous spé­ci­fier votre ques­tion ?

    Merci

  4. Jonathan Duguay dit :

    Bonjour

    Oui, effec­ti­ve­ment, notre groupe est basé au Canada, dans la pro­vince de Québec. Nous avons des membres par­tout à tra­vers la pro­vince, mais nous sommes prin­ci­pa­le­ment basé à Montréal.

    N’hésitez pas à me contac­ter si vous avez des ques­tions. Nous publie­rons plu­sieurs textes inté­res­sants dans les pro­chaines semaines sur le site inter­net et sur la page face­book.

    Solidairement

    Jonathan Duguay, coor­don­na­teur des NCS