Repenser le féminisme

De la diversité à la solidarité

Par Mis en ligne le 06 mars 2014

Le fémi­nisme occi­den­tal n’est pas linéaire ; il est par­couru de ten­sions entre dif­fé­rents cou­rants de pensée et entre dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions. En tant que black femi­nist, la spé­ci­fi­cité des réa­li­tés des femmes de cou­leur est ce qui informe mon point de vue, mais cette spé­ci­fi­cité n’est pas la seule qui fait que le fémi­nisme occi­den­tal n’est pas linéaire. Les théo­ries queer et les réflexions sur le capa­ci­tisme sont deux autres exemples de pers­pec­tives qui ont com­plexi­fié la pensée et l’action fémi­nistes depuis les vingt der­nières années.

Il est de plus en plus pres­sant que toute la gauche se sai­sisse de sa res­pon­sa­bi­lité de bien com­prendre la façon dont les oppres­sions sont liées entre elles, afin que le projet qu’elle pro­pose amène à toutes et à tous un réel chan­ge­ment. Je conti­nue de croire que le fémi­nisme a été à l’avant-garde de plu­sieurs luttes, et il me semble cer­tain que si nous par­ve­nons à poser cer­taines ques­tions dif­fi­ciles et à y répondre, les autres mou­ve­ments ne pour­ront que tirer avan­tage de nos appren­tis­sages.

La ques­tion de départ que je veux adres­ser est la sui­vante : « com­ment appré­hen­der le mou­ve­ment fémi­niste contem­po­rain dans sa com­plexité ? ». Je me suis per­mise de refor­mu­ler la ques­tion pour savoir plutôt com­ment le mou­ve­ment lui-même appré­hende sa com­plexité interne. Ma pré­misse de départ sera de dire que les alliances sont néces­saires. Je cher­che­rai ensuite à défi­nir ce prin­cipe ou plutôt, ce projet. De là nous ver­rons avec qui ces alliances devraient se faire. Je sug­gé­re­rai enfin quelques « condi­tions gagnantes » pour qu’elles soient effi­caces.

Qu’entendons-nous par « alliance » ?

Concrètement, com­ment devrions-nous conce­voir le projet d’alliances ? Chandra Mohanty, théo­ri­cienne fémi­niste post­co­lo­niale, défi­nit la soli­da­rité en termes de réci­pro­cité, de rede­va­bi­lité, et de recon­nais­sance d’intérêts com­muns. Elle conçoit cette soli­da­rité comme la base des rela­tions entre diverses com­mu­nau­tés ou dif­fé­rents groupes. Pour Mohanty, la soli­da­rité ne se fonde pas sur une oppres­sion com­mune pré­sup­po­sée ou impo­sée, mais plutôt sur la déci­sion que font des groupes de per­sonnes de tra­vailler et de com­battre ensemble. La diver­sité et la dif­fé­rence n’ont donc pas à être évi­tées, mini­mi­sées, ou effa­cées pour pou­voir construire des alliances. Elles doivent être recon­nues et res­pec­tées.

La soli­da­rité n’est réelle que dans l’action, c’est une notion active et non pas quelque chose qui existe dans l’abstrait. Elle implique des débats, des dis­cus­sions constantes, une ouver­ture à la cri­tique et des mises à l’épreuve. Mohanty pré­fère donc parler de soli­da­rité que de soro­rité : cette der­nière sup­pose une cer­taine pas­si­vité ou un cer­tain essen­tia­lisme à l’origine du lien entre les femmes, alors que la pre­mière demande à ce que l’intention de sou­tien, si on peut dire, soit mani­fes­tée, expli­ci­tée.

Les alliances devraient donc être basées, non pas sur une seule oppres­sion par­ta­gée, mais plutôt sur une lutte pour la survie, pour la jus­tice, etc. Autrement dit, le point de départ de nos alliances ne peut pas être ce que nous sommes, soit ce qui fait que nous « sommes toutes pareilles », nos iden­ti­tés par­ta­gées. Plutôt, nous devons partir du projet global pour lequel nous lut­tons. Ce ne sont pas nos iden­ti­tés qui crée­ront le chan­ge­ment mais notre vision pour un avenir commun. C’est autour de cette vision que le mou­ve­ment peut réunir les femmes. L’unité des luttes fémi­nistes se trouvent donc bel et bien dans la pra­tique et l’action qui émanent d’un sen­ti­ment et d’une volonté de tra­vailler ensemble.

Pourquoi des alliances ?

Rappelons quelques élé­ments de contexte. D’abord, une cri­tique récur­rente sou­vent for­mu­lée au mou­ve­ment fémi­niste, autant qué­bé­cois que plus géné­ra­le­ment occi­den­tal, est qu’il pré­tend repré­sen­ter toutes les femmes tout en conti­nuant d’exclure les pers­pec­tives des femmes qui ne sont pas blanches, hété­ro­sexuelles, de classe moyenne, et sans han­di­cap. La réponse du mou­ve­ment a long­temps été de dire qu’au-delà de toutes nos « dif­fé­rences », ce qui nous ras­semble et doit primer est le fait que nous sommes toutes des femmes. Nous sommes toutes des soeurs, disent et disaient-elles.

Ensuite, un effet per­ni­cieux du mythe de l’égalité-déjà-atteinte et de la pensée néo­li­bé­rale est non seule­ment de dire que le mou­ve­ment fémi­niste n’a plus sa raison d’être mais aussi de détour­ner la cri­tique des femmes de cou­leur à l’égard du pré­tendu uni­ver­sa­lisme du mou­ve­ment fémi­niste, en uti­li­sant leur argu­ment pour délé­gi­ti­mer aux yeux du public les reven­di­ca­tions du mou­ve­ment. La cri­tique des fémi­nistes de cou­leur (et d’autres) était arti­cu­lée de l’intérieur : elle cher­chait à créer non pas des anta­go­nismes mais des connec­tions. Cependant, les adver­saires des droits des femmes en pro­fitent pour dire que le mou­ve­ment n’a plus sa raison d’être, vu que les femmes elles-mêmes ne se recon­naissent pas en lui.

Face à ces inter­pel­la­tions, deux mises en garde s’imposent. Premièrement, le mou­ve­ment fémi­niste doit bien com­prendre que les alliances ne sont pas une nou­velle façon de parler de soro­rité. Autrement dit, les alliances ne doivent pas être un nou­veau moyen pour faire accep­ter aux femmes de cou­leur le faux uni­ver­sa­lisme du sexisme comme seule ou prin­ci­pale base d’oppression de toutes les femmes.

Deuxièmement, la volonté du mou­ve­ment de faire des alliances ne doit pas être fondée sur un empres­se­ment à faire bonne figure, pour qu’il puisse exhi­ber une belle photo de famille reflé­tant une fausse diver­sité. Je veux dire par là que les femmes avec qui ces alliances seront faites devront pou­voir être enten­dues et non seule­ment faire acte de pré­sence. Il arrive trop sou­vent que les femmes de cou­leur soient invi­tées à s’asseoir autour de la table mais, se retrouvent sans poids réel dans la prise de déci­sions parce que les rap­ports de pou­voir ne sont pas ques­tion­nés ou recon­fi­gu­rés.

Comme plu­sieurs d’entre nous, je suis active dans plus d’un groupe, fémi­nistes et autres. Une des ques­tions qu’on me pose le plus sou­vent est « Où sont les per­sonnes « immi­grantes » ? Pourquoi est-ce qu’elles ne viennent pas à « nos » acti­vi­tés ? Comment pou­vons-nous en atti­rer plus ? ». Actuellement, les groupes attendent des per­sonnes de cou­leur qu’elles ne viennent que pour ajou­ter de la pig­men­ta­tion à leurs rangs.

Nombreux sont les groupes qui ne sont pas prêts à inté­grer les nou­velles pers­pec­tives que nous appor­tons, et encore moins à revoir les pra­tiques qui sou­vent repro­duisent les mêmes méca­nismes d’oppression que nous cher­chons à trans­for­mer. Les per­sonnes de cou­leur ne peuvent pas être enthou­siastes à se joindre et par­ti­ci­per à un groupe ou à un mou­ve­ment, si elles constatent qu’elles n’occuperont qu’un rôle subor­donné. Notre pré­sence ne peut pas servir uni­que­ment à vali­der ou cau­tion­ner le statu quo. Ainsi, la diver­sité du mou­ve­ment ne passe pas par le recru­te­ment, mais d’abord par un tra­vail de réflexion sur la façon dont nous adop­tons nos prio­ri­tés, les connais­sances sur les­quelles nous nous ali­gnons, et les voix que nous enten­dons.

Des alliances avec qui ?

Un constat revient sou­vent : les oppres­sions – et les cou­rants fémi­nistes qui les théo­risent, sont mul­tiples et si diver­si­fiées que le mou­ve­ment fémi­niste devrait les abor­der sépa­ré­ment, une à la fois, parce que les inté­grer toutes du même coup serait trop dif­fi­cile ou caco­pho­nique. Cela vou­drait dire par exemple de com­men­cer par com­prendre le fémi­nisme autoch­tone, essayer l’année sui­vante d’appliquer une ana­lyse anti-raciste, voir plus tard ce qu’on fait avec la pensée queer, éven­tuel­le­ment de tenter de gérer telle ou telle autre cri­tique qui semble trop com­plexe ou « moins pres­sante », etc. Je consi­dère que cette façon de pro­cé­der est pro­blé­ma­tique, et ce pour plu­sieurs rai­sons.

Par exemple, qui décide quelle oppres­sion est plus pres­sante qu’une autre ? Argumenter qu’une pos­ture est trop com­plexe à abor­der consti­tue sou­vent une autre façon de dire qu’on ne veut pas, ou qu’on choisi de ne pas prendre le temps néces­saire pour com­prendre ce qu’elle implique ou défend. Lorsqu’on pel­lète un pro­blème en avant, n’est-ce pas en espé­rant que l’avenir auquel on relègue la solu­tion n’arrivera pas, que nous n’aurons donc jamais à gérer la situa­tion ou que d’autres s’acquitteront de la res­pon­sa­bi­lité de le faire ? Procéder par étapes ne peut que dres­ser les cou­rants fémi­nistes les unes contre les autres, chacun vou­lant bien sûr que son ana­lyse soit incor­po­rée en pre­mier.

Il est impor­tant aussi de remar­quer le rap­port de pou­voir qui est alors mis en évi­dence : cer­taines femmes sont en posi­tion de déter­mi­ner quelles ana­lyses sont valables et rece­vables, l’ordre dans lequel elles seront « trai­tées », etc, alors que d’autres femmes sont mises en posi­tion de celles qui demandent. Bref, cer­taines fémi­nistes seraient les « gate-kee­pers » du mou­ve­ment, et d’autres auraient à argu­men­ter leur droit d’adhésion.

Prenons encore l’exemple les femmes de cou­leur. Il m’arrive sou­vent d’entendre cette idée que, si nous nous inves­tis­sions plus dans le mou­ve­ment (fémi­niste ou autre), nous pour­rions faire avan­cer les enjeux qui nous touchent davan­tage. Le pro­blème avec ce point de vue est qu’il pré­sup­pose que les enjeux qui nous touchent ne sont que les « nôtres ». Il ne fait alors porter la res­pon­sa­bi­lité de la lutte que sur nous seules.

Alors que pour­tant, si je prends les enjeux des per­sonnes assis­tées sociales par exemple, peu importe que nous ayons un emploi ou non, toute per­sonne inves­tie dans la lutte pour la jus­tice sociale consi­dère que ces enjeux sont des enjeux de société et qu’ils doivent toutes et tous nous pré­oc­cu­per. Il faut que le mou­ve­ment fémi­niste, et même tous les mou­ve­ments pro­gres­sistes, se demandent pour­quoi cer­tains enjeux sont consi­dé­rés comme ne concer­nant que des seg­ments par­ti­cu­liers de la popu­la­tion.

Ainsi, il ne s’agit pas de se deman­der « que veulent les black femi­nists?! » « Que veulent les femmes queer ?!» « Que veulent les femmes han­di­ca­pées ?!» Et « ces fémi­nistes musul­manes, que veulent-elles!? ». Encore une fois, poser la ques­tion ainsi fait porter le far­deau de la preuve et de la démons­tra­tion à ces fémi­nistes. Ces ques­tions sont mal posées de telle sorte qu’on croi­rait que le pro­blème repose sur « ces femmes-là » plutôt que de ques­tion­ner le rôle de cha­cune dans la per­pé­tra­tion des oppres­sions.

Ce qui serait net­te­ment plus enga­geant poli­ti­que­ment pour le mou­ve­ment serait de s’attarder plutôt à se deman­der « com­ment est-ce que l’injonction de l’hétéronormativité teinte le rap­port entre la société et le mou­ve­ment des femmes ? » « Quelle est l’influence de l’histoire colo­niale et de l’impérialisme sur les rap­ports entre femmes ? », « Quel est l’apriori capa­ci­tiste qui influence le choix et le type d’actions que nous menons ? ». Bref, nous devons arri­ver à for­mu­ler les ques­tions de sorte à nous res­pon­sa­bi­li­ser dans les réponses que nous don­nons.

Formuler les ques­tions ainsi nous permet aussi de voir com­ment une femme, dépen­dam­ment d’où elle est située socia­le­ment, vit notam­ment le sexisme, le racisme, l’hétérosexisme, le capa­ci­tisme, et l’impérialisme . Un tel exer­cice révèle assez rapi­de­ment les pri­vi­lèges des unes et des autres et les rap­ports de pou­voir entre nous. Ce type d’exercice ne vise pas à nous sépa­rer, mais plutôt à recon­cep­tua­li­ser l’unité que nous invo­quons. Dans ce modèle, l’unité se fonde sur la recon­nais­sance et le res­pect des dif­fé­rences en ayant pour but de défaire la domi­na­tion.

Aussi, le réel exer­cice est moins dans notre capa­cité à énu­mé­rer toutes les formes d’oppression que dans notre défi à com­prendre la façon dont elles convergent et se nour­rissent les unes les autres. Nous n’arriverons pas à com­prendre ces sys­tèmes si nous conti­nuons de les décon­tex­tua­li­ser les uns des autres.

Ce qui est plus impor­tant selon moi serait de ques­tion­ner la posi­tion qu’occupent les sujets dans les rela­tions de pou­voir. Selon Himani Bannerji, il est néces­saire d’examiner les rela­tions dans les­quelles nous exer­çons un pou­voir (par exemple le pou­voir d’inclusion et d’exclusion, le pou­voir de nommer ce qui peut être consi­déré comme une théo­rie fémi­niste ou non, etc.), autant que nous ana­ly­sons les rela­tions dans les­quelles nous sommes subor­don­nées ou exclues – par exemple, les rela­tions hommes-femmes, les rela­tions ins­ti­tu­tion­nelles qui dis­cré­ditent l’apport fémi­niste, etc.

Il est tou­jours essen­tiel de com­prendre les rap­ports de pou­voir sous-jacentes à toutes nos rela­tions, pas seule­ment celles avec les hommes et les ins­ti­tu­tions mais éga­le­ment celles entre nous. Pour preuve, le fait même d’être en posi­tion de déter­mi­ner si et quand une alliance est néces­saire révèle la posi­tion pri­vi­lé­giée que cer­taines occupent. Les alliances entre fémi­nistes exigent donc une refonte des rap­ports de pou­voir. Comme le dit Jewel Amoah, tant que les femmes du mou­ve­ment ne recon­nai­tront pas la légi­ti­mité des divers cou­rants qui le tra­versent, ce sont les notions de hié­rar­chies et de pou­voir qui pré­vau­dront.

Quelles sont les condi­tions néces­saires pour que ces alliances soient por­teuses ?

Le mou­ve­ment ne peut pas pré­tendre parler pour les femmes tout en conti­nuant d’évacuer les rela­tions sociales raciales qui orga­nisent de façon très pro­fondes la vie de tant de femmes. Pour plu­sieurs, au-delà des spé­ci­fi­ci­tés de nos expé­riences, nous devrions trou­ver un point commun, une base qui nous ras­semble. Il reste que, comme l’explique Bannerji, en cher­chant cette base qui nous ras­semble, ce qui en résulte est une réaf­fir­ma­tion de l’autorité et de la supé­rio­rité de celles qui sont en posi­tion de pri­vi­lège. En par­lant du pro­blème d’exclusion dans la pensée fémi­niste, Elizabeth Spelman a sou­li­gné qu’insister sur l’unité des femmes ne garan­tit pas que nos rela­tions ne seront pas hié­rar­chi­sées. Une fois qu’il est dit que nous ne devrions parler que d’une seule voix, la ques­tion est de savoir com­ment y arri­ver. Est-ce que cer­taines savent mieux que d’autres quelle voix ras­semble toutes les autres ? Si oui, qui l’a décidé ?

Vous aurez remar­qué que je n’ai à aucun moment parlé d’inclusion. C’est un choix déli­béré de ma part. Ce terme aurait été contra­dic­toire parce que, comme je l’ai déjà dit, il n’existe pas un fémi­nisme mais DES fémi­nismes. À mon sens, parler d’inclusion sup­pose qu’il exis­teune norme, un fémi­nisme uni­ver­sel quel­conque, à qui, nous black femi­nist, fémi­nistes chi­cana, muje­ris­tas, fémi­nistes autoch­tones, fémi­nistes musul­manes, et bien d’autres encore, sou­hai­te­rions être inté­grés. La notion d’inclusion, comme le dit si bien Spelman, révèle tou­jours le pou­voir de celles qui ont le choix et la lati­tude d’inclure ou non. Le fait qu’une hôtesse accueille quelqu’un chez elle ne remet pas en ques­tion ses pri­vi­lèges, au contraire le fait qu’elle ait pu choi­sir d’ouvrir la porte ou non exprime son pri­vi­lège.

En guide de conclu­sion

En ter­mi­nant, je repren­drais le dicton qui dit que « le voyage est aussi impor­tant que la des­ti­na­tion ». En effet, le pro­ces­sus même qui mène aux alliances est très for­ma­teur et déter­mi­nant pour le mou­ve­ment fémi­niste. Le tra­vail inhé­rent à ce pro­ces­sus doit nous mener à un déman­tè­le­ment des pri­vi­lèges car ce sont eux qui briment les pos­si­bi­li­tés d’actions com­munes. Spelman a dit que la fin des pri­vi­lèges dans le mou­ve­ment fémi­niste signi­fiera la fin de la prio­ri­sa­tion des pré­oc­cu­pa­tions de cer­taines au désa­van­tage d’autres, et l’impossibilité d’écarter, volon­tai­re­ment ou non, leurs expé­riences et leurs pers­pec­tives.

Il est pri­mor­dial que le mou­ve­ment fémi­niste qué­bé­cois réus­sisse à forger des alliances qui lui per­mettent non seule­ment de se for­ti­fier, mais sur­tout de constam­ment forger et renouer avec son poten­tiel trans­for­ma­teur de la société. Benita Roth est une cher­cheure fémi­niste anti-raciste qui a beau­coup écrit sur la for­ma­tion et l’évolution des mou­ve­ments fémi­nistes chi­cana, blanc, et black. Je suis tout à fait d’accord avec la façon dont elle conçoit les alliances : elles sont moins un fait qui se déclare accom­pli après une réunion, mais plutôt une pro­messe, une pro­messe que nous devons toutes nous enga­ger à tenir. Le genre de pro­messe qu’il faut tou­jours réité­rer dans l’action.

Délice Mugabo est mili­tante black femi­nist, tra­vailleuse com­mu­nau­taire, et étu­diante en socio­lo­gie à l’Université du Québec à Montréal

Nouveaux cahiers du socia­lisme, La ques­tion cana­dienne, Revue #9 , Printemps 2013

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