Bref bilan de l’Université d’été des NCS et journées Alternatives

La première édition de l’Université d’été des  Nouveaux Cahiers du Socialisme qui s’est tenue les  24, 25 et 26 août dernier, a présenté un agenda varié  qui aura  permis  d’amorcer un bilan des luttes populaires tout en suggérant une réflexion quant aux perspectives anticapitalistes.

À ce titre il faut souligner la présentation dynamique de Barbara Legault, porte-parole du groupe féministe Rebelles, qui  a défini les attaques contre les femmes mais également contre la population ouvrière comme un étant un  « État de guerre ». Elle rappelle par exemple les tentatives du gouvernement Harper de criminaliser à nouveau l’avortement.  Partisane de l’action directe, elle propose de cibler les compagnies responsables de la détérioration économique et écologique. Selon elle il faut cesser de légitimer les réformes à court terme en développant plutôt, par nous-mêmes, des façons de répondre à nos propres problèmes.   Elle ajoute que sans la nécessaire décentralisation des pouvoirs nos efforts en ce sens seraient vains.

Les représentants du mouvement étudiant Xavier Lafrance et Anne-Marie Provost ont dressé un bilan de la lutte pour la gratuité scolaire à partir du mouvement de contestation de 2005, tout en posant la question de la nécessité d’un parti politique. Selon eux, le rapport de force à ce moment aurait dû leur permettre de gagner davantage  même s’ils considèrent avoir effectué une percée partielle sur la question de la gratuité scolaire. En effet cette vaste mobilisation étudiante arrivait juste avant le décret  de la loi 142 en décembre de la même année, loi  qui allait imposer les conditions de travail et un gel salarial aux  employés et employées de l’État. Si le mouvement syndical s’était rangé derrière la lutte étudiante à ce moment, elle  aurait facilement pu servir de catalyseur contre le gouvernement Charest et prendre une dimension qualitativement différente.

La présentation  de Ronald Cameron portant sur les défis du mouvement syndical, s’enchâssait difficilement dans cette perspective de luttes. Il a rappelé que les syndicats sont d’abord des organismes de défense traversés par différents courants politiques. Il a souligné que la création du Secrétariat Intersyndical du Secteur Public (SISP) et  le pacte de non maraudage ont été des éléments qui ont aidé à constituer une avancée majeure dans l’évolution du monde du travail syndiqué.

Mais l’essentiel de son message  ne permettait pas de tirer un réel bilan et ne répondait pas à ceux qui croient que les mouvements populaires et altermondialistes sont les nouveaux acteurs qui peuvent apporter un changement social, sans rôle moteur du mouvement ouvrier organisé.  Présenter le syndicalisme de partenariat comme étant  simplement un choix stratégique, et  omettre  de  mentionner les implications profondes et dramatiques d’un tel choix avant tout politique, sans mentionner les faits concrets, évacuait l’essentiel du débat.

Lors du budget de mars 2009, les dirigeants de la CSN et de la FTQ avaient apporté leur soutien, même s’ils l’avaient décrié quelques semaines auparavant. Claudette Carbonneau disait qu’il s’agissait d’un des budgets les plus interventionnistes et Michel Arsenaut déclarait, suite aux investissements du Fonds de  Solidarité avec le gouvernement  que :« On le fait avec beaucoup de fierté… car il faut traverser une crise ensemble, on est à l’heure de la solidarité financière ».

Ce budget ne cherchait pourtant qu’à se porter au secours des entreprises privées, refusant d’investir directement dans des entreprises publiques vouées à répondre aux besoins sociaux de la majorité. Ce budget maintenait tout juste les sommes réservée à l’éducation et à la santé et laissait toute la place aux partenariats public-privé  ne prévoyant  rien pour l’environnement. Il fallait amorcer la lutte à ce moment et préparer le terrain pour la bataille du Front commun qui était à nos portes.

Les centrales n’ont pas plus réagi au budget Bachand de mars 2010 qui approfondissait cette tendance à la privatisation, préférant se concentrer  sur la stricte négociation et délaissant ainsi une coalition populaire et syndicale qui se battait pourtant pour les mêmes enjeux : la préservation des services publics. Ce sont des faits qu’il est essentiel de mentionner si on veut offrir des perspectives au mouvement ouvrier.

La contribution la plus importante à ce chapitre,  a été celle de Marie-Ève Rancourt, porte-parole de la coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, lors des journées Alternatives du 27 au 29 août. Elle a présenté la coalition comme étant un front unitaire de luttes qui se bat sur quatre thèmes; la tarification, la privatisation, les coupures dans les services publics et les coupures dans les programmes sociaux.

Elle a proposé une lutte unitaire sur deux fronts :

a) L’éducation;  mobiliser dans le cadre des consultations d’automne sur le gel des frais de scolarité

b) La santé; 1) Retrait des contributions en santé

2) Non à l’introduction du ticket modérateur

3) Retrait des agences privées

Comme le rappelait  Xavier Lafrance en citant Karl Marx :

« C’est en luttant qu’on apprend à lutter ».