Intervention de Françoise David

Se mettre ensemble

Université d'été des NCS 2010

Par Mis en ligne le 04 septembre 2010

Selon Françoise David, la situa­tion actuelle de la gauche est para­doxale au Québec. Celle qui par­tage avec Amir Khadir la tâche de porte-parole pour Québec Solidaire et qui était à l’Université d’été des NCS estime « qu’on a de la dif­fi­culté à sentir qu’on est des cen­taines de mil­liers de per­sonnes qui veulent chan­ger le monde ». De toute évi­dence constate-e-elle, le mou­ve­ment social est résis­tant : syn­di­ca­listes, étu­diant-es, sans comp­ter ce qui s’en vient avec les actions de la Marche mon­diale des femmes qui com­men­ce­ront en octobre 2010. Parallèlement, le mou­ve­ment éco­lo­gique mène des luttes constantes et nous pousse à une réflexion en pro­fon­deur. « On retrouve aussi des cen­taines de comi­tés de citoyens qui tra­vaillent dans l’ombre et sans aide de l’État ». Même le mou­ve­ment syn­di­cal, qu’on décrit par­fois comme décli­nant, annonce le retour du front socio­po­li­tique contre le gou­ver­ne­ment Charest. Elle salue notam­ment les efforts de la FTQ (syn­di­ca­li­sa­tion des tra­vailleurs agri­coles) et de la CSQ (syn­di­ca­li­sa­tion des res­pon­sables de garde en milieu fami­lial). Bref, « le Québec est en marche, mais on ne s’en rend pas tou­jours compte ».

Pour David, la gauche doit apprendre à fonc­tion­ner dif­fé­rem­ment. « Ne cher­chons pas l’unanimité, c’est impos­sible. Par contre, il est pos­sible de faire front commun sur des enjeux précis (coa­li­tion contre la hausse des tarifs, MMF, mou­ve­ment étu­diant)». Elle rap­pelle éga­le­ment que QS n’est pas LA gauche qué­bé­coise, mais un acteur de la gauche qué­bé­coise. Les temps sont un peu mêlés, cer­tains points de repère (le socia­lisme dans ses formes anté­rieures) sont en déper­di­tion. « C’est une période un peu chao­tique, un peu épar­pillée, mais est-ce si grave, demande David ? Peut-être pas, parce que devant l’urgence, on est capable de se mettre ensemble ».

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