Violence et résistance sociale à Montréal-Nord

Par Mis en ligne le 30 mars 2011

Deux ans après l’émeute de Montréal-Nord, la même situa­tion d’exclusion et de pau­vreté se per­pé­tue à Montréal-Nord. Les pra­tiques poli­cières sont plus sophis­ti­quées, mais répondent aux mêmes impé­ra­tifs de contrôle des « popu­la­tions dan­ge­reuses ». De l’autre côté, les jeunes subissent plus fré­quem­ment les stig­ma­ti­sa­tions, le racisme, le pro­fi­lage racial, la cri­mi­na­li­sa­tion de leurs mou­ve­ments, ce qui ren­force leur appar­te­nance au quar­tier, à une com­mu­nauté immi­grante et pauvre.

De tout cela, la popu­la­tion montre des poten­tia­li­tés de mobi­li­sa­tion col­lec­tive à tra­vers dif­fé­rentes démarches et mobi­li­sa­tions. Par ailleurs, ce « nou­veau » mou­ve­ment social embryon­naire qui se déve­loppe, len­te­ment mais sur­ement, ne pourra seul, d’« en bas », répondre à cette tâche immense d’apporter les outils cri­tiques. Livrés seuls dans ce combat, les dif­fé­rents acteurs sont faci­le­ment mar­gi­na­li­sés. Ne dis­po­sant pas assez des outils d’analyse poli­tique, ils ne peuvent appré­hen­der leur action immé­diate dans une pers­pec­tive de lutte glo­bale en vue de pour­suivre des objec­tifs stra­té­giques de chan­ge­ments sociaux et poli­tiques. Pour que leur rébel­lion devienne une lutte poli­tique et que le mou­ve­ment social se struc­ture comme pro­ta­go­niste prin­ci­pal, un vaste tra­vail idéo­lo­gique et d’unification des luttes immé­diates avec celles plus à long terme est néces­saire.

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances)

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