Afrique du Sud

Une grève qui révèle les fractures d’une société

Mis en ligne le 30 août 2010

Par Patrick Bond *

Le pré­sident Jacob Zuma, le ven­dredi 27 août 2010, a donné l’ordre à ses ministres de négo­cier avec les syn­di­cats du sec­teur public pour mettre fin à la grève.

Le secré­taire géné­ral du syn­di­cat (COSATU) avait réper­cuté l’idée, le 26 août 2010, d’élargir la grève au sec­teur des mines. Ce qui chan­ge­rait for­te­ment la situa­tion. Zizi Kodwa a eu des négo­cia­tions durant tout le week-end du 29-30 août, au moment où cette grève va entrer dans sa troi­sième semaine.

Vendredi 27 août, pour ren­for­cer la posi­tion des tra­vailleurs du public, le NUM (Syndicat natio­nal des mineurs) avait annoncé qu’il appel­le­rait ses 32’000 membres à faire un jour de grève afin de sou­te­nir les tra­vailleuses et tra­vailleurs du sec­teur public.

Il faut avoir encore à l’esprit que les tra­vailleuses et tra­vailleurs du sec­teur de la santé, la semaine passée, ont refusé de prendre en compte une déci­sion d’un tri­bu­nal leur inter­di­sant de par­ti­ci­per à la grève. L’armée a envoyé des méde­cins dans 54 hôpi­taux le samedi 28 août. Le 24 août, à Kimberley, à 450 kilo­mètres au sud-ouest de Johannesburg, la police a tiré, en tirs tendus, avec des « balles en caou­tchouc » sur les gré­vistes, en en bles­sant un grand nombre.

La COSATU, subis­sant la pres­sion du mou­ve­ment, avait « menacé » de rompre avec le gou­ver­ne­ment de Zuma. Dès les pre­miers pas vers des négo­cia­tions – avec la crainte d’une grève qui fasse tache d’huile dans le privé – la direc­tion de l’ANC, le 30 août 2010, déclare que « La fédé­ra­tion espère qu’une pro­po­si­tion amé­lio­rée sera mise sur la table et qu’on pourra sortir aussi vite que pos­sible de cette grève par un accord accep­table pour les salariés »

Nous sommes donc, ce 30 août 2010, à un moment clé de cette grève. Nous publions, ci-des­sous, un article de Patrick Bond écrit le 24 août. (Réd.)

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Les deux prin­ci­paux syn­di­cats du sec­teur public qui sont en grève contre le gou­ver­ne­ment sud-afri­cain ont promis d’intensifier leurs moyens de pres­sion dans les pro­chains jours. Cette lutte oppose un mil­lion membres appar­te­nant aux rangs infé­rieurs et moyens de la société contre un gou­ver­ne­ment ayant capi­ta­lisé la confiance après avoir joué l’hôte de la Coupe mondiale.

Avec des syn­di­cats plus petits du sec­teur public, les membres du Syndicat indé­pen­dant des enseignant·e·s (SADTU) et les infir­mières du Syndicat natio­nal de tra­vailleuses, tra­vailleurs de la santé et des sec­teurs alliés (NEHAWU) ont orga­nisé des piquets devant les écoles, les cli­niques et les hôpi­taux, for­çant de nom­breuses fer­me­tures à partir du 18 août 2010. Des équipes réduites de méde­cins et de per­son­nel mili­taire ont été obli­gés de ren­voyer chez eux les cas non-urgents.

Lors de plu­sieurs affron­te­ments avec la police dans les centres-villes, devant les cli­niques et les écoles la semaine der­nière, des tra­vailleuses, tra­vailleurs ont été « la cible » de balles en caou­tchouc et de canons à eau. Samedi 21 août, les tri­bu­naux ont ordonné aux gré­vistes de retour­ner au tra­vail dans les ser­vices consi­dé­rés urgents. Dans des dizaines d’hôpitaux et de cli­niques du per­son­nel mili­taire « assure » des ser­vices en santé.

Le Président Jacob Zuma a menacé les gré­vistes de licen­cie­ments mas­sifs et a condamné les mili­tantes et les mili­tants qui ont per­turbé le fonc­tion­ne­ment des éta­blis­se­ments de santé et d’éducation : « Même pen­dant les cam­pagnes contre le régime d’apartheid nous n’avons pas empê­ché les infir­mières de faire leur tra­vail,» a-t-il déclaré. Le Parti com­mu­niste sud-afri­cain (SACP) a fait une décla­ra­tion en défense des gré­vistes, tout en deman­dant au mou­ve­ment syn­di­cal et au Congrès natio­nal afri­cain (ANC) de ne pas « lancer des insultes pro­vo­ca­trices les uns contre les autres alors que le sec­teur privé et anti-ouvrier vous regarde et rit. »

Le népo­tisme

Malgré la popu­la­rité assez élevée dont jouit l’affable Zuma, des rap­ports récents sur les énormes pro­fits de son fils, de son neveu et de ses proches alliés dans le cadre du « Black Economic Empowerment » [l’acquisition accrue d’influences éco­no­miques de cer­tains Noirs, afin d’accélérer la conso­li­da­tion d’une haute bour­ge­soi­sie noire|] ont sou­levé de la colère. En plus, dans une décla­ra­tion faite à la presse, le NEHAWU a fus­tigé le train de vie hédo­niste de la classe des ges­tion­naires d’État : « Nous lisons quo­ti­dien­ne­ment des nou­velles sur le gas­pillage du gou­ver­ne­ment concer­nant des billets dis­tri­bués lors la Coupe mon­diale, sur des voi­tures, des chambres d’hôtels, des soi­rées et de la publicité. »

En effet, Pretoria a sub­ven­tionné la Coupe mon­diale à la hau­teur de 5 mil­liards de dol­lars, selon la plu­part des esti­ma­tions, dont plus de 3 mil­liards de dol­lars ont été dépen­sés sur des stades qui sont aujourd’hui lar­ge­ment recon­nus comme des « élé­phants blancs » : les sièges ne peuvent être rem­plis et ils coûtent trop cher pour les équipes de foot­ball locales qui n’ont pas des moyens suf­fi­sants pour les louer. Les socié­tés qui ont par­rainé la Coupe ont encaissé quelque 4 mil­liards de profit, tout cela non soumis aux impôts.

Au cours de juin et de juillet 2010, l’Afrique du Sud a affi­ché devant les visi­teurs étran­gers et les télé­spec­ta­teurs une opu­lence qui cachait une éco­no­mie de plus en plus en détresse et des inéga­li­tés extrêmes. La reprise éco­no­mique à partir d’une chute de 2% du PIB en 2009 est en panne. Et les 3% de crois­sance annon­cés pour cette année font l’objet de sou­rires ou d’incrédulités, puisque les pertes d’emplois ont conti­nué à aug­men­ter pen­dant la pre­mière moitié du 2010. Plus d’un mil­lion sur les 13 mil­lions de tra­vailleuses et des tra­vailleurs de l’économie for­melle de l’Afrique du Sud ont perdu leur emploi depuis 2008.

Malgré la pres­sion, les salarié·e·ss sont devenu·e·s éton­nam­ment mili­tants, rem­por­tant ces der­nières semaines des vic­toires sous forme d’accords sala­riaux, fixant des salaires dépas­sant l’inflation, cela dans les entre­prises para­pu­bliques des trans­ports et de l’électricité. Grâce, en partie, à la pres­sion que leur per­met­tait de faire la Coupe mon­diale. Avec l’inflation à 4,5%, la der­nière offre gou­ver­ne­men­tale d’une aug­men­ta­tion annuelle de 7%, plus une aug­men­ta­tion de 25 dol­lars (à 90 dol­lars) de l’allocation au loge­ment, serait nor­ma­le­ment consi­dé­rée comme très bonne.

Il y a des syn­di­cats qui seraient « heu­reux » d’avoir une aug­men­ta­tion sala­riale de 8,6% et une allo­ca­tion-loge­ment à 130 dol­lars (1000 rands, soit 100 euros, soit 130 francs suisses). Mais le NEHAWU reven­dique beau­coup plus, y inclus une aug­men­ta­tion sala­riale de 11% rétro­ac­tive sur trois mois, une allo­ca­tion-loge­ment de 195 dol­lars, et l’égalité de la sub­ven­tion éta­tique pour les soins médicaux.

La réponse du gouvernement

Le Cabinet gou­ver­ne­men­tal a répondu le 18 août 2010 : « Nous avons dû faire le choix entre l’augmentation de la masse sala­riale à des niveaux inabor­dables et des cou­pures dans d’autres ser­vices fon­da­men­taux. C’est le choix entre l’amélioration des salaires des employés de l’État et notre capa­cité de répondre aux besoins en ser­vices des com­mu­nau­tés pauvres et des chômeurs. »

En plus de la hausse des impôts des entre­prises et des riches (for­te­ment réduits par rap­port à 1994, grâce à quatre ministres des finances néo­li­bé­raux), les syn­di­cats pro­posent de mettre fin au gas­pillage et aux sub­ven­tions aux entre­prises. Les énormes dépenses en infra­struc­tures ont fait l’objet de vives cri­tiques, d’autant plus que les quatre com­po­santes prin­ci­pales – deux nou­velles cen­trales au char­bon (35 mil­liards de dol­lars), finan­cées en partie par la Banque mon­diale, un train rapide de l’aéroport de Johannesburg au quar­tier finan­cier prin­ci­pal (3 mil­liards de dol­lars), un aéro­port à Durban (1 mil­liard de dol­lars), et de nou­veaux bar­rages (plu­sieurs mil­liards) pour les grands inté­rêts miniers et agri­coles – pro­fitent prin­ci­pa­le­ment aux élites et se construisent au détri­ment de l’infrastructure en faveur de la popu­la­tion pauvre.

Le trans­port public conti­nue à se dégra­der et le prix de l’électricité aug­mente de 25% à chaque année pour payer les nou­velles cen­trales. Pourtant, deux socié­tés, BHP Billiton [le géant anglo-aus­tra­lien des mines, qui essaye de rache­ter Potash un grand groupe mon­dial des engrais] et le groupe Anglo-American, conti­nue­ront à consom­mer l’électricité la moins chère du monde (un sep­tième du prix de payé par les tra­vailleuses et les tra­vailleurs ordi­naires, cela grâce à un contrat d’une durée 40 ans signée par le régime de l’apartheid). Ces deux socié­tés consomment plus de 10% de l’électricité du pays. Les éco­lo­gistes demandent la fer­me­ture gra­duelle des fon­de­ries qui consomment tant d’énergie, le renon­ce­ment à la seconde cen­trale, et l’investissement de cet argent dans des éner­gies renouvelables.

Mais si les argu­ments sont forts en faveur de la réorien­ta­tion des dépenses de l’État, la ques­tion se pose de savoir si une « aris­to­cra­tie ouvrière » poten­tielle doit de se faire une « bonne vie » dans une période de sup­pres­sion d’emplois et de misère des tra­vailleuses, des tra­vailleurs non qualifié·e·s, des masses de chô­meuses et de chô­meurs. La réponse des syn­di­cats est que ces tra­vailleuses et ces tra­vailleurs du sec­teur public, à leur tour, font vivre de grandes familles éten­dues, puisque les rap­ports de migra­tions datant de l’ère de l’apartheid lient encore les Sud-afri­cains à des réseaux de parenté qui s’étendent sur des cen­taines de kilomètres.

Et comme si ce cela ne suf­fi­sait pas, jusqu’à ce qu’au milieu des années 1980, les femmes ont été contraintes à rester dans les « ban­tous­tans » ruraux, tandis que leurs pères, maris et fils tra­vaillaient dans les villes. La pro­pa­ga­tion plus rapide du SIDA est l’un des héri­tages durables des éco­no­mies ancien­ne­ment colo­niales et des plan­ta­tions carac­té­ri­sées par de telles migra­tions. Une fois la libé­ra­tion gagnée, le statut de « insi­der » [dans la théo­rie néo-clas­sique du chô­mage ceux qui occupent un emploi, et que l’on oppose aux chô­meurs] pour les tra­vailleurs urbains est apparu, y inclus des avan­tages en matière de loge­ment, de soins de santé, et de pen­sions de retraites.

A leur tour, les diri­geants syn­di­caux sou­lignent qu’aucune autre force sociale de l’Afrique du Sud ne fait si acti­ve­ment cam­pagne en faveur de droits socio-éco­no­miques des chô­meurs, comme, par exemple, un projet natio­nal d’assurance-maladie et un revenu mini­mum de base ($15 par mois par per­sonne), qui aide­raient les com­mu­nau­tés les plus mar­gi­na­li­sées. Mais les syn­di­cats pour la plu­part ne gagnent pas leurs batailles pour le salaire social.

Les plus grandes décep­tions des syn­di­cats par rap­port au gou­ver­ne­ment Zuma s’expriment face à l’intensification des poli­tiques éco­no­miques néo­li­bé­rales, comme la libé­ra­li­sa­tion des échanges et le moné­ta­risme (taux d’intérêt élevé), et son refus d’interdire les agences de main-d’œuvre [tra­vail inté­ri­maires] qui four­nissent des cen­taines de mil­liers de tra­vailleurs sous-trai­tés, pré­caires et mal payés.

En réponse, le gou­ver­ne­ment parle de diverses sub­ven­tions sociales (pen­sions, aide aux inva­lides et soins aux enfants) qui ont, en effet, légè­re­ment aug­menté le revenu des pauvres des zones rurales. Mais l’étude la plus récente sur la pau­vreté menée par l’Université de Cape Town en jan­vier 2010 a montré une aug­men­ta­tion abso­lue de la pau­vreté urbaine.

Mécontentement

Les mil­liers de pro­tes­ta­tions enre­gis­trées par la police chaque année consti­tuent éga­le­ment une indice des divi­sions sociales qui se creusent. Un grand nombre de ces pro­tes­ta­tions sur­gissent spon­ta­né­ment comme des émeutes locales liées à la non-pres­ta­tion ou à la qua­lité des pres­ta­tions des ser­vices publics et accom­pa­gnées de sac­cage des bureaux muni­ci­paux et même de mani­fes­ta­tions de xéno­pho­bie. Malheureusement aucun grand mou­ve­ment urbain durable et démo­cra­tique n’a émergé pour cana­li­ser les frustrations.

Cela est prin­ci­pa­le­ment la consé­quence de la loyauté rési­duelle qui per­siste envers le Congrès natio­nal afri­cain (ANC), entre autres dans les com­mu­nau­tés « riches ». Mais éga­le­ment une consé­quence de la divi­sion entre les « nou­veaux mou­ve­ments sociaux » radi­caux des villes de l’Afrique du Sud et l’ANC (divi­sion qui est en train de s’effacer). Ces mou­ve­ments avaient espéré que les élé­ments les plus à gauche du Parti com­mu­niste et du Congrès des syn­di­cats (COSATU) se déta­che­raient de l’ANC. Mais ceux-ci, au lieu de s’attaquer au parti au pou­voir, n’ont pris leur dis­tance que vis-à-vis de l’ancien pré­sident Thabo Mbeki. L’ayant mis dehors en sep­tembre 2008, le mou­ve­ment syn­di­cal et les membre du Parti com­mu­niste avaient pensé obte­nir plus que le petit nombre de sièges mar­gi­naux qu’ils ont eu dans le nou­veau cabinet.

Le sen­ti­ment de tra­hi­son a été rendu expli­cite dans la « Conférence com­mé­mo­ra­tive au nom de Ruth First», lar­ge­ment dif­fu­sée mardi der­nier, pro­non­cée par le Secrétaire géné­ral du COSATU, Zwelinzima Vavi, l’une des voix les plus radi­cales de l’Afrique du Sud contem­po­raine. Ruth First [1922-1985] a été assas­si­née par une lettre explo­sive alors qu’elle était en exil en Maputo [elle tra­vaillait, comme exilée au Mozambique] 

Vavi a rendu hom­mage à la lutte poli­tique menée par First, à ses maintes cam­pagnes, sa recherche, ses publications :

« Son mépris pour la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion, pour l’exploitation et pour toutes les formes d’oppression trans­pa­raît dans toutes les acti­vi­tés de Ruth First à partir de ces écrits jour­na­lis­tiques et en ter­mi­nant par ses œuvres scien­ti­fiques. La libé­ra­tion natio­nale et la sup­pres­sion de l’exploitation de classe étaient pour elles deux faces d’une même médaille. »

Ensuite Vavi a adopté un moyen nar­ra­tif inha­bi­tuel, oppo­sant une héroine du passé aux diri­geants contem­po­rains du mou­ve­ment de libération :

« Ruth First serait bou­le­ver­sée d’apprendre que 16 ans après notre éman­ci­pa­tion nous ne nous sommes pas éloi­gnées d’un sys­tème éco­no­mique contre laquelle elle a donné sa vie. Elle se deman­de­rait sérieu­se­ment s’il valait tous les sacri­fices qu’elle a faits quand elle apprend que … l’Afrique du Sud (est) désor­mais le pays ayant les plus pro­fondes inéga­li­tés du monde. »

Vavi touchent des points sen­sibles du gou­ver­ne­ment en cri­ti­quant la cor­rup­tion, à la fois poli­tique et per­son­nelle, des alliés les plus proche de Zuma :

« Ce qui aurait gêné le plus Ruth First, c’est que, face de la catas­trophe mon­tante qui se mani­feste, elle aurait attendu des diri­geants, qui dans le passé avaient servi à ses côtés dans le Comité cen­tral du Parti com­mu­niste, pen­dant leurs voyages inter­mi­nables, que les bases éco­no­miques sont bien en place et que le pays tien­dra le cap en dépit des preuves qui s’accumulent sur le fait que le fon­da­men­ta­lisme du marché est un échec ter­rible pour l’humanité. »

Ruth First a été mariée au leader du PC, Joe Slovo, qui au moment de sa mort en 1995, com­men­çait à endos­ser le projet néo­li­bé­ral, en par­ti­cu­lier su sein du minis­tère de loge­ment qu’il diri­geait. Vavi a dit de Ruth :

« Elle deman­de­rait où est son PC et pour­quoi il n’a pas mené une classe ouvrière unie dans une lutte pour chan­ger la direc­tion que nous sem­blons emprun­ter. Elle deman­de­rait où sont allés tous les démo­crates après avoir lu le projet de Loi de la pro­tec­tion de l’information, qui, s’il est adopté dans sa forme actuelle, tour­nera en déri­sion son tra­vail comme jour­na­liste enga­gée dans la lutte contre l’injustice. »

Les deux prin­ci­paux diri­geants du PC, Blade Nzimande et Jeremy Cronin, ont défendu les attaques récentes par Zuma contre les médias et l’accès à l’information. Zuma est depuis long­temps cri­ti­qué dans les médias en raison de ses nom­breux scan­dales per­son­nels, finan­ciers, sexuels et poli­tiques. Ses avo­cats ont intenté des pour­suites en dif­fa­ma­tion contre Jonathan Shapiro, dont les cari­ca­tures signées, « Zapiro», brillantes, dépeignent le pré­sident avec une pomme de douche fixée à sa tête, rap­pe­lant aux lec­teurs ses rela­tions sexuelles – un viol allé­gué – avec la fille souf­frant de HIV d’un ami de la famille.

En atten­dant qu’un règle­ment favo­rable aux tra­vailleuses et tra­vailleurs en grève est prévu dans les pro­chains jours, étant donné le carac­tère déter­miné de leur lutte, les pres­sions dont souffrent l’économie et la société conti­nue­ront à monter. Et les brèches qui ont été créées entre les par­te­naires au pou­voir et leurs alliés syn­di­caux et com­mu­nistes ne seront pas faci­le­ment réparées.

* Patrick Bond est direc­teur du Centre pour la société civile de l’Université de KwaZulu-Natal à Durban. Traduit de l’anglais par David Mandel et revu comme édité par la rédaction.

(30 août 2010)

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