Quand nos économistes-mercenaires se transforment en bouffons…

Mis en ligne le 02 février 2010

Nous savions déjà que les quatre éco­no­mistes « pres­ti­gieux » Claude Montmarquette, Pierre Fortin, Robert Gagné et Luc Godbout étaient des mer­ce­naires au ser­vice du ministre des Finances, Raymond Bachand, et du gou­ver­ne­ment Charest. Ils en avaient eux-mêmes fait la « brillante » démons­tra­tion en publiant, en décembre der­nier, un pre­mier rap­port sur le Québec face à ses défis dont cer­taines facettes étaient pour le moins dou­teuses.

Réjean Parent est pré­sident de la CSQ.

S’il y a quelque chose que nos pseudo-experts venaient de prou­ver, c’est bien qu’ils n’étaient pas sans influence et que la recherche de la vérité impor­tait beau­coup moins dans leurs études que d’arriver aux conclu­sions dési­rées par celui qui les paie. Bref, que des éco­no­mistes-mer­ce­naires, ça existe.

Dire un gros men­songe ne le rend pas plus vrai

Malheureusement, nos quatre mer­ce­naires de l’économie ont réci­divé hier en pon­dant une autre savante étude dont eux seuls ont le secret : Le Québec face à ses défis fas­ci­cule 2, les pistes de solu­tion. Et cette fois-ci, ils nous font une autre révé­la­tion : si des éco­no­mistes peuvent être mer­ce­naires, ils peuvent éga­le­ment être bouf­fons.

Car il faut avoir un drôle de sens de l’humour pour pré­tendre le plus sérieu­se­ment du monde que de placer le sec­teur public en concur­rence avec le sec­teur privé serait béné­fique, comme on l’a vu avec le sec­teur de l’éducation où il y a coexis­tence d’établissements publics et privés. Si ce n’était pas si triste, on pour­rait en rire. Mais il n’y a rien de drôle à sou­te­nir une telle affir­ma­tion qui est tota­le­ment fausse. En effet, c’est tout le contraire qui est vrai, comme l’ont clai­re­ment démon­tré de façon plus sérieuse des cher­cheurs en édu­ca­tion à l’Université de Montréal, Claude Lessard, Pierre-David Desjardins et Jean-Guy Blais.

Une illu­sion entre­te­nue par des fumistes de droite

Au mois de sep­tembre der­nier, les trois cher­cheurs ont publié un rap­port fort inté­res­sant inti­tulé Dix ans de pal­ma­rès des écoles – Le Québec est engagé sur une pente dan­ge­reuse. Leur conclu­sion était sans équi­voque : la concur­rence en édu­ca­tion au sein du réseau public et entre les réseaux public et privé […] cela mène au déclin du public et non à son redres­se­ment. »

Le sup­posé climat d’émulation qui serait créé par cette concur­rence entre le public et le privé n’existe pas. C’est une illu­sion qui ne repose sur aucune donnée sérieuse et qui est entre­te­nue par les fumistes du privé à tout prix, tels que nos quatre éco­no­mistes « clow­nesques ».

Irresponsables ou bouf­fons ?

Cette concur­rence public-privé a des effets néfastes sur notre sys­tème public d’éducation au point de l’engager sur une pente dan­ge­reuse et inquié­tante pour la col­lec­ti­vité qué­bé­coise. Et dire que nos quatre « experts » se servent de cet exemple pour recom­man­der de placer l’ensemble de nos ser­vices publics en concur­rence avec le sec­teur privé. Je n’ose même pas ima­gi­ner les consé­quences qu’une recom­man­da­tion aussi irres­pon­sable pour­rait avoir, si elle était suivie, sur notre sys­tème de santé public et sur la qua­lité des soins offerts à la popu­la­tion. Cela n’a aucun sens de sug­gé­rer de pareilles orien­ta­tions en s’appuyant sur un argu­men­taire aussi peu cré­dible. C’est pour­tant l’audace qu’ont les éco­no­mistes Claude Montmarquette, Pierre Fortin, Robert Gagné et Luc Godbout… sans aucun égard à leur cré­di­bi­lité (?).

Ce n’est pas drôle d’être aussi peu sérieux !

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