Les aventures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen

Par Mis en ligne le 30 juillet 2012

Michael Löwy, Les aven­tures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen. Introduction à une socio­lo­gie cri­tique de la connais­sance, Paris, Syllepse, 2012 (1ère éd. 1985).

« Quelles sont les condi­tions de pos­si­bi­lité de l’objectivité dans les sciences sociales ? Le modèle scien­ti­fico-natu­rel d’objectivité est-il opé­ra­tion­nel pour les sciences his­to­riques ? Une science de la société libre de juge­ments de valeur et pré­sup­po­si­tions poli­tico-sociales est-elle conce­vable ? Est-il pos­sible d’éliminer les idéo­lo­gies du pro­ces­sus de connais­sance scien­ti­fico-social ? La science sociale n’est-elle pas néces­sai­re­ment « enga­gée », c’est-à-dire liée au point de vue d’une classe ou groupe social ? Et dans ce cas ce carac­tère par­ti­san est-il conci­liable avec la connais­sance objec­tive de la vérité ? »

Extrait de la pré­face à télé­char­ger ci-des­sous.

Résumé

  • Une science de la société libre de juge­ments de valeurs est-elle conce­vable ?
  • Est-il pos­sible d’éliminer les idéo­lo­gies du pro­ces­sus de la connais­sance ?
  • La science sociale n’est-elle pas for­cé­ment enga­gée ?
  • Le carac­tère par­ti­san est-il conci­liable avec la connais­sance ?

Ce livre traite du rap­port entre visions du monde (idéo­lo­giques ou uto­piques) et connais­sance, dans le domaine des sciences sociales, à partir d’une dis­cus­sion des prin­ci­pales ten­ta­tives d’élaborer un modèle d’objectivité scien­ti­fique appa­rues au sein du posi­ti­visme, de l’historicisme et du mar­xisme. Il s’agit de mon­trer que, contrai­re­ment à ce que pré­tend le posi­ti­visme, toute connais­sance et inter­pré­ta­tion de la réa­lité sociale est liée, d’une façon directe ou indi­recte, à une des grandes visions sociales du monde, à une pers­pec­tive glo­bale socia­le­ment condi­tion­née. Ce que Pierre Bourdieu dési­gnait comme « les caté­go­ries de pensée impen­sées qui déli­mitent le pen­sable et pré­dé­ter­minent le pensé ».

La vérité objec­tive sur la société n’est donc pas conce­vable comme une image ren­voyée par un miroir, elle est plutôt un pay­sage peint par un artiste, un pay­sage qui sera d’autant plus vrai que le peintre sera situé à un obser­va­toire ou un bel­vé­dère plus élevé, lui per­met­tant une vue plus vaste et plus éten­due du pano­rama irré­gu­lier et acci­denté de la réa­lité sociale. L’ouvrage tire son titre du « tri­lemme de Münchhausen », rai­son­ne­ment et argu­men­ta­tion décou­lant de l’histoire du Baron de Münchhausen qui, pour se sortir du marais où il était enlisé, s’est lui-même sou­levé par les che­veux. Une nou­velle pré­face enri­chit ce livre paru chez Anthropos en 1985 et épuisé depuis long­temps.

Sommaire

Introduction :

  • Visions sociales du monde, idéo­lo­gies et uto­pies dans la connais­sance scien­ti­fico-sociale

1. Le positivisme ou le principe du Baron von Münchhausen

  • L’utopie posi­ti­viste : Condorcet, Saint-Simon.
  • L’idéologie posi­ti­viste : Comte, Durkheim
  • Max Weber : La science libre de juge­ments de valeur
  • Karl Popper et l’objectivité ins­ti­tu­tion­nelle

2. L’historicisme ou la lumière brisée

  • L’historicisme conser­va­teur
  • L’historicisme rela­ti­viste
  • La socio­lo­gie de la connais­sance de Karl Mannheim

3. Le marxisme ou le défi du principe du fiacre

  • Idéologie et science selon Marx
  • Marxisme et posi­ti­visme dans la pensée de la 2e Internationale
  • Le mar­xisme his­to­ri­ciste : Lukács, Korsch, Gramsci, Goldmann
  • Le mar­xisme ratio­na­liste de l’École de Francfort
  • Idéologie sta­li­nienne et science

Conclusion :

  • Les pay­sages de la vérité et l’allégorie du bel­vé­dère
  • Le modèle scien­ti­fico-natu­rel d’objectivité et les sciences sociales
  • Le moment rela­ti­viste de la socio­lo­gie de la connais­sance
  • Paysages de la vérité et auto­no­mie rela­tive de la science.

L’auteur

Michael Löwy, est né en 1938 au Brésil et vit à Paris depuis 1969. Il est direc­teur de recherches émé­rite au CNRS, spé­cia­liste du mar­xisme en Amérique latine (Le mar­xisme en Amérique latine, Maspero, 1973) et de la théo­lo­gie de la libé­ra­tion (La Guerre des dieuxreli­gion et poli­tique en Amérique latine, Le Félin, 2000). Il a publié L’étoile du matin. Surréalisme et mar­xisme (Syllepse 2000), La pensée de Che Guevara (Maspero, 1970 ; rééd. Syllepse, 1997). Il a publié Écologie et socia­lisme (Syllepse, 2005) et Écosocialisme (Mille et une nuits, 2011).

À télécharger :

Préface à : Les aven­tures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen (PDF – 255.94 Ko)

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