Budget fédéral

Le gouvernement tient davantage aux chasseurs à réaction qu’à l’aide internationale

Par Mis en ligne le 31 mars 2011

« L’achat de chas­seurs à réac­tion l’emporte sur l’aide inter­na­tio­nale dans le budget fédé­ral ; autre­ment dit, le Canada abdique ses res­pon­sa­bi­li­tés comme dona­teur inter­na­tio­nal et citoyen du monde », dénonce Gerry Barr, président‐directeur géné­ral du Conseil cana­dien pour la coopé­ra­tion internationale.

Le Conseil, qui repré­sente envi­ron 90 orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales (ONG) cana­diennes œuvrant dans le domaine de la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale pour le déve­lop­pe­ment et de l’aide huma­ni­taire, déplore le fait que le gou­ver­ne­ment ait décidé de main­te­nir le blo­cage des dépenses pour l’aide étran­gère, confor­mé­ment à ce qui avait été prévu dans le budget de l’an der­nier.. Le ministre des Finances « se vante, dans une belle et unique phrase, du fait que le Canada a doublé son aide inter­na­tio­nale en 2010 », indique M. Barr, « mais il promet éga­le­ment de ren­ver­ser cette ten­dance avec un gel des dépenses qui fera tomber de 0,32 % à 0,27 % la part du revenu natio­nal brut que repré­sentent les dépenses d’aide inter­na­tio­nale d’ici 2015, année cible pour l’atteinte des objec­tifs du Millénaire pour le déve­lop­pe­ment de l’ONU ».

Le Conseil estime que les pré­vi­sions des dépenses du Canada pour l’achat de 65 chas­seurs F‐35 repré­sentent à elles seules envi­ron les deux tiers de ce que coû­te­rait l’atteinte de l’objectif de l’ONU en matière d’aide inter­na­tio­nale, soit 0,7 % du revenu natio­nal brut, d’ici 2020.

Le Canada fait pla­fon­ner le mon­tant des dépenses d’aide inter­na­tio­nale, mais il est à l’affût de nou­veaux débou­chés com­mer­ciaux en appli­quant une stra­té­gie agres­sive rela­ti­ve­ment aux accords de libre-échange et aux accords com­mer­ciaux. Or cette stra­té­gie ne garan­tit pas que les obli­ga­tions du Canada en matière de pro­mo­tion du déve­lop­pe­ment ou des droits de la per­sonne seront res­pec­tées, bien que les pays en déve­lop­pe­ment soient les prin­ci­pales cibles de cette stratégie.

« L’absence de toute pré­oc­cu­pa­tion à l’égard des droits de la per­sonne et du déve­lop­pe­ment est par­ti­cu­liè­re­ment trou­blante quand on sait que le Canada s’apprête à conclure des accords com­mer­ciaux avec des pays comme le Honduras, dont le gou­ver­ne­ment a été inca­pable d’établir sa légi­ti­mité après le coup d’État mili­taire d’il y a deux ans. Cela ne dit rien qui vaille quant au rôle que joue le Canada comme citoyen du monde », conclut M. Barr.

Renseignements

François Demers, Agent de com­mu­ni­ca­tion, CCCI
613‐241‐7007, poste 311
fdemers@​ccic.​ca

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