Etats-Unis : l’endettement des étudiants, « une forme moderne de servitude sous contrat »

Par Mis en ligne le 16 novembre 2011

Dans le quo­ti­dien fran­çais Le Monde, en date du 13-14 novembre 2011, sous la rubrique Analyses, la jour­na­liste Sylvie Kauffmann écrit : « Une année d’études à Harvard revient à peu près à 50’000 dol­lars [45’000 francs suisses]. Quelques-uns des jeunes contes­ta­taires du pro­fes­seur Greg Mankiw [éco­no­miste libé­ral ensei­gnant à Harvard] ont, sans doute, contracté des emprunts pour payer leurs études, dont la dette les étran­glera s’ils ne trouvent pas du tra­vail tout de suite. D’autres ont des parents qui se saignent aux quatre veines pour eux, plus que ne l’ont fait leurs propres parents.

Et c’est cette dis­pa­rité qui nour­rit le res­sen­ti­ment actuel aux Etats-Unis. Exemple : Susan Benda, juriste et mère d’un ado­les­cent de 14 ans, com­pare les 50’000 dol­lars annuels que lui coû­tera son fils (et qu’elle n’a pas) s’il réus­sit à entrer dans une de ces uni­ver­si­tés d’élite, aux 6000 dol­lars que la même uni­ver­sité coû­tait à ses parents en 1978. Contrairement à elle il y a trente ans, un vrai par­cours du com­bat­tant attend son fils à la sortie pour trou­ver un pre­mier emploi, et s’il déniche un stage, ce sera grâce aux rela­tions pro­fes­sion­nelles de sa mère. “Ce qui veut dire que les jeunes qui ne sortent pas des vingt meilleures uni­ver­si­tés et dont les parents n’ont pas les bonnes connexions n’ont aucune chance”, dit-elle. »

C’est dans un tel contexte qu’il faut situer et lire l’article de Gary Lapon sur la situa­tion maté­rielle d’un sec­teur signi­fi­ca­tif d’étudiant·e·s aux Etats-Unis et sa par­ti­ci­pa­tion au mou­ve­ment Occupy. Un mou­ve­ment qui s’est for­te­ment élargi aux uni­ver­si­tés depuis la deuxième semaine du mois de novembre.

Pour rappel, quelque 36 mil­lions de per­sonnes sont dans une situa­tion de débi­teur liée à un prêt pour les études. La situa­tion pré­sente aux Etats-Unis reflète un pro­ces­sus et une ten­dance qui se déve­loppent dans les pays euro­péens et s’accéléreront dans les années à venir suite aux plans mas­sifs d’attaque contre le salaire social : for­ma­tion et édu­ca­tion sont une partie inté­grante du salaire social. (Rédaction)

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Les étudiant·e·s des Etats-Unis sont en train de se noyer sous les dettes alors que le plan promis par l’administration Obama des­tiné à les « sou­la­ger » ne fera pas grand-chose sur le long terme pour allé­ger leur far­deau.

Face à la pres­sion crois­sante pro­duite par le mou­ve­ment Occupy qui a attiré l’attention sur le chô­mage et la dette écra­sante des jeunes – entre autres ques­tions –, le pré­sident Obama a annoncé, en octobre 2011, avoir pris un décret qui rédui­rait le mon­tant des paie­ments pour prêts de cer­tains débi­teurs et per­met­trait à d’autres de conso­li­der leurs prêts à un taux d’intérêt plus bas.

En outre, le plan « payez selon ce que vous gagnez » (pay as you earn, une rete­nue à la source) per­met­tra à cer­tains étu­diants de se défaire de leurs dettes après qu’ils ont effec­tué des rem­bour­se­ments pen­dant 20 ans, au lieu des 25 ans selon la légis­la­tion actuelle.

Cette pro­po­si­tion sur­vient seule­ment quelques mois après la pré­sen­ta­tion du budget pour l’année 2012 pré­senté par l’administration Obama, budget qui inclut des coupes dans les bourses fédé­rales Pell [1]. Celles-ci per­met­taient aux étudiant·e·s d’assister durant toute l’année aux cours [et ainsi de ne pas devoir tra­vailler avec une inter­rup­tion de leurs études], et de ne pas avoir besoin de faire appel aux aides gou­ver­ne­men­tales pour payer les inté­rêts des prêts pour études uni­ver­si­taires, prêts qu’ils doivent rem­bour­ser après l’obtention de leur diplôme.

Présentant le plan pay as you earn comme s’il était une bouée de sau­ve­tage pour ceux et celles qui se débattent avec des prêts mas­sifs pour études, Obama a éga­le­ment sou­li­gné que le plan aurait un effet sti­mu­lant sur l’économie. En effet, l’argent consa­cré au rem­bour­se­ment pour­rait être plutôt consa­cré à l’achat de biens de consom­ma­tion.

Pour ceux qui dis­posent d’un accès aux prêts fédé­raux aux études, le décret d’Obama signi­fie que les modi­fi­ca­tions appor­tées au plan « de rem­bour­se­ment basé sur les reve­nus » (Income-Based Repayment – IBR), approu­vées par le Congrès l’année der­nière, pren­draient effet en 2012 déjà plutôt qu’en 2014 tel que prévu ini­tia­le­ment.

Actuellement, le plan IBR auto­rise les emprun­teurs dont l’endettement dépasse une cer­taine limite par rap­port au revenu et à la taille de leur famille de payer un mon­tant men­suel plus réduit afin de rem­bour­ser leurs prêts pour études sur une plus longue période.

Aujourd’hui, ceux qui répondent aux cri­tères du plan IBR consacrent men­suel­le­ment 15% de leur revenu net [le revenu total moins les impôts et des dépenses « nor­males » telles que le loyer, les trans­ports, les assu­rances, etc.] au paie­ment des prêts pour études ; cela concerne tous les reve­nus supé­rieurs de 150% au seuil fédé­ral de pau­vreté [pour une famille de 4 per­sonnes, le seuil moyen de l’ensemble des Etats se situe en 2011 à 22’350 dol­lars]. Le plan Obama entend réduire cette part à 10%. De plus, ceux qui rem­boursent leurs prêts par le biais du pro­gramme IBR ver­ront le solde de leur emprunt effacé après 20 ans de paie­ment effec­tué sous ce pro­gramme, au lieu de 25 ans comme c’est le cas aujourd’hui.

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Bien que ces modi­fi­ca­tions intro­duites par le plan Obama puissent aider quelques emprun­teurs acca­blés par une dette exces­sive liée à un prêt pour études, seule une frac­tion de ceux qui ont sous­crit à un tel prêt auront accès aux mesures pré­vues par le décret. En outre, le plan IBR com­porte des incon­vé­nients.

Les modi­fi­ca­tions appor­tées au plan IBR ne concer­ne­ront que les étudiant·e·s qui contractent un prêt en 2012 et ceux qui l’ont fait entre 2008 et 2012. De ce fait, les diplômé·e·s récents et ceux qui sont actuel­le­ment en situa­tion de défaut de paie­ment en sont exclus.

De plus, selon le Bureau fédé­ral d’aide aux étudiant·e·s [2], les emprun­teurs qui ins­crivent leurs dettes à l’IBR fini­ront par payer plus d’intérêts sur leurs prêts que s’ils avaient sous­crit à un rem­bour­se­ment stan­dard sur dix ans. Cela en raison du fait que l’IBR étend sur une plus longue période le rem­bour­se­ment, durant laquelle les inté­rêts conti­nuent à être perçus.

La partie conso­li­dée du plan Obama auto­ri­sera les emprun­teurs ayant contracté simul­ta­né­ment des prêts fédé­raux directs et des prêts auprès du Programme de prêts pour édu­ca­tion aux familles (sys­tème de prêts four­nis par des prê­teurs privés garanti par le gou­ver­ne­ment) de conso­li­der leurs dettes et de les rem­bour­ser avec un inté­rêt d’un demi-point en moins. De la sorte, le paie­ment des men­sua­li­tés sera réduit ainsi que le mon­tant total rem­boursé pour toute la durée du prêt. Les prêts privés, et ceux qui auront déjà été conso­li­dés auprès de prê­teurs privés, ne pour­ront pas béné­fi­cier de ces mesures.

L’administration Obama affirme que 6 mil­lions de per­sonnes ver­ront leurs prêts conso­li­dés, tandis que 1,6 mil­lion pour­ront être admis au plan IBR en vertu des modi­fi­ca­tions que nous avons décrites [3]. En d’autres termes, le plan concer­nera seule­ment envi­ron un cin­quième des 36 mil­lions de per­sonnes qui, aux Etats-Unis, ont des dettes liées à un emprunt pour études.

Jeff Selingo, vice-pré­sident du Chronicle of Higher Education [heb­do­ma­daire et site inter­net publiant des infor­ma­tions sur des ques­tions uni­ver­si­taires et des offres d’emploi dans ce sec­teur], a déclaré à la chaîne de télé­vi­sion PBS que le décret d’Obama ne « va pas faire une énorme dif­fé­rence […] entre les deux pro­grammes, il va pro­ba­ble­ment concer­ner envi­ron 7 mil­lions des gens devant rem­bour­ser leurs prêts ou de nou­veaux étu­diants entrant dans le pro­gramme […]. Le Programme fondé sur les reve­nus [IBR] qui a été annoncé aujourd’hui est […] le seul qui tou­chera les étu­diants qui sont en ce moment à l’université.

Donc, pour tous ces étu­diants, ces jeunes récem­ment diplô­més et qui l’ont été au prix de nom­breuses dettes, main­te­nant à la recherche d’emplois qu’ils ne peuvent trou­ver ou qui font des jobs qui néces­sitent seule­ment un diplôme du niveau secon­daire, cela ne va pas leur four­nir plus d’aide. »

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L’endettement pour études atteint son niveau de crise. La couche des étu­diants entrés à l’université en 2011 est la plus endet­tée de toute l’histoire des Etats-Unis, avec un endet­te­ment moyen [cal­culé donc sur l’ensemble des étu­diants] de près de 23’000 dol­lars [20’700 CHF]. Selon le Wall Street Journal« c’est 8% de plus que l’année der­nière et, si l’on effec­tue une cor­rec­tion sur la base de l’inflation, c’est 47% de plus qu’il y a une décen­nie » [5]. Selon le quo­ti­dien USA Today, le total de la dette pour études aux Etats-Unis est en bonne voie de dépas­ser le bil­lion (1 mil­lion de mil­lions) de dol­lars cette année, soit plus que la dette des cartes de crédit. Tandis que les consom­ma­teurs ont payé d’autres dettes, la dette liée aux prêts pour études ne cesse d’augmenter, dou­blant au cours des cinq der­nières années.

Cette situa­tion est le résul­tat de la flam­bée du coût des frais et des taxes d’écolage, les­quels ont crû de plus de quatre fois par rap­port au taux d’inflation ces 25 der­nières années, un pro­ces­sus qui s’est accé­léré récem­ment alors que les coupes bud­gé­taires touchent les dépenses dans l’éducation supé­rieure des Etats à tra­vers tout le pays.

Les frais de sco­la­rité pour les uni­ver­si­tés publiques offrant une for­ma­tion en quatre ans ont triplé durant les trois der­nières décen­nies, car les Etats ont trans­féré le far­deau du finan­ce­ment des uni­ver­si­tés sur les étudiant·e·s. Selon le State of Young America, un rap­port du centre Demos et de The Young Invincibles : « En 1985, 23% des reve­nus de l’éducation supé­rieure pro­ve­naient des taxes d’écolage – depuis 2010, cette part est montée à 40%.»

Alors que le coût d’accès aux uni­ver­si­tés crois­sait dra­ma­ti­que­ment, les étudiant·e·s ayant besoin d’aide et rece­vant des bourses doivent main­te­nant emprun­ter pour payer l’ensemble des frais d’écolages. « L’aide fédé­rale est passée d’un sys­tème basé sur les bourses à un sys­tème fondé sur des prêts», indique le rap­port Demos. « Aujourd’hui, 36% de toute l’aide fédé­rale est basée sur des bourses, alors qu’elle s’élevait à 55% en 1980. »

En outre, les bourses dis­po­nibles pour les étudiant·e·s dis­po­sant de faibles reve­nus n’ont pas suivi le rythme de la hausse des coûts. Selon le rap­port men­tionné, « en 1980, le maxi­mum de la bourse Pell cou­vrait 70% des coûts d’une for­ma­tion uni­ver­si­taire en quatre ans, incluant la chambre et la pen­sion […] aujourd’hui, elle couvre 34%». Le résul­tat est que près de la moitié des étudiant·e·s qui com­mencent des études uni­ver­si­taires ne les ter­minent jamais, nombre d’entre eux sont forcés d’abandonner car ils ne peuvent se per­mettre de conti­nuer. Seuls 55% des étudiant·e·s obtiennent un bache­lor en six ans ; les Afro-Américains et les Latinos sont les plus tou­chés : seule­ment 39% des Afro-Américains et 46% des Latinos sont diplô­més après 6 ans d’études.

Les Afro-Américains sont éga­le­ment endet­tés d’une manière dis­pro­por­tion­née. Selon Demos : « Parmi les diplô­més 2008, niveau bache­lor, 80% des étudiant·e·s afro-amé­ri­cains ont dû emprun­ter pour payer leurs études en 2008, avec une dette moyenne de près de 29’000 dol­lars [26’000 CHF]

Ceux qui n’obtiennent pas leur diplôme doivent encore rem­bour­ser leurs prêts, cela sans dis­po­ser du salaire en moyenne plus élevé dont on dis­pose avec un diplôme uni­ver­si­taire. David, de New York, explique : « Après quatre ans à l’université, j’ai quitté à mi-par­cours mon pro­gramme d’études d’ingénieur en raison de pro­blèmes psy­cho­lo­giques. Depuis lors, j’ai tra­vaillé dans l’industrie des ser­vices, rece­vant un salaire plus élevé de 25% que le salaire mini­mum. J’avais une dette de 10’000 dol­lars lorsque j’ai quitté l’école […]. Je dois le même mon­tant encore aujourd’hui malgré dix années pas­sées à faire des rem­bour­se­ments au cours des 25 der­nières années. J’ai été endetté durant toute ma vie d’adulte […] cela a été un boulet et une chaîne autour de mon cou durant 30 ans. »

Contrairement aux dettes dont on peut se défaire lors de faillites, comme les dettes liées aux cartes de crédit ou aux emprunts hypo­thé­caires, on ne peut être exempté du paie­ment de la dette des prêts pour les études à moins de les payer ou d’en être dis­pensé dans le cadre de cer­tains pro­grammes sélec­tifs comme l’IBR. Les salaires et les allo­ca­tions sociales peuvent être saisis pour rem­bour­ser ce type de dette. En d’autres termes, pour accé­der à une for­ma­tion supé­rieure, les étudiant·e·s de la classe labo­rieuse sont contraints de s’endetter mas­si­ve­ment, ce qui peut, dans cer­tains cas, les hanter même après leur retraite.

Ben, un étu­diant à l’Université de Massachusetts-Amherst, une uni­ver­sité publique, qui sera diplômé avec une dette s’élevant à 50’000 dol­lars [45’000 CHF], a déclaré : « Mon aide finan­cière était plutôt bonne durant les deux pre­miers semestres. Ensuite, mes sub­ven­tions se sont assé­chées. Puis la plu­part de mes emprunts fai­saient partie de ceux qui n’étaient pas sub­ven­tion­nés, ce qui signi­fie que ma dette sera alour­die d’un taux d’intérêt encore plus élevé. C’est une arnaque, c’est injuste, il s’agit d’une forme moderne de ser­vi­tude sous contrat. Je vais devoir rem­bour­ser cette dette toute ma vie – et lorsque je serai mort, il en res­tera sans doute un solde. »

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Le chô­mage des jeunes atteint des niveaux record, avec moins de 50% de jeunes âgés entre 16 et 24 ans qui sont en emploi, le chiffre le plus bas enre­gis­tré par le Bureau de sta­tis­tiques du tra­vail. Plus nom­breux sont les membres de ce que les médias domi­nants appellent la « géné­ra­tion perdue » qui sont inca­pables de faire face aux paie­ments de leur endet­te­ment pour études. Selon USA Today : « La part d’emprunteurs en défaut – c’est-à-dire qui ont plus de neuf mois de retard dans leurs rem­bour­se­ments – a passé de 6,7% en 2007 à 8,8% en 2009, selon les don­nées fédé­rales les plus récentes. »

Le défaut de dettes est une catas­trophe pour ceux qui ne peuvent faire leurs paie­ments à temps. Julian, de New York, explique : « J’ai contracté un prêt de 45’000 dol­lars en 2004, il s’est gonflé pour atteindre main­te­nant 75’000 dol­lars [67’500 CHF]. Au moment où je le rem­bour­se­rai, il me coû­tera 125’000 dol­lars[112’500 CHF] si je payais les 900 dol­lars qu’ils me demandent chaque mois, ce qui m’est impos­sible. C’est comme payer un second loyer, et cela a détruit ma qua­lité d’emprunteur face aux ins­ti­tu­tions finan­cières. Comment pou­vons-nous tolé­rer un sys­tème édu­ca­tif dont le but est plus de faire de l’argent que d’éduquer les gens ? Encore plus main­te­nant, alors qu’ils véri­fient votre note de crédit per­son­nelle pour toute appro­ba­tion de prêt – lorsque vous cher­chez un endroit où vivre, ache­tez une voi­ture ou encore lorsque vous cher­chez un emploi… Il s’agit d’un véri­table assu­jet­tis­se­ment éco­no­mique. Nous avons déjà une géné­ra­tion d’étudiant·e·s avec des prêts, comme moi, dont la situa­tion n’est pas prise en compte par le plan Obama. Qu’en est-il de tous ceux d’entre nous qui ne peuvent se défaire ou rem­bour­ser ces prêts aux études ? Qu’en est-il de notre avenir ? »

Outre le fait que le décret Obama béné­fi­ciera seule­ment à une frac­tion des emprun­teurs, il ne com­mence même pas à s’attaquer aux racines de la crise des prêts pour études : la flam­bée des frais d’écolage les salaires stag­nants et le nombre record de jeunes sans emploi. Ce n’est qu’un pan­se­ment posé sur une plaie béante !

La crise des prêts pour études est l’un des nom­breux griefs que porte le mou­ve­ment Occupy à tra­vers le pays. Des pro­tes­ta­taires d’Occupy Wall Street ont émis des reven­di­ca­tions telles qu’une édu­ca­tion supé­rieure gra­tuite et l’annulation de tous les prêts pour études [7]. A Occupy Philly [Philadelphie], un groupe de tra­vail sur les prêts pour études a émis des reven­di­ca­tions simi­laires.

Le 5 octobre 2011, alors que des tra­vailleurs se joi­gnaient à une marche du monde du tra­vail lors de laquelle 20’000 per­sonnes bat­tirent le pavé des rues de New York, des mil­liers d’étudiant·e·s de cen­taines de campus à tra­vers le pays se mirent en grève, pro­tes­tant contre l’augmentation des coûts de l’éducation supé­rieure et les prêts aux études aux­quels les étudiant·e·s sont rivés s’ils veulent obte­nir un diplôme.

C’est dans ce contexte, à l’approche des élec­tions de 2012, alors qu’Obama aura bien du mal à rem­por­ter le sou­tien sans pré­cé­dent des jeunes qui fut une clé de sa vic­toire en 2008, que l’administration démo­crate publie son décret sur la dette liée aux prêts pour études. Le pré­sident et ses conseillers espèrent sans doute avec ce plan par­ve­nir à ren­for­cer le sou­tien pour sa réélec­tion et faire croire que le gou­ver­ne­ment écoute le mou­ve­ment Occupy et prend des mesures.

Mais, tandis que de nom­breux par­ti­sans du mou­ve­ment Occupy com­prennent que le décret d’Obama sur la dette étu­diante est une réponse à la pres­sion venant du mou­ve­ment Occupy Wall Street, ils ne sont pas satis­faits et sont plus exi­geants.

Selon la New York Public Radio : « Beaucoup de manifestant·e·s d’Occupy Wall Street voient le geste du pré­sident comme une ten­ta­tive de contrô­ler leur acti­visme sans en faire suf­fi­sam­ment pour chan­ger le sys­tème. » [9]

« C’est vrai­ment frus­trant de voir com­ment quelque chose [qui est pré­senté] dans un voca­bu­laire nous fai­sant croire que l’on nous aide ne réa­lise en fait rien», déclare un mani­fes­tant, Jason Ahmadi. « Les gens sont confron­tés à ces pro­blèmes réels et mobi­li­sés pour trou­ver de vraies réponses, et eux, ils font des modi­fi­ca­tions qui adoptent un lan­gage lais­sant entendre que le pro­blème est résolu alors que rien n’est réel­le­ment fait. »

Plutôt que de frei­ner la lutte, la décla­ra­tion d’Obama a sti­mulé les acti­vistes à aller plus loin. Les par­ti­sans du mou­ve­ment Occupy ont déclaré le 12 novembre « Journée de la dette étu­diante», avec des mani­fes­ta­tions pré­vues au Parc Zuccotti, le site d’Occupy Wall Street, et ont appelé à sa dif­fu­sion dans d’autres cam­pe­ments [10].

Le décret d’Obama sur les prêts pour études n’aidera pas assez de gens, et ceux qui en béné­fi­cient méritent plus. Notre lutte pour faire de l’éducation un droit humain conti­nue. (Traduction A l’Encontre)

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Cet article a été publié sur le site socia​list​wor​ker​.org de l’ISO.

[1] Du nom du député démo­crate de Rhode Island qui fit ins­crire le droit à cette bourse fédé­rale dans la Loi fédé­rale concer­nant les hautes études, en 1965. Ce type de bourse ne doit pas être rem­bour­sée et elle est des­ti­née à cer­taines caté­go­ries d’étudiant·e·s ne pou­vant faire face aux dépenses liées à leurs études. [2] http://​stu​den​taid​.ed​.gov/​P​O​R​T​A​L​S​W​e​b​A​p​p​/​s​t​u​d​e​n​t​s​/​e​n​g​l​i​s​h​/​I​B​R​P​l​a​n.jsp [3] http://​articles​.boston​.com/​2​0​1​1​-​1​0​-​2​6​/​n​e​w​s​/​3​0​3​2​4​8​4​1​_​1​_​s​t​u​d​e​n​t​-​l​o​a​n​s​-​b​o​r​r​o​w​e​r​s​-​p​r​i​v​a​t​e​-​l​e​nders [4] http://​www​.pbs​.org/​n​e​w​s​h​o​u​r​/​b​b​/​p​o​l​i​t​i​c​s​/​j​u​l​y​-​d​e​c​1​1​/​s​t​u​d​e​n​t​l​o​a​n​s​_​1​0​-​2​6​.html [5] http://​blogs​.wsj​.com/​e​c​o​n​o​m​i​c​s​/​2​0​1​1​/​0​5​/​0​7​/​n​u​m​b​e​r​-​o​f​-​t​h​e​-​w​e​e​k​-​c​l​a​s​s​-​o​f​-​2​0​1​1​-​m​o​s​t​-​i​n​d​e​b​t​e​d​-​ever/ [6] http://​www​.usa​to​day​.com/​m​o​n​e​y​/​p​e​r​f​i​/​c​o​l​l​e​g​e​/​s​t​o​r​y​/​2​0​1​1​-​1​0​-​1​9​/​s​t​u​d​e​n​t​-​l​o​a​n​-​d​e​b​t​/​5​0​8​1​8​676/1 [7] http://​www​.demos​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​s​o​y​a​_​p​r​o​g​r​e​s​s.pdf [8] http://​www​.cnbc​.com/​i​d​/​4​4​8​7​9​4​5​5​/​O​c​c​u​p​y​_​W​a​l​l​_​S​t​r​e​e​t​_​P​r​o​t​e​s​t​e​r​s​_​D​e​m​a​n​d​_​S​t​u​d​e​n​t​_​L​o​a​n​_​R​elief [9] http://​www​.wnyc​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​i​t​s​-​f​r​e​e​-​c​o​u​n​t​r​y​/​2​0​1​1​/​o​c​t​/​2​7​/​o​c​c​u​p​y​-​w​a​l​l​-​s​t​r​e​e​t​-​p​r​o​t​e​s​t​e​r​s​-​u​n​m​o​v​e​d​-​s​t​u​d​e​n​t​-​l​o​a​n​-​r​e​f​orms/ [10] http://​occu​pys​tu​dent​debt​.com/​o​w​s​d​e​btday

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