Du conservatisme en politique

Par Mis en ligne le 12 juillet 2011

La révo­lu­tion conser­va­trice en cours au Canada depuis 2006, fondée sur une concep­tion pater­na­liste de la poli­tique, est pour Ch. Nadeau une menace à l’encontre des valeurs de plu­ra­lisme qui sont au fon­de­ment de l’Etat cana­dien. Mais cette inter­pré­ta­tion est dis­cu­table : si la poli­tique menée par les conser­va­teurs est cri­ti­quable, leurs convic­tions ne sont pas néces­sai­re­ment illé­gi­times.

Recensé : Christian Nadeau, Contre Harper. Bref traité phi­lo­so­phique sur la révo­lu­tion conser­va­trice, Montréal, Éditions du Boréal, 2010, 166 p.

Christian Nadeau, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie poli­tique à l’université de Montréal et cher­cheur asso­cié au Centre de Recherche en Éthique de l’Université de Montréal (CRÉUM), se livre dans son bref traité phi­lo­so­phique sur la révo­lu­tion conser­va­trice en cours depuis 2006 au Canada, à un exer­cice trop rare­ment pra­ti­qué par les spé­cia­listes en phi­lo­so­phie poli­tique et morale : des­cendre de leur tour d’ivoire de la recherche aca­dé­mique, si sou­vent si abs­traite, et s’engager dans le débat public. Même s’il existe de plus en plus de phi­lo­sophes poli­tiques qui sont insa­tis­faits du tour­nant trop idéal que la réflexion sur les théo­ries de la jus­tice a pris ces der­nières décen­nies et s’appliquent davan­tage à contri­buer à éclai­rer ou résoudre des pro­blèmes réels du monde [1], force est de consta­ter que cette insa­tis­fac­tion se concré­tise rare­ment en des ouvrages phi­lo­so­phi­que­ment rigou­reux acces­sibles au grand public.Christian Nadeau est inquiet pour son pays, jusqu’au point d’en avoir honte, car selon l’auteur, depuis que le parti conser­va­teur est au pou­voir au Canada, il sape pro­gres­si­ve­ment et avec méthode les fon­de­ments moraux du contrat social.Même si je par­tage l’inquiétude de l’auteur et consi­dère admi­rable, par sa rigueur et son hon­nê­teté intel­lec­tuelles, son enga­ge­ment dans le débat public en faveur d’une société cana­dienne plus juste, je suis tou­te­fois plus réservé sur la honte que l’auteur affirme res­sen­tir pour son pays. En effet, même si mes convic­tions éga­li­ta­ristes et libé­rales ne sont pas par­ta­gées par ceux qui gou­vernent au Canada, tou­te­fois je recon­nais que leurs convic­tions morales et poli­tiques ne m’apparaissent pas illé­gi­times. Je vou­drais donc jus­ti­fier cette réserve en essayant de mon­trer que les conser­va­teurs au Canada ne semblent pas fran­che­ment hos­tiles aux prin­cipes et valeurs essen­tielles du contrat social que Nadeau consi­dère pro­gres­si­ve­ment bafoués depuis que les conser­va­teurs sont au pou­voir au Canada. Je ne vais pas dis­cu­ter les faits qui me semblent très objec­ti­ve­ment décrits par Christian Nadeau dans son livre (voyez dans le site de Raison Publique, l’article en ligne de Christian Nadeau, « Élections cana­diennes : vic­toire d’un conser­va­tisme radi­cal », qui expose quelques uns de ces faits), mais plutôt me borner à esquis­ser une défense phi­lo­so­phique du conser­va­tisme moral qui pour­rait per­mettre de jus­ti­fier la poli­tique menée par ce gou­ver­ne­ment. Je vais appuyer ma démons­tra­tion en dis­cu­tant deux thèmes cen­traux sur les­quels Christian Nadeau s’appuie pour reje­ter le renou­veau conser­va­teur au Canada : (1) celui du rap­port entre la neu­tra­lité de l’État et le res­pect du plu­ra­lisme, (2) celui du rap­port entre liber­ta­risme et pater­na­lisme.

Neutralité, pluralisme et relativisme

En 2003, Stephen Harper, l’actuel Premier ministre du Canada et chef du Parti conser­va­teur, défen­dait, devant les membres de la Société Civitas, une asso­cia­tion de conser­va­teurs et de liber­ta­riens, l’idée que le défi le plus impor­tant pour la droite était de com­battre le « rela­ti­visme et la neu­tra­lité morale » de la gauche et des libé­raux, qui mènent selon Harper au nihi­lisme moral. Selon Christian Nadeau, ce rejet de la neu­tra­lité est une erreur, puisque cela revient à donner une prio­rité aux valeurs du bien sur les valeurs du juste. Il me semble tou­te­fois que le conser­va­tisme, par son rejet de la neu­tra­lité morale et par son asso­cia­tion du plu­ra­lisme au rela­ti­visme, est en phase avec des posi­tions défen­dues par un nombre impor­tant de phi­lo­sophes libé­raux, et pas des moindres, que l’on appelle dans le jargon aca­dé­mique, des libé­raux « per­fec­tion­nistes ». En effet, sur le thème de la neu­tra­lité de l’État, il faut recon­naitre que c’est de l’intérieur même de la théo­rie libé­rale que sont for­mu­lées depuis plu­sieurs années les plus vigou­reuses cri­tiques de l’idéal de neu­tra­lité poli­tique. En outre, sur le thème de l’assimilation du plu­ra­lisme moral au rela­ti­visme, rap­pe­lons sim­ple­ment qu’il existe, à l’intérieur du libé­ra­lisme, une école de pensée, appe­lée « plu­ra­lisme libé­ral », qui remonte au moins aux tra­vaux du phi­lo­sophe Isaiah Berlin, et dont l’un des objec­tifs théo­riques cen­traux consiste à mon­trer de quelle manière le plu­ra­lisme des valeurs n’est pas équi­valent à un rela­ti­visme des valeurs. Or, le moins que l’on puisse dire est que dis­so­cier plu­ra­lisme et rela­ti­visme est un tâche ardue, ce qui sans doute explique pour­quoi cer­tains des plus émi­nents plu­ra­listes libé­raux, comme par exemple John Gray, vont jusqu’à défendre des ver­sions rela­ti­vistes du plu­ra­lisme libé­ral. Autrement dit, si même les phi­lo­sophes poli­tiques les plus impli­qués dans une défense non rela­ti­viste du plu­ra­lisme moral échouent dans leurs efforts, alors il faut recon­naître que les conser­va­teurs cana­diens ne peuvent pas avoir entiè­re­ment tort d’assimiler le plu­ra­lisme au rela­ti­visme moral, et ce indé­pen­dam­ment de leurs moti­va­tions intel­lec­tuelles et poli­tiques. Voilà au moins une raison valable qui per­met­trait de jus­ti­fier le scep­ti­cisme des conser­va­teurs à l’égard du plu­ra­lisme moral.

Neutralité, perfectionnisme et paternalisme

Je vou­drais main­te­nant expli­quer pour­quoi le rejet de la neu­tra­lité par les conser­va­teurs et leur adop­tion d’un per­fec­tion­nisme poli­tique me semble éga­le­ment jus­ti­fiés, en déve­lop­pant quelques idées sur le rap­port entre la neu­tra­lité de l’État d’une part, le per­fec­tion­nisme et le pater­na­lisme poli­tiques d’autre part.Selon le per­fec­tion­nisme poli­tique, l’une des fina­li­tés légi­times de l’État est de pro­mou­voir cer­tains modes de vie éthiques et d’en décou­ra­ger d’autres. Mais n’est-ce pas là une concep­tion de l’État qui est pater­na­liste ? Et sur­tout, n’est-ce pas là une concep­tion illé­gi­time, dans un État libé­ral, de l’usage du pou­voir poli­tique ? Cela ne revient-il pas en effet à impo­ser aux indi­vi­dus des valeurs du bien qu’ils ne par­tagent pas néces­sai­re­ment et qu’ils doivent être libres de reje­ter ? Selon Christian Nadeau, les réponses à ces ques­tions sont sans équi­voque : oui, la pro­mo­tion par l’État d’une concep­tion du bien est pater­na­liste et illé­gi­time. Sur ces ques­tions, Christian Nadeau se place dans son livre expli­ci­te­ment du côté des phi­lo­sophes poli­tiques anti-per­fec­tion­nistes pour qui, dans le sillage des tra­vaux de John Rawls, les valeurs du juste doivent être prio­ri­taires sur les valeurs du bien. Toutefois, rap­pe­lons qu’un nombre impor­tant de phi­lo­sophes libé­raux se reven­diquent per­fec­tion­nistes parce qu’ils rejettent l’idée d’une prio­rité du juste sur le bien et en consé­quence l’idéal d’un État neutre. On com­prend alors que des conser­va­teurs puissent éga­le­ment reje­ter un tel idéal. Christian Nadeau consi­dère à plu­sieurs reprises dans son livre ce rejet de la neu­tra­lité comme une erreur morale et intel­lec­tuelle fon­da­men­tale des conser­va­teurs. Mais l’idéal de neu­tra­lité est extrê­me­ment dif­fi­cile à défendre de manière clai­re­ment anti-per­fec­tion­niste et je vais essayer d’expliquer pour­quoi. Lorsque les phi­lo­sophes disent que l’État neutre est celui qui ne favo­rise aucune concep­tion du bien, cela peut vou­loir dire au moins trois choses dif­fé­rentes :

  1. Neutralité des consé­quences  : l’État ne doit rien faire qui ait pour consé­quence – que cette consé­quence soit inten­tion­nelle ou pas – de favo­ri­ser ou de défa­vo­ri­ser une concep­tion du bien contro­ver­sée.
  2. Neutralité des buts  : l’État ne doit rien faire dans le but de favo­ri­ser une concep­tion du bien contro­ver­sée au détri­ment des autres.
  3. Neutralité des jus­ti­fi­ca­tions  : la jus­ti­fi­ca­tion des prin­cipes poli­tiques ou des poli­tiques de l’État ne doit pas repo­ser sur la supé­rio­rité d’une concep­tion du bien contro­ver­sée.

Dans la lit­té­ra­ture spé­cia­li­sée, la neu­tra­lité des consé­quences est presque tou­jours consi­dé­rée comme non plau­sible et comme non dési­rable, contrai­re­ment à la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, qui est la concep­tion de la neu­tra­lité par­ta­gée par presque tous les libé­raux. La neu­tra­lité des buts quant à elle est le plus sou­vent asso­ciée à la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, bien qu’il existe tou­te­fois des rai­sons impor­tantes de les dis­tin­guer clai­re­ment. Mais ce qu’il importe de noter est que la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, qui est donc la ver­sion la plus consen­suelle parmi les libé­raux neu­tra­listes, est tou­te­fois com­pa­tible avec le per­fec­tion­nisme poli­tique d’au moins quatre manières :

(1) Un accord sur une concep­tion du bien non contro­ver­sée

Certains neu­tra­listes ne s’opposent pas néces­sai­re­ment à la pro­mo­tion par l’État de biens qui ne soient pas des biens pre­miers, à partir du moment où ces biens ne sont pas contro­ver­sés. C’est par exemple un point par­tagé par des neu­tra­listes qui défendent un libé­ra­lisme poli­tique, comme Larmore (Modernité et morale, Paris, PUF, « Philosophie morale »,1993) et Rawls (Libéralisme poli­tique (trad. par C. Audard, Paris, PUF, « Philosophie morale »,1995).

(2) Une neu­tra­lité des buts sans neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions et vice versa

Selon le prin­cipe de neu­tra­lité des buts, le gou­ver­ne­ment ne doit pas limi­ter la liberté (ni, plus géné­ra­le­ment, limi­ter les oppor­tu­ni­tés ou les res­sources) des indi­vi­dus dans le but de décou­ra­ger des styles de vie jugés sans valeur ou dégra­dants. Et selon la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, le gou­ver­ne­ment doit agir en accord avec un sys­tème de prin­cipes qui peuvent être jus­ti­fiés sans réfé­rence à aucune concep­tion de la vie bonne contro­ver­sée. Or, cer­tains des auteurs qui défendent l’idéal de neu­tra­lité, défendent seule­ment une neu­tra­lité des buts, mais rejettent la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions. Ainsi, Dworkin, dans ses écrits plus récents (Cf. Ronald Dworkin, Sovereign Virtue, The Theory and Practice of Equality, Cambridge MA, Harvard University Press, 2000), en jus­ti­fiant le libé­ra­lisme par une concep­tion du bien qu’il appelle le modèle éthique du défi, ne peut pas endos­ser la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, mais la neu­tra­lité des buts [2].

(3) Une neu­tra­lité limi­tée à la struc­ture de base

Une troi­sième manière de rendre com­plé­men­taires l’idéal de neu­tra­lité et celui de per­fec­tion, est la sui­vante : cer­tains auteurs neu­tra­listes ne s’opposent pas à la pro­mo­tion par l’État de concep­tions du bien per­fec­tion­nistes et contro­ver­sées, à condi­tion que ces biens ne concernent pas des ques­tions poli­tiques essen­tielles à la struc­ture de base de la société, comme par exemple les prin­ci­pales ques­tions consti­tu­tion­nelles ainsi que les prin­ci­pales ques­tions de jus­tice éco­no­mique et sociale. En effet, pour ce qui est des ques­tions poli­tiques non essen­tielles, l’État pour­rait légi­ti­me­ment pro­mou­voir cer­taines concep­tions du bien contro­ver­sées, par exemple à l’issue d’un vote majo­ri­taire favo­rable à cette pro­mo­tion. Par exemple, on peut consi­dé­rer que la loi inter­di­sant le port de la burka se fonde sur une concep­tion du bien contro­ver­sée (par exemple, sur une concep­tion de la laï­cité trop mili­tante), mais comme cette loi reste tou­te­fois com­pa­tible avec la pra­tique de la liberté reli­gieuse, on peut dire de cette loi qu’elle est accep­table tant qu’elle n’interdit pas entiè­re­ment l’expression d’une liberté fon­da­men­tale.

(4) Un per­fec­tion­nisme non coer­ci­tif

Il existe, enfin, une qua­trième manière d’envisager une com­pa­ti­bi­lité entre l’idéal de neu­tra­lité et le per­fec­tion­nisme : selon cer­tains libé­raux per­fec­tion­nistes, la pro­mo­tion par l’État de concep­tions du bien ne doit pas se faire selon des moyens coer­ci­tifs. Il existe donc au moins quatre façons de conci­lier la neu­tra­lité et le per­fec­tion­nisme poli­tique que celui-ci soit coer­ci­tif ou bien seule­ment inci­ta­tif. Les per­fec­tion­nistes modé­rés libé­raux semblent donc échap­per à l’objection de pater­na­lisme (défini clas­si­que­ment comme limi­ta­tion coer­ci­tive de la liberté d’un indi­vidu pour son propre bien). En revanche, si l’on estime que la défi­ni­tion cor­recte du pater­na­lisme n’implique pas néces­sai­re­ment de limi­ta­tion coer­ci­tive de la liberté, comme par exemple la défi­ni­tion pro­po­sée par Sunstein et Thaler (« Libertarian Paternalism Is Not An Oxymoron », University of Chicago Law Review, Vol.70, p. 1159-1202, 2003) [3], dans ce cas, même les per­fec­tion­nistes modé­rés sont pater­na­listes. Dans le cas où l’on admet­trait que le pater­na­lisme d’État n’implique pas néces­sai­re­ment de limi­ta­tion de la liberté, on aurait donc le choix, en tant que libé­ral, entre consi­dé­rer le per­fec­tion­nisme poli­tique (tou­jours néces­sai­re­ment pater­na­liste donc) comme inac­cep­table, ou bien accep­ter que le pater­na­lisme poli­tique peut être légi­time lorsqu’il n’est pas coer­ci­tif. Ce qu’il faut rete­nir de ces dis­tinc­tions, c’est que si le per­fec­tion­nisme et le pater­na­lisme peuvent être consi­dé­rés, sous cer­taines condi­tions, comme légi­times par les libé­raux [4], il devient dif­fi­cile de com­prendre pour quelles rai­sons ces posi­tions ne pour­raient pas être tout aussi accep­tables lorsqu’elles sont défen­dues par les cou­rants poli­tiques conser­va­teurs.

Notes

[1] Voir au sujet des débats autour de la théo­rie idéale de la jus­tice versus les théo­ries non idéales, le dos­sier coor­donné par Ingrid Robeyns et Adam Swift, dans la revue Social Theory and Practice, Vol. 34, no. 3 (juin 2008), « Social Justice : Ideal Theory, Nonideal Circumstances ». Pour ma part, en lieu de l’expression « théo­rie non idéale de la jus­tice », encore trop mar­quée d’une rhé­to­rique d’académisme abs­trait, je pré­fère l’expression « phi­lo­so­phie poli­tique du monde réel », que j’emprunte au phi­lo­sophe Jonathan Wolff. [2] L’éthique du défi, (chal­lenge model of ethics) est expo­sée par Dworkin dans le cha­pitre 6 de son livre Sovereign Virtue (2000). Son éthique du défi est clai­re­ment dis­tin­guée de ce qu’il appelle une éthique de l’impact , à tra­vers deux grandes oppo­si­tions : celle entre inté­rêts cri­tiques et inté­rêts voli­tifs (voli­tio­nal), et celle entre défi et impact. Selon ce que Dworkin appelle le bien-être voli­tif, le bien-être d’un indi­vidu est amé­lioré lorsqu’il atteint ce qu’il veut. En revanche, selon le bien-être cri­tique, le bien-être d’un indi­vidu est amé­lioré lorsqu’il atteint ce qu’il devrait vou­loir, c’est-à-dire lorsqu’il atteint des buts dont le non achè­ve­ment ren­drait objec­ti­ve­ment sa vie moins bonne. L’argument de Dworkin favo­rable à la neu­tra­lité des buts est que les condi­tions sociales per­met­tant à chacun de mieux vivre, du moins selon l’éthique du défi qu’il défend, seront le mieux rem­plies si le gou­ver­ne­ment agit selon le prin­cipe de neu­tra­lité des buts. C’est pour­quoi chez Dworkin la neu­tra­lité des buts est jus­ti­fiée non pas en fai­sant appel au prin­cipe plus abs­trait de la neu­tra­lité des jus­ti­fi­ca­tions, mais en se fon­dant sur une concep­tion du bien. [3] Selon la concep­tion du pater­na­lisme comme amé­lio­ra­tion du choix d’autrui, une action est pater­na­liste si elle vise à influen­cer les choix des indi­vi­dus de manière à amé­lio­rer leur bien-être. Comme l’écrivent Sunstein et Thaler : « An action counts as “pater­na­lis­tic” if it attempts to influence the choices of affec­ted par­ties in a way that will make choo­sers better off » (Sunstein et Thaler, 2003 : 1162). Autrement dit, la coer­ci­tion n’est pas une condi­tion néces­saire du pater­na­lisme. Voir Emilie Frenkiel, « Nudge ou le pater­na­lisme bien­veillant], ou encore celle pro­po­sée par Jonathan Quong (Liberalism without Perfection, OUP, 2010) [4] Parfois même le pater­na­lisme coer­ci­tif est consi­déré légi­time par cer­tains libé­raux : voir les tra­vaux de Peter de Marneffe sur libé­ra­lisme et pros­ti­tu­tion, Liberalism and Prostitution, OUP, 2009.

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