Journée mon­diale pour le tra­vail dé­cent

Cesser de bafouer les droits des travailleuses et des travailleurs

Par , , , Mis en ligne le 08 octobre 2011

Le pré­sident de la Centrale des syn­di­cats démo­cra­tiques (CSD), François Vaudreuil, le pré­sident de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), Louis Roy, la vice-pré­si­dente de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), Louise Chabot, et le pré­sident de la Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec (FTQ), Michel Arseneault, pro­fitent de la Journée mon­diale pour le tra­vail décent, soit aujourd’hui le 7 octobre, pour rap­pe­ler aux gou­ver­ne­ments et aux employeurs qu’ils doivent cesser de bafouer les droits des tra­vailleuses et des tra­vailleurs, notam­ment leur droit à la syn­di­ca­li­sa­tion ainsi que celui à des condi­tions de tra­vail décentes pour ceux et celles qui œuvrent pour des agences de pla­ce­ment tem­po­raire ou pour les tra­vailleuses domes­tiques.

« L’antisyndicalisme dont font preuve les pro­prié­taires d’entreprise comme celle d’Alimentation Couche-tard n’est mal­heu­reu­se­ment qu’une démons­tra­tion de plus de ce que cer­tains employeurs sont prêts à faire pour empê­cher les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de s’organiser en syn­di­cat. Rappelons-le, nous l’avons vu aussi récem­ment avec Walmart.

Malheureusement, ces deux der­niers exemples confirment que le droit d’association, qui consti­tue pour­tant un droit reconnu dans les chartes, dans nos lois du tra­vail ainsi que dans les conven­tions inter­na­tio­nales, s’applique dif­fi­ci­le­ment. Alors que nos diri­geants poli­tiques, la ministre du Travail au pre­mier chef, devraient s’offusquer et réagir devant un tel déni, ils res­tent muets. Ce n’est pas ce qu’attendent d’eux ces tra­vailleuses et ces tra­vailleurs qui sou­haitent sim­ple­ment obte­nir res­pect et recon­nais­sance », d’affirmer les porte-parole syn­di­caux.

En outre, la démons­tra­tion a aussi été faite que la fai­blesse de nos lois du tra­vail com­plique la syn­di­ca­li­sa­tion de cer­tains sec­teurs, voire ne la permet pas. À ce cha­pitre, on peut penser aux dif­fi­cul­tés que ren­contrent les tra­vailleuses et les tra­vailleurs agri­coles, pour la plu­part des tra­vailleurs migrants, ou encore aux tra­vailleuses et aux tra­vailleurs des agences de pla­ce­ment tem­po­raire.

Agences de pla­ce­ment tem­po­raire

Pour les repré­sen­tants syn­di­caux, l’absence d’une régle­men­ta­tion assu­rant la pro­tec­tion de cer­tains droits est la source de mul­tiples situa­tions socia­le­ment inac­cep­tables pour le per­son­nel sala­rié dans les agences de pla­ce­ment tem­po­raire, qu’il s’agisse de dis­pa­rité de trai­te­ment, de limites à la liberté d’emploi, de pré­ca­rité au tra­vail et de santé et sécu­rité au tra­vail. Ainsi, géné­ra­le­ment les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de ces agences subissent une forte dis­pa­rité de leurs condi­tions de tra­vail com­pa­ra­ti­ve­ment à celles du per­son­nel sala­rié de l’entreprise cliente de l’agence. De sur­croît, le Québec est la seule pro­vince cana­dienne qui n’a pas de dis­po­si­tions légis­la­tives pour enca­drer les agences de pla­ce­ment tem­po­raire.

« L’industrie d’agences de loca­tion de per­son­nel a connu une expan­sion consi­dé­rable au Québec ces der­nières années. On en dénom­bre­rait plus de 1200. On les retrouve main­te­nant dans plu­sieurs sphères d’activité. Force est de consta­ter qu’elles ne répondent pas seule­ment à un besoin tem­po­raire d’ajout de main-d’œuvre. Trop d’employeurs y ont en fait recours pour d’autres motifs, notam­ment pour réduire les coûts de main-d’œuvre ou éviter l’application de la conven­tion col­lec­tive. En bout de course, ce sont les tra­vailleuses et les tra­vailleurs d’agences qui écopent et deviennent des tra­vailleurs de seconde zone », de dire les porte-parole syn­di­caux.

Travailleuses domes­tiques

Le 16 juin 2011, la Conférence inter­na­tio­nale du tra­vail (CIT) adop­tait le texte de la nou­velle conven­tion 189 concer­nant le tra­vail décent pour les tra­vailleuses domes­tiques. Cette nou­velle conven­tion entrera en vigueur lorsque deux pays l’auront rati­fiée. « Nous deman­dons aujourd’hui au gou­ver­ne­ment Harper d’entériner cette conven­tion », d’expliquer les porte-parole syn­di­caux.

Considérant que ces tra­vailleuses sont par­ti­cu­liè­re­ment expo­sées à la dis­cri­mi­na­tion liée aux condi­tions d’emploi et de tra­vail ainsi qu’aux autres vio­la­tions des droits humains, la conven­tion confère aux tra­vailleuses domes­tiques le droit de choi­sir un lieu de rési­dence autre que chez l’employeur. Elle recon­naît aussi le droit à un envi­ron­ne­ment de tra­vail sûr et salubre et l’accès à des mesures de sécu­rité sociale conformes à celles appli­cables à l’ensemble des tra­vailleurs.

Du chemin à par­cou­rir

Pour les repré­sen­tants syn­di­caux, il reste beau­coup de chemin à par­cou­rir avant que tous les tra­vailleurs et tra­vailleuses aient réel­le­ment accès à un tra­vail décent, et ce, même ici au Québec. Faut-il aussi rap­pe­ler que plu­sieurs de ces per­sonnes sont des femmes et qu’elles se retrouvent en situa­tion pré­caire ? « On met des bâtons dans les roues à bien des indi­vi­dus qui cherchent, pour­tant par des moyens tout ce qu’il y a de plus légaux, à boni­fier leurs condi­tions de vie et de tra­vail. Il revient à nos gou­ver­ne­ments de garan­tir aux tra­vailleuses et aux tra­vailleurs le libre exer­cice des droits fon­da­men­taux ins­crits dans les codes du tra­vail, dans les chartes ou dans les conven­tions inter­na­tio­nales. Nos gou­ver­ne­ments ont aussi l’obligation d’envoyer un mes­sage clair aux employeurs, à savoir qu’ils n’accepteront pas que ces der­niers bafouent indû­ment ces droits fon­da­men­taux », de conclure les porte-parole syn­di­caux.

Rappelons que depuis 2008, la Confédération syn­di­cale inter­na­tio­nale (CSI) orga­nise la Journée mon­diale pour le tra­vail décent (JMTD) le 7 octobre. C’est une jour­née de mobi­li­sa­tion dans le monde entier : une jour­née où tous les syn­di­cats dans le monde défendent le tra­vail décent.

Date : 7 octobre 2011

Source : CSD, CSN, CSQ, FTQ
Renseignements :
CSD : Jacques Désy, 514 231-1273
CSN : Jacqueline Rodrigue, 514 773-0060
CSQ : Marjolaine Perreault, 514 235-5082
FTQ : Jean Laverdière, 514 893-7809

Les commentaires sont fermés.