« Big brother » est dans l’eau chaude

Par Mis en ligne le 05 août 2015

Tout au long du siècle der­nier, les domi­nants ont cher­ché à éta­blir leur supré­ma­tie sur le monde. Sous les formes du colo­nia­lisme direct et de l’esclavage, ou sous les formes de la domi­na­tion éco­no­mique, l’impérialisme a pris forme autour de grandes puis­sances. Celles-ci se sont alors affronté les unes aux autres, d’une guerre à l’autre. Plus tard, à mi-chemin dans le siècle der­nier, la résis­tance des peuples contre ces impé­ria­lismes a marqué de grands coups. En Europe, le fas­cisme alle­mand a été battu. Dans les colo­nies, les luttes anti-impé­ria­listes ont vaincu l’impérialisme amé­ri­cain, au Vietnam, à Cuba, en Angola et ailleurs. Plus récem­ment, l’infâme « guerre sans fin » lancée par le pré­sident Bush au Moyen-Orient a connu de reten­tis­sants échecs en Irak, en Afghanistan, en Palestine, pré­ci­pi­tant les États-Unis et leurs alliés-subal­ternes comme le Canada, dans la plus grande crise éco­no­mique depuis 1929.

Quel est le bilan de ces grands affron­te­ments ? Pour cer­tains, l’Empire amé­ri­cain est entré dans un déclin irré­sis­tible. Pour autant, la bête reste dan­ge­reuse, un peu comme un ours blessé qui, avant d’agoniser, devient encore plus violent. À ce déclin cor­res­pond la montée de nou­velles puis­sances, la Chine par exemple. Également en Amérique latine, la pous­sée des luttes popu­laires a eu un impact sur l’équilibre entre les régimes pro­gres­sistes et la droite tra­di­tion­nelle appuyée par Washington. De ce chaos émerge un monde mul­ti­po­laire où des espaces d’autonomie peuvent être arra­chés par les peuples. Pour d’autres, l’Empire reste encore au poste de com­mande d’un capi­ta­lisme mon­dia­lisé, par le biais d’un sys­tème finan­cier glo­ba­lisé, la maî­trise des nou­velles tech­no­lo­gies et, au bout du compte, la supré­ma­tie mili­taire. Dans un tel scé­na­rio, les options sont plus limi­tées. Il faut s’attendre à ce que la confron­ta­tion abou­tisse à davan­tage de mili­ta­ri­sa­tion, pour ne pas dire à davan­tage de guerres.

Ce ne sont pas des situa­tions simples. Il importe donc de peser les consé­quences poli­tiques pour nous. Voisins de et dans une large mesure subor­don­nés aux États-Unis, l’État du Québec et l’État du Canada appar­tiennent à la « sphère d’influence » amé­ri­caine. Les domi­nants dans notre pays acceptent ce rôle subal­terne, en secon­dant le dis­po­si­tif mili­taire via l’OTAN, notam­ment. Le Canada est une sorte de mini puis­sance impé­ria­liste agis­sant contre les peuples qui résistent. Or aujourd’hui dans le sillon du déclin de l’Empire, l’État cana­dien se retrouve pas­sa­ble­ment désta­bi­lisé. Le Canada pétro­lier et mili­ta­risé dont rêvait Harper est sur la sel­lette. C’est le temps de voir com­ment on peut uti­li­ser ces frac­tures pour chan­ger le rap­port de forces et mettre ces néo­con­ser­va­teurs au ren­cart. (Il y aura plu­sieurs dis­cus­sions sur cette ques­tion lors de l’université popu­laire des NCS)

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