Pour un système public et universel de santé et des services sociaux

« Nous refusons de retourner 40 ans en arrière ! »

Par Mis en ligne le 05 novembre 2010

MONTRÉAL, le 29 octobre 2010. – Il y a 40 ans, le Québec se dotait d’un régime public et uni­ver­sel de santé afin de rendre acces­sibles les soins à toute la popu­la­tion. Pour sou­li­gner la mise en place de l’une des réformes les plus impor­tantes que le Québec ait connue, la Coalition Solidarité Santé lance la pre­mière d’une série de cap­sules vidéo visant à sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion sur l’importance d’un tel régime.


« Le dis­cours actuel tend à nous faire reve­nir 40 ans en arrière, alors que l’accès aux soins se fai­sait en fonc­tion de la gros­seur du por­te­feuille. Le prin­cipe d’utilisateur payeur est inéqui­table et une grande partie de la popu­la­tion en fera les frais », sou­ligne Monica Dunn, coor­don­na­trice de la Coalition Solidarité Santé. Faut-il rap­pe­ler qu’avant l’entrée en vigueur du régime public d’assurance mala­die, le 1er novembre 1970, des gens s’endettaient pour se faire soi­gner ou atten­daient avant de consul­ter, avec des consé­quences dévas­ta­trices sur leur santé. Le régime de santé public a été un gain majeur pour toute la popu­la­tion du Québec et il est fon­da­men­tal de se rap­pe­ler pour­quoi il a été mis en place.

C’est pré­ci­sé­ment dans le but de valo­ri­ser des solu­tions publiques visant à main­te­nir un régime public de santé et des ser­vices sociaux que les cap­sules vidéo seront réa­li­sées. De même, elles décons­trui­ront cer­tains mythes qui per­sistent, dont ceux entou­rant les bien­faits de la pri­va­ti­sa­tion. La Coalition pro­fite du 40e anni­ver­saire du régime public pour pré­sen­ter la pre­mière cap­sule, qui porte sur l’historique du sys­tème de santé. Celle-ci rap­pelle le contexte pré­va­lant avant un régime public et uni­ver­sel, elle relate les luttes menées pour sa mise en place, les retom­bées favo­rables de son implan­ta­tion et elle conclut sur les enjeux actuels. Un court clip fai­sant la pro­mo­tion des cap­sules vidéo est éga­le­ment dis­po­nible sur le site inter­net et la page Facebook de la Coalition.

« Nous vivons une pri­va­ti­sa­tion crois­sante du sys­tème de santé et des ser­vices sociaux, pri­va­ti­sa­tion qui s’est accé­lé­rée depuis le juge­ment Chaoullli en 2005. Cela remet en cause les prin­cipes même de la Loi cana­dienne sur la santé », men­tionne Madame Hélène Le Brun, conseillère au ser­vice de recherche de la CSQ et membre du comité vidéo à la Coalition. « Malgré l’abandon du ticket modé­ra­teur, les mesures annon­cées dans le der­nier budget pro­vin­cial n’ont rien de ras­su­rant », affirme-t-elle. « La révo­lu­tion tari­faire est bel et bien amor­cée et les consé­quences seront catas­tro­phiques pour la popu­la­tion du Québec », d’ajouter Madame Mercédez Roberge, coor­don­na­trice de la Table des regrou­pe­ments pro­vin­ciaux des orga­nismes com­mu­nau­taires et béné­voles (TRPOCB) et membre du comité de coor­di­na­tion de la Coalition.

« Il faut prendre conscience des impacts de l’effritement du réseau public de santé et des ser­vices sociaux et se rap­pe­ler qu’il y a 40 ans, le Québec a fait le choix que la santé était un droit. À nous main­te­nant de le pré­ser­ver », de conclure Madame Dunn. La Coalition Solidarité Santé invite d’ailleurs la popu­la­tion à faire cir­cu­ler lar­ge­ment le court clip et la cap­sule vidéo, plus par­ti­cu­liè­re­ment auprès des élu-e-s, dont plu­sieurs semblent avoir oublié les rai­sons sous-jacentes à la créa­tion d’un régime public, uni­ver­sel et acces­sible à toute la popu­la­tion.

La Coalition Solidarité Santé regroupe une cin­quan­taine d’organisations syn­di­cales, com­mu­nau­taires et reli­gieuses. Depuis sa fon­da­tion en 1991, ses actions ont tou­jours été moti­vées par la défense du droit à la santé pour l’ensemble de la popu­la­tion qué­bé­coise et ce, sans égard au statut ou au revenu des citoyennes et des citoyens. Elle défend le carac­tère public, la gra­tuité, l’accessibilité, l’universalité et l’intégralité des ser­vices de santé et des ser­vices sociaux.

Les commentaires sont fermés.