Résister et fleurir : la lutte contre Ray Mont Logistiques

Donald Cuccioletta, NCS, Prenons la Ville, Gauche urbaine de Montréal

Le 18 septembre environ 1000 personnes se sont réunies sur la Place Valois dans le quartier Maisonneuve pour exprimer leur opposition contre le projet de Ray Mont logistique qui va détruire le seul espace vert dans les quartiers Maisonneuve et Mercier est.  Organisé par le groupe populaire Mobilisation 6600, cette lutte est doublement porteuse, d’abord pour dire non à un projet dévastateur et qui va détruire un vaste territoire, et ensuite pour dire oui à un plan d’aménagement écologique élaboré par les citoyens et les citoyennes.

à court terme, la mobilisation exige une évaluation du BAPE sur le territoire qui a jadis été occupé par les entrepôts de Steinberg et surtout, la « Canadian Steel Founderies », une entreprise qui était connue à l’époque pour ses déversements toxiques. Présentement Ray Mont Logistiques procède à un nivellement du terrain sans aucun nettoyage des produits chimiques dans le sol.  Comme si seulement repaver d’asphalte le tout serait socialement acceptable. Le PDG de la compagnie, Charles Raymond, ne semble pas être dérangé du fait que la plateforme qui sera à la base de son méga projet de transbordement sera localisée à moins de 150 mètres des maisons, et en activité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On imagine les conséquences causées par le passage de 1 000 camions par jour, de l’entreposage de 10 000 conteneurs sur le site asphalté et l’intensification du transport ferroviaire qui arriverait de partout au Canada.

Présentement ce territoire est boisé et constitue un refuge pour les citoyens et citoyennes du quartier, comme pour les animaux qui y habitent. Mais comme le zonage du territoire l’a défini comme industriel, aucune étude d’impact n’est nécessaire. Ray Mont Logistiques pense pouvoir dormir en paix.

La foule était nombreuse le 18 septembre, tant du quartier Maisonneuve que du quartier Mercier est, selon les organisatrices Cassandre Charbonneau-Jobin et Anaïs Houle.  Des personnalités politiques comme Gabriel Nadeau-Dubois et Alexandre Leduc ont donné leur appui inconditionnel à Mobilisation 6600, de même que le réseau « Prenons la ville ».

Le mot d’ordre depuis le début de cette lutte est « Résister et fleurir » démontre clairement l’idée écologique mise de l’avant par les citoyens et citoyennes. Parallèlement,  les citoyens et citoyennes soulignent l’importance du contrôle démocratique des résidents sur les quartiers, via des assemblées de quartiers et des comités d’action politique[1], qui seraient des forums ouverts pour construire ensemble des projets à la hauteur des aspirations citoyennes, en décalage avec les structures municipales actuelles figée dans des institutions où prédominent les élites. Selon les camarades de Mobilisation 6600, l’idée est d’élargir la lutte dans les quartiers avoisinants, de faire pression sur l’administration Plante et de poursuivre la lutte sociale et écologique.

[1] À l’époque du parti municipal FRAP dans les années 1970, des comités d’action politiques avaient été créés dans plusieurs quartiers de Montréal pour permettre une réelle appropriation citoyenne des enjeux.