Où en sont les femmes au Québec ?

Le Collectif 8 mars rencontre la ministre St-Pierre

Par Mis en ligne le 24 février 2012
Québec, le 23 février 2012 – Les repré­sen­tantes du Collectif 8 mars ont ren­con­tré cet après-midi madame Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition fémi­nine, afin d’échanger sur la situa­tion des femmes au Québec et lui faire des demandes à ce propos.
À l’enseigne du thème de la Journée inter­na­tio­nale des femmesLe fémi­nisme ? Plus actuel que jamais ! et plus par­ti­cu­liè­re­ment du sous-thème Les femmes ont toutes les rai­sons de s’indigner, les porte-parole du Collectif ont entre­tenu la ministre sur une série de sujets incon­tour­nables pour les femmes : pri­va­ti­sa­tion et cou­pures dans les ser­vices publics, avenir de la retraite, sous-finan­ce­ment des groupes de femmes qui œuvrent contre les dis­cri­mi­na­tions sys­té­miques, menaces au droit à l’avortement.
Pour sou­te­nir le droit des femmes à l’égalité
Elles ont mis en garde la ministre St-Pierre contre le mythe d’une éga­lité désor­mais acquise et les dan­gers de la symé­tri­sa­tion. Les défen­seurs de la vision symé­trique vou­draient que les hommes souffrent de dis­cri­mi­na­tion de la même façon et dans les mêmes pro­por­tions que les femmes. Or, tout le monde sait que les femmes souffrent d’une dis­cri­mi­na­tion sys­té­mique tenace. Le Collectif demande donc à la ministre de s’assurer que l’application du Plan d’action gou­ver­ne­men­tal sur l’égalité éli­mine tout danger de symétrisation.
Le Collectif exige éga­le­ment du gou­ver­ne­ment Charest et de la ministre atti­trée à la condi­tion fémi­nine que les choix bud­gé­taires et fis­caux du gou­ver­ne­ment tiennent compte de cette pro­blé­ma­tique et que les sommes allouées ne soient pas détour­nées de l’objectif d’égalité réelle et d’élimination des dis­cri­mi­na­tions. La ministre a éga­le­ment été appe­lée à défendre auprès du Conseil des ministres la néces­sité de tenir compte de la dis­cri­mi­na­tion faite aux femmes dans l’ensemble des dos­siers ministériels.
Les porte-parole vou­draient éga­le­ment que la ministre convainque le gou­ver­ne­ment du Québec de la néces­sité de faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment fédé­ral afin de faire res­pec­ter le droit à l’avortement.
Un finan­ce­ment à la mesure
La ministre St-Pierre a aussi été appe­lée à sou­te­nir les groupes qué­bé­cois de femmes qui tra­vaillent contre la dis­cri­mi­na­tion sys­té­mique, déjà sous-finan­cés. Au contraire, le Collectif reven­dique une aug­men­ta­tion des sommes allouées afin de leur per­mettre de réa­li­ser plei­ne­ment leur mis­sion de défense des droits des femmes.
De la même manière, les sommes pré­vues pour sou­te­nir l’organisation des États géné­raux de l’action et de l’analyse fémi­nistes, qui se pour­sui­vront jusqu’en 2013, sont net­te­ment insuf­fi­santes, compte tenu de l’envergure de cette démarche. Un effort finan­cier sup­plé­men­taire du gou­ver­ne­ment est donc demandé.
Finalement, les repré­sen­tantes ont tenu à sou­le­ver la ques­tion des struc­tures gou­ver­ne­men­tales tou­chant la condi­tion fémi­nine. Elles ont demandé à la ministre l’assurance de main­te­nir, en tant qu’organismes dis­tincts, le Conseil du statut de la femme (CSF) et le Secrétariat à la condi­tion fémi­nine (SCF) ainsi que leurs mis­sions respectives.
Le Collectif sou­haite obte­nir des enga­ge­ments a ses demandes pour la Journée inter­na­tio­nale des femmes. Les repré­sen­tantes du Collectif conti­nue­ront d’exercer une vigi­lance assi­due face à l’issue de l’ensemble de ces enjeux. Déçues de ne pas avoir ren­con­tré en per­sonne le pre­mier ministre, elles osent espé­rer que celui qu’on pré­sente comme le « cham­pion de l’avancement des femmes en poli­tique » puisse porter une oreille atten­tive. Sinon, elles auront une raison de plus de s’indigner.
Le Collectif 8 mars est formé de l’Alliance du per­son­nel pro­fes­sion­nel et tech­nique de la santé et des ser­vices sociaux (APTS), de la Centrale des syn­di­cats démo­cra­tiques (CSD), de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), de la Fédération inter­pro­fes­sion­nelle de la santé du Québec – FIQ, de la Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec (FTQ), du Syndicat de la fonc­tion publique du Québec (SFPQ) et du Syndicat de pro­fes­sion­nelles et pro­fes­sion­nels du gou­ver­ne­ment du Québec (SPGQ).

Les commentaires sont fermés.