Colloque organisé par le Collectif d’analyse politique

Octobre 1970, 40 ans plus tard

Samedi 30 octobre, à l’UQAM

Par , Mis en ligne le 09 octobre 2010

L’historiographie retient habi­tuel­le­ment d’octobre 1970 les évè­ne­ments dra­ma­tiques autour de l’occupation mili­taire du Québec et des enlè­ve­ments orga­ni­sés par le Front de libé­ra­tion du Québec (FLQ). Mais au-delà de cette confron­ta­tion peu banale, il y a un contexte qu’il importe de mieux com­prendre. Plus encore, cette période qui com­mence au tour­nant des années 1960 et qui s’échelonne jusque dans les années 1970 est un moment dans un cycle de luttes dont l’impact marque pro­fon­dé­ment le mou­ve­ment popu­laire. Aujourd’hui, les luttes actuelles ont certes un autre « lan­gage » et une autre iden­tité. La période de 1970 peut appa­raître comme tota­le­ment révo­lue, où rien de ce qui se fait aujourd’hui n’a un rap­port quel­conque avec les mou­ve­ments de l’époque. Mais glo­ba­le­ment, nous pen­sons que cette vision est erro­née. Le mou­ve­ment social contem­po­rain n’est pas né sur une « page blanche ». En fait aucun mou­ve­ment ne part « à zéro ». Le passé forme comme des sédi­ments, des fon­de­ments sur les­quels s’édifie le pré­sent.

On com­prend alors l’importance de reve­nir sur les acquis, mais aussi les limites, les contra­dic­tions, voire les erreurs des mou­ve­ments anti sys­té­miques anté­rieurs. Or il faut le faire sans nos­tal­gie ni cynisme, ce qui exige un effort. Ce « devoir d’histoire » est celui de ceux et celles qui veulent com­prendre, mais aussi et sur­tout qui veulent reprendre ce qu’on disait à l’époque, « ce n’est qu’un début, conti­nuons le combat » ! Notre projet est donc de sus­ci­ter une dis­cus­sion poli­tique, déjà amorcé ailleurs, sur ce moment impor­tant des luttes et des résis­tances, de per­mettre à la géné­ra­tion qui y était pré­sente, et aussi aux jeunes, de mieux com­prendre et de ques­tion­ner ce qui s’est passé à l’époque. Ce tra­vail de « mémoire » n’est pas sur­tout « his­to­rien » (ou aca­dé­mique), mais lié aux ques­tions actuelles, aux pro­blé­ma­tiques actuelles, aux débats actuels.

Programmation :

10h : Mot de bien­ve­nue et pro­jec­tion de la lec­ture du Manifeste du FLQ.

10h30 : Première table-ronde : retour en arrière

  • Parcours contras­tés de la radi­ca­li­sa­tion d’une société.
  • Le FLQ : un por­trait des ten­dances et débats au sein du mou­ve­ment.
  • L’essor des mou­ve­ments sociaux après octobre.
  • La grève de 1972.

13h30 : Deuxième table-ronde : quel sont les héri­tages d’octobre 70 ?

  • Transformer la société aujourd’hui, pour­quoi ?
  • Quels sont les « outils » dont nous dis­po­sons ?
  • En quoi la crise actuelle et la désta­bi­li­sa­tion des domi­nants ouvre-t-elle la porte à une avan­cée de la gauche ?

15h30 : Changer le monde et le pou­voir

2 réponses à “Octobre 1970, 40 ans plus tard”

  1. André Lavoie dit :

    Je serai en dehors du Québec le 30 octobre pro­chain, dom­mage !
    Pour les per­sonnes inté­res­sées, vous trou­ve­rez, sur mon blogue, les trois pre­miers épi­sodes de mes sou­ve­nirs de la prison de la rue Parthenais, durant la Crise d’octobre en 1970.
    D’autres épi­sodes seront publiés au cours des pro­chains jours.
    À l’occasion du 40e anni­ver­saire, je pré­sente mon témoi­gnage en ayant une pensée par­ti­cu­lière pour la tren­taine de per­sonnes, dont je suis, qui ont été accu­sées en vertu de la Loi sur les mesures de Guerre. Un cer­tain nombre d’entre nous sont aujourd’hui dis­pa­rus : Michel Chartrand, Robert Lemieux, Pierre Vallières, Jacques Larue-Langlois, Charles Gagnon, René Bataille.
    Je n’oublie pas mes com­pa­gnons de cel­lule de 1970, et je sou­haite que les plus jeunes puissent rete­nir au moins quelques faits de cette période de notre his­toire et pour­suivre col­lec­ti­ve­ment et soli­dai­re­ment toutes les néces­saires batailles .

    http://​ter​roir​de​rous​seau​.blog​.ca/
    André Lavoie

  2. Est-ce qu’un numéro ou un cahier por­tant sur votre col­loque sera publié et si tel est le cas, j’aimerais en avoir une copie.Bravo à votre col­lec­tif. Dans quel autre sec­teur d’activité poli­tique, éco­no­mique ou autre, fonc­tion­ner-vous en col­lec­tif ? Je suis jour­na­liste et un mode de déci­sion col­lec­tif serait une bonne alter­na­tive pour pro­duire un numéro du temps des fêtes.