L’université populaire des NCS

Le monde du travail devant les grandes mutations Avec Christian Cyr

Axe 2 – La révolution numérique et les enjeux pour les 99 %

Par Mis en ligne le 30 septembre 2019

À l’ère de la qua­trième révo­lu­tion indus­trielle, la robo­ti­sa­tion, l’automatisation, l’intelligence arti­fi­cielle, s’imposent par­tout, du champ de tomate à l’achat de la conserve à la caisse auto­ma­ti­sée, mais éga­le­ment dans les médias, l’éducation et la santé. Ces tech­no­lo­gies comblent cet éter­nel désir capi­ta­liste d’efficacité et de pro­duc­ti­vité sou­vent déshu­ma­nisé et déshu­ma­ni­sant.

Ombres et lumières

Les syn­di­cats doivent limi­ter les impacts néga­tifs de ces chan­ge­ments tech­no­lo­giques (stress, perte d’emploi, pré­ca­ri­sa­tion, aug­men­ta­tion de la sous-trai­tance, etc.) et trou­ver un équi­libre entre l’implantation de tech­no­lo­gies tou­jours plus per­for­mantes et l’adaptation des tra­vailleurs et des tra­vailleuses à cette nou­velle réa­lité. En Allemagne, où les syn­di­cats sont partie pre­nante des déci­sions majeures, les entre­prises qui passent à l’ère 4.0 impliquent les tra­vailleurs. Certains syn­di­cats qué­bé­cois réus­sissent à adop­ter une stra­té­gie proac­tive face à la tech­no­lo­gie, ce qui faci­lite le main­tien des tra­vailleurs en poste grâce à la for­ma­tion. Notons éga­le­ment l’impact posi­tif sur la santé et la sécu­rité dans cer­tains types d’emploi comme dans les mines, où ce sont les robots qui « tra­vaillent » sous le contrôle des tra­vailleurs. Mettre au jeu les tra­vailleurs et les tra­vailleuses n’est tou­te­fois pas tou­jours garant du main­tien des emplois. Amazon se vante d’être une com­pa­gnie créa­trice d’emplois, alors qu’elle a éli­miné plu­sieurs mil­liers d’emploi et de petites entre­prises locales.

Les défis

Plusieurs chan­ge­ments majeurs – entre­prises vir­tuelles, contrôle à dis­tance de ces machines high-tech, mul­ti­pli­ca­tion des plates-formes de tra­vail, ainsi que l’éloignement des tra­vailleurs du centre de déci­sion – remettent en ques­tion les accré­di­ta­tions syn­di­cales par éta­blis­se­ment, pré­ca­risent l’emploi, aug­mentent le stress et la pres­sion psy­cho­lo­gique, imposent le rythme de tra­vail, et dés­équi­librent le rap­port de force entre syn­di­cats et employeurs. Sur d’autres plans, les enjeux se mul­ti­plient. Le risque d’évasion fis­cale aug­mente, met­tant en danger l’avenir des ser­vices publics. Plusieurs clauses des lois du tra­vail – droit de grève, droit à la syn­di­ca­li­sa­tion – ne sont plus adé­quates. Les entre­prises, dans leur quête infi­nie d’une plus grande pro­duc­ti­vité, pour­raient-elles alors croire que les robots seront les « tra­vailleurs » de demain ? Doit-on valo­ri­ser à tout prix l’efficacité et la pro­duc­ti­vité au détri­ment de ce que nous sommes comme tra­vailleurs et tra­vailleuses ?

Synthèse d’Ariane Bilodeau[1]

Notes

  1. Christian Cyr est coor­don­na­teur du comité inter­fé­dé­ral du sec­teur privé à la CSN. Ariane Bilodeau est mili­tante syn­di­cale et tra­vaille à la Fédération natio­nale des ensei­gnantes et ensei­gnants du Québec (FNEEQ-CSN).


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