Il s’agit de révolutions dans le monde arabe

Par Mis en ligne le 11 mars 2011

Aux pre­miers moments d’une nou­velle étape dans la vie des socié­tés du monde arabe, il est évident que les ques­tions à voir et à dire sont mul­tiples et entre­mê­lées, mais allons aujourd`hui à ce qui me semble être des points essen­tiels, pour­tant lar­ge­ment mécon­nus ou occul­tés.

I – Pourquoi parler d’espoir, de reprise de confiance en soi, et de dignité est éminemment politique.

Les révo­lu­tions en cours ont montré que des donnes tels que l’espoir, la reprise de la confiance en soi et du sen­ti­ment de dignité, consi­dé­rées d’habitude peu mesu­rables, sont au cœur de l’événement. Elles y occupent une place impor­tante à fois dans les moti­va­tions des révol­tés et dans les conclu­sions rete­nues. L’affirmer n`est pas de la poésie ni du roman­tisme, mais relève d`une com­pré­hen­sion intime et glo­bale de l`état du monde arabe.

Pour domi­ner ces socié­tés, il a fallu ins­tal­ler des corps de police gigan­tesques et redou­tables, un sys­tème cor­rompu au point de radier toute notion de droit, une pau­pé­ri­sa­tion qui jette la popu­la­tion dans le dénue­ment le plus total. Mais aussi il a fallu tra­vailler inlas­sa­ble­ment et sciem­ment, par tous les moyens, pour faire inté­rio­ri­ser un pro­fond sen­ti­ment d`impuissance, de dés­illu­sion, de déses­poir et de mépris de soi. L’offensive sur ce domaine n’a pas été moins agres­sive que les obus des canons. Ses moyens sont divers : Les faits d’abord, les dis­cours ensuite, ou avec. Depuis que les Arabes, incré­dules, découvrent Sadate à Jérusalem, jusqu’à l’occupation de Beyrouth en 1982, de l`Iraq en 2003, et enfin l’attaque sur Gaza assié­gée en 2009, ceci consti­tue tout un dos­sier. L’autre étant une régres­sion rapide et caté­go­rique de tous les acquis obte­nus ça et là : re-expro­pria­tions des terres dis­tri­buées aux pay­sans lors de la reforme agraire en Egypte pour les « rendre » aux féo­daux ou les vendre à des entre­prises pri­vées, négli­gence et déla­bre­ment de l’éducation natio­nale publique et des ser­vices de santé, des taux de chô­mage hal­lu­ci­nants, et absence de tous pro­jets publics qui auraient laissé une lueur dans l’avenir…

Les socié­tés sont livrées à elles-mêmes, les popu­la­tions trai­tées comme de trop, et une répres­sion vio­lente s’abat sur n`importe quelle pro­tes­ta­tion.

Les régimes en place – à divers degrés et sui­vant diverses moda­li­tés – ont fini non seule­ment par s’aligner sur l’approche néo­li­bé­rale glo­bale, mais par perdre tout projet et vision socié­taux. Ils se contentent de la fonc­tion d’intermédiaires avec les acteurs éta­tiques et privés du néo­li­bé­ra­lisme, « lum­pe­ni­sant » leur popu­la­tion, et deve­nant eux-mêmes des phé­no­mènes « hors sols », dont le rôle se limite à celui de la ges­tion de cet espace qu’ils dominent. S’y ajoutent toutes les théo­ries, dif­fu­sées tant par des ana­lystes inter­na­tio­naux que par des intel­lec­tuels locaux, sur le « retard arabe », « l’exception » de cette partie du monde qui régresse, dépas­sée par tout le reste…et une atmo­sphère de déca­dence délé­tère, que reflètent des séries télé­vi­sées, des chan­sons bas de gamme etc.

L’absence de vision et les défaites accu­mu­lées avaient plongé ces socié­tés dans un pro­fond état de las­si­tude et de perte de repères.

La capa­cité de libé­rer le sud Liban en 2000, puis et sur­tout la défaite israé­lienne de l’été 2006, avaient eu un effet énorme dans l’ensemble de la région, concer­nant le « donc, nous pou­vons », même si la réponse était « oui, mais en payant un prix exor­bi­tant » .

Cette déduc­tion avait jus­te­ment inquiété Israël, les EU et les régimes arabes, parce qu`elle démen­tait et démon­tait une construc­tion soi­gnée et mul­tiple de l’image de « l’Arabe », inca­pable de réus­sir quoi que ce soit. Mais ces exemples res­taient des ‘excep­tions’, étaient fina­le­ment rela­tives au conflit avec Israël et n’effaçaient pas le pro­fond sen­ti­ment de cafouillage et d’impuissance en ce qui concerne l’état interne de ces socié­tés.

Les régimes en place avaient aussi exploité au maxi­mum le risque de chaos, en res­sas­sant beau­coup l’exemple ira­quien, ou l’effondrement du régime de Saddam Hussein avait entrainé une décom­po­si­tion de la société, et même en évo­quant l’exemple soma­lien. Ils ont éga­le­ment exploité la menace d’une pos­sible main­mise de al Qaeda.

Ces régimes avaient sur­tout pra­ti­qué la poli­tique du vide, c’est à dire l’installation d’une absence totale d’alternatives : 1) en écra­sant les forces poli­tiques, 2) en rétré­cis­sant le pay­sage à leur dimen­sion, par l’interdiction de toute ini­tia­tive libre, même si elle n’était pas par­ti­cu­liè­re­ment poli­tique.

Sauf à adop­ter une pos­ture pure­ment ‘savante’ (ou pédante), il est impos­sible de mesu­rer les sou­lè­ve­ments en cour à la lumière de cri­tères et de règles indé­pen­dantes ou exté­rieures à cette réa­lité ins­tal­lée et ins­tau­rée, qui enca­drait l’exercice du poli­tique dans un sens large du terme.

Pour cette raison, la preuve du « nous pou­vons », d’une vic­toire qui pourra être limi­tée, trahie, assi­mi­lée, ou per­ver­tie (ce sont des risques réels), cette preuve est non seule­ment pré­cieuse, elle est révo­lu­tion­naire. Récupérer l’espoir, la confiance en soi et la dignité ouvre la pos­si­bi­lité a une suite.

II – continuité et discontinuité historiques

La défaite de 1967 a été plus mar­quante que la Naqba de 48. Ceci s’explique par le fait que cette der­nière est au final une consé­quence de la domi­na­tion colo­niale qui s’est éta­blie après l’effondrement de l’empire otto­man, que son avè­ne­ment a quand même causé la chute des régimes arabes consi­dé­rés rétro­grades et cor­rom­pus qui en étaient res­pon­sables. Tandis que la défaite de 1967 est celle jus­te­ment des forces qui ont pris le pou­voir en riposte à la Naqba, à l’état de dis­lo­ca­tion du monde arabe, et à celui de ses retards éco­no­miques, cultu­rels et sociaux. La défaite de 67 a donné lieu à une offen­sive des forces les plus rétro­grades et à un déni­gre­ment pro­fond de toute les posi­tions qui se disaient « révo­lu­tion­naires », qua­li­fiées de « rhé­to­rique vide et popu­liste » par l’idéologie qui a dominé depuis.

A partir de ce moment, tout a été altéré. S’est ins­tal­lée une dis­con­ti­nuité his­to­rique, une cou­pure avec les aspi­ra­tions et espoirs qui moti­vaient cette partie du monde, et ce depuis au moins la fin du XIXe siècle, et les pen­seurs de la Nahda, et les orga­ni­sa­tions nées avec la lutte contre le colo­nia­lisme et pour l’essor social… luttes sym­bo­li­sées jus­te­ment par des mou­ve­ments et des héros tel que – entre autres – Omar el Mokhtar de Libye (dont on parle beau­coup ces jours-ci), ou la révolte de 1920 en Iraq (non moins évo­quée actuel­le­ment)…

Entre-temps, l’Iran se réa­li­sait, et plus tar­di­ve­ment la Turquie aussi. Ces frères si proches et si jalou­sés à cause d’une longue his­toire com­mune. Le malaise était énorme, et la perte d’espoir, de confiance en soi et par consé­quent de dignité, minaient tout un chacun autant que le ‘col­lec­tif’. D’ailleurs cet effon­dre­ment per­met­tait la tra­hi­son des élites, soit par la fuite vers des solu­tions indi­vi­duelles, soit en théo­ri­sant le « retard arabe » et en appe­lant à la red­di­tion : lais­ser de coté les visions et les ambi­tions et cher­cher à vivre. Il y a eu pen­dant 40 ans un « silence », qui lais­sait tomber le projet de la réa­li­sa­tion de soi (la Nahda) et celui de la libé­ra­tion natio­nale. Durant cette période, il y a eu beau­coup de défaites et de régres­sions, de déses­poir, au point qu`un évé­ne­ment comme l`occupation de l’Iraq par les amé­ri­cains a pu se pro­duire au milieu d`un dérou­te­ment géné­ral, de ‘jus­ti­fi­ca­tions’, sinon de col­la­bo­ra­tions.

Il y avait bien évi­dem­ment des explo­sions de colère (les sou­lè­ve­ments du pain, les manifs gigan­tesques pour l’Iraq ou Gaza) mais sans plus. Pas de REALISATION. Et sou­dain une jeune géné­ra­tion ose, sans trop de pro­grammes et de théo­ries, de crier son ‘y en a marre’ : du muse­lage, de la famine, de la cor­rup­tion… la reven­di­ca­tion de « al hurria », la liberté, est tra­duite par : l’abolition des lois d’urgence ou d’exception, de la police poli­tique, et la comp­ta­bi­lité des res­pon­sables devant une jus­tice trans­pa­rente. Mais aussi elle exprime le refus des médias bidons, et l’exigence que l’Etat soit au ser­vice du peuple, qui dit « dégage » quand ca ne lui plait pas. L’Etat doit être un organe objec­tif, de droit pour tous ses citoyens égaux. C`est ce que disent main­te­nant et durant ces sou­lè­ve­ments, les libé­raux et la gauche, mais aussi les Frères Musulmans d’Egypte, le mou­ve­ment Nahda de Tunisie, le cheikh Ali Salman du mou­ve­ment Wifaq au Bahrein, et le cheikh Ali Sriti de libye.

Le slogan « le peuple veut la chute du régime » est un condensé de tout cela : il y a vou­loir et il y a régime. Ce der­nier, mot abs­trait, signi­fie chan­ge­ment total. D’ailleurs un trait commun à tous les sou­lè­ve­ments est l’exigence d’assemblées consti­tuantes. En 2003, avec la chute de Saddam Hussein et l’invasion amé­ri­caine de l’Iraq, des groupes ira­quiens qui étaient dans l’opposition au régime dic­ta­to­rial mais qui étaient éga­le­ment hos­tiles à l`offensive amé­ri­caine, ont appelé à une consti­tuante, comme porte de sortie oppo­sée au lan­ce­ment de ce qu’on appe­lait « l’opération poli­tique » qui se dérou­lait sous et avec l’occupation, la légi­ti­mant ainsi. Personne n’avait com­pris. Aujourd`hui, tout le monde reven­dique une « consti­tuante ». C’est une notion très impor­tante, qui exprime à la fois la volonté d’installer une refon­da­tion totale du contrat social, et une conscience du degré de des­truc­tion et du champ de ruine lais­sés par ces qua­rante ans de désastre, qui a d`ailleurs atteint à la fois la société et les struc­tures poli­tiques, qu’elles soient éta­tiques ou pas.

III – Pourquoi ceci a été possible maintenant ?

Je ne crois pas que ce sont les outils face­book et twit­ter qui ont fait l’événement, mais qu’ils l’ont servi. Je ne crois pas non plus que Jazeera en soit l’origine, même si elle a joué un rôle indé­niable dans la com­mu­ni­ca­tion et même le réseau­tage. Les révoltes actuelles viennent à la suite des luttes poli­tiques et sociales qui ont été menées durant de longues années, sou­vent sans qu`elles abou­tissent. Il y a ici un effet d`accumulation. Par contre, le ‘pour­quoi main­te­nant’ revient à l’alchimie de l’Histoire.

Mais dans la décor­ti­ca­tion de cette alchi­mie, il faut sou­li­gner l`importance de la prise de conscience de la fai­blesse amé­ri­caine. Elle a été déter­mi­nante. Ces régimes qu’on a ren­versé ou qu’on tente de faire, n’étaient plus pro­té­gés par une super­puis­sance invin­cible. On peut parler de la crise du régime néo­li­bé­ral glo­ba­lisé, de la décep­tion Obama, mais ce sont sur­tout la perte amé­ri­caine de tout contrôle en Afghanistan et en Iraq, et l’effondrement du projet du Grand Moyen Orient qui ont été inté­rio­ri­sés par ceux qui feraient ces révol­tés. Si le grand pro­tec­teur est faible que dire de ses pro­té­gés ?! C’est comme cela que le mur de la peur est tombé.

On ne peut pas négli­ger aussi les effets des contextes précis : la pre­mière révolte a éclaté en Tunisie, et la fuite pré­ci­pi­tée de Ben Ali a enhardi les insur­gés. Ceux-là sont partis des régions les plus pauvres et négli­gées, qui sur­vi­vaient grâce à des struc­tures sociales de soli­da­rité très forte, que leurs condi­tions de vie ont ren­forcé. La bour­geoi­sie tra­di­tion­nelle tuni­sienne et l’armée (la pre­mière mal­me­née par la couche pré­da­trice et hors sol à la tête du pou­voir, la deuxième mar­gi­na­li­sée par les bataillons de sécu­rité spé­ciale mis en place) ne tenaient pas par­ti­cu­liè­re­ment à Ben Ali et pen­saient pou­voir s’en débar­ras­ser pour récu­pé­rer le pou­voir et le « réfor­mer », objet aujourd’hui d’une grande bataille sur le com­ment et le com­bien… peut-on spé­cu­ler sur le fait que ces élé­ments (par­fois de cir­cons­tances) ont servi la vic­toire de la révo­lu­tion tuni­sienne, et que cette vic­toire a for­te­ment encou­ragé les autres révoltes ?

La conclu­sion qui s’impose est celle des vases com­mu­ni­cants entre les socié­tés du monde arabe que beau­coup de voix durant ces der­nières 40 ans s`étaient levées, tant à l’international qu`au plan local, via des experts formés dans les grandes écoles d’Europe et d’Amérique de façon tota­le­ment alié­née, pour nier jusqu`à son exis­tence : si les amé­ri­cains cafouillent en Iraq et en Afghanistan, pour­quoi donc les magré­bins ou les égyp­tiens res­sentent cela comme un élé­ment déci­sif pour eux ?

Mais je vou­drais ajou­ter à tout cela l’insensibilité des régimes en place. Ils étaient habi­tués à un dis­cours légi­ti­mant des plus sim­plistes : la sta­bi­lité, la guerre contre le ter­ro­risme etc… tota­le­ment dépassé par la réa­lité, et inau­dible. Entretemps, et puisque sans vision ni projet, ils se conten­taient de plus en plus du rôle d’agents locaux et d’intermédiaires. Tout ceci a accen­tué cer­tains traits de leurs struc­tures, et il y a eu glis­se­ment vers des pou­voirs extrê­me­ment res­treints et déra­ci­nés, exa­gé­ré­ment répres­sifs et cor­rom­pus, qui ont laissé pour­rir une situa­tion déjà éprou­vée.

IV- A quoi faut-il s’attendre ? Esquisses.

Même si cette reprise de l’espoir, de la confiance en soi et de la dignité est très impor­tante, la tâche reste immense. Les réponses se forgent entre stra­té­gies et tâton­ne­ments. Le sens commun des peuples force l’admiration. Il y a eu, et conti­nue d’avoir, des épi­sodes de réelle subli­ma­tion, autre signe révo­lu­tion­naire authen­tique. Il y a de la joie, de la déter­mi­na­tion et une mer­veilleuse intel­li­gence col­lec­tive. Regardez la riposte contre la ‘sécu­rité d`Etat’ en Egypte, organe encore effrayant il y a un mois, l’exigence du départ des gou­ver­ne­ments qui por­taient trop le stig­mate de la conti­nuité avec les régimes pré­cé­dents en Tunisie et en Egypte. Les luttes au Bahreïn, au Yémen, les manifs sans pré­cé­dents en Iraq, l’installation d`un comité de coor­di­na­tion de la révo­lu­tion en Libye qui a clai­re­ment refusé de se faire ‘libé­rer’ par des forces occi­den­tales.

Des mil­lions de per­sonnes sont ren­trées en poli­tique en un laps de temps record. Ceci repré­sente une for­mi­dable dyna­mique. Ce qui reste à faire est évi­dem­ment énorme, mais cette luci­dité ne doit pas pous­ser au cynisme des pos­tures froides et sep­tiques (qui réduisent ce qui a été réa­lisé à peu de choses au regard de l’énormité de la tâche res­tante, ou qui attendent l’effondrement dans le pro­chain quart d’heure). Les conflits et diver­gences sur les choix sont l’expression même de cette entrée en poli­tique. Ils dévoilent par ailleurs un constat majeur : l’exercice du poli­tique est des­cendu sur terre ! Il se déroule devant nos yeux, et est bien réel, loin des prises de posi­tions de ’prin­cipe’, qui n`espéraient pas accé­der à l’application.

La ques­tion de la Palestine est à peine impli­cite au milieu de tout cela, n’en déplaise aux phi­lo­sophes sio­nistes qui scrutent les textes et autres dis­cours et slo­gans, et constatent qu’Israël est épar­gné, qu’il s’agit d’autre chose : de démo­cra­tie et de déve­lop­pe­ment. Ils auto­risent alors ces révo­lu­tions en répon­dant « pour­quoi pas »…comme pour se ras­su­rer. Par contre Israël lui-même a montré sa panique. Ehoud Barak a déploré devant ses sol­dats sta­tion­nés face au Sud Liban ces évé­ne­ments en disant « la région change ». Israël est conscient que ces chan­ge­ments sont en sa défa­veur : il perd des alliés arabes pré­cieux qui le cou­vraient et l’aidaient en assu­rant une « sta­bi­lité » de la domi­na­tion occi­den­tale. Mais aussi et sur­tout, avec ces révoltes, l’espoir, la reprise de confiance en soi et de dignité des peuples retrou­vés, le rap­port de force dans la région est encore plus modi­fié contre cette domi­na­tion et l’aspiration à la liberté et à l’émancipation sans limite. La ques­tion de la Palestine inau­gure avec ces révo­lu­tions une nou­velle étape de son par­cours, où il s’agira beau­coup des arti­cu­la­tions (re)naissantes et de leurs moda­li­tés. A suivre…

La rup­ture expri­mée par la défaite de 67 et ce qui a suivi dans tous les domaines (et qui ne veut pas dire que cette défaite en était la cause, mais peut-être le symp­tôme avant-cou­reur et aussi leur cadre), laisse sa place à une reprise de la conti­nuité : nous sommes de nou­veau, sérieu­se­ment et pra­ti­que­ment, devant la double tâche de la réa­li­sa­tion de soi et de la libé­ra­tion natio­nale. La foule de la place Tahrir a récu­péré pour en faire sienne la chan­son de Abdel Halim Hafez, après la natio­na­li­sa­tion du canal de Suez en 1956 : « nous vou­lons tous une photo sous la ban­nière vic­to­rieuse » ! Quelle forte sym­bo­lique !

Nahla Chahal


• Conférence du 25 février 2011, à l`invitation des édi­tions de la Découverte et du site Contretemps, salle Jean Dame, Mairie du 2e arr, Paris.

• Nahla Chahal est coor­di­na­trice de la CCIPPP, pro­fes­seur de socio­lo­gie poli­tique

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