Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Histoire du socialisme

Socialisme et mouvements sociaux au Québec

Par Mis en ligne le 20 août 2011

Depuis le milieu des années 1990, plu­sieurs cycles de pro­tes­ta­tion ont émergé ou conti­nué au Québec : luttes étu­diantes, luttes anti et alter mon­dia­listes, luttes envi­ron­ne­men­tales, luttes fémi­nistes. Au-delà de leur sin­gu­la­rité et de leur com­plexité, ces luttes expriment un chan­ge­ment rela­ti­ve­ment impor­tant du rap­port au poli­tique des mou­ve­ments sociaux qué­bé­cois. Deux pro­ces­sus sont en cours : d’une part un pro­ces­sus d’autonomisation vis-à-vis le Parti qué­bé­cois qui prend forme dès la phase post-réfé­ren­daire et, d’autre part, la recherche de nou­veaux véhi­cules poli­tiques, que ce soit à tra­vers la nais­sance de Québec soli­daire ou le déve­lop­pe­ment de nou­velles moda­li­tés d’actions col­lec­tives par les acteurs sociaux. En pre­nant quelques évè­ne­ments clefs qui ont jalonné l’histoire récente du Québec, nous revien­drons sur ces deux pro­ces­sus afin de voir com­ment l’actualité poli­tique est liée à cette his­toire et ce que cela signi­fie pour les dyna­miques entre forces sociales et forces poli­tiques.

Notamment, nous ver­rons qu’au milieu des années 1990, plu­sieurs élé­ments se sont imbri­qués pour rendre une partie des groupes com­mu­nau­taires de plus en plus méfiants vis-à-vis du PQ : la défaite réfé­ren­daire, mais aussi les poli­tiques d’austérité du gou­ver­ne­ment Bouchard et l’échec du Sommet socio-éco­no­mique de 1996, ainsi que le virage libre-échan­giste du PQ. Dans les années 2000 émergent une volonté de se dis­tan­cer des orien­ta­tions per­çues comme néo­li­bé­rales du PQ, mais aussi un fort sen­ti­ment de méfiance vis-à-vis les partis poli­tiques en géné­ral. La conjonc­tion de ces deux défiances va ouvrir la voie à l’exploration de nou­velles façons de faire la poli­tique et la volonté de faire de la poli­tique autre­ment. De plus en plus, les partis poli­tiques sont consi­dé­rés comme trop éloi­gnés des inté­rêts et iden­ti­tés des citoyens, le sys­tème poli­tique est remis en cause, par­fois de manière fron­tale, et le besoin de réformes pro­fondes des modes de prises de déci­sions col­lec­tives mis de l’avant. Les mili­tants des mou­ve­ments sociaux sont à la recherche d’alternatives. La nais­sance de Québec soli­daire s’inscrit dans cette lignée, mais d’autres trans­for­ma­tions sont éga­le­ment à sou­li­gner, comme la résur­gence de l’action directe à l’échelle locale et la dif­fu­sion des forums sociaux locaux.

Ces trans­for­ma­tions, majeures, ont cham­boulé le jeu poli­tique par­ti­san et une partie des résul­tats élec­to­raux de la der­nière cam­pagne élec­to­rale fédé­rale sont liés à cette his­toire, de même que les dif­fi­cul­tés internes du PQ dans l’actualité très récente. Les recon­fi­gu­ra­tions poli­tiques sont en cours et ne sont pas abou­tis.

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