Une lecture politique des risques psycho-sociaux : remettre le travail au coeur des rapports de force

Mis en ligne le 24 janvier 2010

La souf­france au tra­vail [1] [1] conduit à des patho­lo­gies de l’isolement. Mais, para­doxa­le­ment, elle est sou­vent par­ta­gée par plu­sieurs per­sonnes dans le même lieu de tra­vail au même moment pour des causes simi­laires. La souf­france s’exprime par des into­lé­rances psy­cho­lo­giques par­fois vio­lentes. Comme si les sala­riés vic­times avaient inté­gré à tel point les contraintes qui s’imposent à eux que, dans une logique de culpa­bi­lité, ils avaient retourné l’adversité et la vio­lence contre eux-mêmes. Cela conduit à une injus­tice inac­cep­table : les tra­vailleurs, en souf­france, payent les effets des orga­ni­sa­tions du tra­vail malades d’un « pur capi­ta­lisme »[2] [2].

Les évé­ne­ments d’ordre psy­cho­so­cial doivent alors inter­pel­ler les col­lec­tifs de tra­vail : pour sortir du statut de vic­times indi­vi­duelles et iso­lées, il s’agit de réha­bi­li­ter la conflic­tua­lité et le rap­port de force col­lec­tif pour la défense des condi­tions de tra­vail et du contenu du tra­vail. Cela appelle un débat sur le modèle de tra­vail que l’on entend défendre qui inter­pelle le poli­tique et l’économique.

En appe­lant ainsi à la conflic­tua­lité, nous sommes donc très loin des pré­co­ni­sa­tions de la plu­part des orga­nismes ins­ti­tu­tion­nels de santé au tra­vail qui appellent au contraire à la « paci­fi­ca­tion » des rela­tions de tra­vail, à des approches « plu­ri­fac­to­rielles » com­pli­quées, à l’élaboration d’un « diag­nos­tic par­tagé » (qui abou­tit sou­vent à la domi­na­tion d’un diag­nos­tic par­ti­cu­lier), gom­mant ainsi les anta­go­nismes d’intérêts.

Nous fai­sons dans cet article l’hypothèse que la souf­france au tra­vail est le résul­tat d’un pro­ces­sus par lequel le sala­rié « retourne » le conflit contre lui, en « inté­rio­ri­sant » les dif­fi­cul­tés qu’il ren­contre sous forme de culpa­bi­li­sa­tion et de déses­poir. L’isolement empêche l’identification de l’origine de ces dif­fi­cul­tés à l’extérieur de soi, dans le monde social et réduit les capa­ci­tés d’élaboration de solu­tions adap­tées. Les actions col­lec­tives sont seules vrai­ment en mesure de redon­ner du sens aux souf­frances endu­rées et d’améliorer réel­le­ment les situa­tions de tra­vail.

L’approche patro­nale des risques psy­cho­so­ciaux repose en effet essen­tiel­le­ment sur la psy­cho­lo­gi­sa­tion et l’individualisation du problème[3] [3] :

Psychologisation : ce n’est pas la société ni les rap­ports sociaux qui sont mis en cause, mais le « profil psy­cho­lo­gique » de la per­sonne, avec son « stress », sa fra­gi­lité propre, son inca­pa­cité à mettre en valeur son « capi­tal humain ». Les solu­tions pré­co­ni­sées met­tront alors en avant les cel­lules psy­cho­lo­giques, les stages de sophro­lo­gie, la mise en place de « baro­mètres » …

Individualisation : la per­sonne est consi­dé­rée iso­lé­ment, hors du col­lec­tif. Ce der­nier ne sera convo­qué, au mieux, que pour assu­rer l’accompagnement des indi­vi­dus : éva­lua­tion et sélec­tion des per­sonnes, mise à l’écart en cas de pro­blème, « écoute » des indi­vi­dus …

Psychologisation et indi­vi­dua­li­sa­tion s’opposent ainsi à l’approche sociale et col­lec­tive.

En ce sens, il ne suffit pas de mettre en cause le « mana­ge­ment » des entre­prises. S’en tenir à cela revien­drait à rester pri­son­nier du ver­sant « psychologisation/​individualisation », sans vrai­ment tou­cher aux racines sociales et col­lec­tives des risques psycho-sociaux.

Et pour com­men­cer, il faut remettre le tra­vail au cœur des rap­ports de force, et recon­naître que quo­ti­dien­ne­ment les tra­vailleurs y inves­tissent leur intel­li­gence. C’est alors rap­pe­ler l’enjeu de la dignité au tra­vail et des valeurs que chacun est appelé à y défendre. Cela implique de la conflic­tua­lité.

Plus que jamais il faut sou­te­nir l’idée que les tra­vailleurs dis­posent d’une force consi­dé­rable : celle de pro­duire de la valeur sans laquelle le capi­ta­lisme ne peut vivre. Il n’y a d’ailleurs pas à douter que la contes­ta­tion du modèle actuel de tra­vail peut conduire à la contes­ta­tion du sys­tème éco­no­mique, et réci­pro­que­ment. Ce qui se joue dans le tra­vail aujourd’hui entre en effet en réson­nance avec les débats sur la crise éco­no­mique. Il fau­drait cor­ri­ger les excès du capi­ta­lisme qui condui­raient à la crise éco­no­mique. Il fau­drait cor­ri­ger les excès de quelques entre­prises et quelques mana­gers qui par des com­por­te­ments déviants met­traient en danger les sala­riés. Dans les deux cas, nous contes­tons l’idée qu’il suf­fi­rait de gommer ces quelques sup­po­sés excès ou « d’humaniser » le sys­tème à la marge, car cela ne résou­drait pas les anta­go­nismes fon­da­teurs du capi­ta­lisme sur le plan éco­no­mique, ni dans le tra­vail.

Sommaire

I – La finance n’obtient que ce que le tra­vail lui donne [4]

I-1 – Travail, éco­no­mie, société [5]

I-2 – Un double mou­ve­ment d’augmentation du taux d’exploitation et de la pro­duc­ti­vité [6]

II – Les ins­tru­ments de la mobi­li­sa­tion du tra­vail : l’enrôlement dans la guerre éco­no­mique, la peur du chô­mage et l’individualisation [7]

II-1. « Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent » [8]

Encart 1 : Des débats de valeurs dans le tra­vail [9]

II-2. « Dedans, c’est la galère ; dehors, c’est la misère » ou le poids orches­tré du chô­mage sur le tra­vail [10]

Encart 2 :Diviser pour régner : l’individualisation des rela­tions de tra­vail conduit à l’isolement [11]

III – Le tra­vail en crise [12]

III–1. La dif­fi­culté de résis­ter [13]

III-2. Entre la sou­mis­sion et la résis­tance, le tra­vail au quo­ti­dien : adap­ta­tion aux contraintes ou sub­ver­sion de l’ordre établi ? [14]

Encart 3 :Travail pres­crit, tra­vail réel et risques psycho-sociaux [15]

III-3. La santé se construit sur le « pou­voir d’agir ». [16]

III-4. Les contra­dic­tions du capi­ta­lisme : la quête d’un tra­vailleur au cer­veau par­tiel [17]

IV – Quand les tra­vailleurs s’arrêtent de tra­vailler : de l’arrêt indi­vi­duel à l’arrêt col­lec­tif [18]

Encart 4 :La fausse piste du coût pour les entre­prises [19]

Encart 5 : Conflictualité et bien-être [20]

I – La finance n’obtient que ce que le tra­vail lui donne

I-1 – Travail, éco­no­mie, société

Le tra­vail fait l’objet d’une double valorisation[4] [21] :

la valo­ri­sa­tion éco­no­mique au sens où le tra­vail pro­duit de la valeur éco­no­mique. Dans le sys­tème capi­ta­liste, cette valeur est par­ta­gée entre les tra­vailleurs (les salaires) et les finan­ciers (les pro­fits) ;

la valo­ri­sa­tion de l’existence des tra­vailleurs au sens où chacun y construit en partie[5] [22] sa santé, sa place et son rôle dans la société. La valo­ri­sa­tion de l’existence est alors tendue entre les pôles ambi­va­lents du tra­vail : éman­ci­pa­tion / alié­na­tion, fonc­tion créa­trice / fonc­tion des­truc­trice, plai­sir / souf­france, amé­lio­ra­tion /​dégradation de la santé, …

Quand le tra­vail change, ce sont les moda­li­tés de la valo­ri­sa­tion éco­no­mique et les moda­li­tés de valo­ri­sa­tion de l’existence des tra­vailleurs qui changent. On pour­rait ima­gi­ner des évo­lu­tions har­mo­nieuses (ex : la méca­ni­sa­tion pour­rait réduire les contraintes des tra­vailleurs et amé­lio­rer une per­for­mance éco­no­mique mieux par­ta­gée) mais nous consta­tons, dans le sys­tème capi­ta­liste, qu’elles sont sou­vent anta­go­nistes. Par exemple, le constat de la crois­sance de nou­velles contraintes au tra­vail est à relier à l’augmentation de la pro­duc­ti­vité et à l’augmentation du taux d’exploitation (cap­ta­tion de la valeur pro­duite par le tra­vail au profit du capi­tal) mesu­rés par les éco­no­mistes.

Mais, à moins de figer les tra­vailleurs en posi­tion d’éternelles vic­times, il nous semble impor­tant de rap­pe­ler que les rela­tions entre éco­no­mie et condi­tions de tra­vail fonc­tionnent à double sens :

D’un coté, les déter­mi­nants éco­no­miques (la mon­dia­li­sa­tion, la « libre » concur­rence, le capi­ta­lisme, …) sont des causes expli­ca­tives majeures des maux du tra­vail, notam­ment des risques psy­cho­so­ciaux. Certes ce constat pour­rait vite désar­mer, au regard de l’ampleur du projet d’action : face à la souf­france, pro­po­ser de trans­for­mer les struc­tures du capi­ta­lisme repré­sente un levier bien loin­tain. Pourtant, pré­ve­nir les risques psy­cho­so­ciaux sans reques­tion­ner le tra­vail et donc l’économie, nous enfer­me­rait dans l’impasse de l’adaptation des tra­vailleurs aux contraintes de l’économie. Par la com­pré­hen­sion des méca­nismes qui construisent la santé au tra­vail (jusqu’à la mala­die), par le combat pour l’amélioration des condi­tions de tra­vail, par la réin­tro­duc­tion du sens du tra­vail comme fac­teur de santé men­tale, on tire néces­sai­re­ment les fils d’une pelote qui nous conduit à mettre en ques­tion les struc­tures éco­no­miques.

D’un autre coté, la per­for­mance éco­no­mique se construit sur ce que le tra­vail et les tra­vailleurs apportent. Ainsi, rap­pe­ler que la finance n’obtient que ce que le tra­vail lui donne, débouche sur des pers­pec­tives d’action mili­tante renou­ve­lées : les tra­vailleurs ne sont plus alors consi­dé­rés comme les vic­times du sys­tème, mais comme des pro­ta­go­nistes d’un affron­te­ment social. En contes­tant l’organisation du tra­vail, en créant sur le ter­rain spé­ci­fique du tra­vail un rap­port de force, on contri­bue aussi à contes­ter le sys­tème éco­no­mique.

Cela implique d’aller sur le champ poli­tique puisqu’il y a des arbi­trages col­lec­tifs à réa­li­ser qui ne sont pas neutres sur la société : consi­dé­rer (ou non !) que la souf­france est le sacri­fice néces­saire que doivent consen­tir cer­tains tra­vailleurs pour garan­tir le taux de ren­ta­bi­lité du capi­tal, relève, par exemple, d’un arbi­trage poli­tique. A l’échelle d’une entre­prise, défi­nir une orga­ni­sa­tion du tra­vail, des stra­té­gies com­mer­ciales ou de main­te­nance, des orien­ta­tions de recru­te­ment, … relèvent aussi du poli­tique puisque cela aura des impacts sur le pro­duit, le sens et le contenu du tra­vail. Arbitrer cela selon des cri­tères de per­for­mance éco­no­mique et des cri­tères de santé relève encore du poli­tique.

Ainsi, penser le tra­vail, c’est aussi accep­ter de penser le fonc­tion­ne­ment de la société et ce qu’il s’y crée comme bien-être ou mal-être social. Agir sur le tra­vail, c’est donc aussi agir sur la société. Jacques Duraffourg le rap­pe­lait : « Aucun, je dis bien aucun, des pro­blèmes qui se posent à notre société ne pourra être pensé sérieu­se­ment tant que le tra­vail dans son contenu et pas seule­ment dans ses condi­tions ne sera pas au centre de tous les acteurs de notre vie poli­tique, éco­no­mique et sociale. Il n’y a pas de pos­si­bi­lité d’un « vivre ensemble démo­cra­tique », tant que les femmes et les hommes devront pro­duire leur exis­tence sous le joug d’un sys­tème socio-tech­nique sup­po­sant, pour cause de ren­ta­bi­lité finan­cière, une déréa­li­sa­tion de leur acti­vité de tra­vail. »[6] [23]. Nous com­pre­nons ici la « déréa­li­sa­tion » au sens d’un phé­no­mène de perte de sens ou d’aveuglement : la perte de la com­pré­hen­sion ou le déni des liens entre le tra­vail que l’on effec­tue et les effets de ce tra­vail sur le monde qui nous entoure.

Ce fai­sant s’éloigne-t-on des risques psy­cho­so­ciaux ? Il nous semble au contraire que si l’on sou­haite com­prendre et com­battre les phé­no­mènes actuels de souf­france au tra­vail, c’est cet ensemble de ques­tions qu’il faut abor­der, à moins d’en rester à une approche pure­ment « psy­cho­lo­gique » des risques psy­cho­so­ciaux et une démarche peu effi­cace de leur pré­ven­tion.

I-2 – Un double mou­ve­ment d’augmentation du taux d’exploitation et de la pro­duc­ti­vité

Cidecos l’a montré dans de récents articles sur la crise financière[7] [24], la part des reve­nus pro­duits par le tra­vail est de moins en moins affec­tée aux tra­vailleurs et de plus en plus affec­tée au capi­tal. Autrement dit, le taux d’exploitation a aug­menté depuis 1981[8] [25]. Autrement dit encore, la majeure partie des gains de pro­duc­ti­vité acquis depuis les années 1980[9] [26] ne se tra­duit plus par une aug­men­ta­tion des reve­nus des tra­vailleurs mais par une aug­men­ta­tion des pro­fits des entre­prises réat­tri­bués aux reve­nus du capi­tal, donc aux action­naires. Au sein même du sala­riat, les inéga­li­tés s’accroissent.

Ce double mou­ve­ment (gains de pro­duc­ti­vité, taux d’exploitation crois­sant) peut-il être sans consé­quence sur les condi­tions de tra­vail ? Tous les indi­ca­teurs glo­baux tendent à mon­trer une inten­si­fi­ca­tion du tra­vail sur la même période. La réduc­tion du temps de tra­vail mise en œuvre dans les années 2000 n’a pas freiné ce mou­ve­ment d’intensification. Avec la RTT, la baisse de 10% du temps de tra­vail de réfé­rence (qui s’est appli­quée pour une partie des sala­riés) s’est sou­vent accom­pa­gnée de contre­par­ties exi­gées aux sala­riés en termes de rythmes, de flexi­bi­lité et de charge de tra­vail (pour ne pas trop grever les pro­fits…), aban­don d’acquis sociaux négo­ciés par le passé …

Or, on rap­pelle que « la finance n’exige jamais (et ne prend) que ce que lui donne la pro­duc­tion, donc le tra­vail »[10] [27]. Qu’est-ce que cela coûte alors au tra­vail (et aux tra­vailleurs) de pro­duire plus et d’apporter plus des fruits de cette pro­duc­tion aux capi­ta­listes ?

II – Les ins­tru­ments de la mobi­li­sa­tion du tra­vail : l’enrôlement dans la guerre éco­no­mique, la peur du chô­mage et l’individualisation

Le double mou­ve­ment d’augmentation du taux d’exploitation et de gains de pro­duc­ti­vité est fondé sur une stra­té­gie de mobi­li­sa­tion du tra­vail sans laquelle celui-ci ne serait pas en mesure de four­nir ce qu’on attend de lui. Les formes actuelles de cette mobi­li­sa­tion sont un des moteurs des risques psy­cho­so­ciaux au sens qu’ils sup­posent un rap­port bel­li­queux au monde, un sen­ti­ment d’insécurité per­ma­nente et une ten­ta­tive d’isolement des indi­vi­dus au tra­vail.

II-1. « Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent »[11] [28]

Un direc­teur d’entreprise nous rap­pe­lait récem­ment en séance de CHSCT : « Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une guerre éco­no­mique : les sala­riés ne sont pas uni­que­ment expo­sés aux risques pro­fes­sion­nels du tra­vail, ils sont éga­le­ment expo­sés au marché libre et concur­ren­tiel », rap­pe­lant ainsi la mise en concur­rence des tra­vailleurs et leur enrô­le­ment forcé dans une « guerre éco­no­mique » sup­po­sée inévi­table. Si l’on pousse la méta­phore bel­li­queuse, on com­prend que chaque tra­vailleur est en posi­tion de com­battre son ennemi (et, pour­quoi pas, de le tuer), au risque d’être lui-même battu et exclu de la com­pé­ti­tion. Il y aurait néces­sai­re­ment des gagnants et des per­dants, on y recon­nai­trait les forts et les faibles[12] [29]. Dans une guerre, la fin jus­ti­fie les moyens : on n’en exclut ni les vic­times sacri­fiées, ni les pra­tiques déloyales, ni la jus­ti­fi­ca­tion de l’injustifiable.

Or, qui sont ces concur­rents à com­battre ? Qui sont, pré­ci­sé­ment, ces enne­mis vir­tua­li­sés à abattre ? Personne d’autre que son col­lègue, son voisin tra­vaillant dans l’entreprise concur­rente, le sala­rié tra­vaillant dans une entre­prise sous-trai­tante, l’asiatique plus loin­tain mais tout aussi pré­sent, et, bien-sûr, le chô­meur à l’affût (« ne vous plai­gnez pas, beau­coup attendent à la porte »).

Bien entendu, céder au dis­cours de la « guerre éco­no­mique » consis­te­rait à se trom­per d’ennemi. Dans cette guerre détour­née, qui est avant tout celle du capi­tal contre le travail[13] [30], les seuls vrais vain­queurs sont ceux qui en tirent un divi­dende, les vic­times sont ceux qui souffrent dans leur tra­vail. L’idéologie bel­li­queuse vient alors heur­ter, au sein même du quo­ti­dien de tra­vail, les valeurs de citoyen­neté, de soli­da­rité, de bien commun tout en nour­ris­sant des vio­lences au tra­vail, en insé­cu­ri­sant les sala­riés par la peur et en jus­ti­fiant la per­for­mance du tra­vail sans limite et à tout prix.

En effet, le tra­vail n’est pas une orga­ni­sa­tion froide, déter­mi­née par ses seuls « inputs/​ouputs ». Le tra­vail est une orga­ni­sa­tion humaine et sociale, siège de débats de valeurs[14] [31] qui ren­voie à des débats de société. Dans le tra­vail, chacun est appelé à arbi­trer son action au sein de ten­sions entre des valeurs mar­chandes et des valeurs non-mar­chandes : pro­duc­ti­vité contre sécu­rité dans les indus­tries à risques, ren­ta­bi­lité contre qua­lité, résul­tats éco­no­miques contre santé au tra­vail, concur­rence entre les tra­vailleurs contre entraide et soli­da­ri­tés, … Or, quand les valeurs mar­chandes écrasent à tel point les valeurs non-mar­chandes, quand les choix de chacun sont entra­vés par des « buts de guerre » éco­no­miques met­tant au second plan les valeurs de soli­da­rité et de bien commun, le tra­vail devient un espace patho­gène.

[Encart 1

Des débats de valeurs dans le tra­vail :

Nous ren­con­trons donc de plus en plus de sala­riés en souf­france de ne pou­voir ins­crire le contenu de leur tra­vail dans des valeurs humaines posi­tives. Pour illus­trer cela, nous retien­drons l’exemple de ce conseiller finan­cier dans une banque qui n’en peut plus d’être pressé au quo­ti­dien par des objec­tifs qui le contraignent à four­nir des pro­duits finan­ciers tota­le­ment inadap­tés aux besoins de ses clients : « Dans mon métier de « conseiller finan­cier », on me demande sur­tout de faire de la « finance » et sur­tout pas du « conseil ». On me demande de vendre des pro­duits à des gens qui n’en ont pas besoin ; on me demande d’abuser de leur cré­du­lité. J’ai honte de ce que je fais. » On retien­dra éga­le­ment la « souf­france éthique » de per­son­nels de main­te­nance appe­lés à enca­drer le tra­vail des sous-trai­tants (défi­nir les tra­vaux, négo­cier le contrat, éva­luer le résul­tat) qui nous évoquent leurs dif­fi­cul­tés à ins­crire leur tra­vail dans des valeurs qui leur conviennent : « Les pres­ta­taires n’ont vrai­ment pas un boulot facile : ils ont de plus en plus de contraintes, de moins en moins d’effectifs, ils sont de moins en moins formés, et nous on est là pour leur mettre tou­jours plus de pres­sion. Je ne sup­porte plus d’être le garde-chiourme ! ».]

II-2. « Dedans, c’est la galère ; dehors, c’est la misère »[15] ou le poids orches­tré du chô­mage sur le tra­vail

Par ailleurs, l’idéologie de la guerre éco­no­mique est relayée par un dis­cours d’insécurité de l’emploi à l’échelle indi­vi­duelle (tous les sala­riés seraient mena­cés par la pré­ca­rité, le risque de perdre son emploi) et à l’échelle col­lec­tive (idée de déclin indus­triel par un phé­no­mène de géné­ra­li­sa­tion des délo­ca­li­sa­tions). S’il appa­raît impor­tant de démys­ti­fier un cer­tain nombre de phé­no­mènes sou­vent exagérés[16] [32] qui nour­rissent les peurs téta­ni­santes, il n’en demeure pas moins une évo­lu­tion des formes de tra­vail qui tendent à se fonder de plus en plus sur de la pré­ca­rité. Ainsi, l’actualité éco­no­mique nous révèle com­ment le tra­vail est ins­tru­men­ta­lisé pour coller aux besoins du capi­tal dans ses varia­tions conjonc­tu­relles : en situa­tion d’affaiblissement de la demande, chô­mage par­tiel, réduc­tion du recours au tra­vail inté­ri­maire et sup­pres­sions d’emplois ; en situa­tions d’augmentation de la demande, heures sup­plé­men­taires, recours au tra­vail inté­ri­maire. La période dite « de crise » montre jusqu’où le climat d’insécurité permet de pous­ser la flexi­bi­lité. Par exemple, on uti­lise au même moment du chô­mage par­tiel ici, quand là, on a recours à des heures sup­plé­men­taires (par­fois au sein d’une même entre­prise, comme Peugeot actuel­le­ment).

Ces formes de mobi­li­sa­tion du tra­vail insé­cu­risent les tra­vailleurs pour mieux en dis­po­ser quand on en a besoin. Dans cette logique, le chô­mage, comme « armée de réserve » est un levier de mobi­li­sa­tion extrê­me­ment effi­cace pour contraindre les tra­vailleurs à se rendre sans rechi­gner au tra­vail quelles qu’en soient les conditions[17] [33]. Le chô­mage n’a pas voca­tion à nous éloi­gner de l’emploi, en dépit des appa­rences, mais au contraire à assu­rer la mise au tra­vail, aux condi­tions de l’employeur, grâce à un véri­table chan­tage à l’emploi. Le tra­vailleur n’ayant alors plus qu’à rava­ler ses propres aspi­ra­tions (« de quoi vous plai­gnez vous, nous vous don­nons du tra­vail … »). Les menaces de délo­ca­li­sa­tion jouent dans le même sens.

On abou­tit alors à une situa­tion véri­ta­ble­ment patho­gène avec d’un côté le sur-tra­vail des sala­riés qui souffrent de tra­vailler et de l’autre, le sous-emploi des tra­vailleurs sans tra­vail (les chô­meurs) qui souffrent de ne pas tra­vailler.

[Encart 2 : Diviser pour régner : l’individualisation des rela­tions de tra­vail conduit à l’isolement

L’individualisation des rela­tions de tra­vail est un mou­ve­ment en marche : indi­vi­dua­li­sa­tion du contrat de tra­vail orienté sur le modèle du contrat com­mer­cial et réduc­tion des contraintes col­lec­tives sur le licenciement[18] [34], indi­vi­dua­li­sa­tion de la rému­né­ra­tion (sys­tèmes de rému­né­ra­tions variables sur cri­tères indi­vi­duels de résul­tats), indi­vi­dua­li­sa­tion des rela­tions hié­rar­chiques (entre­tiens annuels d’évaluation qui n’évaluent jamais le tra­vail, mais uni­que­ment le résul­tat du tra­vail), indi­vi­dua­li­sa­tion de la pro­gres­sion et de la recon­nais­sance pro­fes­sion­nelle (modèle de la com­pé­tence qui s’est sub­sti­tué à celui de la qua­li­fi­ca­tion et de l’expérience), indi­vi­dua­li­sa­tion du sys­tème de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, … Si l’on relève paral­lè­le­ment l’affaiblissement sinon l’absence des ins­tru­ments col­lec­tifs (notam­ment de l’action syn­di­cale) dans les entre­prises, on abou­tit à l’image d’un sala­rié isolé dans des col­lec­tifs de tra­vail déstruc­tu­rés.

Bien entendu, ce constat d’individualisation serait à modé­rer : le col­lec­tif revient sou­vent là où on ne l’attend plus, la coopé­ra­tion reste le plus sou­vent néces­saire pour pro­duire. Cependant ; l’affaiblissement des valeurs de soli­da­rité dans le tra­vail explique en partie l’émergence de la notion de stress comme nou­velle grille de lec­ture des situa­tions de tra­vail.]

Toutes ces évo­lu­tions ont un impact sur la santé, en par­ti­cu­lier dans le champ des fac­teurs psy­cho­so­ciaux :

La pré­émi­nence des valeurs mar­chandes dans les cri­tères de choix d’organisation du tra­vail et le chan­tage à l’emploi tendent à rendre impos­sible toute dis­cus­sion pos­sible sur le tra­vail (ses condi­tions et son contenu).

Par la menace et la peur, on impose l’acceptation sociale de l’augmentation des contraintes au tra­vail et leurs consé­quences patho­gènes.

L’individualisation affai­blit les stra­té­gies col­lec­tives de défense et isole les tra­vailleurs dans leur souf­france.

Mais la psy­cho­lo­gi­sa­tion à outrance tend à rava­ler la souf­france au tra­vail au rang de « mala­die » (et elle appa­raît bien comme telle), jus­ti­ciable alors d’une approche médi­ca­li­sée, pure­ment cli­nique, voire géné­tique (ne va-t-on pas jusqu’à cher­cher le gène du sui­cide ?!), ou bien à grand ren­fort de « sou­tien psy­cho­lo­gique ».

De fait, le « stress » s’est sub­sti­tué à d’autres grilles de lec­tures plus col­lec­tives (l’exploitation). Le modèle du stress modi­fie notre regard sur le tra­vail car, en emprun­tant les lunettes d’une approche indi­vi­dua­li­sante, psy­cho­lo­gi­sante et patho­lo­gi­sante, on peut croire que les tra­vailleurs sont les seuls malades, quand c’est le tra­vail qu’il faut soi­gner.

III – Le tra­vail en crise

III–1. La dif­fi­culté de résis­ter

On pour­rait s’étonner qu’un tel mou­ve­ment de mobi­li­sa­tion crois­sante du tra­vail au profit du capi­tal ait été socia­le­ment accepté : pour­quoi si peu de rébel­lions indi­vi­duelles visibles et si peu de résis­tances col­lec­tives vic­to­rieuses ? On pour­rait éga­le­ment poser la ques­tion, comme l’a fait Christophe Dejours, il y a plus de dix ans, de l’acceptation et de la bana­li­sa­tion du mal : « Pourquoi les uns consentent-ils à subir la souf­france, cepen­dant que d’autres consentent à infli­ger cette souf­france aux pre­miers ? »[19] [35]. Certains y répondent, selon nous à tort, en réac­tua­li­sant La Boetie et la notion de « ser­vi­tude volon­taire »[20] [36] : ce serait nier toutes les formes de résis­tances qui existent malgré tout, mais éga­le­ment les dif­fi­cul­tés aux­quelles s’affrontent ces résis­tances en germe. En effet, la contes­ta­tion de la per­for­mance finan­cière appa­raît comme un sacri­lège, même lorsque des ques­tions de santé sont en jeu. Dans les entre­prises, un auto­ri­ta­risme réel se fonde sur une auto­rité insai­sis­sable (absence appa­rente d’autorité des direc­tions locales avec les­quelles les sala­riés négo­cient les condi­tions de tra­vail) : « On n’y peut rien, c’est décidé au niveau du groupe, au niveau des action­naires, on ne résis­tera pas à la concur­rence, … ». Au niveau poli­tique, c’est l’imposition idéo­lo­gique du TINA « There Is No Alternative »[21] [37] that­ché­rien étendu à l’Europe : « Il n’y a pas d’alternative » au sys­tème capi­ta­liste. Il n’y aurait ainsi plus de conflit entre tra­vail et capi­tal : « nous sommes tous dans le même bateau ». Or, dans ce bateau, les dégâts du sys­tème se rap­pellent à nous sous la forme de la souf­france au tra­vail de ceux qui rament, d’un côté, et de l’image « bling-bling » de la réus­site de ceux qui bronzent sur le pont, de l’autre.

Par ce matra­quage idéo­lo­gique, fondé sur un réel éloi­gne­ment entre les centres de déci­sion et les centres de pro­duc­tion, on tente d’ôter aux sala­riés toute raison d’agir et on lui sous­trait la cible de ses luttes. Or la fai­blesse du « pou­voir d’agir »[22] [38] est un phé­no­mène majeur d’explication des risques psy­cho­so­ciaux.

III-2. Entre la sou­mis­sion et la résis­tance, le tra­vail au quo­ti­dien : adap­ta­tion aux contraintes ou sub­ver­sion de l’ordre établi ?

On peut sou­li­gner, malgré tout, l’existence de mul­tiples formes de résis­tances quo­ti­diennes aux nou­velles contraintes de tra­vail. Si l’on exa­mine l’histoire récente des résis­tances col­lec­tives depuis les années 80, on peut ali­gner des mou­ve­ments de contes­ta­tion conti­nus (quel­que­fois vic­to­rieux) qui n’ont jamais cessé. On relève même une aug­men­ta­tion de la conflic­tua­lité par un écla­te­ment des modes de contes­ta­tion qui la rend moins visible[23] [39].

On peut éga­le­ment trou­ver des formes de résis­tance dans le quo­ti­dien de tra­vail : « Toute une part de la com­ba­ti­vité humaine au tra­vail […] Certains actes ou gestes, cer­taines paroles, en appa­rence insi­gni­fiants et qui ne font l’objet d’aucune publi­cité, voire qui l’évitent soi­gneu­se­ment, sub­ver­tissent pour­tant « l’ordre établi » en concré­ti­sant un « Travailler autre­ment » [et sont] les mani­fes­ta­tions micro­sco­piques d’un vivre et tra­vailler autre­ment » [24] [40].

En effet, nous savons depuis les études cen­trées sur l’analyse des acti­vi­tés de tra­vail (ergo­no­mie, socio­lo­gie du tra­vail, psy­cho­lo­gie du tra­vail, …) que les acti­vi­tés de tra­vail ne sont pas seule­ment le siège d’une exploi­ta­tion éco­no­mique (cap­ta­tion de la valeur pro­duite par le tra­vail au profit du capi­tal) et ne peuvent se résu­mer à une unique logique d’oppression (sou­mis­sion à une auto­rité exces­sive ou injuste). Lorsque l’on prend le temps de faire l’analyse des indi­vi­dus et des col­lec­tifs au tra­vail on com­prend len­te­ment que le tra­vail n’est jamais la stricte exé­cu­tion des tâches telles qu’elles ont été pres­crites ou pré­vues par ceux qui conçoivent le tra­vail. Autrement dit, chaque per­sonne au tra­vail est tou­jours en situa­tion de recréer son acti­vité, d’inventer des réponses à des impré­vus, d’imprimer son indi­vi­dua­lité dans ses actions, de rejouer les valeurs qui animent les col­lec­tifs.

Le tra­vail est dans cette approche le témoi­gnage d’une éman­ci­pa­tion ins­crite dans la condi­tion humaine consis­tant à modi­fier les cadres, les règles, les normes de l’activité. Il ne peut d’ailleurs en être autre­ment, car la sou­mis­sion com­plète aux normes est invi­vable, et la stricte appli­ca­tion des pro­cé­dures est impos­sible car impro­duc­tive (ce qui Yves Schwartz appelle « l’impossible invi­vable des situa­tions de tra­vail »). Cependant, les trans­gres­sions (déso­béis­sance à un ordre établi) ne sont pas néces­sai­re­ment toutes des sub­ver­sions (ren­ver­se­ment de l’ordre établi). Certes, cela témoigne d’un affran­chis­se­ment local vis-à-vis de l’ordre. Mais ces écarts peuvent au contraire contri­buer à main­te­nir l’ordre établi, au lieu de le modi­fier, car ils en main­tiennent fic­ti­ve­ment la vali­dité, tout en impli­quant un coût pour les travailleurs[25] [41].

Dès lors, le bien-être se construit sur le « pou­voir d’agir », le mal-être sur son absence :

pou­voir agir sur son envi­ron­ne­ment local par la pos­si­bi­lité de trans­gres­ser l’ordre établi et de gérer ainsi les écarts entre le tra­vail tel qu’il est pres­crit (par l’encadrement, les normes, les pro­cé­dures) et le tra­vail tel qu’il se réa­lise concrè­te­ment ;

mais aussi pou­voir agir plus glo­ba­le­ment sur le tra­vail, c’est-à-dire recon­naître aux trans­gres­sions le pou­voir de sub­ver­sion de l’ordre établi et conduire ainsi à des trans­for­ma­tions du tra­vail (orga­ni­sa­tion, condi­tions de tra­vail, sens au tra­vail).

Encart 3 :

Travail pres­crit, tra­vail réel et risques psycho-sociaux

Il nous semble essen­tiel d’aborder les risques psy­cho­so­ciaux par les dif­fé­rentes formes de crise que peut ren­con­trer la ges­tion des écarts entre le tra­vail pres­crit et le tra­vail réel car, en arrière-fond, se des­sinent les crises du « pou­voir d’agir » :

Quand la pres­crip­tion est trop contrai­gnante et inter­dit les écarts : les orga­ni­sa­tions du tra­vail sont tel­le­ment rigides qu’elles laissent fina­le­ment peu de place à l’intelligence de s’exprimer. L’absence de marge de manœuvre est alors extrê­me­ment pathogène[26] [42]. On le constate actuel­le­ment dans l’expression des sala­riés de France Télécom – Orange sur les pla­te­formes télé­pho­niques qui ne « sup­portent plus d’être des robots », autre­ment dit, des machines dérou­lant un pro­gramme qui inter­dit toute forme d’investissement sub­jec­tif et col­lec­tif au tra­vail.

Quand les écarts ne sont plus gérés col­lec­ti­ve­ment : chacun est isolé dans ses manières de gérer les écarts et ne peut se rac­cro­cher à des repères col­lec­tifs ou des débats col­lec­tifs.

Quand on s’interdit l’écart : par exemple, lorsque les sys­tèmes se figent, cer­taines formes de contes­ta­tion peuvent prendre le chemin inverse de l’écart. On connaît tous le prin­cipe de la grève de zèle qui consiste à appli­quer stric­te­ment toutes les normes, c’est-à-dire à refu­ser de mettre son intel­li­gence au ser­vice du tra­vail, ce qui réduit for­te­ment la pro­duc­ti­vité. Nous avons vu des ser­vices entiers en souf­france de main­te­nir dura­ble­ment ces stra­té­gies de grève de zèle qui remisent au pla­card le tra­vail réel.

Quand le pres­crit est en appa­rence inexis­tant ou trop flou : par exemple, le mana­ge­ment par objec­tifs, lais­sant les tra­vailleurs dans le « débrouillez-vous », inter­dit tout débat sur la réa­lité du tra­vail. On a vu des ser­vices de main­te­nance en crise de ne plus débattre du tra­vail. Les mana­gers par­laient résul­tat, sur la base d’indicateurs de per­for­mance (res­pect du budget, % de pré­ven­tif, nombre d’entretiens annuels, etc.). Quand les tech­ni­ciens par­laient de leurs dif­fi­cul­tés concrètes à réa­li­ser leur tra­vail (manque de pièces de rechange et d’outils, pro­blèmes de res­sources et de com­pé­tences, pro­cé­dures inadap­tées, …) et défen­daient un autre modèle stra­té­gique de la main­te­nance.

Quand l’écart entre le pres­crit et le réel est tel­le­ment impor­tant qu’il inter­dit toute dis­cus­sion sur le tra­vail. Dans une indus­trie à risque, régie par des règles de sûreté très contrai­gnantes, les moyens ne sont pas donnés par l’employeur à hau­teur des exi­gences que ces contraintes impliquent. Cela impose aux acteurs, soit d’être sans cesse en écart de manière mas­quée, soit de ne rien faire. Dans les deux cas, les acteurs sont sou­vent en souf­france : les pre­miers parce que leurs trans­gres­sions ne sont pas recon­nues (ils prennent au final des risques qui ne sont pas débat­tus col­lec­ti­ve­ment), les seconds parce qu’ils ont le sen­ti­ment de ne servir à rien.

Dans toutes ces situa­tions, les stra­té­gies éco­no­miques per­cutent la réa­li­sa­tion concrète du tra­vail et sont source de dif­fi­cul­tés pour les tra­vailleurs. Cela ren­voie à une ques­tion fon­da­men­tale en matière de santé : puis-je agir avec un rela­tif succès sur mon envi­ron­ne­ment ?]

III-3. La santé se construit sur le « pou­voir d’agir ».

On peut défi­nir la santé au tra­vail à la manière dont le phi­lo­sophe (et méde­cin) Georges Canguilhem décri­vait les trois com­po­santes sur les­quelles repo­sait le fait de « bien se porter » :

« se sentir capable de porter la res­pon­sa­bi­lité des mes actes,

de porter des choses à l’existence

et de créer entre les choses des rap­ports qui ne leur vien­draient pas sans moi »[27] [43].

Autrement dit, et pour sim­pli­fier, la santé se construit sur la pos­si­bi­lité d’agir sur l’univers dans lequel je vis, sur la pos­si­bi­lité de modi­fier les normes qui ins­truisent le milieu dans lequel je vis. Ici, c’est agir sur mon envi­ron­ne­ment de tra­vail quo­ti­dien : agir sur la défi­ni­tion de mon poste de tra­vail, avoir un impact sur l’organisation du tra­vail, être entendu au sein de mon col­lec­tif de tra­vail et par ma hié­rar­chie, trou­ver des idées, etc. Agir sur mon uni­vers de manière plus large, c’est la pos­si­bi­lité d’agir sur le sens et l’aboutissement de mon tra­vail et sur la société en géné­ral : Quelle est l’utilité sociale de mon tra­vail ? Quelles sont les « valeurs » que je défends dans les manières que j’ai de tra­vailler ou dans l’idée que je me fais de ce qu’est un tra­vail de qua­lité ? … Au final, cela construit le rap­port ver­tueux au tra­vail : est-ce que je par­viens à me « regar­der dans les yeux de ma propre acti­vité de tra­vail »[28] [44] ?, selon l’expression de Yves Clot.

A l’inverse, le bien-être est com­pro­mis lorsque ces pos­si­bi­li­tés d’agir sur mon envi­ron­ne­ment sont contraintes, réduites, empê­chées : cer­tains sala­riés ont le sen­ti­ment que les contraintes éco­no­miques s’imposent à leur quo­ti­dien de tra­vail et laissent peu de marge de manœuvre ; des sala­riés expriment de la souf­france à l’idée qu’ils n’ont plus les moyens de réa­li­ser un tra­vail de qua­lité ; d’autres se sentent impuis­sants face à des prises de déci­sion réa­li­sées dans des sphères insai­sis­sables ; dans les situa­tions les pires, des sala­riés ont le sen­ti­ment d’être entiè­re­ment isolés face à tout ce qui s’imposent à eux.

Face à ces dif­fi­cul­tés, dif­fé­rentes options plus ou moins contraintes sont envi­sa­gées :

On relève, d’une part des stra­té­gies qui consistent à inté­grer les contraintes et, pour main­te­nir un tra­vail de qua­lité malgré tout, à « prendre sur soi », au risque de l’usure. Le cas clas­sique est celui du surin­ves­tis­se­ment.

On relève d’autre part, des stra­té­gies de retrait du tra­vail, par des formes de renon­ce­ment que repré­sente la démo­bi­li­sa­tion de cer­tains tra­vailleurs qui fina­le­ment en souffrent.

On relève des situa­tions extrêmes, « impos­sibles » donc à terme « invi­vables » : la seule issue d’une situa­tion sur laquelle on ne peut plus agir est alors l’échappatoire par la mala­die, ou le sui­cide.

On iden­ti­fie enfin l’option de la démis­sion qui repré­sente une forme indi­vi­duelle de reprise de pou­voir sur son rap­port au tra­vail, mais qui est dépen­dante des pos­si­bi­li­tés de rebond vers une situa­tion – pro­fes­sion­nelle ou non – consi­dé­rée comme plus favo­rable.

Ainsi, l’expression de la souf­france au tra­vail par les risques psy­cho­so­ciaux est en quelque sorte une alerte à laquelle il faut être atten­tif : on tombe malade du tra­vail parce que les condi­tions dans les­quelles on tra­vaille sont tel­le­ment contraintes qu’on ne par­vient plus à en faire un espace de construc­tion de sa santé, jusqu’à arri­ver au point limite de ne plus pou­voir se main­te­nir dans son tra­vail. En soi, la mala­die appa­raît alors comme une forme ultime d’échappatoire indi­vi­duelle : le corps dit « stop », on arrête de se main­te­nir dans une situa­tion de tra­vail délé­tère. Mais la mala­die d’origine pro­fes­sion­nelle d’une per­sonne est l’échec de l’ensemble du col­lec­tif car elle inter­pelle la souf­france inavouée des autres et l’impossibilité du col­lec­tif à s’organiser pour trou­ver des solu­tions col­lec­tives aux dif­fi­cul­tés.

III-4. Les contra­dic­tions du capi­ta­lisme : la quête d’un tra­vailleur au cer­veau par­tiel

Ces notions de « pou­voir d’agir » et de ges­tion des écarts entre le tra­vail pres­crit et le tra­vail réel, inter­rogent alors le sys­tème éco­no­mique : quelle est la figure du tra­vailleur que le capi­ta­lisme attend ? D’un côté, on relève que le capi­ta­lisme recherche un tra­vailleur suf­fi­sam­ment intel­li­gent pour pro­duire effi­ca­ce­ment. De l’autre, il recherche un tra­vailleur suf­fi­sam­ment « peu intel­li­gent » pour se sou­mettre sans contes­ter ses fon­de­ments. Le grand écart (soyez intel­li­gent mais ne le soyez pas) com­porte des limites.

Le capi­ta­lisme a besoin de tra­vailleurs car il a besoin d’intelligence au tra­vail pour créer de la valeur (même dans les tra­vaux qui appa­raissent comme les plus « simples »). Certes, l’industrialisation a bien tenté de gommer le « fac­teur humain » de son procès de pro­duc­tion par la méca­ni­sa­tion, mais il a tou­jours fallu des « cer­veaux » pour les conce­voir, les conduire et les répa­rer. Taylor, théo­ri­cien de l’organisation scien­ti­fique du tra­vail, porte d’ailleurs ces contra­dic­tions. Il se prend à rêver d’un tra­vailleur impos­sible, un « gorille intel­li­gent », suf­fi­sam­ment intel­li­gent pour res­sem­bler à un homme et être capable de tra­vailler (sur des tâches simples, d’où la par­cel­li­sa­tion du tra­vail asso­ciée au tay­lo­risme), mais aussi suf­fi­sam­ment peu intel­li­gent pour agir sans être tenté de penser sa situa­tion de tra­vail ou verser vers ce que Taylor iden­ti­fie comme ses ten­dances natu­relles à la flâ­ne­rie. Pourtant, c’est aussi Taylor qui a com­pris qu’il y avait une intel­li­gence et des connais­sances au tra­vail ; pour les maî­tri­ser il fal­lait acqué­rir les connais­sances des tra­vailleurs et briser le mono­pole des tra­vailleurs sur la connais­sance du tra­vail, ce qui leur per­met­tait jusqu’alors de ralen­tir la cadence.

Dans les orga­ni­sa­tions actuelles du tra­vail, au fond, cette contra­dic­tion est main­te­nue. Certes, on nie de moins en moins ouver­te­ment l’intelligence au tra­vail, mais on tente de la mobi­li­ser de manière ciblée sur la per­for­mance loca­le­ment pro­duc­tive et de l’évacuer pour tout ce qui touche la stra­té­gie d’entreprise, le sens du tra­vail, les valeurs défen­dues dans le tra­vail. C’est inte­nable, car « il est évi­dem­ment désa­gréable que l’homme ne puisse s’empêcher de penser, sou­vent sans qu’on le lui demande, tou­jours quand on le lui inter­dit »[29] [45].

Ainsi, le capi­ta­lisme impose une forme d’aliénation du tra­vail dans sa volonté de sou­mis­sion des tra­vailleurs au régime de pro­duc­tion de la valeur avec les consé­quences que cela peut avoir sur la souf­france au tra­vail et l’injustice sociale. Mais à l’inverse, et en bonne dia­lec­tique du maître et de l’esclave, on peut consi­dé­rer que le capi­tal est lui-même aliéné au tra­vail, aux tra­vailleurs et à leur intel­li­gence. Sans le tra­vail, sans les tra­vailleurs et sans leur intel­li­gence, il ne peut espé­rer aucune pro­duc­tion de valeur. En ce point encore, l’émergence de la thé­ma­tique des risques psy­cho­so­ciaux peut appa­raître comme une limite au degré d’exploitation que le capi­tal peut impo­ser au tra­vail.

IV – Quand les tra­vailleurs s’arrêtent de tra­vailler : de l’arrêt indi­vi­duel à l’arrêt col­lec­tif

Dans les débats sur la pré­ven­tion des risques psy­cho­so­ciaux qui animent aujourd’hui jusqu’aux plus hautes sphères du pou­voir éco­no­mique et poli­tique, cer­taines voix se font entendre autour du coût que peuvent repré­sen­ter ces patho­lo­gies pour la société (et éven­tuel­le­ment pour les entre­prises) ; on évoque des coûts directs et indi­rects asso­ciés au stress, mais de manière plus radi­cale, on peut rete­nir l’impact impor­tant que pour­rait repré­sen­ter une géné­ra­li­sa­tion des phé­no­mènes de démo­bi­li­sa­tion au tra­vail.

Encart 4 :

La fausse piste du coût pour les entre­prises

Plusieurs études ont porté sur le « coût du stress »[30] [46] et abou­tissent à des éva­lua­tions. Il manque néan­moins dans ces études une dimen­sion essen­tielle : le stress rap­porte aussi. Il serait illu­soire de penser que les direc­tions d’entreprises seraient suf­fi­sam­ment aveugles et « idiotes » pour lais­ser ouvert depuis des années un gise­ment de ren­ta­bi­lité que repré­sen­te­rait pour elle le sup­posé « coût du stress ».

Ces études s’appuient sur les fac­teurs de coûts que repré­sentent les effets du stress : arrêts mala­die, absen­téisme, turn-over, acci­dents du tra­vail, rem­pla­ce­ment néces­saire du per­son­nel, réor­ga­ni­sa­tion du tra­vail, baisse de la pro­duc­ti­vité, etc. Elles abou­tissent à des esti­ma­tions variables. Par exemple, le bureau inter­na­tio­nal du tra­vail (BIT) évalue le coût du stress entre 3 et 4% du PIB dans les pays indus­tria­li­sés, ce qui ame­nait Xavier Bertrand, alors ministre du tra­vail, à évo­quer un coût global pour la France de l’ordre de 60 mil­liards d’euros.

Cette esti­ma­tion reste un argu­ment faible : certes, on peut évo­quer des coûts asso­ciés aux effets sur la santé des tra­vailleurs et sur la per­for­mance des entre­prises. Cependant, la ges­tion de ces effets sur la santé des tra­vailleurs génère aussi du PIB ce qui n’est pas mesuré. En témoigne par exemple l’activité crois­sante des cabi­nets de conseil des direc­tions d’entreprise sur les ques­tions du stress[31] [47], mais éga­le­ment l’explosion du marché de la santé médi­cale et para­mé­di­cale qui pré­tend « soi­gner les stres­sés » (depuis les tisanes jusqu’aux mas­sages dans des « no stress center »). Surtout, le stress est aussi un ins­tru­ment de mobi­li­sa­tion maxi­male de l’homme au tra­vail qui permet d’imposer en force aux tra­vailleurs tou­jours plus de pro­duc­ti­vité et de ren­ta­bi­lité. Certes cela a un impact délé­tère sur la santé, mais il n’y a aucun doute que si les coûts induits par les effets des risques psy­cho­so­ciaux étaient supé­rieurs à ce qu’ils rap­portent, les entre­prises auraient aban­donné ces modes de mobi­li­sa­tion des hommes au tra­vail.]

En revanche, l’argument du coût pour les entre­prises appa­raît vrai­ment quand on passe un seuil : celui d’un mou­ve­ment col­lec­tif d’arrêt de tra­vail (ou de démo­bi­li­sa­tion au tra­vail).]

A l’heure actuelle, nous assis­tons à des formes d’intolérance aux contraintes qui se tra­duisent par des mala­dies ou des formes de démo­bi­li­sa­tion (désen­ga­ge­ment), c’est-à-dire autant de stra­té­gies plus ou moins conscientes, et le plus sou­vent indi­vi­duelles, pour se sortir du tra­vail.

Face à ces situa­tions d’expression de la souf­france au tra­vail, on relève que cer­taines direc­tions d’entreprises com­mencent à être très mal à l’aise pour trois rai­sons prin­ci­pales :

D’abord, les direc­tions d’entreprise se retrouvent face à un phé­no­mène qu’elles ne savent pas (pour le moment) maî­tri­ser ni endi­guer, et en tous cas, beau­coup moins que lorsque la limite de l’acceptation sociale se tra­dui­sait par une expres­sion reven­di­ca­tive for­melle animée par des orga­ni­sa­tions syn­di­cales iden­ti­fiées, per­met­tant une sortie de crise négo­ciée à l’issue de laquelle on pou­vait comp­ter les points. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les direc­tions se retournent sou­vent vers les orga­ni­sa­tions syn­di­cales dans des « groupes de confiance », ou autres « comi­tés contre le stress au tra­vail » pour abor­der la ques­tion. Elles sont néan­moins face à une pro­blé­ma­tique inso­luble : com­ment réduire les effets délé­tères visibles sans remettre en cause l’organisation du tra­vail. Il ne reste alors plus qu’à « mieux com­mu­ni­quer », « mieux prio­ri­ser », « huma­ni­ser le mana­ge­ment », ou autres talis­mans mana­gé­riaux aux­quels per­sonne ne croit vrai­ment. Le levier exposé est sou­vent celui du mana­ge­ment, posi­tion­nant l’encadrement sur des registres encore plus inte­nables qu’ils ne l’étaient déjà. On leur demande de main­te­nir les résul­tats, la pres­sion, mais sans effet nocif. Cela va jusqu’à à des pra­tiques des plus infan­ti­li­santes et inef­fi­caces que l’on n’oserait même pas ima­gi­ner si nous ne les avions ren­con­trées : orga­ni­sa­tion de « pêche à la ligne », petits cadeaux de paci­fi­ca­tion (peluches dis­po­sées dans les bureaux), …

Ensuite, les phé­no­mènes de mal-être, dans leurs ver­sions les plus dra­ma­tiques (en par­ti­cu­lier, les sui­cides ou ten­ta­tives de sui­cide) nuisent à l’image de l’entreprise à l’heure où l’on affiche sa volonté d’un déve­lop­pe­ment durable et d’une res­pon­sa­bi­lité sociale de l’entreprise. On peut rapi­de­ment consta­ter que ce point n’affecte qu’à la marge la com­mu­ni­ca­tion des entre­prises qui main­tiennent un dis­cours léni­fiant et n’abordent pas le sujet des risques psy­cho­so­ciaux en dehors de leurs murs[32] [48]. Les direc­tions com­mencent sou­vent par mettre en place des dis­po­si­tifs qui visent à iden­ti­fier les situa­tions indi­vi­duelles à risque pou­vant poten­tiel­le­ment conduire à un sui­cide. Il s’agit avant tout pour elles de se garan­tir un filet de sécu­rité pour éviter les actes les plus ultimes et les plus média­ti­sés, ce qui, au pas­sage nous semble par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile : les ten­ta­tives de sui­cides ont le plus sou­vent lieu, jus­te­ment parce qu’elles sont dif­fi­ci­le­ment anti­ci­pables par les per­sonnes qui entourent la vic­time.

Mais plus pro­fon­dé­ment cela com­porte le risque de grever les reve­nus atten­dus du tra­vail. Quand les tra­vailleurs com­mencent à se désen­ga­ger de leur tra­vail, à tra­vers des stra­té­gies d’évitement (ce qui, néan­moins, n’est pas sans effet retour sur leur santé à moyen terme) cela pose un vrai pro­blème aux capi­ta­listes car sans tra­vailleur, pas de tra­vail, ni de revenu du tra­vail à dis­tri­buer au capi­tal. Nous avons ren­con­tré des ser­vices entiers qui optent pour une stra­té­gie de grève de zèle, qui refusent de réa­li­ser les tâches qu’on leur demande de faire, qui refusent de former les nou­veaux arri­vants. Ces dérives péna­lisent rapi­de­ment la per­for­mance de l’entreprise qui a besoin de col­lec­tifs pro­dui­sant de la valeur et qui ne par­vient pas à mobi­li­ser les sala­riés : les dis­cours sur les valeurs de l’entreprise, les plans de per­for­mance, la menace de la concur­rence locale et inter­na­tio­nale ne fonc­tionnent alors plus. En géné­ral, on change le mana­ger cou­pable de n’avoir pas su « gérer » ses res­sources et sou­vent lui-même vic­time de situa­tions de tra­vail délé­tères, mais c’est rare­ment suf­fi­sant. Seule une réflexion col­lec­tive et une action sur le tra­vail, sans volonté d’esquive des sujets qui fâchent (effec­tifs, charge de tra­vail, contenu du tra­vail, fina­li­tés du tra­vail, recon­nais­sance du tra­vail, …) est selon à même de remettre sur pied des col­lec­tifs qui tentent déses­pé­ré­ment de se désen­ga­ger du tra­vail (tel qu’il est).

Encart 5

Conflictualité et bien-être

Lors d’une étude glo­bale sur les risques psy­cho­so­ciaux d’une entre­prise d’un mil­lier de per­sonnes, les résul­tats que nous obte­nions après enquête mon­traient que le ser­vice qui appa­rais­sait comme le moins exposé aux risques psy­cho­so­ciaux était celui dans lequel il y avait eu le plus de conflits sociaux ouverts. Ces conflits por­taient sur l’emploi (aug­men­ta­tion des effec­tifs pour tra­vailler dans de meilleures condi­tions et enjeu de renou­vel­le­ment des futurs départs en retraite) et sur les salaires (recon­nais­sance d’activités à fort enjeu de sûreté). Comment pou­vaient-ils à la fois se plaindre de leurs situa­tions de tra­vail et appa­raître les moins expo­sés aux risques psy­cho­so­ciaux ? Nous inter­pré­tions ce para­doxe appa­rent à tra­vers la force du col­lec­tif : le col­lec­tif pro­fes­sion­nel étant très fort, animé par des règles de métier fédé­ra­trices, les sala­riés étaient d’abord en capa­cité d’exprimer la nature des dif­fi­cul­tés dans leur tra­vail (lais­sant ainsi peu de place à la culpa­bi­li­sa­tion indi­vi­duelle) ; ils par­ve­naient ensuite à éla­bo­rer col­lec­ti­ve­ment des reven­di­ca­tions pré­cises ; enfin, le col­lec­tif mani­fes­tait sa convic­tion avec force à tra­vers des mou­ve­ments de mobi­li­sa­tion quasi-una­nimes dans le ser­vice. Deux ans après, nous consta­tons un ser­vice au col­lec­tif pro­fes­sion­nel tou­jours dyna­mique, qui a obtenu des avan­cées sur les emplois, mais pas (encore ?) sur les salaires.

CONCLUSION : réha­bi­li­ter la conflic­tua­lité col­lec­tive

On a vu que l’augmentation de l’exploitation au tra­vail (via l’intensification notam­ment) a ouvert des gains de pro­duc­ti­vité et nourri l’augmentation des pro­fits ces 25 der­nières années. Cela a pu se déve­lop­per par des ins­tru­ments de mobi­li­sa­tion au tra­vail de plus en plus vio­lents : l’idéologie bel­li­queuse de la guerre éco­no­mique, le chan­tage a l’emploi et les ins­tru­ments d’individualisation nour­rissent une concur­rence fic­tive des tra­vailleurs entre eux et conduisent à des iso­le­ments au tra­vail par­ti­cu­liè­re­ment patho­gènes.

Certes, il existe des résis­tances locales, des ten­ta­tives per­ma­nentes d’émancipation qui per­mettent de sur­vivre au tra­vail. Certains col­lec­tifs de tra­vail par­viennent à main­te­nir des soli­da­ri­tés et défendent leur métier. Des syn­di­ca­listes défendent corps et âmes les condi­tions de tra­vail. Cependant, on fait le constat de reculs à l’échelle glo­bale et de cer­taines situa­tions locales très pré­oc­cu­pantes, par­fois dra­ma­tiques. Les crises du tra­vail sont à la source de la souf­france : quand le tra­vail perd de son sens, quand on a le sen­ti­ment de ne plus rien pou­voir chan­ger les choses, quand on ne par­vient plus à contes­ter ou même modé­rer col­lec­ti­ve­ment ce qui s’impose à nous, les ultimes échap­pa­toires sont alors la mala­die voire le sui­cide.

On le répète : le capi­ta­lisme a besoin du tra­vail et des tra­vailleurs pour pro­duire de la valeur. Tant que la souf­france s’exprime indi­vi­duel­le­ment, les dégâts, que le sys­tème capi­ta­liste a lui-même pro­duit, ne le menacent pas vrai­ment puisque ces dégâts lui coutent moins qu’ils ne lui rap­portent. Mais lorsque les souf­frances indi­vi­duelles s’expriment par la contes­ta­tion col­lec­tive, notam­ment par l’arrêt de tra­vail, alors le sys­tème perd ce qu’il peut espé­rer sou­ti­rer du tra­vail.

Face au primat patro­nal « indi­vi­dua­li­sa­tion et psy­cho­lo­gi­sa­tion », il convient de réaf­fir­mer la nature sociale des dif­fi­cul­tés ren­con­trées et la néces­sité de réponses col­lec­tives, tant dans leur éla­bo­ra­tion que leur réa­li­sa­tion.

Nous avons fait dans cet article l’hypothèse que la souf­france au tra­vail est le résul­tat d’un pro­ces­sus par lequel le sala­rié (à son corps défen­dant) retourne le conflit contre lui, en inté­rio­ri­sant les dif­fi­cul­tés qu’il ren­contre sous forme de culpa­bi­li­sa­tion et de déses­poir. C’est alors l’individu qui se vit en échec per­son­nel. A l’inverse, en iden­ti­fiant l’origine du pro­blème à l’extérieur de soi, dans tout le monde social, on peut à la fois « exté­rio­ri­ser » sa souf­france et trou­ver le chemin de l’action col­lec­tive qui seule sera vrai­ment en mesure de redon­ner du sens aux souf­frances endu­rées et d’améliorer réel­le­ment les situa­tions de tra­vail.

Ainsi, face aux risques psy­cho­so­ciaux, le syn­di­ca­lisme a un rôle majeur à jouer dans ses ins­tances repré­sen­ta­tives (CHSCT, CE) et dans sa fonc­tion de construc­tion col­lec­tive de la contes­ta­tion d’un ordre établi patho­gène. Il s’agit selon nous :

1- d’imposer le syn­di­ca­lisme comme force d’action pour abor­der la souf­france indi­vi­duelle dans les entre­prises et ne pas lais­ser le patro­nat écar­ter les « malades de l’emploi » sans soi­gner d’abord le tra­vail.

2 – D’orienter les sala­riés sur l’examen col­lec­tif de leur propre tra­vail afin d’identifier les méca­nismes col­lec­tifs et sociaux qui génèrent la souf­france expri­mée indi­vi­duel­le­ment.

3 – de reven­di­quer avec force l’amélioration du tra­vail, de ses condi­tions, de son contenu, de son sens, c’est-à-dire reprendre au capi­tal ce qu’on lui a donné jusqu’à pré­sent, même par petits bouts.

Parce que des logiques anta­go­nistes s’opposent à chaque moment dans tout tra­vail, son amé­lio­ra­tion est néces­sai­re­ment un objet de conflit. Dans ce conflit, il s’agit d’armer le rap­port de force en faveur du tra­vail : chaque gain en termes d’amélioration du tra­vail, aussi petit soit-il, por­tera en lui-même la contes­ta­tion du capi­ta­lisme dans ses fon­de­ments et la reven­di­ca­tion d’une société guidée par la pré­oc­cu­pa­tion du bien-être de tous.

Il faut donc réha­bi­li­ter le conflit social, c’est la meilleure des thé­ra­pies, psy­cho­lo­giques … et sociales !

Erwan JAFFRÈS

Raphaël THALLER

[1] [49]Cet article est une ver­sion légè­re­ment rema­niée d’un article paru dans Droit d’Alerte, n°10, novembre 2009 consa­cré aux risques psy­cho­so­ciaux.

Raphaël Thaller est le direc­teur de CIDECOS et Erwan Jaffrès y est chargé d’études. CIDECOS est un cabi­net d’expertises éco­no­miques et condi­tions de tra­vail inter­ve­nant, à la demande des Comités d’Entreprise (CE) et des Comités Hygiène Sécurité Conditions de Travail (CHSCT), essen­tiel­le­ment dans le sec­teur de la chimie, pétrole, phar­ma­cie. CIDECOS publie dans Droit d’Alerte des articles sur l’économie et le monde du tra­vail, notam­ment à partir des ensei­gne­ments tirés des exper­tises réa­li­sées.

[2] [50] Michel Husson (2008), Un pur capi­ta­lisme, Editions Page Deux. [3] [51] Ces der­niers mois on relève que les lignes bougent un peu dans les dis­cours patro­naux mais ces dis­cours ne sont pas suivis d’actions concrètes sur l’organisation du tra­vail dans les entre­prises de notre connais­sance. [4] [52] Voir Jacques Duraffourg, « L’ergonomie et le contexte socio-éco­no­mique », XXXIIème congrès de la SELF, 1997. [5] [53] « en partie », parce que le tra­vail, même s’il tient une place majeure dans notre société, n’est pas le seul espace de construc­tion de son exis­tence (ceux qui ne tra­vaillent pas n’existeraient alors pas !). On peut élar­gir la pro­po­si­tion à toutes les formes d’activités humaines en dehors de l’emploi (acti­vi­tés sociales, spor­tives, fami­liales, …) qui ne sont pas régies par les mêmes déter­mi­nants éco­no­miques. [6] [54] Duraffourg Jacques (2007), « Le tra­vail nié, le tra­vail relé­gué, le tra­vail déva­lo­risé, … à quand le tra­vail libéré ? », L’Humanité, 15 mai 2007. [7] [55] « Droit d’Alerte » numé­ros 7 et 8. Voir aussi les tirés à part sur la crise éco­no­mique (février 2009) et le par­tage des pro­fits (mars 2009). [8] [56] En France, la part sala­riale des reve­nus pro­duits par le tra­vail est passée de 66,5% en 1982 à 57,2% en 2005, soit une perte de 9,3 points pour les salaires, et un gain équi­valent pour les reve­nus du capi­tal. NB : c’est un mou­ve­ment simi­laire et dans les mêmes pro­por­tions que l’on retrouve à l’échelle euro­péenne. [9] [57] Entre 1975 et 2004, la pro­duc­ti­vité horaire appa­rente a aug­menté de 2,2% par an en moyenne, soit une mul­ti­pli­ca­tion par 2,3 sur la période (INSEE). [10] [58] « Droit d’Alerte », n°8. [11] [59] Jean-Paul Sartre (1951), Le diable et le bon dieu. [12] [60] On mesure vain­queurs et vain­cus à coups de bench­mark, mais on évalue éga­le­ment les sala­riés au quo­ti­dien : objec­tifs sans cesse renou­ve­lés, résul­tats du tra­vail mesu­rés sans prise en compte de ce que cela mobi­lise pour les atteindre, pro­duc­ti­vité des tra­vailleurs com­pa­rée, … [13] [61] Pour s’en convaincre, il suffit de reprendre la for­mule par Warren Buffet, consi­déré comme l’homme le plus riche du monde en 2008 : « Il y une lutte des classes, c’est entendu, mais c’est la classe des riches, ma classe, qui la mène et nous sommes en train de la gagner », New York Times, 26 novembre 2006. [14] [62] Yves Schwartz (1998), « Concordance des temps ? Le tra­vail, le marché et le poli­tique », in Le para­digme ergo­lo­gique ou un métier de phi­lo­sophe, Octarès. [15] [63] Slogan de AC ! (Agir ensemble contre le chô­mage) qui sou­li­gnait à la fin des années 90 com­ment la pres­sion du chô­mage ren­dait pos­sible l’augmentation de la pré­ca­rité et des contraintes du tra­vail. [16] [64] Voir « Droit d’Alerte », n°5, « Sur le pré­sumé “irré­ver­sible déclin” des indus­tries chi­miques en France ». [17] [65] On le voit dans les périodes de baisse de chô­mage où les orga­ni­sa­tion patro­nales s’inquiètent très rapi­de­ment des risques de « pénu­ries de main d’œuvre » et des risques d’inflation de demandes d’augmentation de salaires… [18] [66] Voir « Droit Alerte », n°2. [19] [67] Christophe Dejours (1998), Souffrance en France. La bana­li­sa­tion de l’injustice sociale, Seuil. [20] [68] La Boétie (1549), Le dis­cours de la ser­vi­tude volon­taire, ou le Contr’un, dans lequel il de demande pour­quoi « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quel­que­fois un tyran seul, qui n’a de puis­sance que celle qu’ils lui donnent ? ». Il l’explique par la « ser­vi­tude volon­taire » des sujets, fondée sur « l’habitude » (les sujets n’ont rien connu d’autre), l’idéologie ou les « dro­gue­ries » (jeux, théatres, reli­gions, …), et sur­tout un ordre social pyra­mi­dal dans lequel les « cour­ti­sans » sont un ins­tru­ment du main­tien de la tyran­nie. Comment se libé­rer ? : « Soyez réso­lus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pous­ser, de l’ébranler, mais seule­ment de ne plus le sou­te­nir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. ». On est ici bien entendu en plein idéa­lisme. [21] [69] Slogan de Margaret Thatcher, lais­sant entendre qu’il n’y avait pas d’alternative au libé­ra­lisme après l’effondrement du bloc com­mu­niste. [22] [70] Yves Clot, Le pou­voir d’agir, PUF, 2008. [23] [71] Voir Baptiste GIRAUD (2008), « Extension des domaines de la lutte », Droit d’Alerte, n°6, février 2008. [24] [72] Efros Dominique et Schwartz Yves (2009), « Résistance, trans­gres­sion, trans­for­ma­tions : l’impossible invi­vable des situa­tions de tra­vail », Nouvelle revue de Psychologie, n°7, Avril 2009. [25] [73] Par exemple, nous voyons sou­vent des poli­tiques finan­cières condui­sant à réduire les stocks de pièces de rechange sur les sites. Les acteurs locaux, confron­tés à des pro­blèmes d’approvisionnement (faible réac­ti­vité, pièces de rechange inadap­tées, …) en viennent sou­vent à s’aménager des « maga­sins pirates » (par dif­fé­rentes manœuvres, on stocke des pièces de rechange dans les tiroirs de bureaux ou dans le fond des ate­liers). Ces stocks occultes sont le plus sou­vent connus des enca­dre­ments locaux : on décide de fermer les yeux car tout le monde en recon­naît impli­ci­te­ment l’utilité immé­diate. Mais, ces stra­té­gies, si elles per­mettent aux tra­vailleurs à court terme de conti­nuer à faire leur tra­vail avec un sen­ti­ment d’aboutissement, si elles per­mettent de main­te­nir une per­for­mance pro­duc­tive, main­tiennent en même temps une appa­rente vali­dité de choix éco­no­miques pour­tant contes­tables. Combien de temps cela peut-il durer ? [26] [74] La figure clas­sique est celle du tra­vail à la chaîne sur des tâches stan­dar­di­sées illus­trée par Chaplin dans les Temps Modernes : Charlot doit visser des écrous pas­sant sur la chaîne avec une clé dans chaque main. Il « coule » l’ensemble de la pro­duc­tion au moindre aléa (une mouche per­tur­ba­trice, une clé qui bloque sur l’écrou, …) ce qui l’amène à se battre à coup de pieds au der­rière avec son col­lègue pen­dant que la chaîne conti­nue de tour­ner, mon­trant ainsi les dan­gers (psy­cho­so­ciaux ?) de l’absence de soli­da­rité ouvrière. Charlot finit par deve­nir fou, main­te­nant les gestes sac­ca­dés de sa tâche même quand la chaîne s’arrête. Il finit par se faire avaler par la machine. [27] [75] Citation de plus en plus reprise de Georges CANGUILHEM (2002), Ecrits sur la méde­cine, Seuil [28] [76] Yves Clot, Conférence pro­non­cée le 4 décembre 2008, à l’université de Lyon 2 et orga­ni­sée par le Groupe de Recherche en Psychologie Sociale. [29] [77] Canguilhem, cité par EFROS et SCHWARTZ (2009), Op. Cit. [30] [78] Voir par exemples les études de l’INRS sur le sujet, www​.inrs​.fr [79] [31] [80] Outre les clas­siques pla­te­formes télé­pho­niques psy­cho­lo­giques, les for­ma­tions au coa­ching humain, ces cabi­nets font preuve d’innovations. La der­nière en date est édi­fiante : un pres­ta­taire de ser­vices pro­pose aux entre­prises des « tickets psy », fonc­tion­nant comme les tickets res­tau­rant. Quiconque se sent en dif­fi­culté peut recueillir un « ticket psy » ano­ny­me­ment, ce qui lui ouvrira la pos­si­bi­lité de consul­ter un psy­cho­logue du tra­vail gra­tui­te­ment – la consul­ta­tion étant payée par l’entreprise… [32] [81] Ce sont sou­vent les orga­ni­sa­tions syn­di­cales qui média­tisent les drames du tra­vail (EDF, Renault, France-Telecom, …) et on ne manque jamais de le leur repro­cher : « vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis ».

Interventions

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http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​e​n​c​art_1 [10] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#II-2 [11] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​e​n​c​art_2 [12] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e#III [13] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​I​II_-1 [14] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​I​II_-2 [15] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​e​n​c​art_3 [16] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​I​I​I_-_3 [17] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​I​II_-4 [18] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​ce#IV [19] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​e​n​c​art_4 [20] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​e​n​c​art_5 [21] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn4 [22] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn5 [23] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn6 [24] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn7 [25] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn8 [26] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_ftn9 [27] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn10 [28] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn11 [29] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn12 [30] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn13 [31] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn14 [32] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn16 [33] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn17 [34] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn18 [35] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn19 [36] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn20 [37] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn21 [38] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn22 [39] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn23 [40] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn24 [41] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn25 [42] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn26 [43] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn27 [44] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn28 [45] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn29 [46] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn30 [47] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn31 [48] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​ftn32 [49] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref1 [50] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref2 [51] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref3 [52] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref4 [53] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref5 [54] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref6 [55] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref7 [56] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref8 [57] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​nref9 [58] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref10 [59] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref11 [60] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref12 [61] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref13 [62] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref14 [63] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref15 [64] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref16 [65] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref17 [66] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref18 [67] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref19 [68] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref20 [69] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref21 [70] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref22 [71] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref23 [72] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref24 [73] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref25 [74] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref26 [75] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref27 [76] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref28 [77] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref29 [78] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref30 [79] http://​www​.inrs​.fr/ [80] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref31 [81] http://​www​.contre​temps​.eu/​i​n​t​e​r​v​e​n​t​i​o​n​s​/​l​e​c​t​u​r​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​r​i​s​q​u​e​s​-​p​s​y​c​h​o​-​s​o​c​i​a​u​x​-​r​e​m​e​t​t​r​e​-​t​r​a​v​a​i​l​-​c​o​e​u​r​-​r​a​p​p​o​r​t​s​-​f​o​r​c​e​#​_​f​t​n​ref32

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