S’organiser pour résister et vaincre

Par Mis en ligne le 14 août 2012

Toutes sortes de défis confrontent le Québec aujourd’hui. À court terme, il faut empê­cher la voyou­cra­tie au pou­voir de rem­por­ter les élec­tions. En effet, le gou­ver­ne­ment actuel n’est pas seule­ment de droite. Comme les Berlusconi et les Sarkozy de ce monde, Charest a mis en place une struc­ture de pré­da­tion et de pillage inédite depuis le règne de Duplessis. Au point où de sérieuses frac­tures appa­raissent au sein des domi­nants, comme le démontre l’essor d’une droite reloo­kée avec la CAQ. Leurs divi­sions démontrent la pro­fon­deur de la crise face à laquelle les domi­nants, toutes ten­dances confon­dues, n’ont aucune « solu­tion » si ce n’est que d’enfoncer encore davan­tage la société toute entière dans un vaste trou social.

À long terme, il faut construire un nou­veau projet hégé­mo­nique. Ce qui veut dire de ras­sem­bler une majo­rité popu­laire autour d’un pro­ces­sus de trans­for­ma­tion en pro­fon­deur. Dans les cir­cons­tances actuelles, appe­lons cela une deuxième révo­lu­tion tran­quille. Le projet est ambi­tieux, mais pour y arri­ver, il faut récon­ci­lier une approche qui répond aux pro­blèmes immé­diats avec une pers­pec­tive d’avenir.

Aujourd’hui et demain, le projet doit ras­sem­bler les classes moyennes et popu­laires autour de quelques enjeux fon­da­men­taux. Cela implique une nette reva­lo­ri­sa­tion du sec­teur public comme moteur des arti­cu­la­tions sociales et éco­no­miques. Un des chan­tiers impor­tants de cette reva­lo­ri­sa­tion devrait être la natio­na­li­sa­tion des sec­teurs et entre­prises reliées au domaine stra­té­gique de l’énergie. Il y a 50 ans, on l’a fait avec l’hydro-électricité. Dans une pers­pec­tive de quelques années, il faut refor­mu­ler un projet pour trans­for­mer le Québec, rien de moins, en conju­guant l’élan de l’émancipation natio­nale avec la mise en forme d’une société juste, éco­lo­giste et fémi­niste.

S’organiser pour résis­ter au pillage et à la pré­da­tion en cours implique une sorte de « réfor­misme radi­cal », qui implique d’identifier des espaces où des vic­toires sont pos­sibles. À l’origine, le PQ a incarné cette com­bi­nai­son d’utopie créa­tive et d’intelligence stra­té­gique. Après ses défaites et sa cap­ta­tion par les lucides, ce parti a perdu son âme. La tâche ardue qui attend la société qué­bé­coise est donc de recons­truire un ensemble d’outils. Le tra­vail est entamé de manière magis­trale par les nou­velles géné­ra­tions mili­tantes. Elles résistent, elles créent des alter­na­tives, elles recons­truisent un hori­zon où le bien commun devient l’objectif de tout le monde.

Une partie impor­tante de ces géné­ra­tions est déjà inves­tie dans Québec Solidaire, un projet encore embryon­naire. Ce n’est pas rien, ce petit parti qui a porté la parole des sans-voix sur la scène poli­tique. QS est certes une com­po­sante d’un mou­ve­ment poli­tique, social et cultu­rel beau­coup plus large, mais c’est une com­po­sante impor­tante. Pour autant, les mou­ve­ments sociaux et les citoyen.ne.s autorganisé.e.s occupent non seule­ment la rue, mais mobi­lisent les consciences, changent la société, modi­fient les manières de faire et de voir, créent en quelque sorte les fon­da­tions d’un autre Québec.

Plusieurs années de patience, de déter­mi­na­tion et d’élaboration théo­rique et pra­tique seront néces­saires pour qu’émerge un « intel­lec­tuel col­lec­tif » d’un type nou­veau et popu­laire, pour qu’enfin, le pou­voir change de camp. C’est pos­sible.

Ce jeudi 16 août et jusqu’au samedi 18 août, une uni­ver­sité popu­laire orga­ni­sée par les NCS va décor­ti­quer cette dis­cus­sion en amor­çant ses tra­vaux avec plus de 150 intervenant.e.s à tra­vers 45 ses­sions. De quoi s’agit-il ?

  • De s’organiser en construi­sant les réseaux, alliances, mou­ve­ments, outils.
  • De résis­ter en connais­sant mieux les enne­mis, leurs stra­té­gies, leurs tac­tiques.
  • Et sur­tout de vaincre, en iden­ti­fiant les maillons faibles du pou­voir, en concen­trant les forces et en édi­fiant un projet hégé­mo­nique.

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