S’organiser pour résister et vaincre

Toutes sortes de défis confrontent le Québec aujourd’hui.  À court terme, il faut empêcher la voyoucratie au pouvoir de remporter les élections. En effet, le gouvernement actuel n’est pas seulement de droite. Comme les Berlusconi et les Sarkozy de ce monde, Charest a mis en place une structure de prédation et de pillage inédite depuis le règne de Duplessis. Au point où de sérieuses fractures apparaissent au sein des dominants, comme le démontre l’essor d’une droite relookée avec la CAQ. Leurs divisions démontrent la profondeur de la crise face à laquelle les dominants, toutes tendances confondues, n’ont aucune « solution » si ce n’est que d’enfoncer encore davantage la société toute entière dans un vaste trou social.

À long terme, il faut construire un nouveau projet hégémonique. Ce qui veut dire de rassembler une majorité populaire autour d’un processus de transformation en profondeur. Dans les circonstances actuelles, appelons cela une deuxième révolution tranquille. Le projet est ambitieux, mais pour y arriver, il faut réconcilier une approche qui répond aux problèmes immédiats avec une perspective d’avenir.

Aujourd’hui et demain, le projet doit rassembler les classes moyennes et populaires autour de quelques enjeux fondamentaux. Cela implique une nette revalorisation du secteur public comme moteur des articulations sociales et économiques. Un des chantiers importants de cette revalorisation devrait être la nationalisation des secteurs et entreprises reliées au domaine stratégique de l’énergie. Il y a 50 ans, on l’a fait avec l’hydro-électricité.  Dans une perspective de quelques années, il faut reformuler un projet pour transformer le Québec, rien de moins, en conjuguant l’élan de l’émancipation nationale avec la mise en forme d’une société juste, écologiste et féministe.

S’organiser pour résister au pillage et à la prédation en cours implique une sorte de « réformisme radical », qui implique d’identifier des espaces où des victoires sont possibles. À l’origine, le PQ a incarné cette combinaison d’utopie créative et d’intelligence stratégique. Après ses défaites et sa captation par les lucides, ce parti a perdu son âme. La tâche ardue qui attend la société québécoise est donc de reconstruire un ensemble d’outils. Le travail est entamé de manière magistrale par les nouvelles générations militantes. Elles résistent, elles créent des alternatives, elles reconstruisent un horizon où le bien commun devient l’objectif de tout le monde.

Une partie importante de ces générations est déjà investie dans Québec Solidaire, un projet encore embryonnaire. Ce n’est pas rien, ce petit parti qui a porté la parole des sans-voix sur la scène politique. QS est certes une composante d’un mouvement politique, social et culturel beaucoup plus large, mais c’est une composante importante. Pour autant, les mouvements sociaux et les citoyen.ne.s autorganisé.e.s occupent non seulement la rue, mais mobilisent les consciences, changent la société, modifient les manières de faire et de voir, créent en quelque sorte les fondations d’un autre Québec.

Plusieurs années de patience, de détermination et d’élaboration théorique et pratique seront nécessaires pour qu’émerge un « intellectuel collectif » d’un type nouveau et populaire, pour qu’enfin, le pouvoir change de camp. C’est possible.

Ce jeudi 16 août et jusqu’au samedi 18 août, une université populaire organisée par les NCS va décortiquer cette discussion en amorçant ses travaux avec plus de 150 intervenant.e.s à travers 45 sessions. De quoi s’agit-il ?

  • De s’organiser en construisant les réseaux, alliances, mouvements, outils.
  • De résister en connaissant mieux les ennemis, leurs stratégies, leurs tactiques.
  • Et surtout de vaincre, en identifiant les maillons faibles du pouvoir, en concentrant les forces et en édifiant un projet hégémonique.

[jbutton color= »orange » link= »http://www.cahiersdusocialisme.org/2012/02/18/sorganiser-resister-vaincre/ »]L’université des NCS : Présentation et inscription[/jbutton]