Réaction de la CSN au budget fédéral

Reculs sociaux et démocratiques

Par Mis en ligne le 07 juin 2011

« Non seule­ment ce budget reprend l’essentiel des mesures bud­gé­taires pré­sen­tées en mars der­nier, mais il en accen­tue les pires tra­vers. Force est de consta­ter que l’audace n’est pas au rendez-vous », de décla­rer Louis Roy, pré­sident de la CSN. « Avec ce réel pre­mier budget d’un gou­ver­ne­ment conser­va­teur majo­ri­taire, l’avenir n’est pas ras­su­rant », ren­ché­rit Pierre Patry, tré­so­rier de la CSN.

Les diri­geants de la CSN sont forts déçus de consta­ter que le budget du ministre fédé­ral des Finances, Jim Flaherty, com­porte le main­tien de la réduc­tion des impôts sur les béné­fices des socié­tés et une accé­lé­ra­tion des com­pres­sions bud­gé­taires afin de retrou­ver l’équilibre bud­gé­taire une année plus tôt. « Depuis 2006, ce sont 220 mil­liards de dol­lars que les conser­va­teurs ont sabré en finan­ce­ment des pro­grammes et ils en ajoutent encore. Comment croire que cela n’aura pas d’impact sur ceux-ci et sur les ser­vices à la popu­la­tion ? Avec ce budget, les impôts des socié­tés pas­se­ront à 15 %, alors qu’il y a à peine dix ans ils étaient de 29 %. Ces coupes ne sont pas ano­dines et on doit chan­ger la tra­jec­toire », sou­tient Pierre Patry.

Rappelons que selon les don­nées du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI), le Canada, en 2011-2012, est le pays du G20 le moins endetté avec une dette nette repré­sen­tant 36,3 % de son PIB com­pa­ra­ti­ve­ment à une moyenne de 75,2 % pour l’ensemble des pays du G20.

Du sou­tien de l’État
Les repré­sen­tants de la CSN croient en l’importance que devrait occu­per l’éducation dans nos socié­tés pour en assu­rer le déve­lop­pe­ment, mais le gou­ver­ne­ment Harper s’obstine à ne pas rehaus­ser les trans­ferts fédé­raux dévo­lus à l’enseignement supé­rieur. On évalue que le Québec perd 800 mil­lions de trans­ferts fédé­raux si on com­pare avec la situa­tion qui pré­va­lait en 1994-1995.

La pro­lon­ga­tion de cer­taines mesures spé­ciales d’assurance-emploi est insuf­fi­sante. Rappelons que le gou­ver­ne­ment fédé­ral s’est acca­paré 57 mil­liards de dol­lars pro­ve­nant de la caisse de l’assurance-emploi. « Ces sommes auraient pu et auraient dû servir à amé­lio­rer le régime dont l’accessibilité aux pres­ta­tions, l’élimination du délai de carence et la hausse du taux de rem­pla­ce­ment du revenu. Elles devraient aussi contri­buer à mieux sou­te­nir les per­sonnes afin qu’elles se trouvent à nou­veau un emploi. C’est ça que la popu­la­tion attend de son gou­ver­ne­ment », affirme Pierre Patry.

Une bonne nouvelle 
Enfin, le gou­ver­ne­ment devrait verser au Québec les sommes qui lui sont dues dans le dos­sier de l’harmonisation des taxes, soit 2,2 mil­liards de dol­lars. Ces sommes sont dues depuis long­temps. Le Québec est la pre­mière pro­vince à avoir har­mo­nisé l’essentiel de son régime de taxe de vente avec la TPS fédé­rale. Malgré cela, plu­sieurs pro­vinces s’étant har­mo­ni­sées récem­ment, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, ont été com­pen­sées avant le Québec.

Financement des partis politiques
« La déci­sion de mettre fin au finan­ce­ment public des partis poli­tiques repré­sente un recul pour la démo­cra­tie et ne s’explique que par une volonté de mettre des bâtons dans les roues des autres partis poli­tiques. L’argent ne consti­tue peut-être pas à lui seul le nerf de la guerre, mais il en faut pour se faire connaître. C’est un dur coup pour les plus petits partis. Monsieur Harper devrait être un meilleur joueur, s’élever au-dessus de l’idéologie et contri­buer, contrai­re­ment à ce qu’il fait, au déve­lop­pe­ment du débat démo­cra­tique », de sou­te­nir Louis Roy.

La CSN repré­sente plus de 300 000 tra­vailleuses et tra­vailleurs, et ce, tant dans les sec­teurs privé que public.

Les commentaires sont fermés.