Prix Nobel alternatif

Mis en ligne le 21 décembre 2010

Un évêque défenseur des Indiens d’Amazonie reçoit le Prix Nobel alternatif

Extraits de l’article à lire en entier sur : https://​eth​no​ly​ceum​.word​press​.com/​2​0​1​0​/​1​2​/​0​7​/​u​n​-​e​v​e​q​u​e​-​d​e​f​e​n​s​e​u​r​-​d​e​s​-​i​n​d​i​e​n​s​-​d​a​m​a​z​o​n​i​e​-​r​e​c​o​i​t​-​l​e​-​p​r​i​x​-​n​o​b​e​l​-​a​l​t​e​r​n​atif/

Erwin Kräutler (Photo : Karl Gabor) L’évêque catho­lique Erwin KRÄUTLER, qui exerce son minis­tère dans la région du Xingu, au Brésil, a reçu le Right Livelihood Award, connu comme le Prix Nobel alter­na­tif, pour son action en faveur des Indiens du Brésil. Lors de la céré­mo­nie de remise des prix qui s’est dérou­lée lundi au par­le­ment sué­dois, il a été honoré « pour avoir consa­cré sa vie à la défense des droits humains et envi­ron­ne­men­taux des peuples autoch­tones et pour ses efforts sans relâche pour sauver la forêt ama­zo­nienne de la des­truc­tion ».

Radio Vatican est bien sûr l’un des rares médias à avoir salué l’attribution du Prix Nobel alter­na­tif à Mgr Erwin Kräutler. De natio­na­lité bré­si­lienne depuis trente ans, Mgr Erwin Kräutler est né en Autriche, où il a fait ses études. Il est depuis 1981 prélat de Xingu, le plus grand dio­cèse du Brésil avec une super­fi­cie supé­rieure à l’Italie. Comme plu­sieurs autres reli­gieux du Brésil, Mgr Erwin Kräutler a reçu des menaces de mort, mais il n’a pas peur de dénon­cer publi­que­ment les mau­vaises condi­tions de vie des popu­la­tions autoch­tones. Récemment il s’est battu contre le projet de construc­tion sur les terres des indi­gènes du troi­sième plus grand bar­rage hydro­élec­trique du monde qui for­cera près de 40.000 per­sonnes à quit­ter leur foyer. Mgr Erwin Kräutler a été placé sous pro­tec­tion policière.

L’évêque Kräutler à l’Assemblée des peuples autoch­tones, Altamira, mai 2008. L’évêque Kräutler, qui est pré­sident du Conseil indi­gé­niste mis­sion­naire de l’Église catho­lique bré­si­lienne (CIMI), est engagé depuis long­temps dans un combat pour la recon­nais­sance des droits des Indiens du Xingu, en Amazonie bré­si­lienne, qui sont aujourd’hui mena­cés par le bar­rage géant de Belo Monte. Dans son dis­cours de récep­tion, l’évêque Kräutler a expli­qué le lien qui l’unit aux peuples du Xingu depuis qu’il est arrivé dans cette région du Brésil, en 1965… L’évêque Kräutler met quo­ti­dien­ne­ment sa vie en danger : son combat en faveur des peuples autoch­tones et de la forêt ama­zo­nienne contra­rie les ambi­tions de poli­ti­ciens et d’hommes d’affaires sans scru­pules, si bien qu’il est depuis 2006 sous la pro­tec­tion de la police mili­taire de l’État de Pará. Ceux qui mènent le combat à ses côtés sont éga­le­ment mena­cés, et cer­tains ont d’ailleurs été bru­ta­le­ment assas­si­nés : c’est en leur nom que l’évêque accepte le Right Livelihood Award. Dans son dis­cours de récep­tion, il a en effet une pensée par­ti­cu­lière pour deux per­sonnes qui, dit-il, ont donné leur vie : soeur Dorothy Mae Stang, qui, après avoir vécu 23 ans en Amazonie, a été tuée en 2005, et Ademir Alfeu Federicci, “Dema”, qui fut assas­siné parce qu’il s’opposait au projet du bar­rage hydro­élec­trique géant Belo Monte sur le Xingu :

L’évêque Kräutler lors d’une marche contre le projet du bar­rage hydro­élec­trique géant En effet, comme je l’avais déjà écrit dans un billet en juillet der­nier, l’impact de ce bar­rage hydro­élec­trique, censé détour­ner sur 100 kilo­mètres plus de 80% des eaux du Xingu, sera catas­tro­phique, aussi bien pour les Indiens que pour l’environnement : il inon­dera un immense ter­ri­toire d’environ 50000 hec­tares, obli­gera des dizaines de mil­liers de familles à migrer et assé­chera cer­taines par­ties du Xingu, rédui­sant ainsi le stock de pois­sons dont les Indiens de la région, notam­ment les Kayapó, les Arara, les Juruna, les Araweté, les Xikrin, les Asurini et les Parakanã, ont besoin pour vivre. Pour l’évêque Kräutler, le projet Belo Monte nous montre plus géné­ra­le­ment que le pro­blème prin­ci­pal de l’Amazonie est lié à la pro­priété et à l’usage de la terre. Tous les autres pro­blèmes, comme la vio­lence rurale, qui est due à la concen­tra­tion de pro­prié­tés ter­riennes, ou le trafic d’êtres humains, n’en sont que la consé­quence… Enfin, l’évêque Kräutler pro­fite de rece­voir ce Prix Nobel alter­na­tif pour atti­rer l’attention de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale sur le sort des Indiens Guarani-Kaiowá qui vivent dans le sud du Mato Grosso dans des condi­tions tou­jours plus misérables…

Les médias ne par­le­ront pas de Mgr Erwin Kräutler. C’est pour­tant un vrai héros de notre époque. Mais, comme Ainhoa me le fai­sait remar­quer récem­ment, les médias parlent uni­que­ment de prêtres impli­qués dans des affaires de pédo­phi­lie. Ceux qui consacrent et risquent leur vie à défendre les oppri­més ne les inté­ressent pas. Seul le quo­ti­dien La Croix avait publié l’an der­nier cette inter­viewde l’évêque Kraütler où l’on appre­nait que 200 reli­gieux étaient mena­cés de mort au Brésil.

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