Numéro 11, février 2014

Médias, journalisme et société

En librairie dès le 20 février 2014

Par Mis en ligne le 16 mars 2014

Couverture NCS no. 11


Médias, journalisme et société

Introduction au dossier

Benoit Gaulin, Caroline Joly et Éric Martin

La publi­ca­tion, en une des jour­naux de Québecor et de Gesca, de son­dages bidons délé­gi­ti­mant la contes­ta­tion étu­diante, les propos de jour­na­listes repre­nant en ondes ou sur papier la nov­langue poli­ti­cienne du « boy­cott » et du « droit de l’étudiant de suivre ses cours », la mise en page de gros titres tapa­geurs asso­ciant la « vio­lence » aux porteurEs d’un carré rouge, les posi­tions des édi­to­ria­listes, des chro­ni­queurs et des chro­ni­queuses défen­dant l’indéfendable loi 12, bref, la cou­ver­ture des médias tra­di­tion­nels du désor­mais célèbre prin­temps érable 2012 a pour le moins amené de l’eau au moulin de celles et ceux qui, de plus en plus nom­breux, et ce, depuis plu­sieurs années, n’ont de cesse de dénon­cer la concen­tra­tion de la presse, la montée de l’information spec­tacle, la per­son­na­li­sa­tion des débats publics, etc. Pour plu­sieurs, le matra­quage idéo­lo­gique d’une presse (à l’exception du Devoir) lar­ge­ment inféo­dée aux élites éco­no­miques et poli­tiques a été par­ti­cu­liè­re­ment visible durant le conflit étu­diant et consti­tue l’un des dis­po­si­tifs mul­tiples tra­vaillant les sub­jec­ti­vi­tés et la conduite des sujets à l’ère de la « bonne gou­ver­nance néo­li­bé­rale ».

Aussi, au moment même où « la droite devient de plus en plus pré­sente dans l’offre média­tique »[i], il nous semble que la gauche qué­bé­coise aurait inté­rêt à mettre l’accent sur le pou­voir abso­lu­ment fon­da­men­tal que pos­sèdent les médias et le jour­na­lisme dans les socié­tés de masse comme la nôtre : celui de narrer le monde, de le mettre en forme sym­bo­li­que­ment. L’histoire même du jour­na­lisme, en lien avec les luttes démo­cra­tiques, rend compte de cette dimen­sion sym­bo­lique à tra­vers l’idéal dont il se reven­dique : trans­mettre aux citoyennes et aux citoyens une syn­thèse judi­cieuse des évé­ne­ments per­ti­nents qui foi­sonnent au sein d’une com­mu­nauté poli­tique afin que ceux-là puissent par­ti­ci­per aux débats publics en toute connais­sance de cause. Or, comme nous le rap­pelle le récent rap­port du Groupe de tra­vail sur le jour­na­lisme et l’avenir de l’information au Québec (rap­port Payette)[ii], dont le mandat était de « cerner les dif­fi­cul­tés de l’information au Québec dans le contexte des nou­velles tech­no­lo­gies et devant la crise géné­rale des médias qui secoue l’ensemble des pays indus­tria­li­sés », cette infor­ma­tion d’intérêt public, celle-là même « qui permet les débats poli­tiques et sociaux, bases et fon­de­ments des démo­cra­ties »[iii], devient une denrée de plus en plus rare dans un monde plus que jamais dominé par une logique éco­no­mi­ciste propre au capi­ta­lisme.

Que signi­fient donc ces trans­for­ma­tions sim­ple­ment évo­quées ci-dessus et que disent-elles de l’état actuel de notre société ? Comment inflé­chir les ten­dances à l’œuvre afin que le jour­na­lisme et les médias contri­buent à déli­mi­ter un espace poli­tique où peuvent émer­ger, à tra­vers les débats et l’action col­lec­tive, un monde commun à penser, un projet de société à réa­li­ser ? En effet, au-delà de la simple pro­pa­gande au ser­vice des domi­nants ou de la résis­tance, le sym­bo­lique ne doit-il pas être com­pris comme le lieu même où s’enracinent des formes cultu­relles et des valeurs poli­tiques par­ta­gées comme l’autonomie, la liberté et la jus­tice sociale ? Par-delà la mani­pu­la­tion idéo­lo­gique alié­nante à laquelle elles peuvent être assu­jet­ties, peut-on envi­sa­ger que ce sont ces formes qui fondent « l’être-en-commun » et qui assurent le lien social, empê­chant l’avalement de tout dans l’espace lisse du marché ? Dans ces condi­tions, qu’est-ce que les mou­ve­ments sociaux et les médias alter­na­tifs doivent faire ? Comment faire en sorte que les mots gardent un poids dans la réa­lité ? Comment main­te­nir un espace public de débat qui est aussi un champ de luttes et de confron­ta­tion entre diverses concep­tions du bien commun et de la société « bonne » ?

Le pré­sent dos­sier com­prend trois sec­tions. Une pre­mière partie plus théo­rique inti­tu­lée Comprendre les médias de masse : quelques consi­dé­ra­tions théo­riques s’attardent aux trans­for­ma­tions sociales de moyenne et de longue portée. Il s’agit ici de pri­vi­lé­gier une pers­pec­tive socio­his­to­rique per­met­tant d’identifier les causes et les enjeux rela­tifs à la trans­for­ma­tion pro­gres­sive de l’espace public.

Dans son texte, Éric George revient sur les rap­ports entre la concen­tra­tion de la pro­priété des médias et le plu­ra­lisme de l’information, de même que sur les trans­for­ma­tions que devront subir les médias s’ils doivent contri­buer à l’exercice d’une véri­table démo­cra­tie. Contrairement à ce qu’on laisse par­fois entendre, la ques­tion de la concen­tra­tion n’est pas obso­lète selon lui. Mais s’interroger sur la pro­priété privée des médias ne suffit pas. George sou­tient ainsi qu’il faut faire en sorte que chaque citoyenne, chaque citoyen ait le temps, la for­ma­tion et les capa­ci­tés de s’informer adé­qua­te­ment afin de par­ti­ci­per le plus acti­ve­ment à la pro­duc­tion et à la cir­cu­la­tion des infor­ma­tions, ce qui pose la ques­tion de l’éducation poli­tique dans nos socié­tés, mais aussi celle de l’organisation du tra­vail qui, doré­na­vant, laisse bien peu de place à la par­ti­ci­pa­tion poli­tique.

Qu’est-ce qu’une jour­na­liste, un jour­na­liste ? Si la ques­tion est régu­liè­re­ment sou­le­vée depuis les années 1950, les réponses varient géné­ra­le­ment selon les époques, les condi­tions éco­no­miques, la mis­sion sociale dévo­lue à la presse et l’enjeu du statut du jour­na­liste et de son indé­pen­dance pro­fes­sion­nelle. Anne-Marie Brunelle reprend à nou­veaux frais ce ques­tion­ne­ment iden­ti­taire aujourd’hui accen­tué par les immenses pos­si­bi­li­tés offertes par les tech­no­lo­gies et un modèle d’affaires des entre­prises de presse qui trans­forme peu à peu les jour­na­listes en pro­duc­teurs de contenu, inter­chan­geables et sans pro­tec­tion devant les impé­ra­tifs du marché et de la concur­rence. Qui pro­fite de cette fra­gi­lité d’une pro­fes­sion en crise exis­ten­tielle et pour­quoi faut-il s’en pré­oc­cu­per ?

Normand Baillargeon, quant à lui, montre l’originalité du modèle pro­pa­gan­diste des médias tel qu’il est exposé dans Manufacturing Consent de Noam Chomsky et Edward S. Herman, tout en reve­nant sur cer­taines des prin­ci­pales cri­tiques qu’on leur a adres­sées et les réponses qu’on peut leur appor­ter. Il explique en effet que Chomsky et Herman, deux cher­cheurs dont le pre­mier centre d’intérêt n’est pas l’étude des médias, ont publié davan­tage sur cette ques­tion que nombre d’experts paten­tés. De plus, leurs tra­vaux ont l’avantage d’être acces­sibles à un vaste public, mon­trant de manière péda­go­gique la mise en forme du dis­cours média­tique par des filtres per­met­tant de for­ma­ter l’information pour qu’elle cor­res­ponde aux inté­rêts de l’élite éco­no­mique. Or, comme le note Baillargeon, en bout de piste, leur modèle est curieu­se­ment peu dis­cuté dans le monde uni­ver­si­taire et aca­dé­mique.

Maxime Ouellet et Éric Martin se livrent à une cri­tique de la « cri­tique du spec­tacle » la plus cou­rante, géné­ra­le­ment ins­pi­rée par les théo­ries des Chomsky, Debord ou Negri. Critiquant l’opposition non dia­lec­tique entre indi­vi­dus innocents/​médias men­teurs, Ouellet et Martin insistent sur l’importance de reve­nir au rôle de l’idéologie chez Marx pour opérer une cri­tique pro­fonde des média­tions sociales à l’œuvre dans les socié­tés capi­ta­listes. Si les médias sont domi­nés par l’économie, c’est selon eux parce que toute la société est domi­née par une forme de média­tion alié­née et féti­chi­sée. C’est pour­quoi le dépas­se­ment de la contra­dic­tion qui déchire la société sup­pose une trans­for­ma­tion de l’ensemble du rap­port social, et non une simple libé­ra­tion des indi­vi­dus à l’égard de quelque « com­plot » média­tique.

Partant de la pré­misse selon laquelle les médias de masse par­ti­cipent moins à l’élaboration d’une repré­sen­ta­tion com­mune d’un monde qu’à la fabri­ca­tion d’un consen­te­ment au ser­vice des patrons de presse et des élites éco­no­miques et poli­tiques, la deuxième partie inti­tu­lée Les médias de masse comme appa­reil idéo­lo­gique : quelques cas de figure se penche sur le degré de dépen­dance d’un média donné par rap­port aux autres pou­voirs (éco­no­miques et poli­tiques) et montre, à tra­vers cer­tains exemples, que plus il est dépen­dant de tels pou­voirs, plus on peut le consi­dé­rer comme un appa­reil idéo­lo­gique. Prenant pré­texte des récentes nomi­na­tions et accoin­tances entre le gou­ver­ne­ment du Parti qué­bé­cois et Pierre Karl Péladeau (PKP), Benoit Gaulin brosse un large por­trait cri­tique de l’empire Québecor et de son empe­reur. Après avoir rendu compte des ten­dances liber­ti­cides pour les droits à l’information, à la liberté d’expression et de presse conte­nues dans le pro­ces­sus de libé­ra­li­sa­tion-finan­cia­ri­sa­tion-concen­tra­tion des indus­tries de la com­mu­ni­ca­tion et de la culture en cours, il en vient à confir­mer la thèse selon laquelle les médias sont deve­nus, au fil du temps, rien de plus qu’un appa­reil idéo­lo­gique. Ensuite, il prend au sérieux la méta­phore ber­lus­co­nienne (« une dan­ge­reuse ber­lus­co­ni­sa­tion de l’État ») évo­quée par le jour­na­liste et chro­ni­queur poli­tique du Devoir, Michel David[iv], et cherche à rendre compte de quelques enjeux rela­tifs à la « gou­ver­nance entre­pre­neu­riale » de l’État qué­bé­cois. Enfin, il montre en quoi PKP consti­tue la figure sym­bo­lique de cette confu­sion contem­po­raine entre le mana­ge­ment de la firme et la domi­na­tion sociale du dis­cours ges­tion­naire de l’efficacité.

Sébastien Bouchard prend à bras le corps le phé­no­mène aussi dérou­tant que déso­lant de la radio pou­belle de Québec. L’auteur tente ici une ana­lyse socio­po­li­tique du phé­no­mène en dres­sant un por­trait des dif­fé­rents clous idéo­lo­giques de droite mar­te­lés par les ani­ma­teurs de Radio X. Cherchant à illus­trer la nature des propos défen­dus par ces ani­ma­teurs, il sou­tient que le dis­cours popu­liste de droite propre à la radio pou­belle est ins­tru­men­ta­lisé à des fins homo­phobes, racistes, sexistes, ce qui n’est pas sans consé­quence sur la popu­la­tion. Bouchard montre alors le pay­sage qui se déploie quand la gauche perd le micro ou ne parle plus de lutte de classes.

Occultée par le voca­bu­laire popu­laire de l’« éco­no­mie verte » et du « déve­lop­pe­ment durable », la remise en ques­tion des moyens de pro­duc­tion et de déve­lop­pe­ment semble exclue du dis­cours domi­nant et peu reprise dans l’espace média­tique. La cou­ver­ture des enjeux envi­ron­ne­men­taux, inadé­quate aux yeux de cer­tains, conduit à un ques­tion­ne­ment concer­nant la dilu­tion d’un dis­cours cri­tique envers le capi­ta­lisme ou trai­tant d’écologie poli­tique. Le texte de Jacinthe Leblanc et Anipier Maheu pro­pose d’explorer la ques­tion à tra­vers l’analyse de la dif­fu­sion du dis­cours du Réseau qué­bé­cois des groupes éco­lo­gistes (RQGE) et de ses membres afin de déter­mi­ner l’étendue et les retom­bées concrètes d’un dis­cours envi­ron­ne­men­tal à ten­dance radi­cale sur l’émergence d’une société éco­lo­gique.

Finalement, la ques­tion des rela­tions entre les Premières Nations et les médias est explo­rée par André Dudemaine. Il explique que l’invisibilité carac­té­ris­tique des peuples autoch­tones du Québec est la résul­tante d’un dis­cours public qui dis­cri­mine, exclut et masque, en pré­ten­dant énon­cer la vérité. À l’aide de nom­breux cas de figure, il décrit les nom­breuses méthodes uti­li­sées par le champ média­tique qui, en par­ti­ci­pant à la construc­tion néga­tive de la figure de l’Amérindien, agissent indé­nia­ble­ment en tant que méca­nisme d’exclusion des peuples autoch­tones.

Simon Tremblay-Pepin sou­tient pour sa part qu’une cam­pagne de rela­tions publiques inten­sives a eu lieu entre 2005 à 2010 avec comme objec­tif de favo­ri­ser la hausse des frais de sco­la­rité uni­ver­si­taire au Québec, cam­pagne qui, selon lui, s’est avérée déter­mi­nante au moment où la hausse des frais a été for­mel­le­ment pro­po­sée lors du pre­mier budget Bachand. Pour tenter de véri­fier cette hypo­thèse, Tremblay-Pepin a étudié plus de 1400 textes publiés à l’époque dans les trois prin­ci­paux quo­ti­diens qué­bé­cois. L’analyse pré­li­mi­naire de l’auteur laisse voir les efforts redou­blés de cer­tains indi­vi­dus et orga­ni­sa­tions pour occu­per l’espace public et mettre de l’avant la hausse des droits de sco­la­rité, dont au pre­mier chef les édi­to­ria­listes, quasi una­nimes, et le quo­ti­dien La Presse.

Enfin, le dos­sier se ter­mine sur une sec­tion inti­tu­lée Crises et mise en crise : quels rôles pour les médias de masse et les médias alter­na­tifs dans les mou­ve­ments sociaux ? Les textes de cette partie se penchent chacun à leur manière sur le rôle poli­tique que devraient jouer l’espace public et les ins­ti­tu­tions média­tiques dans la for­mu­la­tion des normes com­munes qui consti­tuent une exi­gence incon­tour­nable dans une société démo­cra­tique.

Dans son article « WikiLeaks : jour­na­lisme de confron­ta­tion et mili­tan­tisme du libre », Philippe de Grosbois fait la syn­thèse des révé­la­tions mises à jour par l’organisation WikiLeaks depuis sa créa­tion en 2006 et soumet des pistes pour éva­luer les effets de celles-ci. L’auteur sou­tient que, par sa manière inédite de com­bi­ner les prin­cipes et modes d’action issus du mou­ve­ment du logi­ciel libre d’une part, et un jour­na­lisme d’investigation com­ba­tif d’autre part, WikiLeaks est par­venu à quelques reprises à outre­pas­ser cer­tains culs-de-sac aux­quels une bonne partie du jour­na­lisme plus conven­tion­nel est confronté, en raison notam­ment de sa trop grande proxi­mité avec les puis­sances poli­tiques et éco­no­miques. Selon de Grosbois, cela explique les féroces repré­sailles qu’ont connues plu­sieurs mili­tants de l’organisation, cer­taines sources et le site Web lui-même, de la part de gou­ver­ne­ments, de banques, de firmes de sécu­rité pri­vées, et même de jour­na­listes.

L’article de Michel Ratté et Audrey Laurin-Lamothe pro­pose des angles d’observation et de réflexion inusi­tés sur les médias de masse et leurs effets lors de la grève étu­diante de 2012. Les auteurEs insistent d’abord sur la dif­fi­culté pour les étu­diantes et les étu­diants à mettre en récit leur grève dans la longue durée en raison de leur dépen­dance à l’égard d’une donne média­tique ne pou­vant qu’atomiser les péri­pé­ties vécues au cours de la grève. Paradoxalement, ce phé­no­mène contri­buait au sen­ti­ment d’une incom­men­su­rable contin­gence des points de vue en par­tage, qui n’est pas étran­gère au pro­ces­sus de pro­duc­tion de la « nou­velle en continu » des médias de masse sur laquelle porte la seconde sec­tion de l’article. Les auteurEs ter­minent par une dis­cus­sion sur la ques­tion du dou­bles­peak et de la pro­duc­tion média­tique d’une forme alié­nante de lan­gage qui, dans leur pers­pec­tive, doit être dif­fé­ren­ciée de la nov­langue des tota­li­ta­rismes. Cela abou­tit pour­tant sur une percée en faveur d’une nou­velle heu­ris­tique « conspi­ra­tion­niste » pour la com­pré­hen­sion d’évènements poli­tiques d’envergure.

Daniel Poitras ter­mine en démon­trant qu’en dépit des dif­fi­cul­tés qu’il a connues, le mou­ve­ment étu­diant des années 1950 est tout de même par­venu à un cer­tain niveau de recon­nais­sance, et ce, grâce au jour­nal étu­diant de l’Université de Montréal. Dans son texte, il étudie le jour­nal Le Quartier Latin à la fin des années 1950, période durant laquelle le mou­ve­ment mul­ti­plie les enquêtes empi­riques, les sor­ties dans les médias et accroit sa par­ti­ci­pa­tion à la sphère publique. Élargissant sa réflexion au-delà des enjeux uni­ver­si­taires, le mou­ve­ment étu­diant com­bine habi­le­ment inso­lence, créa­ti­vité et projet de société pour remettre en cause une démo­cra­tie boi­teuse et un État pro­vi­dence timide et insuf­fi­sant. Rapidement, le mou­ve­ment étu­diant devient un acteur incon­tour­nable au Québec. L’auteur démontre que les paral­lèles sont nom­breux entre le mou­ve­ment tel qu’il se pré­sente à cette époque et celui du prin­temps 2012, notam­ment à tra­vers des enjeux comme le rôle de l’État, l’accessibilité et l’instrumentalisation de l’université et le poten­tiel – oscil­lant entre le réfor­misme et la révo­lu­tion – de la classe étu­diante.


[i] Catherine Côté, « La droite dans les médias : une nou­velle légi­ti­mité », Bulletin d’histoire poli­tique, vol. 21, n° 1, 2012, p. 161-169.

[ii] Groupe de tra­vail sur le jour­na­lisme et l’avenir de l’information au Québec, L’information au Québec. Un inté­rêt public, Gouvernement du Québec, jan­vier 2011. Le rap­port Payette est dis­po­nible à : <www​.etat​de​linfo​.qc​.ca/>.

[iii] Ibid., p. 7.

[iv] « La pre­mière ministre s’est faite com­plice d’une dan­ge­reuse « ber­lus­co­ni­sa­tion » de l’État » a écrit Michel David dans Le Devoir du 20 avril 2013, com­men­tant ainsi la nomi­na­tion de PKP comme pré­sident du conseil d’administration d’Hydro-Québec.

Une réponse à “Médias, journalisme et société”

  1. Marc Bergeron dit :

    Très inté­res­sant bravo ! Cependant com­ment faire pour que les médias nous pré­sentent des dos­siers bien docu­men­ter. De plus, le tra­vail jour­na­lis­tique n’a presque plus de cré­di­bi­lité a mes yeux sauf quelques excep­tions, faire les infor­ma­tions à partir de son­dage, à partir de tout le monde en parle (quand la pré­sence de citoyens est dirigé tota­le­ment par des ani­ma­teurs comme des poules pas de tête jamais d’opposition), com­ment faire pour que la classe ordi­naire soit mieux repré­sen­ter ? Une société de tina­mis issus de dif­fé­rents milieux qui se conserve le droit de dire n’importe quoi. C’est le mélange des genres jour­na­liste, poli­ti­ciens affaires, syn­di­ca­liste, OSBL etc. Depuis l’avènement Boisclair et Breton qui le har­ce­lait le disant à la radio la nuit CKAC et sim­ple­ment parce que lui et l’AQLPA n’avait pas obtenu de lui les mil­lions pour leur cause (faire en grande parti du lobbys)et voir les attaques UNUMAINE des jour­na­listes contre Boisclair j’ai com­pris que nous étions bien bas. De plus monter des vedettes (rambo)par des médias ? Prendre posi­tion et limi­ter le droit de parole. Surtout la chro­nique et le vedet­ta­riat est un fléau qui me dégoute. En envi­ron­ne­ment Kyoto jamais ques­tion­nable ? Disons que c’est un dos­sier qui a des consé­quence sur une petite pos­si­bi­lité de démo­cra­tie. Une culture qué­bé­coise.