La 17e Conférence des Nations Unies sur le climat

Pas d’accord avant 2015

Par Mis en ligne le 16 décembre 2011

Les 194 pays pré­sents à la Conférence de Durban, dont le Canada et les États-Unis, ont accepté de pour­suivre les dis­cus­sions pour par­ve­nir à un accord de lutte au réchauf­fe­ment cli­ma­tique en 2015. Il a été convenu que cet accord entre en vigueur en 2020.

Les pays se sont aussi enten­dus pour négo­cier, lors de la pro­chaine confé­rence, à Qatar l’an pro­chain, la pro­lon­ga­tion du pro­to­cole de Kyoto. Signé par plus de 80 pays en 1997 et mis en vigueur en 2005, ce pro­to­cole contrai­gnant vient à échéance en 2012. Plusieurs pays, dont le Canada, ne veulent pas pro­lon­ger leur adhé­sion à celui-ci.

Quant au Fonds vert des­tiné à aider les pays en voie de déve­lop­pe­ment, aucune for­mule de finan­ce­ment n’a été négo­ciée. Le Fonds demeure une coquille vide. « Rien n’est réglé », constate Hugo Séguin d’Équiterre qui a suivi le dérou­le­ment de cette rencontre.

De leur côté, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et civiles, dont la Confédération syn­di­cale inter­na­tio­nale (CSI) à laquelle est affi­lié la CSN, ont donné publi­que­ment leur appui à la France, à l’Afrique du Sud, à la Norvège et aux pays en voie de déve­lop­pe­ment. Ceux-ci pro­posent la mise en place de la TTF, une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières. Une pro­po­si­tion qui jusqu’à ce jour n’a pas été rete­nue. En outre, comme le sou­ligne Isabelle Ménard de la CSN, pré­sente à Durban, les syn­di­cat veulent négo­cier et s’impliquer dans la lutte au chan­ge­ment cli­ma­tique. Voici le troi­sième qu’elle nous a envoyé.

Face aux changements climatiques
Des syndicats veulent négocier et s’impliquer

« Tout long de la semaine, au pavillon du Monde du Travail à l’Université de KwaZulu Natal, des syn­di­cats ont fait part de leurs pré­oc­cu­pa­tions face aux chan­ge­ments cli­ma­tiques dans leur milieu de tra­vail. Un consen­sus syn­di­cal se dégage avec force : les syn­di­cats veulent être impli­qués dans la mise en place des mesures qui sont néces­saires. Il y a même une orga­ni­sa­tion syn­di­cale afri­caine, le COSATU, qui a décidé de négo­cier avec les employeurs leur poli­tique éner­gé­tique syn­di­cal. Cela peut se concré­ti­ser par la négo­cia­tion de mesures d’économie d’énergie. Le COSATU veut en effet assu­rer une par­ti­ci­pa­tion des tra­vailleurs aux efforts de réduc­tion des gaz à effet de serre dans les milieux de travail.

Quelque soit leur pays d’origine, les syn­di­cats font état de mêmes constats et pré­oc­cu­pa­tions. Ils dénoncent l’absence de poli­tiques indus­trielles et éner­gé­tiques cohé­rentes, y com­pris dans les pays déve­lop­pés tels que les États-Unis et le Canada, le Québec inclus. Ils sont favo­rables à une amé­lio­ra­tion des infra­struc­tures des usines afin qu’elles soient moins pol­luantes et moins émet­trices de gaz à effet de serre. Plusieurs délé­gués ont tenu à pré­ci­ser que, dans le sec­teur manu­fac­tu­rier, les éco­no­mies d’énergie doivent être obte­nues non seule­ment dans les bâti­ments mais aussi dans la chaîne d’approvisionnement et dans celle de la pro­duc­tion. Pour les syn­di­cats afri­cains, l’exploitation des res­sources natu­relles est en outre une pré­oc­cu­pa­tion très impor­tante. Ils veulent inté­grer des pra­tiques res­pon­sables d’utilisation des res­sources et en dis­cutent actuel­le­ment avec leurs vis-à-vis patronaux.

Selon un bon nombre de par­ti­ci­pants, un des fac­teurs de réus­site des chan­ge­ments qui devront être opérés dans les pro­chaines années néces­site un dia­logue social entre les par­ties, entre autres, entre les gou­ver­ne­ments, les syn­di­cats et les employeurs. Un tel dia­logue per­met­trait d’aller dans la même direc­tion et de déve­lop­per une vision com­mune de réduc­tion des gaz à effet de serre, y com­pris pour dimi­nuer l’empreinte des milieux de travail.

Durant cette semaine, les dis­cus­sions ont aussi porté sur la mise en place d’un sys­tème de pro­tec­tion sociale pour faire face aux catas­trophes liés aux chan­ge­ments cli­ma­tiques. Des mil­liers de tra­vailleurs ont déjà été sévè­re­ment tou­chés par ceux-ci : perte de leur maison et de leur emploi, pro­blèmes de santé, migra­tion vers d’autres régions, etc. Deux pré­sen­ta­tions syn­di­cales ont porté sur la capa­cité des ser­vices publics à répondre aux pro­blèmes causés par ces chan­ge­ments cli­ma­tiques. Or, ceux-ci ne sont pas en mesure d’y faire face. Beaucoup de tra­vail et de sen­si­bi­li­sa­tion doivent encore être faits car un fossé d’incompréhension existe entre les pro­blèmes causés par les chan­ge­ments cli­ma­tiques et ceux liés à la pol­lu­tion en géné­ral. En outre, l’implication des tra­vailleurs pour trou­ver des solu­tions à ce cha­pitre est sou­vent perçu comme une dif­fi­culté alors que leur par­ti­ci­pa­tion pour­rait au contraire être un atout dans la recherche de mesures efficaces. »

La Conférence de Durban, c’est quoi ?

Du 28 novembre au 9 décembre, en Afrique du Sud, la ville de Durban accueille la 17e confé­rence des par­ties à la conven­tion-cadre des Nations unies sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques. Des délé­ga­tions de 195 pays par­ti­cipent à ces négo­cia­tiions. Cette confé­rence sur le climat doit pré­pa­rer la suite à donner pro­to­cole de Kyoto, qui vient à échéance le 31 décembre 2012.
Le pro­to­cole de Kyoto, rati­fié par 193 pays, a été le seul texte contrai­gnant jamais signé sur le climat. C’était en 1997. Il est entré en vigueur en 2005. La Conférence de Copenhague, en 2009, à laquelle 193 pays ont aussi par­ti­cipé, a été un fiasco. Celle de Cancún en 2010 a débou­ché sur un accord signé qui fixe des objec­tifs à atteindre mais pas les moyens d’y parvenir.

Hausse inquié­tante de la tem­pé­ra­ture ter­restre >>

Des négociations difficiles

Positions au début de la conférence

  • la Chine, pre­mier émet­teur mon­dial de CO2, refuse de signer tout accord pour pré­ser­ver son « droit au déve­lop­pe­ment ». Mais au cours de cette confé­rence à Durban, elle mani­feste une cer­taine ouver­ture et a ten­dance à se ral­lier avec le G77, le regrou­pe­ment des pays en voie de déve­lop­pe­ment et émergents ;
  • les États-Unis, deuxième pays émet­teur de la pla­nète et qui n’a pas rati­fié Kyoto, n’avanceront pas d’un pouce si la Chine ne fait rien ;
  • la Russie et le Japon – qui ont para­phé Kyoto – sont du même avis ;
  • l’Union euro­péenne affirme ne rien vou­loir signer sans enga­ge­ment de réduc­tion des États-Unis ;
  • quant au Canada, il devrait annon­cer son retrait du pro­to­cole de Kyoto avant la fin de l’année.

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