Lancement du Webzine « Nous autres »

NOUS AUTRES se présente…

Par Mis en ligne le 24 août 2012

Parce que nous sommes nom­breux à être sortis de l’ombre où un capi­ta­lisme triom­phant nous avait relé­gué, nous avons res­senti le besoin de nous regrou­per pour écrire, filmer, créer. Pour témoi­gner, en somme, des évé­ne­ments extra­or­di­naires qui secouent le confort et l’indifférence du Québec. [Éditorial]

Nous y sommes. Après des mois de débats, de réflexions, d’analyses, de créa­tion, de pleurs, d’espoirs - d’indignation, sur­tout. L’indignation enfin conju­guée au Nous. Des voix qui se retrouvent dans la soif du dia­logue, de recons­truire une vie en com­mune qui nous ras­semble plutôt qu’elle nous divise.

Ce « pre­mier numéro » du maga­zine Nous Autres est à l’image de la diver­sité des expé­riences et des points de vues de ses arti­sans. Bien qu’il évo­luera dans les pro­chains jours en vous pro­po­sant de nou­velles paru­tions, il vous offre dès sa mise en ligne deux dou­zaines de textes et de docu­ments vidéos pro­duits par ses membres fon­da­teurs et quelques col­la­bo­ra­teurs externes.

Né du prin­temps qué­bé­cois pour résis­ter à l’hiver poli­tique, Nous Autres fait une large place à l’étincelle que fut le conflit étu­diant – mou­ve­ment éveilleur de conscience réchauf­fant la fibre enga­gée de cen­taines de mil­liers de Québécois. Mario Jean a réa­lisé une vidéo mon­trant magni­fi­que­ment ce renou­veau poli­tique et social du Québec, bercée des mots de Moustaki, « une jolie fleur du mois de mai… qui nous donne envie de vivre… on l’appelle révo­lu­tion per­ma­nente… » Mais le prin­temps qué­bé­cois a aussi attisé notre colère et notre indi­gna­tion face à la vio­lence et l’arbitraire poli­ciers, comme nous l’exposons dans notre édi­to­rial accom­pa­gné d’un docu­ment vidéo cho­quant. En revanche, aux épreuves de force se sont oppo­sées un foi­son­ne­ment d’initiatives créa­trices et mili­tantes, comme on peut le voir dans « 7 jours de grève… la belle vie ! » pro­duit par 99% [Québec] pour Nous Autres.

Le réveil d’un peuple est aussi le réchauf­fe­ment et la créa­tion de soli­da­ri­tés nou­velles. D’éveil à l’autre. Bertrand Laverdure montre, dans le poé­tique »Je ne suis rien avant la #mani­fen­cours, » com­bien la force d’être ensemble trans­forme nos sub­jec­ti­vi­tés. Si les étu­diants ont sou­vent occupé la pre­mière place dans les médias tra­di­tion­nels, leur combat a permis éga­le­ment l’expression de reven­di­ca­tions et d’indignations pro­fondes – notam­ment des « Profs contre la hausse. » Anne Bérubénous offre les por­traits de ces profs, cro­qués par Sylvie Béland.

En plus de ces nou­velles soli­da­ri­tés, le conflit social a éga­le­ment été un révé­la­teur puis­sant des jeux de pou­voir au sein de la société qué­bé­coise. Dans un repor­tage fouillé, Moïse Marcoux-Chabot fait la genèse de points de droits obs­curs qui ont permis à l’appareil poli­cier de pro­cé­der ce prin­temps aux arres­ta­tions mas­sives que l’on sait. De son côté, Bertrand Laverdure a lu pour nous un ouvrage décons­trui­sant le pou­voir éco­no­mique et poli­tique d’un des hommes les plus puis­sants du Québec, Paul Desmarais.

L’arrogance du pou­voir ne se limite ni à la puis­sance finan­cière ni à celle de la police. Elle se reflète aussi dans la ges­tion des res­sources natu­relles du Québec, notam­ment dans le cadre du « Plan Nord. » Marie-Ève Rousseau a enquêté sur la ges­tion de l’organisme qui en a la charge.

Nous Autres cherche de la même manière à réflé­chir de notre société. Ainsi, Éric Martin nous invite à réflé­chir à notre destin commun dans un texte d’analyse appro­fondi, Reprendre nos esprits alors que Annabelle Moreau a lu pour nous le par­cours mili­tant de François Saillant. De la même manière, Nous Autres nous amè­nera à dépas­ser nos fron­tières, tant pour réflé­chir à l’avenir du capi­ta­lisme, comme le fait Ianik Marcil dans « Quelle éco­no­mie poli­tique de gauche pour le 21e siècle » qu’à ses consé­quences immé­diates, comme nous le pro­pose Léa Clermont-Dion dans un repor­tage sur les tra­vailleurs de l’industrie sucrière au Burkina Faso.

La vie en commun, c’est aussi la créa­tion et l’imaginaire. C’est la raison pour laquelle les œuvres poé­tiques ou d’arts visuels auront belle place dans Nous Autres. On pourra y décou­vrir les cari­ca­tures caus­tiques de Karine Turcot comme ses textes de réflexion sur les usages du lan­gage quo­ti­dien et son sens. Le jeune poète Julien Lavoie nous offre, dans « Le renou­veau des croyances ou se réta­blir au sens« , une belle réflexion sur nos racines et notre enra­ci­ne­ment.

Les arti­sans de Nous Autres, c’est aussi Mario Jean, qui a des­siné notre logo, Shanti Loiselle qui a mis sa science pour construire notre site web, Daniel Sylvestre qui a des­siné les por­traits des membres de l’équipe, Éric Robertson qui a donné un fier coup de main tech­nique pour la pro­duc­tion et la dif­fu­sion des vidéos comme plu­sieurs membres de l’équipe qui ont tra­vaillé dans l’ombre à l’organisation, la coor­di­na­tion et la logis­tique du projet, notam­ment Johanne Morrisseau, Karine Turcot et Moïse Marcoux-Chabot.

Nous Autres n’est pas l’oeuvre que de ses membres fon­da­teurs. Il accueille, notam­ment, dès sa mise en ligne :

Bonne lec­ture et soyez atten­tifs à la suite des choses. Nous Autres évo­luera en votre com­pa­gnie…

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