L’appel de Fukushima

Mettre la catastrophe sous contrôle citoyen

Pétition

Par Mis en ligne le 14 mai 2011

Nous, citoyens du monde,

Sommes extrê­me­ment pré­oc­cu­pés par la ges­tion lamen­table de la catas­trophe de Fukushima par la firme TEPCO.

La firme a-t-elle voulu pri­vi­lé­gier ses inté­rêts en visant une hypo­thé­tique remise en route de la cen­trale ? En tout cas, elle a agi dans le secret et n’a réuni qu’une partie des moyens pour pré­ser­ver les rive­rains, le peuple japo­nais, l’ensemble des peuples et les éco­sys­tèmes de notre pla­nète. Elle n’a pas appli­qué le prin­cipe de pré­cau­tion pour la pré­ven­tion maxi­male du feu nucléaire et de la conta­mi­na­tion de l’environnement.

En dépit de quelques pro­tes­ta­tions l’État japo­nais n’a fait que relayer les infor­ma­tions don­nées par la firme, qui conduit ses actions de manière opaque. Des experts de divers pays ont été asso­ciés, sans prise sur les déci­sions. Les demandes des ONG pré­sentes sur place, notam­ment Greenpeace et la CRIIRAD, pour une meilleure pro­tec­tion des popu­la­tions et trans­pa­rence dans les don­nées, n’ont pas été plus enten­dues que celles des citoyens japo­nais.

Nous pen­sons qu’il y a urgence à ce que l’action de TEPCO soit placée sous contrôle inter­na­tio­nal citoyen pour faire pré­va­loir les droits des humains et de l’environnement, de l’océan notam­ment.

Nous appe­lons les orga­ni­sa­tions citoyennes, les scien­ti­fiques, les États, les orga­nismes inter-gou­ver­ne­men­taux, à un sur­saut géné­ral pour exiger une prise en main inter­na­tio­nale et civique de la réponse à la catas­trophe de Fukushima et au delà, des éta­blis­se­ments à risque majeur par­tout dans le monde.

Les États ont trop partie liée avec l’industrie nucléaire pour en être des freins effi­caces. Les tech­ni­ciens locaux ne peuvent plus être lais­sés seuls face aux dif­fi­cul­tés, et sans ins­tance de réfé­rence externe face aux inci­dents qui se mul­ti­plient et res­tent occul­tés.

La terre dans son ensemble est notre souci commun, elle consti­tue le socle de l’intérêt géné­ral qui doit pré­va­loir sur des logiques d’entreprise et les logiques éta­tiques de puis­sance. Il est temps que les citoyens puissent s’ingérer au niveau inter­na­tio­nal dans les pro­cé­dures d’expertises tech­niques qui pré­sident à la mise en place d’équipements qui com­pro­mettent son carac­tère habi­table.

Les Nations Unies doivent aujourd’hui réor­ga­ni­ser la gou­ver­nance de la catas­trophe de Fukushima et prendre en compte toutes les coopé­ra­tions tech­niques et poli­tiques néces­saires, y com­pris non-gou­ver­ne­men­tales. Ainsi pourra être pré­fi­gu­rée la mise en place de nou­veaux dis­po­si­tifs unis­sant scien­ti­fiques, tech­ni­ciens et citoyens dans la pré­ven­tion des risques majeurs et dans les choix indus­triels et éner­gé­tiques.

SIGNER LA PÉTITION

We, citi­zens of the world,

Are extre­mely concer­ned by the ter­ri­fi­cally poor hand­ling of the Fukushima catas­trophe by TEPCO.

Did the com­pany wish to pri­vi­lege its own inter­ests, aiming at a hypo­the­ti­cal re-start of the power plant ? In any case, it acted covertly and used only a part of the appro­priate means to pro­tect the people of neigh­bo­ring areas, the Japanese people in its whole, and all peoples and eco­sys­tems of the planet. TEPCO did not apply the prin­ciple of pre­cau­tion for maxi­mal pre­ven­tion of nuclear disas­ter and conta­mi­na­tion of the envi­ron­ment.

Despite some pro­tests, the Japanese State has merely for­war­ded the infor­ma­tion pro­vi­ded by the com­pany, which acts in an opaque fashion. Experts from various coun­tries have been called in without having any effect on deci­sions taken. The demands of the NGOs present on site, par­ti­cu­larly Greenpeace and CRIIRAD, for an increa­sed pro­tec­tion of the popu­la­tion and grea­ter trans­pa­rency of infor­ma­tion, did not get more ans­wers than those of the Japanese people.

We believe urgent that TEPCO’s actions are placed under inter­na­tio­nal civic control on behalf of human and envi­ron­men­tal rights, concer­ning in par­ti­cu­lar the ocean.

We call on civic asso­cia­tions, scien­tists, States, inter-govern­men­tal agen­cies for a major rise in awa­re­ness and action to demand an inter­na­tio­nal and civic autho­rity in res­ponse to the Fukushima catas­trophe, and beyond, of all high-risk sites in the world.

State autho­ri­ties are too clo­sely tied to the nuclear indus­try to be effi­cient bar­riers against their action. Local tech­ni­cians cannot be left alone to cope with all dif­fi­cul­ties, without any higher autho­rity and any com­mu­ni­ca­tion with exter­nal world, which is moreo­ver faced with a gro­wing number of inci­dents remai­ning veiled untill now.

The Earth as a whole is our common concern ; the gene­ral inter­est should pre­vail over mana­ge­rial and State forms of rea­so­ning and power. It is high time that citi­zens play a role at the inter­na­tio­nal level in the tech­ni­cal eva­lua­tions which legi­ti­mize ins­tal­la­tions that com­pro­mise our living condi­tions.

The United Nations must reor­ga­nize the control over the Fukushima catas­trophe and involve all forms of tech­ni­cal and poli­ti­cal coope­ra­tion, inclu­ding from NGOs. Only in this way can we work towards new pro­ce­dures and path­ways uni­ting scien­tists, tech­ni­cians and citi­zens in the pre­ven­tion of major risks in indus­trial and ener­ge­tic deci­sions.

SIGN THE PETITION

Premiers signa­taires :

Jean Marc Adolphe, Journaliste, Directeur de Mouvement, Paris – Liliane Alazraki, Bibliothécaire, Marseille – Denis Baupin, Adjoint au Maire de Paris – Jean-Paul Besset, Député euro­péen – Thomas Berns, Philosophe, Université Libre de Bruxelles – François Boué, Physicien, CNRS, Paris – Frederic Brun, Inspecteur géné­ral de l’Agriculture, Paris – Carolina Cano, Sociologue, Paris – Dany Cohn-Bendit, Député euro­péen – Michèle Collin Chercheur CNRS, Paris – Antonella Corsani, Economiste, Paris Sorbonne – Emmanuelle Cosse, Journaliste, Conseillère régio­nale, Paris – Monique Crinon, Philosophe, Cedetim, Paris – Pascale Criton, Musicienne, Paris – Jean-Paul Deléage, Physicien et his­to­rien de l’écologie, Paris – Patrick Dubreil, méde­cin, Paris – Yann Fiévet, Professeur de Sciences éco­no­miques, Arnouville – Geneviève Fraisse, Philosophe, CNRS, Paris – Hélène Gassin, vice-pré­si­dente en charge de l’environnement, Région IDF – Jérome Gleize, Economiste, Paris XIII – Barbara Glowczewski, Anthropologue, CNRS/​Collège de France, Paris – Eric Guichard, direc­teur de pro­gramme au CIPh, Paris – Pascal Houba, Physicien, ensei­gnant, Paris – Yoshihiko Ichida, Philosophe, Université de Kobe, Japon – Rada Ivecovic, Philosophe, Paris – Ariel Kyrou, Journaliste et cher­cheur, Paris – Alvaro Luna Porras, Etudiant, Antony – Alain Manac’h, Retraité mili­tant de l’éducation popu­laire – Valérie Marange, Philosophe Paris VIII, Psychanalyste – Mickael Marie, Conseiller régio­nal de Basse-Normandie – Jean-Clet Martin, Philosophe, Collège inter­na­tio­nal de phi­lo­so­phie, Paris – Georges Menahem, Economiste, Sociologue, CNRS MSH, Paris – Didier Ménard, Médecin, Saint Denis – Pascale Molinier, Psychologue, CNAM, Paris – Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil, Paris – Frederic Neyrat, Philosophe, Paris – Yann Moulier Boutang, Professeur de sciences éco­no­miques, Compiègne – Véronique Nahoum-Grappe, Anthropologue, EHESS, Paris – Peter Pal Pelbart, Psychothérapeute, met­teur en scène, Sao Paolo, Brazil – Fred Périé, Plasticien et Ingénieur, Arcueil – Vincenza Perilli, Philosophe, Italie – Jean-Claude Polack, psy­chiatre, psy­cha­na­lyste, Paris – Beatriz Preciado, Philosophe, uni­ver­sité Paris VIII – Anne Querrien, Philosophe, Urbaniste, Paris – Dominique Quessada, Philosophe, Paris – Patric Rochedy, Conteur, St Didier sur Doulon – Sophie Roux, ensei­gnant-cher­cheur, U. de Grenoble Isabelle Saint-Saens, Ingénieure, Lyon – Anne Sauvagnargues, Philosophe, Université Paris Ouest – René Schérer, Philosophe, Paris – Monique Selim, Anthropologue, IRD Paris I, Paris – Danielle Sivadon, Psychanalyste, Paris – Isabelle Stengers, Philosophe, Bruxelles – Claude Taleb, vice pré­sident de la Région Haute Normandie – Jacques Testart, Biologiste, Critique de la science, Paris – Guy Trastour, Psychanalyste, Paris VII – Nathalie Trussart, Université Libre de Bruxelles – Jérôme Vidal, direc­teur de La Revue inter­na­tio­nale des livres et des idées – Patrick Viveret, Philosophe, Paris – Jérôme Valluy Sociologue, Université Panthéon-Sorbonne – Dominique Voynet, Médecin, Maire de Montreuil ancienne Ministre de l’environnement, France – Christiane Vollaire, Philosophe, Paris – Charles Wolfe, Philosophe, U de Sydney.

Et les revues Chimères, Écologie et Politique, Ecorev, Mouvement, Multitudes, Vacarme, Pratiques et le Syndicat de la méde­cine géné­rale.

Cliquer ici pour accé­der aux textes de l’appel en alle­mand, en chi­nois, en espa­gnol, en ita­lien, en japo­nais et en por­tu­gais

Les commentaires sont fermés.