L’industrie du vidéo, témoin de la transformation contemporaine du travail hautement qualifié

Par Mis en ligne le 21 février 2012

Les trois der­nières décen­nies ont été le théâtre de pro­fondes trans­for­ma­tions libé­ra­li­santes du capi­ta­lisme, autour de la mon­dia­li­sa­tion des échanges éco­no­miques, et ont vu émer­ger dans les entre­prises pri­vées des modèles d’affaires qui pré­sentent de grandes dif­fé­rences avec ceux de la période key­né­sienne qui a pré­cédé. La faci­li­ta­tion des échanges inter­na­tio­naux, tant au plan juri­dique, éco­no­mique que tech­no­lo­gique, aug­mente les oppor­tu­ni­tés de décom­po­ser les cycles de pro­duc­tion des biens et des ser­vices à l’intérieur d’un ter­ri­toire inter­na­tio­nal de plus en plus vaste. La déci­sion stra­té­gique tient doré­na­vant compte, oppor­tu­nité oblige, de l’avantage com­pé­ti­tif qu’on peut gagner à chaque étape à recom­bi­ner les fac­teurs de pro­duc­tion, dans un contexte où tant les capi­taux que la main-d’œuvre sont plus aisé­ment mobiles.

Dans le cours de ce mou­ve­ment, la pro­duc­tion se réor­ga­nise au plan inter­na­tio­nal et les pro­duc­tions manu­fac­tu­rières en série sont de plus en plus trans­fé­rées dans les éco­no­mies émer­gentes, alors que les pays dits déve­lop­pés se concentrent dans la pro­duc­tion des ser­vices, qui vont du plus au moins qua­li­fié, et les pro­duc­tions inno­vantes, tech­no­lo­gi­que­ment avan­cées et/​ou sur mesure, qui exigent de hauts niveaux de recherche et de déve­lop­pe­ment. Cela a pour résul­tat de faire des éco­no­mies déve­lop­pées des lieux dits de l’économie du savoir, où l’emploi très qua­li­fié aug­mente en part de l’emploi, notam­ment dans le sec­teur privé des orga­ni­sa­tions de haute tech­no­lo­gie et des tech­no­lo­gies de l’information et des com­mu­ni­ca­tions, dont il sera ques­tion plus par­ti­cu­liè­re­ment ici.

L’économie du Québec voit se déve­lop­per notam­ment des sec­teurs moteurs tels que la fabri­ca­tion d’ordinateurs et de com­po­sants élec­tro­niques, la fabri­ca­tion de pro­duits phar­ma­ceu­tiques et de médi­ca­ments, la concep­tion et la fabri­ca­tion d’avions et d’aéronefs, les tech­no­lo­gies de l’information et de la com­mu­ni­ca­tion et les ser­vices aux entre­prises, tous sec­teurs qui font partie de ce qu’on défi­nit comme l’économie du savoir.

Les indus­tries très actives en recherche et en déve­lop­pe­ment et celles qui uti­lisent une pro­por­tion élevée de scien­ti­fiques et d’ingénieurs sont clas­sées dans le savoir élevé. Les indus­tries du savoir élevé se carac­té­risent par la pré­pon­dé­rance d’actifs intan­gibles, la pré­sence d’activités à fort contenu de connais­sances et l’utilisation d’une main-d’œuvre hau­te­ment spé­cia­li­sée. De façon simple, cette clas­si­fi­ca­tion défi­nit les indus­tries du savoir élevé comme celles qui sont liées à l’innovation et aux nou­velles tech­no­lo­gies. Malgré l’éclatement de la bulle tech­no­lo­gique en 2001, la pro­duc­tion qui a connu la plus forte pro­gres­sion au Québec entre 1997 et 2003 est celle du savoir élevé (31 %), suivie de celle du savoir moyen (27 %). En 2004, l’industrie du film et de la vidéo connaît la pro­gres­sion d’emplois la plus impor­tante (8 %).

Extrait de l’article paru dans le numéro 7 des NCS

Les commentaires sont fermés.