L’industrie du vidéo, témoin de la transformation contemporaine du travail hautement qualifié

Les trois dernières décennies ont été le théâtre de profondes transformations libéralisantes du capitalisme, autour de la mondialisation des échanges économiques, et ont vu émerger dans les entreprises privées des modèles d’affaires qui présentent de grandes différences avec ceux de la période keynésienne qui a précédé. La facilitation des échanges internationaux, tant au plan juridique, économique que technologique, augmente les opportunités de décomposer les cycles de production des biens et des services à l’intérieur d’un territoire international de plus en plus vaste. La décision stratégique tient dorénavant compte, opportunité oblige, de l’avantage compétitif qu’on peut gagner à chaque étape à recombiner les facteurs de production, dans un contexte où tant les capitaux que la main-d’œuvre sont plus aisément mobiles.

Dans le cours de ce mouvement, la production se réorganise au plan international et les productions manufacturières en série sont de plus en plus transférées dans les économies émergentes, alors que les pays dits développés se concentrent dans la production des services, qui vont du plus au moins qualifié, et les productions innovantes, technologiquement avancées et/ou sur mesure, qui exigent de hauts niveaux de recherche et de développement. Cela a pour résultat de faire des économies développées des lieux dits de l’économie du savoir, où l’emploi très qualifié augmente en part de l’emploi, notamment dans le secteur privé des organisations de haute technologie et des technologies de l’information et des communications, dont il sera question plus particulièrement ici.

L’économie du Québec voit se développer notamment des secteurs moteurs tels que la fabrication d’ordinateurs et de composants électroniques, la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, la conception et la fabrication d’avions et d’aéronefs, les technologies de l’information et de la communication et les services aux entreprises, tous secteurs qui font partie de ce qu’on définit comme l’économie du savoir.

Les industries très actives en recherche et en développement et celles qui utilisent une proportion élevée de scientifiques et d’ingénieurs sont classées dans le savoir élevé. Les industries du savoir élevé se caractérisent par la prépondérance d’actifs intangibles, la présence d’activités à fort contenu de connaissances et l’utilisation d’une main-d’œuvre hautement spécialisée. De façon simple, cette classification définit les industries du savoir élevé comme celles qui sont liées à l’innovation et aux nouvelles technologies. Malgré l’éclatement de la bulle technologique en 2001, la production qui a connu la plus forte progression au Québec entre 1997 et 2003 est celle du savoir élevé (31 %), suivie de celle du savoir moyen (27 %). En 2004, l’industrie du film et de la vidéo connaît la progression d’emplois la plus importante (8 %).

 Extrait de l’article paru dans le numéro 7 des NCS