Le Climat économique pour les négociations

Résumé des perspectives économiques

Par Mis en ligne le 10 janvier 2012

L’économie cana­dienne s’est accrue au cours du troi­sième tri­mestre, sur­fant sur la vague d’exportations plus éle­vées. Notre éco­no­mie inté­rieure ralen­tit brus­que­ment, ce qui se tra­duit par des pertes d’emplois et un déclin des salaires réels.

Les mesures d’austérité et la crise de l’Euro ont replongé bon nombre de pays euro­péens en réces­sion. Aux États-Unis, l’expiration des mesures de relance exis­tantes et le refus des Républicains d’adopter toute nou­velle mesure entraî­ne­ront une réduc­tion de la demande pro­ve­nant de ce pays.

Chez nous, le prix des mai­sons sur­éva­lué, les niveaux d’endettement des ménages sans pré­cé­dent et les cou­pures dans les dépenses gou­ver­ne­men­tales obs­cur­cissent encore davan­tage notre éco­no­mie inté­rieure.

Les pré­vi­sions éco­no­miques pri­vées sont les sui­vantes :

L’activité éco­no­mique (PIB) ralen­tira et pas­sera de 2,3 % en 2011 à 2,1 % en 2012.
Le taux de chô­mage demeu­rera élevé : il attein­dra une moyenne de 7,5 % cette année et de 7,3 % en 2012.
L’indice des prix à la consom­ma­tion pas­sera d’une moyenne de 2,9 % en 2011 à 2,0 % en 2012.
Les inéga­li­tés crois­santes nuisent à notre éco­no­mie

Les inéga­li­tés des reve­nus au Canada sont non seule­ment pires que ce que l’on voit en moyenne, mais elles aug­mentent à un rythme accé­léré. Elles consti­tuent éga­le­ment un pro­blème fon­da­men­tal dont le résul­tat est l’affaiblissement de notre éco­no­mie. Aujourd’hui, même les orga­ni­sa­tions favo­rables aux entre­prises sont d’accord avec Warren Buffett et le Mouvement d’occupation : la théo­rie des effets de retom­bée n’est pas valable. Les solu­tions ne sont pas com­pli­quées : nos diri­geants poli­tiques doivent être à l’écoute — et doivent agir.

Les droits dans le domaine du tra­vail, les syn­di­cats et les 99 %

La lutte pour les droits dans le domaine du tra­vail s’intensifie au Canada au moment où cer­tains gou­ver­ne­ments inter­viennent de plus en plus dans les négo­cia­tions col­lec­tives et essaient de limi­ter le pou­voir des syn­di­cats. Cela se pro­duit au moment où les inéga­li­tés au Canada s’accentuent — elles sont consi­dé­rées aujourd’hui comme élé­ment nui­sible à la crois­sance éco­no­mique. Le lien entre la syn­di­ca­li­sa­tion et l’égalité est sans équi­voque. Lorsque le taux
de syn­di­ca­li­sa­tion aug­mente, l’égalité aug­mente à son tour et lorsque ce taux baisse, les inéga­li­tés s’accentuent — et la part qui revient au groupe des 1 % les plus riches aug­mente.

L’économie cana­dienne perd des emplois ; les com­pres­sions dans le sec­teur public s’accélèrent

L’économie cana­dienne a encore perdu des emplois au cours des deux der­niers mois. Plus de licen­cie­ments sont prévus dans le sec­teur public à l’échelle des gou­ver­ne­ments fédé­ral et pro­vin­ciaux ainsi qu’à l’échelle des admi­nis­tra­tions muni­ci­pales, ce qui entraî­nera la hausse du chô­mage.

La réces­sion et les com­pres­sions touchent plus par­ti­cu­liè­re­ment les Autochtones et les tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques

Les chiffres montrent que la réces­sion et les com­pres­sions touchent plus les Autochtones et les tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques. D’autres com­pres­sions ren­dront la situa­tion encore pire pour les groupes qui subissent la dis­cri­mi­na­tion, et qui sont déjà à faible revenu et connaissent des taux de chô­mage et de pau­vreté plus élevés que la moyenne. Aujourd’hui, nous avons une occa­sion de nous assu­rer que les pro­grammes d’infrastructure à venir répondent aux pré­oc­cu­pa­tions rela­tives à l’égalité.

Les salaires réels devraient connaître la plus impor­tante dimi­nu­tion depuis 1995

Poussés à la baisse par les aug­men­ta­tions du salaire infé­rieures dans le sec­teur public, les salaires réels des tra­vailleurs cana­diens devraient connaître leur plus impor­tante dimi­nu­tion depuis 1995.

Le Climat éco­no­mique pour les négo­cia­tions est un tri­mes­triel publié par le Syndicat cana­dien de la fonc­tion publique. Veuillez com­mu­ni­quer avec Toby Sanger (tsanger@​cupe.​ca) pour toute cor­rec­tion, ques­tion, sug­ges­tion ou contri­bu­tion !

Les inéga­li­tés crois­santes nuisent à notre éco­no­mie
L’économie cana­dienne est une oasis de sta­bi­lité au milieu d’un monde de plus en plus tur­bu­lent.

Alors que la crise en Europe et les conflits poli­tiques aux États-Unis font la man­chette, nous vivons au Canada des fai­blesses éco­no­miques de plus en plus crois­santes.

La crois­sance de l’emploi et des salaires réels a enre­gis­tré un solde néga­tif : un mau­vais signe au moment où les dépenses de consom­ma­tion repré­sentent les deux tiers de l’économie. Les mar­chés du loge­ment du Canada demeurent sur­éva­lués : si une cor­rec­tion a lieu, cela aggra­vera la situa­tion périlleuse des finances des ménages. Les gou­ver­ne­ments, tous paliers confon­dus, réduisent les dépenses et pla­ni­fient de nou­veaux licen­cie­ments, ce qui aug­men­tera le chô­mage et ralen­tira l’économie. Il n’est pas sur­pre­nant que les entre­prises inves­tissent peu de leurs pro­fits dans l’économie.

Après le genre de crises finan­cières que nous venons de vivre, la crois­sance éco­no­mique et la crois­sance de l’emploi tendent à demeu­rer plus lentes que les années nor­males. Cependant, rien n’est iné­luc­table au sujet de la situa­tion que nous visons.

Les inéga­li­tés et dés­équi­libres crois­sants dans notre éco­no­mie sont les pro­blèmes fon­da­men­taux qui ont entraîné la crise. Nous conti­nue­rons de souf­frir si rien n’est fait pour cor­ri­ger la situa­tion.

Nous l’avons répété depuis des années : les inéga­li­tés ne sont pas seule­ment injustes, mais elles nuisent éga­le­ment à l’économie. Maintenant, même les orga­ni­sa­tions favo­rables aux entre­prises, notam­ment le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, le Conference Board of Canadaet plus récem­ment l’Organisation de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment économique(OCDE) sont d’accord avec Warren Buffettet le Mouvement d’occupation : la théo­rie des effets de retom­bée n’est pas valable. Il est grand temps pour nos diri­geants poli­tiques d’être à l’écoute — et d’agir.

Les solu­tions ne sont pas com­pli­quées. Nous devons intro­duire des chan­ge­ments pro­gres­sifs à notre sys­tème fiscal de façon à ce que les riches et les entre­prises paient leurs justes parts. Nous devons aug­men­ter les inves­tis­se­ments et les dépenses publics concer­nant les ser­vices publics et les aides sociales afin de sti­mu­ler l’économie, de créer des emplois et d’améliorer les niveaux de vie. Les gou­ver­ne­ments doivent tra­vailler en col­la­bo­ra­tion avec les entre­prises, les spé­cia­listes et les tra­vailleurs afin de créer une éco­no­mie plus inno­vante, plus pro­duc­tive et plus res­pec­tueuse de l’environnement. Nous devons éga­le­ment opérer des chan­ge­ments afin de mieux contrô­ler le capi­tal et de ren­for­cer le pou­voir de négo­cia­tion des tra­vailleurs pour leur per­mettre de tou­cher une partie des gains de pro­duc­ti­vité et de béné­fi­cier de l’augmentation des salaires réels.

Perspectives éco­no­miques de 2012 – prin­ci­paux élé­ments

Des taux de crois­sance éco­no­mique qui conti­nuent de ralen­tir sont prévus tant à l’échelle natio­nale que dans les pro­vinces.

On s’attend à ce que les dépenses glo­bales du gou­ver­ne­ment se sta­bi­lisent ou dimi­nuent, consé­quence de mesures d’austérité incon­trô­lées et de la réduc­tion des dépenses publiques.

La crois­sance de l’emploi suivra à peine le rythme de la crois­sance de la popu­la­tion active, ce qui entraîne la hausse du taux de chô­mage.

On s’attend à ce que le taux d’inflation baisse pour atteindre 2 %, sui­vant ainsi la baisse ou le ralen­tis­se­ment de l’augmentation des prix des car­bu­rants, des pro­duits ali­men­taires et des loge­ments. Les taux d’intérêt et les coûts d’emprunt devraient demeu­rer bas pour une autre année.

Prévisions éco­no­miques cana­diennes et pro­vin­ciales

Les droits dans le domaine du tra­vail, les syn­di­cats et les 99 %
À la suite des ten­ta­tives des répu­bli­cains du Tea Partyde neu­tra­li­ser les syn­di­cats du sec­teur public aux États-Unis, la lutte pour les droits dans le domaine du tra­vail prend de l’ampleur au Canada.

Le gou­ver­ne­ment fédé­ral n’a pas hésité long­temps avant de choi­sir le camp des employeurs et impo­ser la loi de retour au tra­vail et des règle­ments sala­riaux aux tra­vailleurs même dans les conflits de tra­vail dans le sec­teur privé.

Le gou­ver­ne­ment a ainsi agi même s’il existe des preu­vesque son inter­ven­tion dans les négo­cia­tions col­lec­tives ne fait qu’augmenter les dépenses et créer des rela­tions ten­dues et entraî­ner plus de grèves dans les années à venir.

En Ontario, même s’il a essuyé un échec aux élec­tions, le chef des Conservateurs Tim Hudak conti­nue de deman­der que le gou­ver­ne­ment impose un gel des salaires obli­ga­toire aux tra­vailleurs du sec­teur public, limite la capa­cité des arbitres d’accorder des aug­men­ta­tions de salaires et de réduit le pou­voir des syn­di­cats.

Les conser­va­teurs fédé­raux ont éga­le­ment mul­ti­plié leurs attaques contre les syn­di­cats en éta­blis­sant un projet de loi qui devrait sup­pri­mer la déduc­tion fis­cale rela­tive aux coti­sa­tions syn­di­cales pour les syn­di­cats qui ne répondent pas aux normes rela­tives aux divul­ga­tions détaillées de leurs dépenses, par­ti­cu­liè­re­ment en ce qui a trait à la défense des droits et à l’activité poli­tique. Ce projet de loi éma­nant des dépu­tés a été déclaré irre­ce­vable, mais le gou­ver­ne­ment pour­rait très bien le dépo­ser à nou­veau. Le ministre du Travail du Québec a éga­le­ment déposé un projet de loi sem­blable. Malgré les attaques au niveau poli­tique, les taux de syn­di­ca­li­sa­tion sont demeu­rés sta­ble­sau Canada au cours de l’année der­nière. Le nombre des syn­di­qués a atteint 4,3 mil­lions au pre­mier semestre de 2011, aug­men­tant à un rythme légè­re­ment plus rapide que celui de la crois­sance de l’emploi.

Par consé­quent, le pour­cen­tage des employés rému­né­rés qui sont syn­di­qués a aug­menté légè­re­ment à 29,7 % par rap­port aux 29.6 % en 2010.

Alors que les branches d’activités du sec­teur public conti­nuent d’enregistrer des taux de syn­di­ca­li­sa­tion élevés, l’administration publique a enre­gis­tré une baisse, tandis que le pour­cen­tage des ouvriers syn­di­qués tra­vaillant dans la fabri­ca­tion et les ser­vices publics a enre­gis­tré une aug­men­ta­tion remar­quable. La pro­por­tion des femmes syn­di­quée aug­mente de plus en plus. Le taux de syn­di­ca­li­sa­tion des femmes a atteint 31,1 %, alors que celui des hommes est resté stable à 28,2 %.

Cependant, il est pro­bable que les taux de syn­di­ca­li­sa­tion baissent au cours des années à venir au fur et à mesure que les gou­ver­ne­ments fédé­ral et pro­vin­ciaux ainsi que les admi­nis­tra­tions muni­ci­pales sup­priment des emplois dans le sec­teur public par l’entremise de l’attrition, des licen­cie­ments et de l’impartition.

Si cela arrive, la consé­quence sera inévi­ta­ble­ment l’accélération des inéga­li­tés au Canada.

Le lien entre la syn­di­ca­li­sa­tion et l’égalité est sans équi­voque. Lorsque le taux de syn­di­ca­li­sa­tion aug­mente, l’égalité aug­mente à son tour et lorsque ce taux baisse, les inéga­li­tés s’accentuent — et la part qui revient au groupe des 1 % les plus riches aug­mente. Ce lien est évi­dent­dans de nom­breux pays, y com­pris le Canada (voir ci-dessus) et entre les pro­vinces.

Une plus grande éga­lité n’est pas seule­ment impor­tante en ce qui a trait à la jus­tice, mais elle contri­bue éga­le­ment à créer des socié­tés plus en santé pour tout le monde. Il existe un lien étroi­tentre l’égalité des reve­nus et tout un ensemble de mesures sociales et en matière de santé, notam­ment l’espérance de vie, la santé phy­sique et men­tale et les niveaux de cri­mi­na­lité.

Même des éco­no­mistes issus des orga­ni­sa­tions tra­di­tion­nel­le­ment en faveur du libre marché tel que le Fonds moné­taire inter­na­tio­na­let le Conference Board of Canadareconnaissent aujourd’hui le fait que l’augmentation des taux d’inégalité nuit à la crois­sance de notre éco­no­mie.

Les syn­di­cats ne cherchent pas seule­ment à ren­for­cer l’égalité en aug­men­tant les salaires et les pres­ta­tions de leurs propres membres, mais accen­tuent éga­le­ment la pres­sion sur les employeurs non syn­di­qués pour qu’ils paient des salaires plus élevés. Les échelles de salaires syn­di­caux per­mettent des pres­ta­tions plus impor­tantes pour les tra­vailleurs les moins payés et limitent les salaires du per­son­nel de la haute direc­tion. Les syn­di­cats jouent éga­le­men­tun impor­tant rôle dans l’établissement de poli­tiques sociales et éco­no­miques plus équi­tables pour tout le monde par l’entremise de la défense des droits et l’activité poli­tique.

Ce n’est pas seule­ment 30 % des tra­vailleurs qui béné­fi­cient des avan­tages que pro­curent les syn­di­cats, mais éga­le­ment le reste des 99 %, voilà pour­quoi ils font l’objet d’attaque du 1 %.

L’économie cana­dienne perd des emplois ; les com­pres­sions dans le sec­teur public s’accélèrent

L’économie cana­dienne a encore perdu des emplois au cours de deux der­niers mois, neu­tra­li­sant ainsi l’amélioration de la situa­tion de l’emploi enre­gis­trée en sep­tembre et pous­sant le taux de chô­mage à l’échelle natio­nale à la hausse (7,4 %).

Le nombre de per­sonnes au chô­mage en novembre a atteint presque 1,4 mil­lion, 60 000 de plus qu’en sep­tembre. Il s’agit là de la plus grande aug­men­ta­tion du chô­mage en deux mois depuis juin 2009 alors que le Canada se trou­vait en pleine réces­sion.

Si plus de gens n’avaient pas quitté le marché de l’emploi, le taux de chô­mage serait aug­menté de 110 000 au cours des deux der­niers mois.

Les chiffres rela­tifs aux chan­ge­ments de la popu­la­tion active au Canada au fil des mois ne sont certes pas très exacts, mais deux mois consé­cu­tifs de perte d’emplois tota­li­sant 63 000 et une aug­men­ta­tion sem­blable du chô­mage devraient être une source majeure d’inquiétude, par­ti­cu­liè­re­ment lorsque cela est accom­pa­gné de faibles taux de par­ti­ci­pa­tion à la popu­la­tion active.

En com­pa­rai­son, l’économie amé­ri­caine a créé plus de 200 000 emplois au cours des deux der­niers mois.

L’emploi dans le sec­teur public a été par­ti­cu­liè­re­ment faible. Il a en effet baissé de 0,2 % depuis sep­tembre et n’est supé­rieur que de 0,4 % par rap­port à il y a une année.

L’enquête sur la rému­né­ra­tion de Statistique Canada montre éga­le­ment une baisse conti­nue de l’emploi dans le sec­teur public depuis avril der­nier.

La plus grande partie de la baisse enre­gis­trée était liée au licen­cie­ment des tra­vailleurs tem­po­raires dans la fonc­tion publique fédé­rale recru­tés aux fins du recen­se­ment de 2011, mais il y avait éga­le­ment une dimi­nu­tion du nombre de per­sonnes employées par les admi­nis­tra­tions muni­ci­pales, les uni­ver­si­tés et col­lèges et les com­mis­sions sco­laires locales depuis avril der­nier.

Au cours de la même période, on a enre­gis­tré une aug­men­ta­tion du nombre de per­sonnes employées par les gou­ver­ne­ments pro­vin­ciaux, dans la santé et les ser­vices sociaux et dans les socié­tés d’État, dans les ser­vices publics par exemple.

En raison des réduc­tions des effec­tifs pré­vues au niveau des gou­ver­ne­ments fédé­ral et pro­vin­ciaux ainsi que des admi­nis­tra­tions locales au moyen de l’attrition et des licen­cie­ments directs, il pour­rait y avoir une dimi­nu­tion géné­rale du nombre des tra­vailleurs du sec­teur public l’année pro­chaine pour la pre­mière fois depuis 1997.

Par exemple, le maire de Toronto Rob Ford a pro­posé de sup­pri­mer plus de 2 300 emplois, ou 5 % du per­son­nel de la ville. Le pre­mier ministre de l’Ontario Dalton McGuinty s’est engagé à réduire l’effectif de la fonc­tion publique de l’Ontario de 5 % ou 3 400 équi­va­lents temps plein (ETP) d’ici avril 2012 et a annoncé récem­ment qu’une autre réduc­tion de 1200 emplois suivra.

Les com­pres­sions dans les bud­gets fédé­raux annon­cées il y a deux ans sont aujourd’hui en vigueur, et de nom­breuses autres com­pres­sions annon­cées dans les bud­gets récents sui­vront.

Le marché de l’emploi du sec­teur privé étant encore faible, les réduc­tions des effec­tifs dans le sec­teur public nui­raient par­ti­cu­liè­re­ment à l’économie.

En tant que pro­por­tion du nombre total de per­sonnes employées, l’emploi dans le sec­teur public a aug­menté au cours des der­nières années, en raison, en partie, de la dimi­nu­tion du nombre d’emplois dans le sec­teur privé, mais il demeure tou­jours à un faible taux par rap­port à ce qu’il était avant 1996, toutes années confon­dues.

Selon les pré­vi­sions, il n’y aura aucune aug­men­ta­tion des dépenses glo­bales du gou­ver­ne­ment en 2012, la crois­sance de l’emploi suivra à peine le rythme de la crois­sance de la popu­la­tion active, et on enre­gis­trera une légère dimi­nu­tion des taux de chô­mage.

La réces­sion et les com­pres­sions touchent plus par­ti­cu­liè­re­ment les Autochtones et les tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques
Les inéga­li­tés nuisent à la crois­sance éco­no­mique
Les chiffres rendus publics récem­ment­montrent que la réces­sion et les com­pres­sions dans le sec­teur public touchent plus par­ti­cu­liè­re­ment les autoch­tones et les tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques.

Les autoch­tones ont non seule­ment perdu des emplois deux fois plus que le taux des autres tra­vailleurs au cours de la période de réces­sion, mais leur rythme de perte d’emploi s’est accé­léré en 2010 alors que les niveaux d’emploi des autres Canadiens se sont redres­sés.

Le taux de chô­mage auprès des Autochtones a atteint en moyenne 14,3 % en 2010, près du double du taux de chô­mage parmi les autres Canadiens. Ces chiffres ne com­prennent même pas les Premières nations vivant dans les réserves ou dans les Territoires du Nord-Ouest, où les taux de chô­mage sont beau­coup plus élevés, et ne com­prennent pas non plus les tra­vailleurs décou­ra­gés qui ont cessé de cher­cher des emplois.

Si les chiffres incluaient ce qui pré­cède, le taux de chô­mage réel chez les Autochtones dépas­se­rait les 20 %. Les plus récents chiffres du recen­se­ment­dis­po­nibles montrent que le taux de chô­mage chez les per­sonnes issues des Premières nations vivant dans les réserves était presque le double du taux de celles vivant à l’extérieur des réserves.

L’augmentation du nombre de per­sonnes occu­pant des emplois à temps par­tiel et des emplois tem­po­raires entre 2008 et 2010 a été plus impor­tante parmi les Autochtones que parmi les autres Canadiens.

La plu­part des emplois perdus par les Autochtones étaient ceux du per­son­nel de métier, du per­son­nel spé­cia­lisé dans la conduite du maté­riel de trans­port et de la machi­ne­rie, des emplois dans le domaine de la vente et ser­vice, de la fabri­ca­tion, de la trans­for­ma­tion et des ser­vices publics. Dans ces cas, les pertes d’emploi étaient sem­blables à ce qui a été enre­gis­tré pour le reste de la popu­la­tion, mais étant donné que la ten­dance chez les tra­vailleurs autoch­tones est qu’ils ont moins d’ancienneté, la pra­tique du der­nier embau­ché, pre­mier congé­dié est de mise.

Ces pro­blèmes pour­raient s’aggraver avec les réduc­tions des effec­tifs dans le sec­teur public. Une grande pro­por­tion des Autochtones, par rap­port à la popu­la­tion géné­rale, occupe des emplois dans le sec­teur public, comme l’administration publique, les soins de santé et les ser­vices sociaux.

Les tra­vailleurs autoch­tones qui ont moins d’ancienneté pour­raient être les pre­miers à perdre leurs emplois à la suite des réduc­tions des effec­tifs dans le sec­teur public. Même si les réduc­tions des effec­tifs ne concernent que l’attrition, le manque d’embauche s n’ouvre pas des occa­sions aux jeunes Autochtones qui repré­sentent une pro­por­tion beau­coup plus grande au sein de leur popu­la­tion que les autres cana­diens.

Alors que la réces­sion qui a entraîné l’augmentation du chô­mage a touché plus dure­ment les hommes et les jeunes, les réduc­tions des effec­tifs tou­che­ront pro­ba­ble­ment plus les femmes.

Les femmes non seule­ment repré­sentent la majo­rité des effec­tifs du sec­teur public, mais elles sont plus sus­cep­tibles d’occuper des emplois tem­po­raires, des emplois à temps par­tiel et des emplois pré­caires.

L’expérience des Autochtones au cours des deux der­nières années révèle les défaillances des mesures de sti­mu­la­tion éco­no­miques du gou­ver­ne­ment visant à répondre aux pré­oc­cu­pa­tions à propos de l’égalité.

Il est par­ti­cu­liè­re­ment trou­blant de consta­ter que la condi­tion des ser­vices de base, du loge­ment et de l’enseignement dans de nom­breuses col­lec­ti­vi­tés des Premières nations est si dégra­dée après une telle impor­tance accor­dée aux dépenses dans l’infrastructure. Le coût d’un mil­liard de dol­lars par année des­tiné à atté­nuer cer­tains effets éco­no­miques néfastes du colo­nia­lisme par l’entremise de l’Accord de Kelowna — annulé par le pre­mier ministre Harper — semble rela­ti­ve­ment limité com­paré aux 25 mil­liards de dol­lars par année que coûte le Plan d’action éco­no­mique.

Le Plan d’action éco­no­mique du gou­ver­ne­ment fédé­ral a certes prévu des fonds des­ti­nés aux Premières nations, mais il y en avait très peu pour les Autochtones vivant à l’extérieur des réserves.

Non seule­ment presque tous les emplois directs créés concer­naient des pro­fes­sions tra­di­tion­nel­le­ment mas­cu­li­nes­dans le sec­teur public, mais peu semblent des­ti­nés aux Autochtones. Nous ne sau­rons jamais les faits réels, car les gou­ver­ne­ments fédé­ral et pro­vin­ciaux n’ont pas assuré le sui­vides emplois réel­le­ment créés, et encore moins des per­sonnes qui occu­paient des emplois.

À l’exception des nou­velles ques­tions concer­nant l’identité des Autochtones, l’enquête sur la popu­la­tion active du Canada ne fait pas la col­lecte de don­nées rela­tives à la race ou à l’ethnie concer­nant les autres col­lec­ti­vi­tés issues de cer­tains groupes eth­niques. Les seuls chiffres fiables sur les autres groupes sont dis­po­nibles par l’entremise du recen­se­ment tous les cinq ans.

Cependant, des ana­lyses pro­ve­nant des États-Unis montrent que la com­mu­nauté noire est tou­chée dis­pro­por­tion­nel­le­ment par la réduc­tion des effec­tifs dans le sec­teur public, par­ti­cu­liè­re­ment au niveau muni­ci­pal et dans le sec­teur public élargi.

Par exemple, envi­ron deux tiers des employés de la ville de Chicago qui font face au licen­cie­ment sont des Afro-Américains.

De nom­breux employés qui per­dront leurs emplois à la suite de la déci­sion de Ford le maire de Toronto d’impartir les ser­vices du ramas­sage des ordures ména­gères et d’autres ser­vices publics sont des femmes ou issus des groupes mino­ri­taires. Il s’agit ici d’emplois parmi les plus durs et les moins payés du sec­teur public, mais ils assurent quand même un meilleur salaire, de meilleures pres­ta­tions et une meilleure sécu­rité que des emplois simi­laires dans le sec­teur privé.

La perte de ces emplois décents est par­ti­cu­liè­re­ment trou­blante, car les Autochtones et les tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques sont déjà moins payés et sous-repré­sen­tés au sein de l’effectif.

Les taux de chô­mage auprès de la plu­part des tra­vailleurs issus de cer­tains groupes eth­niques sont lar­ge­ment supé­rieurs alors que les taux de faible revenu sont au moins le double, voire le triple de la moyenne natio­nale, tel que le montre le rap­port de Sheila Block et Grace-Edward Galabuzi sur Canada’s Colour-Coded Labour Market.

Il est inévi­table que les com­pres­sions dans le sec­teur public retardent le pro­grès vers une plus grande éga­lité. Non seule­ment les femmes, les familles vul­né­rables et à faible revenu dépen­dant des ser­vices publics, mais il est plus pro­bable qu’elles perdent leurs emplois et leurs reve­nus en raison des réduc­tions des effec­tifs dans le sec­teur public, l’impartition ou les « res­tric­tions » sala­riales.

Alors que l’égalité et les droits de la per­sonne devraient être nos pre­mières pré­oc­cu­pa­tions, force est de consta­ter que les Autochtones et les col­lec­ti­vi­tés issues de cer­tains groupes eth­niques et les femmes ne sont pas les seuls à être tou­chés par les inéga­li­tés.

Une récente étude a estimé les avan­tages éco­no­miques de la réduc­tion de l’écart en matière d’éducation pour les Autochtones à 90 mil­liards de dol­lars seule­ment en Saskatchewan. Le coût du chô­mage et de la perte de pro­duc­ti­vité pour toutes les autres per­sonnes qui n’atteignent pas leur plein poten­tiel ou ne tra­vaillent pas assez pour le réa­li­ser est beau­coup plus élevé.

À moins que des pro­grès ne soient réa­li­sés, cela devien­dra par­ti­cu­liè­re­ment un pro­blème au cours des années à venir. Étant donné le ralen­tis­se­ment de la crois­sance démo­gra­phique au Canada, la pro­por­tion des mino­ri­tés visibles, des immi­grants récents et des autoch­tones dans la popu­la­tion active aug­men­tera, ce qui contri­buera au main­tien de la crois­sance de l’économie cana­dienne.

Les récentes pro­jec­tions de Statistique Canadaestiment que dans 20 ans un tiers de la popu­la­tion active au Canada sera com­posé de per­sonnes nées à l’étranger et plus de 30 % pour­raient appar­te­nir à une mino­rité visible d’ici 2031. Cela signi­fie que nous devons réa­li­ser plus de pro­grès non seule­ment pour ce qui est de la recon­nais­sance des com­pé­tences des tra­vailleurs étran­gers, mais éga­le­ment concer­nant l’élimination des obs­tacles pour atteindre l’égalité.

Le SCFP et d’autres syn­di­cats ont éla­boré des mesures et le libellé de la conven­tion­pour réduire les inéga­li­tés en milieu de tra­vail, notam­ment les clauses rela­tives à l’équité en matière d’emploi, réduire les obs­tacles et répondre aux besoins des dif­fé­rents tra­vailleurs. Cependant, il est beau­coup plus dif­fi­cile de réa­li­ser des pro­grès en pré­sence des com­pres­sions et lorsque les gou­ver­ne­ments et les employeurs ne donnent pas eux-mêmes une impul­sion à l’élaboration de mesures pour ins­tau­rer l’égalité.

Nous avons aujourd’hui une occa­sion d’apprendre des erreurs du passé. Par exemple, vu les plans en cours concer­nant un nou­veau pro­gramme fédé­ral d’infrastructure, nous avons une occa­sion non seule­ment pour assu­rer que plus des fonds sont des­ti­nés à rendre nos col­lec­ti­vi­tés plus vertes, mais éga­le­ment que ce pro­gramme crée des emplois et de meilleures occa­sions pour tous les Canadiens.

La cible d’inflation de deux pour cent adop­tée de nou­veau, mais on attend une plus grande flexi­bi­lité
Après cinq années d’études et de ter­gi­ver­sa­tions à savoir si la cible d’inflation du Canada devait être réduite ou modi­fiée, le gou­ver­ne­ment fédé­ral a décidé de renou­ve­ler la cible d’inflation de 2%pour au moins cinq années sup­plé­men­taires – mais il signale qu’il appro­chera cette cible avec une plus grande flexi­bi­lité.

Le Canada sous­crit à une cible d’inflation du prix à la consom­ma­tion de 2% depuis 20 ans. Il a réussi à main­te­nir l’inflation à un niveau près de 2 % au cours de cette période, mais au coût d’une réces­sion grave dans les années 1990 et au détri­ment d’autres objec­tifs comme la créa­tion d’emplois.

L’inflation peut aussi avoir une inci­dence impor­tante sur la redis­tri­bu­tion et l’égalité : les taux d’inflation plus faibles pro­fitent habi­tuel­le­ment aux per­sonnes mieux nan­ties, qui ont de faibles niveaux de dettes fixes et de reve­nus fixes.

Non seule­ment cela exa­cerbe les inéga­li­tés, mais l’analyse éco­no­mique montre que les réduc­tions d’impôt, en par­ti­cu­lier les réduc­tions de l’impôt sur le revenu des socié­tés, ont le plus faible impact sur les emplois et la crois­sance de l’économie. Cela signi­fie que la réduc­tion des dépenses publiques pour com­pen­ser les réduc­tions de l’impôt sur le revenu des socié­tés détruit des emplois et réduit la crois­sance éco­no­mique.

Effets et pers­pec­tives de l’inflation
L’inflation des prix à la consom­ma­tion s’est accrue de 2,9 % au cours des douze mois pré­cé­dant octobre, et s’est éta­blie à une moyenne de 3 % supé­rieure au cours des dix pre­miers mois de 2011.

L’inflation a atteint son point culmi­nant dans les pro­vinces atlan­tiques où, en octobre, le taux a atteint 4 % au Nouveau-Brunswick, 3,9 % en Nouvelle-Écosse et 3,5 % à Terre-Neuve. La Colombie-Britannique affiche le plus faible taux d’inflation à 2,3 %.

La plu­part des pro­vinces ont connu une infla­tion moyenne de 3 % ou plus à ce jour cette année.

L’inflation a aug­menté presque entiè­re­ment en raison des prix plus élevés pour l’énergie et les ali­ments.

Le prix du mazout était supé­rieur de 22 % en octobre com­pa­ra­ti­ve­ment à l’année pré­cé­dente.
Les prix de l’essence était supé­rieur de 18 %.
Le prix des ali­ments était en hausse de 4,3 %, et les ali­ments ache­tés dans les maga­sins de 4,9 %.
Les tra­vailleurs à faible et à moyen revenu n’ont tout sim­ple­ment pas obtenu les aug­men­ta­tions sala­riales timides que celles de la four­chette supé­rieure, et l’impact des aug­men­ta­tions du coût de vie les a tou­chés plus for­te­ment.

La part du revenu des ménages à faible revenu consa­crée aux ali­ments est trois fois supé­rieure à celle qu’y consacrent les ménages à revenu supé­rieur et deux fois supé­rieure dans le cas du car­bu­rant et de l’énergie.

Le taux d’inflation devrait dimi­nuer au cours de la pro­chaine année. En moyenne, les pré­vi­sion­nistes des banques pri­vées pré­voient que le taux d’inflation natio­nal s’établira à 2,0 % en 2012 (voir le tableau des pers­pec­tives à la page 2). Toutefois, tout dépend du prix vola­tile de l’énergie, des ali­ments et des mai­sons, et ces pré­vi­sions ne se sont pas avé­rées tout à fait exactes par le passé.

La Banque du Canada sem­blait prête à pro­po­ser une cible d’inflation infé­rieure au départ, mais lorsque la crise finan­cière a frappé, elle a réa­lisé qu’elle devait jouir de toute la sou­plesse dont elle avait besoin pour main­te­nir les taux d’intérêt à un bas niveau.

Comme l’a suggérél’économiste en chef du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal récem­ment, il serait pré­fé­rable de fixer une cible d’inflation de 4 % pour offrir une plus grande marge de manoeuvre aux banques cen­trales pour sti­mu­ler l’économie. L’inflation plus élevée pour­rait éga­le­ment offrir une solu­tion pra­tique pour effa­cer une partie de la dette des ménages et publique cumu­lée.

Étonnamment, le rap­port de la Banque du Canadaindique que le taux d’inflation idéal pour­rait être néga­tif, car cela per­met­trait de s’assurer que les tra­vailleurs obtiennent leur par des gains de pro­duc­ti­vité grâce à des aug­men­ta­tions sala­riales réelles si les salaires nomi­naux demeurent inchan­gés.

L’un des pro­blèmes réside dans le fait que si l’on se concentre exclu­si­ve­ment sur l’inflation des prix à la consom­ma­tion, il s’ensuit des pré­oc­cu­pa­tions rela­tives à l’inflation du prix des biens et des mai­sons. Voilà qui ali­mente la crise finan­cière et entraîne des coûts qui dépassent de loin les avan­tages com­plé­men­taires rat­ta­chés à une infla­tion des prix à la consom­ma­tion infé­rieure.

La situa­tion semble se réta­blir, mais la Banque a aussi reconnu que ces graves crises finan­cières ralen­tissent la crois­sance et rehaussent le taux de chô­mage pen­dant de nom­breuses années.

Mais le véri­table pro­blème ne touche pas la poli­tique moné­taire : la fai­blesse his­to­rique des taux d’intérêt contri­bue de son mieux à sti­mu­ler l’économie.

Le pro­blème relève plutôt des poli­tiques finan­cières. Les gou­ver­ne­ments cana­diens réduisent les dépenses publiques et abo­lissent des emplois en partie pour com­pen­ser les réduc­tions de l’impôt sur le revenu des socié­tés.

Le salaire réel connaî­tra le plus impor­tant déclin depuis 1995
Cette année, le salaire réel des tra­vailleurs cana­diens devrait connaître le plus impor­tant déclin depuis 1995.

Le salaire de base des prin­ci­paux règle­ments a aug­menté d’une moyenne de seule­ment 1,8 % au cours des neuf pre­miers mois de l’année, ce qui est infé­rieur à la moyenne de 3 % de l’inflation des prix à la consom­ma­tion et ce qui se tra­duit par une perte des salaires réels de 1,2 %.

Les trai­te­ments et salaires (et les dépenses de consom­ma­tion) repré­sentent 65 % du PIB cana­dien. Avec les réduc­tions dans les dépenses publiques, la timide aug­men­ta­tion de l’investissement des entre­prises et le taux d’endettement des ménages sans pré­cé­dent, il ne reste presque plus rien pour favo­ri­ser la crois­sance de l’économie si ce n’est des expor­ta­tions de pétrole brut – et ça ne durera pas pour tou­jours.

Les aug­men­ta­tions sala­riales dans les règle­ments du sec­teur public ont à peine aug­menté com­pa­ra­ti­ve­ment à l’année der­nière, s’établissant à une moyenne de 1,7 % cette année com­pa­ra­ti­ve­ment à 1,6 % en 2010. Il n’y a pas que les tra­vailleurs du sec­teur privé qui font l’objet de pres­sions. Les règle­ments sala­riaux dans le sec­teur privé ont atteint une moyenne de 2,1 % à ce jour cette année et ont dimi­nué à 1,9 % au cours du troi­sième tri­mestre.

D’autres mesures révèlent éga­le­ment une stag­na­tion ou un déclin des salaires. En sep­tembre, la rému­né­ra­tion heb­do­ma­daire moyen­neé­tait infé­rieure à ce qu’elle était au début de l’année et seule­ment 1,1 % supé­rieurs à ce qu’elle était il y a un an. Le salaire horaire déclaré dans l’Enquête sur la popu­la­tion acti­vea aussi aug­menté de seule­ment 1,1 % en octobre.

On s’attendait à ce que les aug­men­ta­tions sala­riales connaissent une hausse en 2012, mais il est pos­sible qu’elles demeurent timides en raison des réduc­tions des dépenses gou­ver­ne­men­tales et de la fra­gi­lité de l’économie. Les règle­ments sala­riaux pour les pro­chaines années, infé­rieurs au taux d’inflation, ciblent un taux de 2 %, ce qui entraî­nera une éro­sion conti­nue de la capa­cité de gain.

Les aug­men­ta­tions de salaire moyennes des membres du SCFP en 2012 varie­ront consi­dé­ra­ble­ment selon la pro­vince et le sec­teur si l’on en croit l’analyse des règle­ments exis­tants et les attentes à l’égard des nou­veaux règle­ments.

La bonne santé finan­cière de Terre-Neuve devrait être à l’origine d’une hausse du salaire de base de 3,5 % ou plus à la suite de l’expiration des conven­tions cou­rantes en avril.
Les aug­men­ta­tions en Alberta et pour les tra­vailleurs de la sec­tion locale 1000 devraient atteindre une moyenne de 3 %.
Les aug­men­ta­tions sala­riales en Saskatchewan devraient s’établir à une moyenne d’environ 2,7 % : bon nombre de conven­tions conti­nuent de pré­voir des aug­men­ta­tions de 3 %; la moitié des membres du SCFP de Saskatchewan devrait obte­nir des aug­men­ta­tions sala­riales supé­rieures une fois qu’aura expiré la conven­tion pro­vin­ciale des membres des soins de santé.
Les conven­tions col­lec­tives à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick devraient per­mettre des aug­men­ta­tions moyennes de près de 2,5 %.
En Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse, les conven­tions actuelles et nou­velles devraient four­nir une aug­men­ta­tion du salaire de base moyen de 2 % ou légè­re­ment infé­rieure. En revanche, les aug­men­ta­tions varient consi­dé­ra­ble­ment par sec­teur et sec­tion locale. Une grande partie des membres du SCFP s’apprêtent à amor­cer des négo­cia­tions qui seront dif­fi­ciles avec la ville de Toronto et avec plu­sieurs employeurs pro­vin­ciaux.
Au Manitoba et en Colombie-Britannique, les salaires de base devraient aug­men­ter d’une moyenne d’environ 1,5 %. Les aug­men­ta­tions sala­riales modestes sont pré­vues à l’expiration du gel sala­rial du gou­ver­ne­ment de C.-B., alors qu’au Manitoba, bon nombre de tra­vailleurs conti­nue­ront d’être vic­times du gel sala­rial de la pro­vince.


Le_Climat_pour_les_négociations_-_décembre_2011.pdf
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