Ravages de la droite et politiques d'austérité

La CSN poursuit ses luttes aux inégalités

Par Mis en ligne le 08 janvier 2012

Pour la CSN, l’année 2011 aura été mar­quée par ce qu’il a été convenu d’appeler le mou­ve­ment des indi­gnés, « le 99 % de la popu­la­tion qui s’indigne de voir l’autre 1 % voler la caisse, conti­nuer à s’enrichir à nos dépens, et cela, au moment même où l’on remet en ques­tion nos acquis sociaux, en cher­chant notam­ment à réduire les ser­vices publics et à aug­men­ter les tarifs de toutes sortes. Ce 1 % de la popu­la­tion, géné­ra­teur et pro­fi­teur de la crise actuelle, dont les frasques ont ruiné plu­sieurs per­sonnes de la classe ouvrière et plu­sieurs pays, et qui font aug­men­ter l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, par­tout sur la pla­nète, Canada inclus ! », comme le rap­pelle Louis Roy, pré­sident de la CSN.

Dans un contexte où aux États-Unis, la dette passe la barre des 15 000 mil­liards de dol­lars et que l’économie conti­nue d’avoir du plomb dans l’aile, et qu’en Europe, la crise de la dette sou­ve­raine fait ses pre­mières vic­times, rien ne garan­tit l’avenir du Québec et du Canada.

Pourtant, à Ottawa comme à Québec, on per­siste à dire que le chaos est ailleurs et rien n’a encore été mis en branle pour faire face aux secousses qui risquent pour­tant de se pro­duire. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral main­tient des com­pres­sions impor­tantes et la seule annonce de retar­der quelque peu le retour au défi­cit zéro a fait sortir de leurs gonds les ténors conser­va­teurs. Au Québec, le ministre Bachand refuse tou­jours d’envisager le report du défi­cit zéro. « Après la crise de 2008, on disait que le capi­ta­lisme devait se civi­li­ser. Au contraire, en 2011, les éco­no­mies et les popu­la­tions sont tou­jours sou­mises aux dik­tats du capi­ta­lisme finan­cier. Loin de nous sortir du gouffre, nos gou­ver­ne­ments nous mènent dans un cul-de-sac en ajou­tant sans cesse des com­pres­sions et en rédui­sant constam­ment le rôle de l’État », sou­tient Louis Roy.

Gouvernement Harper
Maintenant majo­ri­taire, le gou­ver­ne­ment Harper a le loisir de déci­der uni­la­té­ra­le­ment l’ordre du jour par­le­men­taire. On en constate déjà les dom­mages : dur­cis­se­ment de la jus­tice cri­mi­nelle envers les jeunes, abo­li­tion du registre des armes à feu et fin de l’engagement du Canada de res­pec­ter la pre­mière phase du pro­to­cole de Kyoto. « Même si le Québec n’avait pas pris l’option d’un gou­ver­ne­ment conser­va­teur, nous en subis­sons tout de même les affronts », déclare Louis Roy.

En outre, la déci­sion d’Ottawa de ne rien accor­der à Davie Canada, de Lévis, sur l’ensemble des contrats navals de 33 mil­liards de dol­lars, demeure une aber­ra­tion et démontre que le gou­ver­ne­ment fédé­ral devrait vrai­ment adop­ter une poli­tique navale qui sou­tien­drait équi­ta­ble­ment tous les chan­tiers du pays. Davie Canada a la plus grande cale sèche de tous les chan­tiers au Canada.

Gouvernement Charest
Si la CSN est satis­faite, notam­ment, de l’institution d’une com­mis­sion d’enquête dans l’industrie de la construc­tion et de l’adoption du projet de loi 33, qui abo­lira le pla­ce­ment syn­di­cal dans cette indus­trie, ses repré­sen­tants éprouvent des inquié­tudes sur les inten­tions du gou­ver­ne­ment du Québec rela­ti­ve­ment au déve­lop­pe­ment des gaz de schiste, à l’exploration et à l’exploitation des hydro­car­bures, en cours ou à venir à l’île d’Anticosti, dans le golfe Saint-Laurent et en Gaspésie, ainsi qu’à l’égard de son Plan Nord. « Nous invi­tons le gou­ver­ne­ment à plus de pru­dence. Nous sommes certes en faveur du déve­lop­pe­ment éco­no­mique, mais ce déve­lop­pe­ment doit être durable et res­pec­tueux de l’environnement ainsi que des gens qui occupent le ter­ri­toire. Les ques­tions concer­nant la pro­tec­tion des éco­sys­tèmes, les rede­vances, l’acceptabilité sociale, les enjeux de santé publique, etc., ne peuvent être relé­guées au deuxième rang. On ne se lais­sera pas berner par de vagues pro­messes », d’avertir le pré­sident de la CSN.

La CSN attend aussi du gou­ver­ne­ment du Québec qu’il aille de l’avant, lors de la pro­chaine ses­sion par­le­men­taire, avec les modi­fi­ca­tions à appor­ter à la Loi sur la santé et la sécu­rité du tra­vail afin d’obtenir plus de pré­ven­tion dans tous les milieux de tra­vail. De même, la cen­trale veut aussi que les recom­man­da­tions des membres de la Commission de l’économie et du tra­vail afin de moder­ni­ser les dis­po­si­tions anti-bri­seurs de grève soient adop­tées. Celles-ci per­met­traient d’interdire concrè­te­ment toute uti­li­sa­tion indi­recte de sala­rié-es par un employeur en conflit, de même que l’usage du pro­duit du tra­vail effec­tué par d’autres à son béné­fice.

En 2011, bien des régimes de retraite ont été mis à mal. La CSN croit que le gou­ver­ne­ment doit former un comité tri­par­tite pour conve­nir des moyens à mettre en place afin d’assurer la péren­nité de nos régimes de retraite et des reve­nus décents à tous lors de la retraite. « Nous n’accepterons pas que cette ques­tion cru­ciale soit débat­tue sans la par­ti­ci­pa­tion des prin­ci­paux inté­res­sés, soit les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et les employeurs. Il s’agit de nos régimes de retraite », clame Louis Roy.

Négociations et syn­di­ca­li­sa­tion
En 2011, trois conflits, que l’on ne peut passer sous silence, ont été enfin réglés. Il s’agit du lock-out au Journal de Montréal, qui aura duré 25 mois, de celui au Roi du coq rôti à Sherbrooke, qui avait été décrété le 19 juillet 2008, et du lock-out au Repos Saint-François d’Assise de Montréal-Est, qui a duré neuf mois.

Côté syn­di­ca­li­sa­tion, malgré les tac­tiques du pro­prié­taire de Couche-Tard pour tenter d’empêcher ses employé-es de se syn­di­quer, récem­ment des tra­vailleurs d’un autre dépan­neur de la chaîne se syn­di­quaient. Rappelons que l’antisyndicalisme du pro­prié­taire a fait en sorte de mettre à la rue les tra­vailleuses et les tra­vailleurs de deux dépan­neurs situés à Montréal peu après que ces der­niers aient pris la déci­sion de se syn­di­quer. Les sala­rié-es de deux autres Couche-Tard, situés en Montérégie, tentent actuel­le­ment de négo­cier une pre­mière conven­tion col­lec­tive. Récemment, lors d’une mani­fes­ta­tion, le pré­sident de la CSN rap­pe­lait que l’entreprise a les moyens d’offrir des condi­tions de tra­vail décentes à ses sala­rié-es. Elle a enre­gis­tré des pro­fits nets après impôts de 370 mil­lions de dol­lars l’an der­nier.

« Ces exemples de négo­cia­tion et de syn­di­ca­li­sa­tion nous démontrent mal­heu­reu­se­ment que le droit de s’associer et celui de négo­cier sont car­ré­ment niés par cer­tains employeurs, malgré qu’ils soient ins­crits dans nos chartes, nos lois et les légis­la­tions inter­na­tio­nales. Des orga­ni­sa­tions comme la CSN existent pour faire valoir ces droits et nous enten­dons bien pour­suivre notre tra­vail dans la pro­chaine année pour faire évo­luer les légis­la­tions et mili­ter en faveur du res­pect des tra­vailleuses et des tra­vailleurs ainsi que du par­tage de la richesse. Rappelons que la CSN a fêté ses 90 ans le 21 sep­tembre 2011 », de conclure le pré­sident de la CSN.

La CSN, fondée en 1921, repré­sente 300 000 membres répar­tis dans les sec­teurs public et privé.

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Date : 30 décembre 2011
Source : CSN
Renseignements : Jacqueline Rodrigue, directrice du Service des communications de la CSN, cell. : 514 773-0060

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