L’actuel débat sur les pactes tactiques entre progressistes : ses origines et sa portée

Par , , , , Mis en ligne le 26 janvier 2012

Depuis la recom­po­si­tion du pay­sage par­ti­san au Québec inter­ve­nue en 2011 (tant au fédé­ral qu’au pro­vin­cial), la ques­tion de l’ouverture de dis­cus­sions entre forces poli­tiques sou­ve­rai­nistes et pro­gres­sistes s’est posée chez maints ana­lystes et acteurs gra­vi­tant autour de ces cou­rants, par-delà les lignes par­ti­sanes et sans égard au statut de tout un chacun (jour­na­liste, blo­gueur, mili­tant, cher­cheur, pro­fes­seur, etc.). Le site des Nouveaux cahiers du socia­lisme tente, dans la mesure de ses moyens, de faire connaître et de dif­fu­ser ces réflexions et débats. Il n’y a pas de posi­tion édi­to­riale des NCS sur les pactes tac­tiques, sinon de dire qu’il faut qu’il y ait dis­cus­sion large là-dessus. Les dif­fé­rentes posi­tions rela­tives aux pactes, au sein de la gauche, sont non seule­ment légi­times, mais il serait sur­tout très témé­raire de pré­tendre connaître LA meilleure posi­tion sur un tel sujet, compte tenu des atouts et contra­dic­tions que chaque option com­porte.

Le débat sur les pactes, lorsqu’il a été lancé en 2011 par des membres de QS ou par des obser­va­teurs pri­vi­lé­giés de ce parti, ne s’est jamais situé sur des ques­tions de prin­cipes. Jamais l’indépendance de QS n’était mise en doute, encore moins sa per­ti­nence comme for­ma­tion poli­tique. Le débat ne consis­tait pas non plus à savoir si le PQ est un parti de gauche ; il s’agissait plutôt, notam­ment, de savoir selon quelles moda­li­tés les élé­ments pro­gres­sistes peuvent se parler entre eux, par-delà les fron­tières par­ti­sanes. Se parler compte tenu de la montée ful­gu­rante de la CAQ et de la pro­ba­bi­lité que les élec­tions pro­vin­ciales, à l’avenir, consistent essen­tiel­le­ment – pour la plus grande part de l’électorat – à choi­sir entre deux partis fédé­ra­listes clai­re­ment campés à droite.

Il va de soi que les élec­tions ne sont qu’un ter­rain parmi plu­sieurs sur les­quels s’affrontent les forces de gauche et celles de droite ; ce n’est pas néces­sai­re­ment le ter­rain le plus impor­tant (sauf quand les élec­tions approchent!). Les pro­gres­sistes qui résistent aux assauts de la droite le font sur une mul­ti­tude de ter­rains, par­fois de façon spec­ta­cu­laire et très mili­tante (ex. : les Indignés), par­fois de façon plus dis­crète mais néan­moins très signi­fi­ca­tive (les ensei­gnants et les artistes, par exemple). Québec soli­daire est le seul parti à se défi­nir comme « parti des urnes et de la rue » et cela tra­duit bien l’absolue néces­sité de conce­voir que les ter­rains d’affrontement avec les forces capi­ta­listes (ou patriar­cales, ou tech­no­cra­tiques, ou fédé­ra­listes ou…) sont nom­breux. Les élec­tions ne sont qu’une dimen­sion, modeste, de l’équation. Sauf durant les cam­pagnes élec­to­rales.

Lorsqu’un tel contexte se pré­sente, la ques­tion peut se poser de savoir, compte tenu du cadre ins­ti­tu­tion­nel en vigueur (mode de scru­tin, sys­tème par­ti­san, nature du régime…) quel est le meilleur moyen de mettre le maxi­mum de bâtons dans les roues de la droite. Québec soli­daire est un outil créé en ce sens, jusqu’à un cer­tain point : pro­je­ter sur le ter­rain élec­to­ral les aspi­ra­tions des mou­ve­ments sociaux et, si pos­sible, les faire triom­pher. Y a-t-il moyen d’accroître encore davan­tage l’influence des pro­gres­sistes, par delà le score de Québec soli­daire ? De maxi­mi­ser la quan­tité de grains de sable dans l’engrenage de la droite ? D’éviter que les votes pro­gres­sistes et sou­ve­rai­nistes se nuisent mutuel­le­ment ?

Poser ces ques­tions (sans avoir pour autant les réponses) et espé­rer que les forces pro­gres­sistes en pré­sence se les posent elles aussi, ne consiste pas à nier l’authenticité du projet de QS, ni à le com­pro­mettre. Il s’agit sur­tout de réflé­chir de façon ration­nelle à ce que la gauche ait, au sein des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques, au moins autant de poids que la somme des élé­ments pro­gres­sistes qui la com­posent.

Le fait d’ouvrir un tel débat nuit-il à Québec soli­daire ? Ce serait éton­nant, pour plu­sieurs rai­sons. D’abord, depuis que le débat est direc­te­ment posé sur la place publique (notam­ment par des élé­ments péquistes ou proches du PQ), jamais les médias n’ont autant parlé de Québec soli­daire. Ensuite, dans le cadre de ce débat public, via les médias, QS a géné­ra­le­ment été consi­déré comme un inter­lo­cu­teur plau­sible, sérieux, cré­dible et rai­son­nable. À part Lysiane Gagnon et une poi­gnée de com­men­ta­teurs patho­lo­gi­que­ment incom­mo­dés par la gauche, la plu­part des per­sonnes appe­lées à com­men­ter (non­obs­tant leur point de vue sur les ententes élec­to­rales) consi­dé­raient QS comme une entité tout à fait légi­time et res­pec­table. Troisièmement, les mou­ve­ments sociaux, en par­ti­cu­lier les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, espèrent que les forces pro­gres­sistes et sou­ve­rai­nistes tra­vaillent davan­tage de pair, qu’elles addi­tionnent leurs poten­tia­li­tés, incluant sur le ter­rain élec­to­ral. Il sied bien à ces orga­ni­sa­tions que Québec soli­daire soit un inter­lo­cu­teur normal du camp sou­ve­rai­niste. Enfin, les membres de QS peuvent se regar­der dans le miroir : aucun ne s’est livré à des mar­chan­dages et toute la réflexion enta­mée à ce jour s’est effec­tuée dans l’attente d’un débat appro­fondi et démo­cra­tique au sein des ins­tances de Québec soli­daire. (Débat dont nul ne pou­vait ni ne peut pré­dire l’issue.) Aucune déci­sion ne peut être prise par ce parti sans que les argu­ments aient pu s’exprimer et sans que les éva­lua­tions appro­fon­dies, par les membres, aient pu se faire.

Il est pro­bable qu’un pacte avec le PQ soit exclu par le PQ lui-même, compte tenu notam­ment de l’évolution de la conjonc­ture dans cette for­ma­tion. Mais même dans un tel cas, les pro­gres­sistes conti­nue­ront à réflé­chir et à dis­cu­ter de tac­tique élec­to­rale. En effet, la ques­tion des rap­ports avec Option natio­nale et avec les dépu­tés sou­ve­rai­nistes indé­pen­dants demeure entière. Par exemple, dans le comté de Borduas, où le député sor­tant est Pierre Curzi, doit-il y avoir trois can­di­da­tures sou­ve­rai­nistes et pro­gres­sistes qui s’affrontent ? Qui aurait inté­rêt à ce que tel soit le cas ?

Considérant ce qui pré­cède, il est dif­fi­cile de croire que les pro­gres­sistes se soient affai­blis du fait d’avoir mené des réflexions et débats sur les pactes tac­tiques. Ou que Québec soli­daire ait perdu au change.

Et qui pourra repro­cher aux obser­va­teurs ou aux membres de QS de réflé­chir publi­que­ment, en toute trans­pa­rence, aux meilleurs moyens d’amener les pro­gres­sistes à ne pas se nuire mutuel­le­ment ?

Pierre Beaudet
Philippe Boudreau
François Cyr
Benoit Gaulin
André Vincent

Une réponse à “L’actuel débat sur les pactes tactiques entre progressistes : ses origines et sa portée”

  1. Guy Roy dit :

    Des comtés à conqué­rir ? Des vic­toires pour les forces popu­laires !

    Je me sou­viens du temps où nous étions quelques sectes idéo­lo­giques à nous invec­ti­ver comme « révi­sion­nistes » en pen­sant que ces guerres de mots allaient nous épar­gner quelles que conces­sions que ce soit au nom de la pureté révo­lu­tion­naire. C’est une expé­rience qui a pris fin dans la plus grande confu­sion sans que per­sonne ne se pré­oc­cupe d’en tirer des leçons pour l’avenir de la gauche. Il y a cepen­dant eu des gens pour appel­ler à la « lutte contre le sec­ta­risme pour sortir la gauche de la mar­gi­na­lité ». Ce fut une nou­velle expé­rience de laquelle nous ne ces­sons d’apprendre de nos essais et erreurs. Comme en science.

    Je n’ai pas eu à aban­don­ner mes idéaux com­mu­nistes. J’y ai plutôt acquis une cer­taine fierté et une confiance qui me permet de débattre avec qui­conque me le pro­pose ou me fait état de sa colère contre le régime. Le défi de faire recu­ler les idées obtues d’une droite triom­phante a même sti­mu­ler ma créa­ti­vité dans la recherche d’argumentaires judi­cieux.

    Débattre avec le PQ sur la place publique ou en conci­lia­bules plus dis­crets ne remet nul­le­ment en cause mes convic­tion de gauche ou révo­lu­tion­naires. Qu’a-t-il de si outra­geant à négo­cier avec une ins­ti­tu­tion, aussi néo­li­bé­rale soit-elle, pour obte­nir une oppor­tu­nité de dif­fu­ser nos orien­ta­tions de l’intérieur même d’une ins­ti­tu­tion de pou­voir. Est-ce capi­tu­ler devant le néo­li­bé­ra­lisme ou plutôt affir­mer haut et fort nos atouts pour nous gagner l’appui de l’opinion publique ? Toutes les réus­sites d’Amir ne sont-elles pas le résul­tats de sa pré­sence à l’Assemblée natio­nale ? Et n’allez pas me dire que nous aide­rions ainsi à l’élection de péquistes alors que nous pla­ce­rions nos pions, comme on dit, pour le mettre devant ses contra­dic­tions en Chambres. Ces contra­dic­tions appa­rues au gand jour n’ont-elles pas été le fruit de l’honnêteté avec laquelle Amir a pris la parole pour expo­ser tout autre­ment le projet indé­pen­dan­tiste. Que le PQ doive nous recon­naître une contri­bu­tion à la lutte du Québec pour son éman­ci­pa­tion n’est en rien une conces­sion de notre part. C’est tout au contraire un recul pour les néo­li­bé­raux incon­di­tion­nels qui se retrouvent main­te­nant mal à l’aise en son sein.

    Il y a plus : nous avons une occa­sion, en étant pré­sents plus faci­le­ment en Chambre, de raf­fi­ner nos dis­cours auprès des réfor­mistes pour conqué­rir encore quelques droits nou­veaux pour la classe ouvrière. Ce n’est pas rien. Rejeter du revers de la main ces oppor­tu­ni­tés fait partie d’une tra­di­tion gau­chiste qui n’a jamais eu de per­ti­nence pour faire évo­luer les choses depuis son appa­ri­tion au début du XX ième siècle. Les négo­cia­tions, même avec les Libéraux sur des pro­jets de loi en confor­mité avec leurs objec­tifs néo­li­bé­raux, ne sont nul­le­ment des atteintes à l’intégrité de Québec soli­daire : Amir et Madame David ont dis­cuté avec le ministre des Finances lui-mêmes pour lui expo­ser nos solu­tions à la crise des finances publiques. Cela n’est tou­jours pas une conces­sion au néo­li­bé­ra­lisme. C’est une affir­ma­tion publique et trans­pa­rente de ce que les membres de Québec soli­daire attendent de leurs lea­ders poli­tiques.

    Connaissez-vous l’histoire de la nais­sance du réseau des gar­de­ries dont le Québec a raison de s’enorgeuillir ? Associés les uns avec les autres des parents de quar­tiers popu­laires de Montréal ont fini par louer des locaux aux com­mis­sions sco­laires (d’où leur impor­tance constes­tée par la Coalition Avenir Québec parce que les citoyens peuvent y influen­cer le pou­voir en leur faveur) pour y éta­blir « leurs ser­vices de garde ». Peu à peu, « un réseau uni­ver­sel de gar­de­ries, financé par l’État, contrôlé par les parents » s’est ins­tallé comme reven­di­ca­tion poli­tique qui a fina­le­ment été reprise par la PQ. Aussi néo­li­bé­ral eut-il été à cette époque, le PQ n’en a pas moins accep­ter l’importance pour le sou­tien aux femmes au tra­vail. Négocier à ce moment là avec un parti de pou­voir qu’y n’y avait pas encore accès était-il une capi­tu­la­tion devant une ins­ti­tu­tion poli­tique déjà carac­té­ri­sée par son ambi­va­lence face au capi­ta­lisme ? C’était tout au contraire une expé­rience dont on pou­vait tirer des leçons pour la société en pro­grès constant à laquelle la gauche a aspiré durant toute son his­toire.

    Un parti de gauche de masse, encore à ses bal­bu­tie­ments, peut-il négo­cier ? Peut-il, sans trahir son pro­gramme, en par­ta­ger quelques reven­di­ca­tions avec le PQ ? À mon avis, oui. Et même, il peut le faire compte tenu de l’urgence pour l’avancement de l’indépendance authen­tique du peuple qué­bé­cois. Québec soli­daire a tout à perdre dans l’attitude sec­taire que veulent lui impo­ser quelques membres au nom d’une ligne mono­li­thique et sans avenir. Quelle peur peut nous para­ly­ser ainsi ? Je pense, en tout res­pect pour mes cama­rades révo­lu­tion­naires de Gauche socia­liste et ses sym­pa­ti­sants, qu’elle a sa source dans un renon­ce­ment à apprendre de nos erreurs pas­sées et d’une atti­tude qui nous a mar­gi­na­lisé dans les années 70.

    Les valeurs de la gauche, et le pro­gramme qu’elle se donne pour moder­ni­ser le climat poli­tique au Québec, ont tout inté­rêt à être dif­fu­sés lar­ge­ment. À vrai dire c’est l’objectif prin­ci­pal des socia­listes et des com­mu­nistes que d’ancrer leurs idéaux au sein d’une popu­la­tion avide d’innovations poli­tiques et sociales. C’est un grand atout pour nous que les expé­rience de l’unité de la gauche et des succès qu’elle a connus jusqu’à date. Quelle confiance nous manque pour que nous renon­cions à les par­ta­ger sur la place publique avec un PQ ouvert à négo­cier ? Les gar­de­ries seraient encore de petites ini­tia­tives de quar­tiers si per­sonne n’avait mani­festé dans le bureau de Lise Payette pour en faire un enjeu poli­tique. Et que Madame Payette s’y soit mon­trée ouverte ne dis­cré­ditent pas les mani­fes­tantes venues pour faire valoir leur enga­ge­ment envers leurs enfants. Québec soli­daire peut cer­tai­ne­ment s’affirmer avec fierté au côté du PQ comme repré­sen­tant des forces popu­laires du Québec. Il n’y a aucu­ne­ment à avoir honte de cela, « le calcul valant le tra­vail», comme on dit.

    Dans ce contexte, si per­sonne n’agit dans un sens ou dans l’autre, pour favo­ri­ser l’unité des forces sou­ve­rai­nistes, nous man­que­rons le bateau sans tenter, en toute confiance dans nos reven­di­ca­tions, de gagner du ter­rain sur les atti­tudes droi­tières prêtes à céder une partie de leur pou­voir aux couches popu­laires comme à l’époque de l’établissement du réseau des gar­de­ries où les parents ont leur mot à dire.

    Les débats entre sou­ve­rai­nistes au Québec, au nom d’idéaux de gauche, me semblent plus pro­met­teurs que le sup­port que l’on a donné mal­adroi­te­ment à un NPD fédé­ra­liste qui s’attaque main­te­nant à un sym­bole de la cause du Québec à Ottawa, Gille Duceppe. Indépendamment de nos diver­gences avec lui, il repré­sente un Québec à l’offensive pour ses droits. Et Gauche socia­liste se trompe lour­de­ment en le lais­sant pris pour cible par un allier de gauche.

    Ce débat public, ou même la confron­ta­tion avec la droite néo­li­bé­rale, fût-elle péquiste, ne doit pas nous effrayer. C’est ce qui a fait le succés d’Amir. Et il avoue lui-même avoir parlé, sans renon­çer à ses valeurs, avec tout le monde à l’Assemblée natio­nale … même les membres de l’ADQ ! Même le Devoir, un jour­nal libé­ral, nous ouvre ses pages afin que nous nous expli­quions. Devrions-nous nous en tenir à « Presse-toi à gauche » ?

    Plus notre dis­cours por­tera loin, y com­pris au sein des forces de droite, plus il démon­trera sa per­ti­nence au yeux de la popu­la­tion à l’écoute des appa­reils de droite et y cher­chant à la fois quelque chose qui cor­res­ponde à ses inté­rêts.

    Finalement, les argu­men­taires des droites trouvent sou­vent dans la popu­la­tion des répliques ori­gi­nales. Vous vous sou­ve­nez du dis­cours adé­quiste sur les « BS » ? Il fal­lait selon eux les faire tra­vailler ou les couper. C’était radi­cal et sans appel. En dis­cu­tant avec ceux qui avaient encaissé le coup, je me suis rendu compte que plu­sieurs sala­riés en tiraient les conclu­sions sui­vantes : « Si on débus­quaient les frau­deurs, on en aurait plus pour ceux qui en ont vrai­ment besoin ». Une opi­nion qui prend à rebrousse-poil les idées adé­quites sur la per­ti­nence des pro­grammes sociaux. Nous pou­vons penser que les argu­men­taires les plus réac­tion­naires au PQ trou­ve­rons réponse dans une popu­la­tion conciente de ses inté­rêts sans que Québec soli­daire n’ait en aucunne façon à per­ver­tir la portée de son dis­cours pro­gres­siste pour la rejoindre.

    À mon avis, il faut mani­fes­ter une confiance inébran­lable dans la sagesse des forces popu­laires. Elles feront la dis­tinc­tion entre le dis­cours de droite et les moyens que nous pre­nons pour les atteindre si nous savons per­fec­tion­ner tout le temps nos capa­ci­tés à nous adres­ser à elles. Il y aura tou­jours de nom­breux appren­tis­sages à faire à partir des audaces que nous pren­drons à nous confron­ter à la droite quelques soit le ter­rain où elle mani­feste ses ambi­tions. Même élec­to­raux.

    Guy Roy