Le point sur les négociations

FIQ vs gouvernement Charest

Les professionnelles 
en soins

Par Mis en ligne le 16 septembre 2010

La bataille que mène actuel­le­ment la FIQ dépasse le simple inté­rêt de ses membres : elle concerne toute la popu­la­tion. La Fédération tient à garder le cap sur des mesures struc­tu­rantes et per­ma­nentes pour insuf­fler les chan­ge­ments qui feront en sorte que les infir­mières auxi­liaires, les inha­lo­thé­ra­peutes, les infir­mières et les per­fu­sion­nistes seront capables de pro­di­guer des soins demain et au-delà des cinq pro­chaines années.

Au cours des der­nières semaines, vous avez signé la péti­tion en appui au réseau public de santé et aux reven­di­ca­tions des pro­fes­sion­nelles en soins. Toutefois, vous vous êtes peut-être demandé pour­quoi les membres de la Fédération inter­pro­fes­sion­nelle de la santé du Québec – FIQ ont refusé les pro­po­si­tions gou­ver­ne­men­tales.

En juin der­nier, une entente de prin­cipe avec trois cen­trales syn­di­cales a fait en sorte de fixer les condi­tions de tra­vail de seule­ment 20 % des pro­fes­sion­nelles en soins infir­miers et car­dio­res­pi­ra­toires œuvrant au sein du réseau public de santé du Québec. Par contre, à ce jour, le gou­ver­ne­ment n’a tou­jours rien réglé avec les 80 % d’infirmières, d’infirmières auxi­liaires, d’inhalothérapeutes et de per­fu­sion­nistes qui sont repré­sen­tées par la FIQ.

En effet, cette entente a été reje­tée à l’unanimité par les délé­guées de la Fédération il y a plu­sieurs semaines. De fait, les repré­sen­tantes élues par les membres la jugent aux anti­podes des mesures néces­saires pour recon­naitre et valo­ri­ser les condi­tions dif­fi­ciles dans les­quelles les pro­fes­sion­nelles en soins pra­tiquent depuis de nom­breuses années. Cette entente incarne l’un des pires scé­na­rios envi­sa­gés par la FIQ pour scel­ler la dérive des soins publics de santé au Québec.

Le ministre Bolduc recon­nait que les pro­fes­sion­nelles en soins ont des horaires inadé­quats. Il recon­naît aussi que le fait d’exécuter des heures sup­plé­men­taires obli­ga­toires et de tra­vailler fré­quem­ment 16 heures consé­cu­tives est une situa­tion inte­nable. Cependant, il affirme éga­le­ment que si elles veulent régler leurs pro­blèmes, elles doivent elles-mêmes trou­ver le per­son­nel pour les rem­pla­cer et assu­mer les couts en rédui­sant leurs vacances.

De plus, au lieu de pro­po­ser des mesures concrètes pour régler les pro­blé­ma­tiques que vivent les pro­fes­sion­nelles en soins, le ministre Bolduc décrète la mise en place de nou­veaux comi­tés. Ainsi, encore une fois, les mêmes solu­tions seront pré­sen­tées et les employeurs refu­se­ront, comme à l’habitude, de les appli­quer.

Il n’y a rien dans cette pro­po­si­tion qui vise à enrayer la pénu­rie de pro­fes­sion­nelles en soins. Pourtant, au cours des quatre pro­chaines années, des mil­liers d’infirmières par­ti­ront à la retraite. Des mil­liers d’autres quit­te­ront le réseau public pour les entre­prises pri­vées de pla­ce­ment en soins où il est pos­sible de choi­sir ses horaires. Beaucoup d’autres aban­don­ne­ront tout sim­ple­ment la pro­fes­sion. Avec l’actuelle pro­po­si­tion gou­ver­ne­men­tale, il n’y a rien qui pour­rait rete­nir les 15 000 infir­mières sus­cep­tibles de quit­ter le réseau public à très court terme. Les bris de ser­vice appré­hen­dés seront inévi­tables et le recours à grands frais aux entre­prises pri­vées et aux heures sup­plé­men­taires aug­men­tera sans cesse.

Sous le cou­vert de titres accro­cheurs, des mesures trompe-l’œil apportent, dans le meilleur des cas, un immo­bi­lisme sub­stan­tiel aux pro­blé­ma­tiques criantes du réseau, alors que d’autres dis­po­si­tions cau­tionnent des reculs majeurs qui ramè­ne­raient les condi­tions des pro­fes­sion­nelles en soins à des luttes menées il y a de cela 4 décen­nies !

Ce n’est donc ni par caprice, ni par entê­te­ment aveugle que les 58 000 pro­fes­sion­nelles en soins repré­sen­tées par la FIQ ont refusé le contenu de cette entente. Elles ne peuvent tout sim­ple­ment pas conce­voir l’avenir de leurs pro­fes­sions si elles donnent leur aval à un gou­ver­ne­ment qui a clai­re­ment démon­tré ses inten­tions de déman­te­ler des pans entiers des ser­vices publics du Québec. Sachez que cha­cune de ces 58 000 pro­fes­sion­nelles en soins est aux pre­mières loges de ce déman­tè­le­ment du réseau de santé, entamé depuis plu­sieurs années, et que cha­cune d’elle subit au quo­ti­dien le désen­ga­ge­ment du gou­ver­ne­ment à l’endroit des ser­vices publics qui sont pour­tant si chers à une très forte majo­rité de la popu­la­tion qué­bé­coise.

Appuyons notre sys­tème de santé

La bataille que mène actuel­le­ment la FIQ dépasse le simple inté­rêt de ses membres : elle concerne toute la popu­la­tion. La Fédération tient à garder le cap sur des mesures struc­tu­rantes et per­ma­nentes pour insuf­fler les chan­ge­ments qui feront en sorte que les infir­mières auxi­liaires, les inha­lo­thé­ra­peutes, les infir­mières et les per­fu­sion­nistes seront capables de pro­di­guer des soins demain et au-delà des cinq pro­chaines années.

Vous êtes parmi les pre­mier-ère-s citoyen-ne-s à avoir mani­festé votre appui en signant notre péti­tion. Nous vous en remer­cions. Devant l’intransigeance du gou­ver­ne­ment et son incom­pré­hen­sion des véri­tables enjeux, nous devons accen­tuer davan­tage notre mobi­li­sa­tion citoyenne. Pour ce faire, il est pri­mor­dial que vous invi­tiez les per­sonnes de votre entou­rage à signer la péti­tion pour démon­trer l’importance accor­dée à l’intégrité de notre réseau de santé. Ensemble, nous pour­rons convaincre nos déci­deurs de l’obligation de mettre en place de vraies solu­tions.

Lien vers la péti­tion : http://​www​.appuyons​la​fiq​.qc​.ca/

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