ÉtudiantEs de 2012, Patriotes de 1837-38 – Même combat pour la démocratie !

Par Mis en ligne le 21 mai 2012

Dans sa publi­cité parue le 19 mai 2012, le gou­ver­ne­ment du Québec rap­pelle que les Patriotes ont lutté pour l’avènement d’un gou­ver­ne­ment démo­cra­tique. N’y a-t-il pas une part de cynisme dans ce mes­sage au len­de­main de l’adoption d’une loi spé­ciale niant cer­tains des droits fon­da­men­taux inhé­rents à l’exercice d’une véri­table démo­cra­tie ?

En 1837 et 1838, les Patriotes ont pris les armes pour exiger plus de pou­voir démo­cra­tique et résis­ter à la poli­tique d’assimilation pra­ti­quée par les Canadiens anglais et l’Empire bri­tan­nique. Ce que les Patriotes visaient notam­ment c’était la créa­tion d’Institutions démo­cra­tiques per­met­tant aux Canadiens fran­çais de prendre le contrôle de leur des­ti­née. On s’en rap­pelle, la répres­sion fut sans pitié.

175 ans plus tard, les Québécois et les Québécoises doivent lutter contre leur propre gou­ver­ne­ment qui, au lieu de débattre, réflé­chir et conve­nir d’une solu­tion au conflit avec les étu­diants, a décidé d’utiliser la carte de la répres­sion malgré les avis de la plu­part des milieux de la société civile qui le lui décon­seillait. Il est fas­ci­nant de consta­ter que les pro­tes­ta­tions sont venues de toutes parts. Les carrés rouges, blancs et verts, les cou­leurs du dra­peau des Patriotes, se sont retrou­vés réunis face à une loi inique, exé­crable et inac­cep­table à tout point de vue.

Les étu­diantes et les étu­diants sont punis pour avoir exer­cer ces droits fon­da­men­taux ins­crits dans la Charte des droits et liber­tés qui sti­pule à son article 3 : « Toute per­sonne est titu­laire des liber­tés fon­da­men­tales telles la liberté de conscience, la liberté de reli­gion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion paci­fique et la liberté d’association. » La loi 78 adop­tée le 18 mai der­nier retire une partie de ces droits de manière hypo­crite. Cette loi 78 ne vise pas seule­ment les étu­diantes et les étu­diants et leurs orga­ni­sa­tions, c’est l’ensemble de la popu­la­tion qui se retrouve muse­lée et privée des droits fon­da­men­taux aux­quels nous sommes pro­fon­dé­ment atta­chés.

La date du 18 mai 2012 pas­sera donc à l’Histoire du Québec comme une jour­née noire pour la démo­cra­tie. En cette Journée natio­nale des Patriotes, il convient donc de saluer la déter­mi­na­tion de nos ancêtres de même que celle des Québécoises et des Québécois d’aujourd’hui dans la lutte pour la démo­cra­tie et la liberté. Maintenant, il faut conti­nuer à com­battre et à résis­ter. Il faut réflé­chir aux meilleurs moyens pour chan­ger cette société et mettre en échec la stra­té­gie de la répres­sion et de la domi­na­tion. La déso­béis­sance civile paci­fique doit faire partie de cette réflexion.

Serge Roy
Candidat de Québec soli­daire
dans la cir­cons­crip­tion de Taschereau

Québec, 21 mai 2012

Les commentaires sont fermés.