Déclaration finale du Sommet des peuples – Panama 2015

Mis en ligne le 20 avril 2015

Nous, les peuples de Notre Amérique, ras­sem­blés au Sommet des peuples, des syn­di­cats et des mou­ve­ments sociaux à l’Université du Panama les 9, 10 et 11 avril 2015, repré­sen­tons plus de 3500 déléguéEs de cen­taines d’organisations ouvrières, syn­di­cales, pay­sannes, autoch­tones, étu­diantes, femmes et du mou­ve­ment social et popu­laire.

13 avril 2015

Dans le cadre d’un débat uni­taire, fra­ter­nel et soli­daire, les par­ti­ci­pants aux confé­rences et à 15 ate­liers du Sommet des peuples,

DÉCLARONS :

Nous, les peuples de Notre Amérique, nous expri­mons notre ferme sou­tien à la pro­cla­ma­tion de l’Amérique latine et des Caraïbes comme une zone de paix libre du colo­nia­lisme, comme cela a été convenu à l’unanimité par tous les gou­ver­ne­ments des Amériques en jan­vier 2014 par le deuxième Sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC).

À cet égard, nous reje­tons le har­cè­le­ment mili­taire, les agres­sions et les menaces de toutes sortes faites par les États-Unis et ses alliés stra­té­giques contre notre région par des bases mili­taires, des sites et l’exploitation d’installations simi­laires, qui, dans les quatre der­nières années, sont passés de 21 à 76 dans Notre Amérique, dont 12 d’entre eux au Panama et nous exi­geons l’abrogation du pacte de neu­tra­lité, qui permet l’intervention de l’armée amé­ri­caine dans la République du Panama.

L’Irak, l’Afghanistan, la Somalie, la Palestine, le Mali, la République cen­tra­fri­caine, la Syrie, l’Ukraine, le Nigeria, le Pakistan, le Congo, la Mauritanie, la Libye et le Yémen sont quelques-unes des plus récentes inter­ven­tions mili­taires des États-Unis avec son cor­tège de morts et de déso­la­tion. Nous ne vou­lons pas de cette situa­tion dans notre Amérique.

Nous sou­te­nons donc les décla­ra­tions faites par le Secrétariat géné­ral de l’Unasur deman­dant l’exclusion de toutes les bases mili­taires de notre région et nous récla­mons qu’aucun pays n’ait le droit de juger la conduite d’un autre pays et beau­coup moins encore d’imposer des sanc­tions ou des péna­li­tés pour leurs propres fins.

Nous, les peuples de l’Amérique, nous appuyons le peuple cubain et sa révo­lu­tion, nous saluons le retour des cinq héros cubains, un pro­duit de la soli­da­rité inter­na­tio­nale et de la lutte inlas­sable de son peuple. Nous exi­geons, avec tous les peuples du monde, la levée immé­diate et incon­di­tion­nelle du blocus géno­ci­daire contre la République de Cuba par le gou­ver­ne­ment des États-Unis et la fer­me­ture immé­diate de Guantanamo sans autre condi­tion que le res­pect du droit inter­na­tio­nal et de la Charte des Nations Unies.

Nous, les peuples de l’Amérique, nous expri­mons notre sou­tien incon­di­tion­nel et sans res­tric­tion à la Révolution boli­va­rienne et au gou­ver­ne­ment légi­time dirigé par le cama­rade Nicolas Maduro.

Par consé­quent, nous reje­tons le décret inter­ven­tion­niste, injuste et immo­ral par lequel le gou­ver­ne­ment des États-Unis cherche à pré­sen­ter la République boli­va­rienne du Venezuela comme une menace pour sa sécu­rité natio­nale, décret qui a déjà été rejeté una­ni­me­ment par tous les pays de notre Amérique.

Nous, les peuples de l’Amérique, réaf­fir­mons que Puerto Rico est un pays d’Amérique latine et des Caraïbes avec sa propre iden­tité et son his­toire dis­tincte, dont les droits à l’indépendance et la sou­ve­rai­neté sont violés par une tutelle colo­niale impo­sée arbi­trai­re­ment depuis plus d’un siècle par l’impérialisme amé­ri­cain contre la lutte his­to­rique de Puerto Rico pour sa sou­ve­rai­neté et son auto­dé­ter­mi­na­tion ; de nom­breuses per­sonnes, parmi les­quelles Oscar López Rivera, crou­pissent en prison et nous exi­geons sa libé­ra­tion immé­diate.

Nous, les peuples de l’Amérique, nous réaf­fir­mons notre appui soli­daire et nous espé­rons que les Dialogues de paix en Colombie, qui ont lieu entre le gou­ver­ne­ment de la Colombie et les FARC-EP, nous deman­dons l’ouverture d’une négo­cia­tion simi­laire avec l’ELN afin d’assurer la tran­si­tion vers la construc­tion d’un pro­ces­sus de paix ferme et durable basé sur la jus­tice sociale. Nous nous féli­ci­tons des mesures prises par les dif­fé­rents gou­ver­ne­ments pour faci­li­ter le succès de ce pro­ces­sus.

Nous, les peuples de l’Amérique, nous réité­rons notre sou­tien per­ma­nent et incon­di­tion­nel à l’Argentine dans ses efforts pour récu­pé­rer les îles Malouines, aussi, notre sou­tien à l’État plu­ri­na­tio­nal de Bolivie à son aspi­ra­tion tou­jours retar­dée d’avoir un accès à la mer. Nous exi­geons le retrait immé­diat des troupes d’occupation d’Haïti, geste qui per­met­tra son auto­dé­ter­mi­na­tion. Nous exi­geons que le gou­ver­ne­ment du Mexique le retour, vivant des 43 pro­fes­seurs sta­giaires dis­pa­rus dans Ayotzinapa.

Nous, les peuples des Amériques, expri­mons la néces­sité impé­rieuse de la construc­tion et de l’approfondissement d’une nou­velle société de jus­tice sociale et d’égalité des sexes, avec la par­ti­ci­pa­tion active des jeunes et des dif­fé­rents acteurs sociaux, avec la soli­da­rité comme prin­cipe essen­tiel pour le déve­lop­pe­ment inté­gral et sou­ve­rain de notre peuple. Aujourd’hui, dans notre Amérique, cer­tains laquais de l’impérialisme existent et ils essaient de sou­te­nir et d’imposer le modèle néo­li­bé­ral comme la solu­tion aux pro­blèmes et aux besoins de notre peuple, un modèle qui s’est avéré être l’instrument le plus effi­cace pour l’aggravation de la pau­vreté, de la misère, des inéga­li­tés, de l’exclusion et de la répar­ti­tion inéqui­table des richesses.

Dans cette situa­tion, nous décla­rons et nous appe­lons à se battre pour défendre nos res­sources natu­relles, la bio­di­ver­sité, la sou­ve­rai­neté ali­men­taire, nos biens com­muns, la Terre-Mère, les droits ances­traux des peuples autoch­tones et les conquêtes et les droits sociaux. Nous lut­tons pour l’emploi, pour un tra­vail et un salaire dignes, pour la sécu­rité sociale, les pen­sions, la négo­cia­tion col­lec­tive, la syn­di­ca­li­sa­tion, le droit de grève, la liberté d’association, la santé au tra­vail, les droits éco­no­miques et sociaux, le res­pect des migrants et des habi­tants d’origine afri­caine, l’éradication des enfants et de l’esclavage et la jus­tice par l’égalité de genre.

Tout cela est et sera pos­sible que si nous tra­vaillons dans l’unité dans le but de construire un rap­port de forces pour rem­pla­cer le pou­voir du bloc domi­nant par un bloc social et poli­tique qui défend les inté­rêts de nos peuples.

Dix ans après la déroute de la ZLEA, nous réaf­fir­mons notre lutte contre les nou­velles formes d’accords de libre-échange ALE, PTC, TISA, l’Alliance du Pacifique. Donc, nous conti­nuons éga­le­ment à main­te­nir que la dette exté­rieure de nos pays est impayable, illé­gi­time et immo­rale.

Nous, les peuples de l’Amérique, nous nous féli­ci­tons du pro­ces­sus d’intégration qui fait primer l’autodétermination et la sou­ve­rai­neté de nos peuples, des pro­ces­sus tels que l’ALBA et la CELAC, pro­ces­sus qui ont ren­forcé l’unité latino-amé­ri­caine. Nous croyons que nous devons com­plé­ter ces pro­ces­sus par la par­ti­ci­pa­tion des orga­ni­sa­tions sociales, syn­di­cales, par celle des orga­ni­sa­tions de base, afin de pro­mou­voir davan­tage une inté­gra­tion par et pour le peuple.

Traduction libre | internacionales@​granma.​cu

11 avril 2015

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