Conjoncture économique et examen des budgets – Mai 2012

Par , Mis en ligne le 01 juin 2012

1. Tendances de l’économie

« Can it be…the reco­very ? » se deman­dait la revue bri­tan­nique The Economist sur la page cou­ver­ture de son édi­tion du 17 mars der­nier. En effet, depuis quelques semaines, un opti­misme pru­dent se fait jour, ali­menté par une série de nou­velles éco­no­miques plus encou­ra­geantes et un cer­tain répit dans la crise euro­péenne.

Il faut se réjouir de ce revi­re­ment des per­cep­tions, mais demeu­rer pru­dents. Rien ne garan­tit qu’une reprise auto-entre­te­nue et durable s’enclenche pré­sen­te­ment, car aucun des pro­blèmes fon­da­men­taux à la source de la crise n’a été résolu : la déré­gle­men­ta­tion du sec­teur finan­cier, les dés­équi­libres com­mer­ciaux entre pays, le chô­mage et le sous-emploi, la stag­na­tion des salaires, l’accentuation des inéga­li­tés de reve­nus, l’alourdissement de l’endettement public comme privé, etc. Entre-temps, d’autres poli­tiques à inci­dence néga­tive pour la crois­sance éco­no­mique, comme les poli­tiques d’austérité bud­gé­taire, ont été mises en œuvre un peu par­tout.

L’an der­nier, à pareille date, la reprise de l’économie mon­diale tré­bu­chait, sous l’effet conju­gué d’un ensemble de chocs aggra­vant les inci­dences du dur­cis­se­ment des poli­tiques d’austérité bud­gé­taire : flam­bée des prix ali­men­taires et pétro­liers, séisme au Japon, appro­fon­dis­se­ment de la crise de la dette sou­ve­raine en Europe. La glis­sade s’est pro­lon­gée tout le reste de l’année. Elle a abouti au psy­cho­drame de la ges­tion de la crise de la dette sou­ve­raine en Europe, entraî­nant dans son sillage la chute de plu­sieurs gou­ver­ne­ments. Ici même, l’emploi s’affaissait dra­ma­ti­que­ment au cours du der­nier tri­mestre de 2011.

Depuis le début de l’année, cepen­dant, la situa­tion s’est décris­pée. À tra­vers les tur­bu­lences, l’économie amé­ri­caine a pour­suivi sa conso­li­da­tion tout au long de l’année der­nière. Elle a conti­nué à pro­gres­ser modé­ré­ment, mais à un rythme qui s’est accé­léré, témoi­gnant de sa rési­lience. Son élan n’est sans doute pas suf­fi­sant pour enclen­cher un pro­ces­sus auto-entre­tenu de crois­sance, mais sa résis­tance s’est ren­for­cée. Pour trois des cinq der­niers mois, il s’est créé au-delà de 200 000 emplois par mois. Les dépenses de consom­ma­tion des ménages ont repris leur pro­gres­sion. En revanche, le marché immo­bi­lier ne semble pas avoir encore touché le fond.

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