Amérique latine

Solidarité pour le passage de la transformation sociale à la transformation socialiste !

Par Mis en ligne le 08 novembre 2010

1. La société et l’Etat.

En Amérique latine les mou­ve­ments pay­sans et ouvriers ont mis au com­mande de cer­tains pays (1) des équipes et des chefs d’ Etat pour chan­ger la société. Alors qu’en Europe une partie du mou­ve­ment cri­tique est passé de Gramsci à Négri en s’imaginant que l’on « change la société sans prendre le pou­voir », au Vénézuéla en 1998 on arti­cule géné­ra­li­sa­tion des luttes avec prise du pou­voir d’ Etat.

Grégoire Souchay en dresse un bilan (2) néces­saire. Premier point. Disposer du pou­voir d’ Etat est insup­por­table à toutes les droites ! Second point impor­tant : le pou­voir est ailleurs, dans la société civile, dans les banques, dans les grandes entre­prises capi­ta­listes, dans les médias.

2. Le social et l’environnemental.

Avec la Bolivie et Cuba, le Venezuela est le seul État à avoir dénoncé inter­na­tio­na­le­ment avec autant de fer­meté la res­pon­sa­bi­lité des pays riches dans les des­truc­tions envi­ron­ne­men­tales, avec cette for­mule qui fera date : « Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé ». Si la consom­ma­tion aug­mente dans ces pays c’est aussi avec l’apparition de nou­velles normes envi­ron­ne­men­tales qui ne sont pas impo­sées mais lais­sées à l’éducation popu­laire et au temps.

3. Transformation : Reste à rompre avec le capitalisme !

On parle beau­coup du socia­lisme du XXI ème siècle dans les pays d’Amérique latine mais aucun des trois pays (1) ayant entamé un pro­ces­sus consé­quent de trans­for­ma­tion sociale n’est passé à la trans­for­ma­tion socia­liste. Aucun n’a rompu avec le capi­ta­lisme. Certes la pres­sion de l’impérialisme des USA reste très forte. L’arrivée de B Obama n’a rien changé des poli­tiques anti-sociales et anti-natio­nales menées contre les pays en voie d’émancipation de la tutelle impé­ria­liste. La Colombie sert de pointe avan­cée des USA contre l’émancipation au Sud. La chose est d’autant plus aisée que le niveau d’intégration conti­nen­tal sud-amé­ri­cain est faible.

Mais tout n’est pas à mettre au compte de l’impérialisme. Il faut aussi comp­ter avec les bour­geoi­sies natio­nales qui reprennent l’offensive. Il faut enfin tenir compte de la crise éco­no­mique mon­diale qui a frap­pée dure­ment la plu­part des pays d’Amérique latine.

4. Des nationalisations au contrôle ouvrier !

Au Vénézuela, avec la chute des recettes pétro­lières, la révo­lu­tion est entrée dans une phase cri­tique. Après une série de natio­na­li­sa­tions, c’est para­doxa­le­ment le sec­teur privé qui connaît la plus forte crois­sance, pas­sant de 64,7% du PIB, en 1998, à 70,9% en 2008. Il est temps d’ouvrir plus lar­ge­ment la démo­cra­ti­sa­tion des entre­prises. Le Vénézuela reste tou­jours dans un entre-deux « Entre contrôle ouvrier et bureau­cra­tie per­sis­tante » ainsi que l’a écrit en 2007 Sébastien Brulez (2). Après les natio­na­li­sa­tions il faut enclen­cher une dyna­mique de contrôle des tra­vailleurs ! C’est là « la révo­lu­tion dans la révolution » !

5. Étendre la révolution sur le continent !

Qu’il y ait encore un mou­ve­ment social actif ne suf­fira pas au succès, et à rompre véri­ta­ble­ment avec le capi­ta­lisme pour passer au socia­lisme. Car les banques contrô­lées par les capi­ta­listes conti­nuent de nuire et de nom­breuses direc­tions d’entreprise sabotent la vie éco­no­mique. Le « par­le­men­ta­risme social de rue » a-t-il avancé depuis 2007 ? Fort peu. Il est dif­fi­cile de main­te­nir les coopé­ra­tives, une pro­duc­tion sociale et soli­daire (ESS) digne de ce nom, une petite agri­cul­ture sou­te­nable, dans un envi­ron­ne­ment capi­ta­liste où les grands entre­pre­neurs imposent leur logique dans l’entreprise (tra­vaillisme) et hors de l’entreprise (concur­rence). D’autres natio­na­li­sa­tions sont à pré­voir mais l’essentiel pour passer au socia­lisme c’est sur­tout de pour­suivre ce qui est entre­pris au niveau conti­nen­tal avec une logique de socia­li­sa­tion. Chàvez a déjà créé l’ALBA, la Banque du Sud, Petrocaribe, le SUCRE, etc. Si le pro­ces­sus socia­liste ne part pas d’emblée au niveau conti­nen­tal il faut remar­quer aussi qu’il n’y a pas de socia­lisme dans un seul pays (3).

6. Solidarité internationale.

Pour mener à bien ces taches, il importe de pour­suivre la soli­da­rité des tra­vailleurs euro­péens avec les tra­vailleurs sud-amé­ri­cains. Nous vou­lons aller vers le socia­lisme mondial !

Christian Delarue.

Intervention suite à une confé­rence débat (non publiée) de Pascal Franchet (GAUCHE UNITAIRE Rennes) sur la situa­tion en Amérique latine.

1) Ces trois pays « en révo­lu­tion » sont le Venezuela (Hugo Chavez), l’Équateur (Raphael Correa), et la Bolivie (Hugo Morales). Sont ici exclus le Brésil de Dilma Roussef (ex Lula Da Silva), le Nicaragua, l’Argentine,l’Urugay en posi­tion « inter­mé­diaire » face aux pays alliés de Washington comme la Colombie, le Pérou, le Mexique, le Chili, le Honduras, Panama.

2) RISAL​.info – Entre contrôle ouvrier et bureau­cra­tie persistante

http://​risal​.col​lec​tifs​.net/​s​p​ip.ph…

3) Amérique latine Socialisme du XXIe siècle ? OUI !

http://​jcr​-red​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​le612

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Une réponse à “Solidarité pour le passage de la transformation sociale à la transformation socialiste !”

  1. JJL dit :

    La révo dans la révo ! Le site est aussi très bien ! A visi­ter régulièrement.