Lutte à l’austérité

Par Mis en ligne le 08 avril 2015

À l’heure actuelle, le gou­ver­ne­ment libé­ral tente de nous impo­ser un plan d’austérité dra­co­nien, véri­table entre­prise de déman­tè­le­ment du filet social qué­bé­cois. Mouvements com­mu­nau­taires, syn­di­caux et étu­diants, doivent com­battre !

Au Front d’action socia­liste, nous croyons qu’une lutte vic­to­rieuse ne pourra passer que par l’union des forces de ces dif­fé­rents groupes. Plusieurs ini­tia­tives ont vu le jour en ce sens dans les der­niers mois ou les der­nières années au Québec. Aussi, ce texte pro­pose d’analyser les pos­si­bi­li­tés et les limites propres à chacun des trois prin­ci­paux mou­ve­ments qui tentent d’organiser la lutte contre l’austérité, soit les Comités prin­temps 2015, le Collectif refu­sons l’austérité et la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics. Notre ana­lyse de ces dif­fé­rents groupes por­tera sur leur capa­cité à répondre aux trois condi­tions que nous jugeons néces­saires à toute alliance espace : des pra­tiques démo­cra­tiques, des reven­di­ca­tions auda­cieuses et ras­sem­bleuses et la capa­cité d’établir un rap­port de force.

Des pra­tiques démo­cra­tiques

Pour qu’une lutte soit réel­le­ment popu­laire, il est pri­mor­dial que celle-ci se base sur des pra­tiques démo­cra­tiques. Plusieurs visions de la démo­cra­tie peuvent s’entrechoquer lorsque vient le temps de s’organiser col­lec­ti­ve­ment. Au FAS, nous pri­vi­lé­gions une démo­cra­tie dite « par­ti­ci­pa­tive », où l’ensemble des membres doivent prendre une part active au pro­ces­sus déci­sion­nel et où des délé­gués es – élu-es, rede­vables et révo­cables en tout temps – sont chargé-es de la mise en place de cer­taines déci­sions col­lec­tives. Aussi, deux prin­cipes guident un tel type de démo­cra­tie : repré­sen­ta­ti­vité et rede­va­bi­lité.

Le prin­cipe de repré­sen­ta­ti­vité veut que tous les membres puissent prendre part au pro­ces­sus déci­sion­nel. Il faut dépas­ser la simple sug­ges­tion de par­ti­ci­pa­tion et aller cher­cher des bas­sins de popu­la­tion qui sont liés par les déci­sions de leur orga­ni­sa­tion. Si l’ensemble de la popu­la­tion est lié par les déci­sions gou­ver­ne­men­tales, il faut s’appuyer sur des orga­ni­sa­tions qui ont d’autres façons de repré­sen­ter légi­ti­me­ment l’intérêt d’une partie de la popu­la­tion. Ce type d’organisation existe chez les syn­di­cats, dans le mou­ve­ment étu­diant et, d’une cer­taine façon, au sein des groupes com­mu­nau­taires : les déci­sions prises par leurs assem­blées géné­rales sont consi­dé­rées comme repré­sen­ta­tives de la volonté des membres et les déci­sions s’appliquent à tous et à toutes, notam­ment en cas de grève. Ce modèle regroupe ainsi un éven­tail très large de per­sonnes qui ne sont pas néces­sai­re­ment inté­res­sées par la lutte poli­tique en géné­ral et dont les inté­rêts peuvent diver­ger de nos objec­tifs de lutte. Ce type de démo­cra­tie, basé sur une struc­ture bien implan­tée et recon­nue, permet à notre avis d’élargir nos bases de lutte et ainsi de rejoindre une masse de per­sonnes plus impo­sante ; élé­ment néces­saire au combat à venir.

L’autre carac­té­ris­tique d’une orga­ni­sa­tion démo­cra­tique, au sens où nous l’entendons au FAS, réside dans la rede­va­bi­lité des délé­gués-es. Nous consi­dé­rons qu’il est logis­ti­que­ment impos­sible d’avoir une consul­ta­tion uni­ver­selle sur toute la logis­tique d’une orga­ni­sa­tion et encore moins d’une coa­li­tion d’organisations. Ainsi, cer­taines tâches seront ren­voyées à l’équipe exé­cu­tive. Pour s’assurer d’un contrôle des membres sur leur orga­ni­sa­tion, il faut que ces exé­cu­tant-es soient soient rede­vables face aux membres de l’organisation ; il faut que ces der­niers et ces der­nières puissent ren­ver­ser une déci­sion de l’exécutif ou encore signi­fier leur désac­cord et, ulti­me­ment, démettre une per­sonne de ses fonc­tions. En bref, l’existence d’un comité exé­cu­tif est néces­saire pour l’efficacité d’une orga­ni­sa­tion, et la rede­va­bi­lité de celui-ci est pri­mor­diale pour assu­rer son carac­tère démo­cra­tique.

Des reven­di­ca­tions auda­cieuses et ras­sem­bleuses

En plus de ses pra­tiques démo­cra­tiques, il faut qu’une orga­ni­sa­tion soit capable d’articuler des reven­di­ca­tions auda­cieuses et ras­sem­bleuses. Une reven­di­ca­tion auda­cieuse en est une qui dépasse le statu quo et vise des objec­tifs signi­fi­ca­tifs (remettre en ques­tion le pro­gramme d’austérité, par exemple). Pour être ras­sem­bleuse, une reven­di­ca­tion se doit d’être claire et attei­gnable. Ici, il s’agit de l’aspect réa­liste des reven­di­ca­tions : pour convaincre les gens de par­ti­ci­per à une lutte d’une telle ampleur, il faut que ceux-ci aient mini­ma­le­ment espoir d’obtenir de quel­conques gains. C’est de cette façon que nous pou­vons espé­rer voir émer­ger un mou­ve­ment de masse, un mou­ve­ment qui va au-delà des cercles d’initié-es. Adopter de telles reven­di­ca­tions est réfor­miste, certes, mais les mobi­li­sa­tions mas­sives sont néces­saires pour faire l’expérience du poli­tique, prendre conscience de nos inté­rêts et, éven­tuel­le­ment, se radi­ca­li­ser.

Établir un rap­port de force

Finalement, cette orga­ni­sa­tion se doit d’être en mesure d’établir un rap­port de force face à l’État. Un rap­port de force consiste en notre capa­cité à mettre de la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment afin de le faire plier face à nos reven­di­ca­tions. Un tel rap­port de force s’établit sur deux axes com­plé­men­taires, soit des actions de masse (qui servent davan­tage à mobi­li­ser) et des actions de déso­béis­sance civile (qui visent, notam­ment, à per­tur­ber l’économie). Aussi, dans une pers­pec­tive d’escalade des moyens de pres­sion, une telle orga­ni­sa­tion doit être prête à repous­ser les limites de la léga­lité – si néces­saire – en affir­mant la légi­ti­mité de sa lutte. En d’autres termes, il s’agit d’affirmer que nous sommes prêts et prêtes à défier le cadre légal afin de forcer le gou­ver­ne­ment à céder.

Il faut éga­le­ment que cette orga­ni­sa­tion ait des capa­ci­tés logis­tiques et finan­cières impor­tantes si elle veut être en mesure de dif­fu­ser son mes­sage à des mil­lions de per­sonnes et d’organiser des actions de masse. Finalement, on doit se poser la ques­tion de la péren­nité de l’organisation. Un véhi­cule de lutte doit pou­voir avoir une cer­taine péren­nité, sans quoi la sta­bi­lité même de l’organisation n’est pas assu­rée. Une orga­ni­sa­tion qui per­dure dans le temps sera plus dif­fi­cile à ébran­ler qu’une orga­ni­sa­tion qui se veut ponc­tuelle et ancrée dans un contexte précis. Bref, une orga­ni­sa­tion qui lutte contre l’austérité doit avoir une vision à long terme.

Un survol des dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions

Printemps 2015

La pre­mière ini­tia­tive que nous obser­vons s’érige sous la ban­nière du « Printemps 2015 ». Elle vise à déclen­cher une grève sau­vage ce prin­temps afin de s’opposer aux poli­tiques d’austérité. Pour ce faire, elle cherche à mettre sur pied des « comi­tés Printemps » dans un maxi­mum de milieux (école, hôpi­tal, entre­prise, etc.). Sa volonté est de créer un espace où tous et toutes peuvent par­ti­ci­per aux réunions d’organisation : entre les tra­vailleurs et tra­vailleuses, usa­gers ou béné­fi­ciaires d’un ser­vice, chô­meurs, chô­meuses, sans emploi. Si cette stra­té­gie devait per­mettre effec­ti­ve­ment la ren­contre de per­sonnes de dif­fé­rents milieux et l’organisation de mobi­li­sa­tion et d’actions conjointes, la struc­ture pro­po­sée nous semble pro­blé­ma­tique, et ce, à plu­sieurs niveaux.

En pre­mier lieu, le type de démo­cra­tie qui y est pro­posé en est un de type affi­ni­taire, basé sur une par­ti­ci­pa­tion volon­taire et pre­nant une forme infor­melle et ponc­tuelle : chacun-e y adhère quand bon lui semble, en assis­tant aux dif­fé­rentes réunions. Aussi, en l’absence d’une assem­blée géné­rale cen­trale et d’un exé­cu­tif qui per­met­trait de coor­don­ner les dif­fé­rents comi­tés, nous croyons que le mou­ve­ment « Printemps 2015 » semble souf­frir d’un manque d’inclusivité, de cohé­rence et de vision à long terme. D’un côté, en l’absence de reven­di­ca­tions clai­re­ment défi­nies, il est dif­fi­cile de mettre de l’avant une concep­tion com­mune de la lutte. De l’autre, les per­sonnes qui influencent le plus les déci­sions sont ceux et celles qui par­ti­cipent au plus grand nombre de réunions, repro­dui­sant ainsi le modèle du super mili­tant ou de la super militante[1].

Malgré la volonté d’inclure une diver­sité de per­sonnes au sein de ces comi­tés, force est de consta­ter que la mul­ti­pli­ca­tion des ins­tances ne favo­rise pas la par­ti­ci­pa­tion des indi­vi­dus pro­ve­nant des classes socio-éco­no­miques les plus dému­nies, de ceux et celles qui ont une famille, ou encore de ceux et celles qui ne résident pas à Montréal.

Enfin, on ne pour­rait parler des Comités prin­temps 2015 sans parler de leur plan d’action, soit le déclen­che­ment d’une grève sociale pour le mois d’avril 2015. À notre avis, il s’agit d’un empres­se­ment qui pour­rait nous coûter cher. Si ces délais sont courts, même pour le mou­ve­ment étu­diant, ils sont irréa­listes pour plu­sieurs milieux syndicaux[2]. Ce n’est pas que nous croyons par­ti­cu­liè­re­ment au pou­voir de la grève légale, mais plutôt qu’il est davan­tage stra­té­gique de com­men­cer par un mou­ve­ment légal et que, suite à des lois spé­ciales et des injonc­tions, ce mou­ve­ment puisse sortir de ce cadre res­treint. Bref, la radi­ca­li­sa­tion de la popu­la­tion n’arrive pas du jour au len­de­main, elle arrive par une expé­rience de lutte.

Pour conclure, nous croyons que les pos­si­bi­li­tés autour des comi­tés « Printemps 2015 » se limitent à influen­cer les orga­ni­sa­tions déjà exis­tantes et à orga­ni­ser des actions mobi­li­sa­trices et des actions de per­tur­ba­tion, ce qui consti­tue un tra­vail essen­tiel à la lutte.

Refusons l’austérité

La deuxième ini­tia­tive est incar­née par le col­lec­tif « Refusons l’austérité ». Ce col­lec­tif se veut une alliance de tous les hori­zons syn­di­caux, étu­diants et com­mu­nau­taires. Les orga­ni­sa­tions par­ti­ci­pant à ce col­lec­tif ont des struc­tures basées sur des assem­blées géné­rales. Toutefois, les déci­sions prises au sein du col­lec­tif ne semblent pas être direc­te­ment issues et rede­vables aux assem­blées géné­rales locales, ce qui per­met­trait aux exé­cu­tifs syn­di­caux de prendre beau­coup d’importance dans les choix stra­té­giques.

Au niveau des reven­di­ca­tions, ce col­lec­tif semble assez dis­cret. Au-delà de son oppo­si­tion à l’austérité, les pro­po­si­tions plus concrètes ne sont pas connues. Se limite-t-on sim­ple­ment au report du défi­cit zéro comme le veulent cer­taines cen­trales syn­di­cales ? Dans le même sens, on doute des volon­tés et des capa­ci­tés com­ba­tives des grands syn­di­cats natio­naux. Malgré qu’ils aient des moyens logis­tiques très impor­tants, leur capa­cité à appuyer sans hési­ta­tion un syn­di­ca­lisme com­ba­tif est mise en doute. En effet, les consé­quences légales pour les syn­di­cats qui ten­te­raient de défier les lois pour­raient ulti­me­ment mener à leur des­truc­tion. Si une telle confron­ta­tion n’est pas impos­sible, c’est malgré tout un pari auda­cieux. Bref, même si la mani­fes­ta­tion du 29 novembre 2014 a été un succès, la cohé­sion interne semble beau­coup trop pré­caire pour pou­voir espé­rer une lutte popu­laire à long terme.

Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics

La der­nière ini­tia­tive étu­diée est celle de la « Coalition oppo­sée à la tari » cation et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics », orga­ni­sa­tion exis­tant depuis 2009 et réunis­sant des gens de dif­fé­rents milieux (syn­di­caux, étu­diants et com­mu­nau­taires). Ses pra­tiques sont démo­cra­tiques puisque fon­dées sur une assem­blée géné­rale (où chaque délé­gué-e vote en fonc­tion de ses man­dats res­pec­tifs) devant laquelle les membres du comité « action suivie » (l’équipe exé­cu­tive, en quelque sorte) sont rede­vables. Une des cri­tiques majeures adres­sée à cette orga­ni­sa­tion est qu’elle consiste en un regrou­pe­ment de regrou­pe­ments (par exemple l’ASSÉ, qui est elle-même com­po­sée de diverses asso­cia­tions étu­diantes, est membre de la Coalition). Ainsi, une cer­taine dis­tance se crée entre les membres des dif­fé­rents regrou­pe­ments et la Coalition elle-même puisque ces membres ne par­ti­cipent pas direc­te­ment au pro­ces­sus déci­sion­nel, mais plutôt de façon inter­po­sée, soit par le biais de leurs regrou­pe­ments res­pec­tifs.

Or, bien que cette struc­ture sou­lève cer­taines ques­tions, elle permet d’adresser un aspect de la lutte trop sou­vent négligé : la néces­sité d’inclure des orga­ni­sa­tions loca­li­sées à l’extérieur de la région métro­po­li­taine. En effet, la Coalition regroupe des orga­ni­sa­tions issues des dif­fé­rentes régions du Québec, en plus d’être com­po­sée de regrou­pe­ments régio­naux. Ces regrou­pe­ments semblent à même de non seule­ment reflé­ter les dif­fé­rentes réa­li­tés régio­nales, de rejoindre l’ensemble des citoyens et citoyennes à l’échelle du Québec, mais aussi de redon­ner aux régions une auto­no­mie et un pou­voir dans la lutte. Aussi, quant à la ques­tion de la dis­tance entre la base des groupes et leur direc­tion, c’est peut-être le mont­réa­lo­cen­trisme pré­sent au sein de nom­breuses orga­ni­sa­tions qui la crée, bien plus que le dédou­ble­ment des paliers de repré­sen­ta­tion.

Au niveau des reven­di­ca­tions, la Coalition arrive à mettre de l’avant des pro­po­si­tions auda­cieuses et ras­sem­bleuses. La cam­pagne « 10 mil­liards de solu­tions » s’attaque direc­te­ment au dis­cours néo­li­bé­ral, qui pré­texte le manque de res­sources finan­cières pour impo­ser ses mesures d’austérité. Aussi, cette cam­pagne pro­pose d’augmenter les reve­nus de l’État en allant cher­cher l’argent là où il est : chez les exploi­teurs et les plus nanti-es (dans les poches des banques, par exemple). Finalement, au niveau de la capa­cité à mener une lutte com­ba­tive, la Coalition a sou­vent été perçue comme étant inca­pable de per­tur­ber l’ordre social.

Pourtant, par le passé, elle a su inté­grer ou com­po­ser avec des évé­ne­ments plus per­tur­bants dans ses actions (par exemple le blo­cage de la tour de la Bourse ou encore le refus de dévoi­ler les tra­jets de ses mani­fes­ta­tions). Aussi, à notre avis, la Coalition a su défendre la légi­ti­mité de ses moyens d’action dans la construc­tion de son rap­port de force. Les prin­ci­paux pro­blèmes au niveau de sa com­ba­ti­vité seraient alors le résul­tat d’un manque de res­sources finan­cières et logis­tiques, ce qui pour­rait être plus ou moins faci­le­ment réglé (la Coalition pour­rait se doter d’une réelle coti­sa­tion, par exemple).

Pour faire conver­ger nos efforts !

Suite à ces constats, le Front d’action socia­liste consi­dère que le meilleur espace de conver­gence pour mener la lutte contre l’austérité demeure la « Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics ». Son fonc­tion­ne­ment trans­pa­rent, inclu­sif et démo­cra­tique permet aux groupes com­mu­nau­taires, syn­di­caux et étu­diants de se consul­ter sur des bases éga­li­taires et de s’unir pour mener à la fois des luttes par­ti­cu­lières lorsque les cir­cons­tances l’imposent, mais éga­le­ment de mener une lutte popu­laire plus large contre le néo­li­bé­ra­lisme. À l’aube de la lutte à venir, nous croyons qu’il est pri­mor­dial de réflé­chir aux bases com­munes qui s’offrent à nous a » n d’éviter de nous divi­ser au pro » t du gou­ver­ne­ment et de son pro­gramme poli­tique aus­tère.

En ce sens, le Front invite toute citoyenne et tout citoyen à s’impliquer au sein de la struc­ture qui le repré­sente (com­mu­nau­taire, étu­diante ou syn­di­cale), à l’investir afin que celle-ci se joigne à la Coalition et par­ti­cipe à la lutte qui nous attend.

[1] Il est ici fait réfé­rence à un long débat selon lequel une orga­ni­sa­tion dont les struc­tures sont floues ou mécon­nues concentre un pou­voir dis­pro­por­tionné au sein d’un cercle res­treint d’initié-es. De cette pers­pec­tive, il vaut mieux expli­ci­ter les rap­ports de pou­voir au sein d’une orga­ni­sa­tion et donner pré­tendre à une orga­ni­sa­tion com­plè­te­ment hori­zon­tale, où tout le monde est for­mel­le­ment égal, mais où des rap­ports de pou­voirs infor­mels, plus per­ni­cieux, se déve­loppent. Pour plus d’informations, voir le texte « La tyran­nie de l’absence de struc­ture », dis­po­nible sur la pla­te­forme de info​kiosques​.net.

[2] Afin de déclen­cher une grève légale, les syn­di­cats doivent res­pec­ter de mul­tiples délais prévus par la loi. Aussi, bien que les conven­tions col­lec­tives du sec­teur public viennent à échéance le 31 mars 2015, il ne peut y avoir grève que plu­sieurs mois plus tard. Par exemple, avant qu’un syn­di­cat n’obtienne le droit de déclen­cher la grève (du moins, en ce qui concerne les sec­teurs qui ne sont pas consi­dé­rés comme étant des ser­vices essen­tiels, ces der­niers ayant des res­tric­tions sup­plé­men­taires), il doit y avoir eu une période de média­tion de 60 jours depuis l’échéance de la conven­tion col­lec­tive, auquel s’ajoute un délai de 20 jours afin que le ministre puisse consul­ter le rap­port du média­teur.

2015-04-07

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